Accueil > Réflexions > Crise(s) > La liberté collective, ça n’existe pas

La liberté collective, ça n’existe pas

Publié le 31 janvier

Notre Liberté ne se discute pas. Pour nous Anarchosyndicalistes, le concept de Liberté est « un et exclusif ». La liberté appartient à chaque individu, en conscience et responsabilité, et ne saurait faire les frais d’une quelconque remise en cause au profit du plus grand nombre et à l’encontre d’une minorité. La « Liberté collective », que le gouvernement, sous la férule de son président, nous sert depuis quelques semaines n’existe pas. Le débat est vieux comme Hérode. Le singulier contre le pluriel. La loi, quasi naturelle, du 50.01% contre le 49.9% qui fonde la démocratie représentative, d’ailleurs largement contestée par l’abstention, ne peut s’appliquer ici. La liberté ne peut être qu’individuelle. Et ce n’est que le contrat social qui viendrait porter atteinte ou restreindre la liberté de chacun. Et si contrat social, il y a, évoqué ici il doit être le fruit d’un débat et d’un consensus au minimum. Et non une mise en coupe réglée de la société après décision autoritaire d’un chef suprême après consultation d’instances ad hoc créées pour la circonstance : je parle ici du conseil de défense sanitaire.

Quel manque de courage pour ce gouvernement et sa majorité parlementaire, n’osant avouer leur volonté de rendre la vaccination obligatoire -par mesure de précaution, hé oui les élections approchent et alors ce serait prendre un énorme risque quant au résultat– et donc ils préfèrent se dégager de leur responsabilité, en divisant la population en bon citoyen
responsable, le vacciné auquel on oppose l’irresponsable anti-pass et/ou anti-vaccin. Plutôt que de respecter la dignité et la liberté de chacun, il utilise la répression et le contrôle social pour arriver à ses fins. Et invente ce nouveau concept : la loi du plus fort en l’habillant d’un »naturel » bon sens, la loi du plus grand nombre. « On mesure sa liberté à la longueur de la
chaine à laquelle on est attaché » nous disait François Cavanna. Voilà ce que produit leur contrat social sur la liberté !

Des captifs enchainés. Ce président et ce gouvernement depuis l’apparition du covid donnent l’impression d’être dépassé et de courir derrière pour éteindre l’incendie ; mais plus grave, au-delà de l’impression, on perçoit des intentions inavouables. Derrière ce fatras de mesures plus improvisées que réfléchies, se cache la volonté de régner sans partage en soumettant la population à son « bon vouloir ». Alors l’artifice de l’État bienveillant protégeant le peuple vient en renfort de propagande et manipulation. Création arbitraire d’un pass sanitaire puis depuis avant-hier le pass vaccinal va être proposé pour ne pas dire imposé. Circulez, il n’y a rien à voir ! Certes le vaccin évite les formes les plus graves de l’affection, mais il n’empêche pas la propagation de l’épidémie puisqu’un vacciné peut être porteur et donc agent contaminant. Il faut le garder à l’esprit, la recherche est en phase de consolidation d’informations sur le virus et ses variants, mais elle tâtonne. Quid de la liberté de se soigner ou ne pas se soigner, quid du secret médical, quid de l’égal accès à la culture, aux bibliothèques, quid de l’égal accès au travail ? Etc.

Après le confinement, attaque sans précédent contre le lien social, après le formatage des esprits par la peur et la confusion, après l’instauration d’un pass sanitaire discriminant et rappelons-le injuste et injustifié, nous entrons dans un univers « orwellien » avec le pass vaccinal. Chantage à l’emploi, vaccination imposée ou isolement total voilà ce qui nous
guette. Les vagues successives (on en est à la cinquième et on parle déjà de la sixième), l’énumération des variants (le 19, puis le brésilien, …, en passant par le delta ensuite maintenant Omicron) préfigurent notre futur. La recherche fait son travail comme elle peut et les états gèrent. Pour paraphraser Barbara Stiegler ils nous demandent de nous adapter. Mais le « Tous vaccinés Tous protégés » des spots de Big-brother Macron/Casteix/Veran non seulement est faux (sur 10 hospitalisations 8 concernent des non-vaccinés donc deux vaccinés ne sont pas protégés puisque hospitalisés) mais surtout il dédouane nos gouvernants d’un management drastique de l’institution hospitalière (17500 fermetures de lit en trois ans, abandon de la formation). Pire encore, par cette stratégie, ils poussent les gens au désespoir (démission de soignants, « Burnout et même suicide. », etc.) et désormais ils instaurent la règle de l’alter- ego dangereux potentiellement, celui ou celle dont on doit se méfier et qui nous prive de notre sécurité. Voilà le mot est lâché : ils jouent notre liberté contre leur sécurité.

Sécurité pour eux = confort, prestige pouvoir. Pour nous la « liberté collective » = insécurité sociale, sanitaire, précarisation, etc. Et ce, à quelle fin ? Les dominants gardent leur puissance et leur pouvoir. La bourse se porte aux mieux. Les incendies sociopolitiques d’avant covid sont
éteints. Rien ne change. Au-delà du niveau franco-français, -en distinguant aussi les différences dans la gestion de la crise covid pour la métropole et les ultra marins, Guadeloupe
Martinique, Nouvelle-Calédonie… les objectifs que s’assigne le gouvernement avec le tous
vaccinés tous protégés sont réduits à néant en l’absence de décisions communes au niveau
mondial (OMS et ONU) : Vaccin gratuit mis au service de tous à l’échelle planétaire. Mise à
disposition immédiate du vaccin pour les pays les moins protégés. Garantir la recherche et la production hors des intérêts privés des labos pharmaceutiques. (La France a refusé par deux
fois, la mise en commun des brevets, avant de se retrancher derrière des décisions européennes).

Mais on préfère énumérer la liste des variants en la laissant croitre et s’allonger tous les quatre mois, prendre des dispositions antisociales à chaque nouvelle poussée ou vague de contamination, laisser mourir l’institution hospitalière sacrifiée sur l’autel de la rentabilité et du profit. Et on détourne les responsabilités en désignant le bouc émissaire le non-vacciné comme le fauteur de trouble, le fautif, le paria et bientôt le hors la loi, on brandit l’étendard de la protection bienveillante de l’état en bradant la Liberté au nom de la Sécurité collective. Attention, le totalitarisme nous pend au nez : La Liberté collective est un vrai piège à cons ! Alors usons de notre Liberté : pensons par nous-même et agissons
collectivement contre ces atteintes liberticides.

Révolution sociale !

Contact


Envoyer un message