Inondations en Espagne comment le capitalisme aggrave le désastre. La « normalité capitaliste » est le problème, pas la solution !

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[https://cnt-ait.info/2024/11/07/dana-cnt-ait-levante]
Déclaration de la Confédération Régionale Levante de la CNT-AIT d’Espagne

Nous sommes horrifiés par le niveau de morts et de destructions que la catastrophe DANA [1] du mardi 29 octobre dernier a provoqué dans le Centre-Est de l’Espagne. Nous transmettons nos condoléances à tous les parents et amis des défunts. Nous espérons un rétablissement rapide de toutes les zones touchées et exigeons des améliorations adéquates face à la réalité climatique. Depuis certains de nos syndicats de la CNT-AIT, nous collaborons à la collecte des biens de première nécessité pour pouvoir les livrer le plus rapidement possible aux zones touchées ces jours-ci [2]. La solidarité, le soutien mutuel et l’autogestion qui naissent spontanément de ces catastrophes montrent que la nature humaine n’a pas de racine égoïste comme voudraient nous le faire croire les ancrages de la culture capitaliste dominante.

Nous ne partageons cependant pas l’expression récurrente dans ces moments de « retour à la normale », car, comme dans d’autres crises, nous soulignons que la soi-disant « normalité » est le problème.

La situation climatique elle-même est en grande partie une conséquence directe de notre activité économique mondiale ; le réchauffement climatique provoqué par les émissions de gaz à effet de serre, nécessaires au maintien de la production et de la consommation capitalistes, génère un changement climatique rapide, qui augmente à la fois la quantité et la force de ces phénomènes extrêmes. . Il s’agit d’un fait scientifiquement vérifié, mais activement marginalisé par les professionnels de la politique qui savent que, si la politique y répondait de manière cohérente, elle mettrait en danger la sacro-sainte croissance économique, dont dépendent les élites économiques ainsi que les États et leurs structures de pouvoir. L’euphémisme de « développement durable » promu par la social-démocratie et les libéraux ne cherche pas à réduire la croissance, qui est la seule formule efficace pour réduire les émissions et les déchets – même si nous sommes déjà en retard – mais plutôt à poursuivre la croissance capitaliste repeint sous un logo de couleur « verte », mais avec la même structure exploiteuse et polluante, changeant seulement la forme de production ou exportant les conséquences toxiques vers d’autres territoires.

La société ne considère pas non plus ce problème comme une priorité. Si on observe tant ces tendances politiques que les courants d’opinion plus ou moins populaires, il apparaît que la majorité de la société ignore ou minimise le problème. L’influence sociale des médias généralistes – et capitalistes – est évidente ; ils cachent, confondent ou déforment la réalité, en faveur de la continuité du système dominant, dans cette crise et dans d’autres. L’influence particulière des réseaux sociaux ces derniers temps est aussi un élément aliénant de premier ordre, puisque leur dynamique a consacré l’opinion [et les émotions] au détriment de l’argumentation [et des débats], se transformant en un terrain fertile pour les charlatans de divers bords qui ont popularisé les théories les plus absurdes et nuisibles. Les réseaux sociaux ont mis en avant politiquement et socialement beaucoup d’individus aux pensées misérables avec leurs « bons mots » (buzz) réactionnaires, ce qui convient bien au pouvoir capitaliste de base : nous maintenir dans l’ignorance par excès ou par manque d’information contribue à limiter le développement de la conscience. Sans aucun doute, être à la merci des médias – qu’ils soient classiques ou en ligne – éloigne les gens de la réalité objective, qui est celle que permet le contact réel et l’interaction avec ce qui est le plus proche et le plus existentiel : avec les voisins, avec les compagnons de travail ou de participation à la vie sociale, professionnelle ou environnementale, aux collectifs d’assemblées et de classe… Mais là où devraient se comparer et se discuter les problèmes qui sont communs à la classe sociale et au lieu où l’on vit, [on préfère] au contraire ne pas cultiver ces possibilités, [et] s’abandonner à la vulnérabilité intellectuelle qui permet la manipulation.
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[3] Note des traducteurs : On se souvient que déjà lors de la catastrophe de l’explosion de l’usine chimique d’AZF à Toulouse en 2001 ([AZF] ASSASSINS ! https://cnt-ait.info/2001/10/15/azf-assassins) ou lors de l’Ouragan Katarina en Louisiane en 2005 (PENDANT LA CATASTROPHE KATRINA : “AUTANT EN EMPORTE LE VENT” https://cnt-ait.info/2005/12/01/pendant-katrina), les mêmes scènes et la même politique de maintien de l’ordre établi étaient à l’œuvre, montrant bien le caractère structurel du phénomène.


ENTRAIDE ET SOLIDARITE CONCRETE FACE A LA CATASTROPHE DES INONDATIONS !

Comme souvent dans de pareilles catastrophes, spontanément la solidarité s’exprime pour venir au secours des personnes victimes de la catastrophe, et ce, d’autant plus que l’État en général est la première chose qui disparait dans ce genre de situation. (Les expériences passées, que ce soit l’explosion d’AZF à Toulouse ou lors de l’ouragan Katharina en Louisiane, nous démontrent que l’État finit toujours par revenir, mais en premier sous la forme de forces policières ou armées, plus que sous la forme de service de secours …). Nos compagnons anarchosyndicalistes de la CNT-AIT du Syndicat de Hellin, dans la région de Valence, ont mis à disposition leur local de l’Ateneo Libertario (celui-là même que la CIT a demandé à un tribunal de leur confisquer), pour recueillir des dons. Car avant d’être un sigle ou une boutique, l’anarchosyndicalisme, c’est surtout la solidarité en acte. Les compagnons de la CNT-AIT de grenade ont également ouvert leur local pour recevoir des dons en matériel et ont lancé une souscription. Enfin, les anarchosyndicalistes en Allemagne ont aussi participé à l’envoi de matériel aux sinistrés.

https://cnt-ait.info/2024/11/07/espagne-entraide-dana