Des milliardaires à ne savoir qu’en faire ? Révolution sociale !!!

, par admin

Tout observateur de l’actualité ne peut être que saisi à la fois d’effroi et d’émerveillement en constatant l’extraordinaire résilience du système économique et politique qui, sur toute la planète, maintient les populations dans un état de parfaite soumission à ses lois absurdes et impitoyables.
Pourtant, depuis des siècles, on sait que ce système génère des injustices et des inégalités monstrueuses, produit des guerres et des famines, enrichit prodigieusement une minorité et réduit à la misère la majorité, abrutit les populations, et ce, malgré le fait que, depuis des siècles, nombre de penseurs et philosophes qui ont dénoncé ces évidences, que rien ne change.

Encore aujourd’hui en plein vingt et unième siècle, les dégâts causés par ce système sont monstrueux ; presque 10 % de la population mondiale meurt de faim, un nombre de personnes, d’enfants, de vieillards, bien plus important encore est sous-alimenté et ne dispose même pas d’eau potable, des millions de familles sont obligées de s’exiler du fait de guerres (des conflits guerriers ravagent plus de cinquante pays) ou de catastrophes climatiques, des centaines de millions de personnes, voire d’enfants sont obligés de travailler dans des conditions indignes pour un salaire absolument misérable, partout la biodiversité s’effondre, etc.

Et pendant ce temps, quelques centaines de milliers de personnes accumulent des fortunes gigantesques : 3000 milliardaires cumulent autant de richesses que les 50 % les plus pauvres (quasiment 5 milliards de personnes).

Pire encore, on découvre aujourd’hui que ce système est non seulement violent, injuste et inéquitable, mais également suicidaire, car, inéluctablement, il mène l’humanité dans une impasse. Faisant de l’accumulation de richesses matérielles le but ultime de la vie humaine, il a lancé toute l’humanité, États, entreprises et individus, tous placés en situation de concurrence, dans une course à la croissance et à la puissance aussi vaine qu’absurde.

Le réchauffement climatique, l’effondrement de la biodiversité, l’épuisement des ressources, l’empoisonnement de l’eau, de l’air et des sols sont les preuves incontestables qu’une croissance indéfinie dans un monde fini est impossible. Au final, nous serons obligatoirement tous perdants, toutes victimes de l’idéologie libérale. Pourtant, malgré les multiples alertes des scientifiques, rien ne change, la course aux profits étouffe la raison. La soif de richesses et de pouvoirs des gens des classes dominantes est toujours aussi grande ; leur volonté de puissance et de domination ne connaît aucune limite.

Tout au long de l’histoire, les tentatives pour briser ce système de domination n’ont pas manqué. Révoltes d’esclaves, de serfs, de paysans, de domestiques, d’ouvriers, révolutions parfois, mais qui se sont toujours terminées par la défaite des révoltés. Et si quelquefois des victoires ont été remportées, elles ont toujours été provisoires et n’ont abouti au final qu’au remplacement de la classe des exploiteurs par un système de domination largement aussi féroce que le précédent.

Le nouvel État, affublé de qualificatifs avantageux, se révèle au final un maître largement aussi cruel et abusif. Il est bien certain que tous ces échecs, tous ces espoirs déçus ont renforcé dans la conscience populaire l’idée que la construction d’une société plus égalitaire et démocratique est impossible, que l’humanité entière est condamnée à subir pour l’éternité la loi du marché capitaliste et que chacun, devant en prendre son parti, n’avait d’autre choix que d’essayer de tirer seul son épingle du jeu, quitte à devenir soi-même un profiteur du système.

« Chacun pour soi et que le meilleur gagne » est le maître mot de cette société. Adieu l’égalité, l’entraide, la solidarité, le partage ; toutes ces valeurs, qui pendant des dizaines de millénaires ont seuls permis à nos ancêtres de subvenir à leurs besoins, de subsister dans une nature hostile et de surmonter une multitude d’obstacles, sont aujourd’hui considérées par les thuriféraires du système actuel comme d’un autre temps.
Si cette transformation radicale des valeurs de la société humaines est liée à l’avènement d’une classe de dominants, exploitant sans scrupules les classes inférieures, les véritables « maîtres d’œuvre » de cette transformation ont été les états et les religions qui en privant depuis des siècles les populations de tout esprit critique et en réprimant toute contestation, les ont amenées à accepter à obéir à leurs diktats et même à aimer leurs chaines, ce qu’Étienne de la Boétie, scandalisé par l’apathie et le manque de réaction des classes dominées au seizième siècle, a dénoncé comme leur « servitude volontaire ».

Certains diront que, depuis l’époque de La Boétie, les choses ont beaucoup évolué et il est vrai que les lois du marché ont remplacé dans l’esprit des gens les commandements des églises, que la marchandise a remplacé les anciennes idoles, et qu’aujourd’hui la plupart des personnes ne se préoccupent plus de leur avenir après la mort et font de leur enrichissement personnel, de l’accumulation de richesses, le but ultime de leur vie ; mais à y regarder de plus près, on constate que les ressorts du système n’ont pas changé :
Une classe de privilégiés domine outrageusement et exploite de manière scandaleuse les classes de producteurs. Le plus terrible est de constater que le constat de La Boétie est toujours valable. Ce système ne se perpétue que parce qu’il est accepté par les dominés, parce qu’ils se soumettent volontairement aux désirs de la classe dominante.

Pour qu’une révolution soit victorieuse et qu’elle débouche sur la construction d’une société réellement anarchiste, il faut donc qu’une grande partie de la population devienne consciente qu’elle a intérêt à la faire, et qu’un changement radical de société est possible, autrement dit qu’elle prendra conscience de sa force, qu’elle remplace toutes les mythologies au service du système actuel par des valeurs, d’égalité réelle, d’entraide, de solidarité et de liberté. C’est au développement de cette conscience que participent les militants de la CNT AIT.