Justice Pour Pierre et Yann

Dimanche 13 janvier 2008, par cnt // Justice/Injustice

A la suite du mouvement étudiant de novembre, le président de l’université de Perpignan et une partie des enseignants opposés au mouvement de grève, ont assigné en "justice" deux camarades étudiants, militants tous deux de la CGA (Coordination des groupes anarchistes) et du syndicat SUD Etudiant, aux fallacieux motifs de "dégradations ; vol ; menaces de mort." Cela, alors même que des enseignants se sont illustrés, sans ambiguïté aucune, par des attitudes provocatrices voire violentes au cours de ce même mouvement.

Sur la base de cette plainte, mercredi 19 décembre, au petit matin, Yann et Pierre, ont été arrêtés à leur domicile. La police a procédé à une perquisition à leur domicile et à la saisie des ordinateurs. A l’issue d’une garde à vue de 48 h, aucune des charges initiales n’a été retenue contre eux, preuve, si besoin en était de la légèreté coupable avec laquelle les plaintes avaient été dirigées à leur encontre. Des plaintes nominatives pour insultes (!) ont alors été déposées par des enseignants à l’encontre de Pierre et Yann. Sur la base de ces accusations, ils sont placés sous contrôle judiciaire :

  • il leur est interdit de sortir des limites du département des Pyrénées-Orientales,
  • il leur est interdit de se rendre à l’Université de Perpignan, sur le campus universitaire, au restaurant universitaire,
  • ils doivent s’abstenir de tout contact entre eux.

Un des effets de ces mesures iniques est d’interdire à nos camarades d’aller à la fac et donc de poursuivre leurs études. C’est démentiel alors que les "plaignants" déclaraient n’agir qu’en vertu de la seule "liberté pour tous de suivre les cours..."
De plus on ne peut que souligner la disproportion entre l’accusation restante (des insultes !) et la privation des libertés les plus fondamentales (dont celle d’aller et de venir) qui frappe ces deux jeunes. Faisant fi de la présomption d’innocence, ce type de contrôle tend à accréditer la thèse inepte que Yann et Pierre sont de dangereux individus, qu’ils sont coupables avant même d’avoir été jugés !

Pierre et Yann n’ont reconnu aucun des actes, aucune des déclarations, aucune des charges qui leur étaient imputés ! Nous dénonçons ces pratiques qui font encore monter d’un cran la répression sur les mouvements étudiants. Nous dénonçons ces mesures d’acharnement qui ont pour but de les faire rentrer dans le rang. Nous réclamons l’annulation du contrôle judiciaire infondé auquel Yann et Pierre sont soumis. Nous dénonçons par avance toute tentation de monter artificiellement des poursuites contre eux. Nous réclamons l’arrêt de la procédure à l’encontre de Pierre et Yann. Nous appelons l’ensemble des acteurs des luttes étudiantes et plus largement du mouvement social à se solidariser et à réagir à ces tentatives de criminalisation des luttes.

Une souscription, gérée par le comité "Justice pour Yann et Pierre", est ouverte. Chèques à l’ordre du CES (préciser "solidarité Yann et Pierre"). Adresse : C.E.S. BP 233, 66002 Perpignan cedex.

CNT-AIT
9 rue Duchalmeau
66000 PERPIGNAN