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Un Autre Futur novembre 2012

Publié le 10 novembre 2012

Visite normale d’un ministre normal

Un jet, des voiture de police partout, des haut fonctionnaires, des gros bonnets de la direction, des tapis bleus, des chaises pour les VIP (mais, pour les autres personnes, s’était debout face à un écran de 32 m² que ça s’est passé), des stands de bouffe partout, des chiens policiers et leur maîtres policiers eux aussi, quelque démineurs ici et là, des snipers sur le toit, des brigades de la gendarmerie en veux-tu en voilà, des gyrophares pleins les yeux... sonnez hautbois, résonnez trompettes, le maire et le premier ministre arrivent à Colomiers. Ils viennent inaugurer la nouvelle chaîne d’Airbus, fleuron de l’industrie française, qui se félicite des carnets de commande déjà pleins alors que le premier avion ne vole pas encore.
Ah ! Quel progrès ! Quelle technologie !, selon les dires des patrons et de J.-M. Ayrault dont le maître mot est « compétitivité ». Mais pour nous, ça veut dire qu’il ne nous restera plus qu’à faire des heures de nuits, des week-ends, des heures sup, des astreintes, être flexibles… Ah ! Quel beau spectacle ces patrons et les hommes de ce gouvernement socialiste se serrant les paluches comme des camarades de jeu.
Après le festin - de leur coté le caviar, du nôtre de la charcuterie - le « ministre normal » est entré dans son jet et a décollé, normalement.
Mais je vous laisse deviner combien a coûté la mise en scène de cette mascarade et à quoi tout cet argent dépensé en quelques heures aurait pu être plus utile.

Un travailleur d’Airbus

LE CHIFFRE DU MOIS : 74 000 000 000 Euros

Plus de 74 Milliards d’euros, c’est le total des bénéfices que 38 entreprises (parmi les 40 qui constituent le « CAC 40 ») ont engrangé lors de l’année 2011. A cette somme déjà fabuleuse, il faudra ajouter, quand ils seront connus, les bénéfices des deux grosses entreprises qui n’ont pas encore publié leurs comptes (Alstom et de Pernod-Ricard).

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CONDITIONS DE TRAVAIL

Téléperformance : les employés sous le choc
Un employé de 38 ans de l’entreprise Téléperformance à Blagnac, s’est automutilé en signe de protestation suite à un entretien avec la direction. Geste dramatique. Force est de constater que, ces dernières années, ces gestes se multiplient et qu’il y a de plus en plus de suicides provoqués par les conditions de travail.
En effet, au travail, beaucoup de salariés se sentent seuls face à l’implacable loi du profit et à des hiérarchies de plus en plus cyniques. Pourtant, il fut un temps, pas si éloigné que ça, où les travailleurs savaient s’organiser et s’entraider. Ils parvenaient ainsi à résister et à se défendre. Et cela à des époques qui étaient probablement encore plus dures que la nôtre. Alors, que s’est-il passé ??? C’est le résultat de toute une série de choses, qui font toutes le jeu des exploiteurs. On peut en souligner quelques unes. Tout d’abord l’individualisme. Ceux qui pensent « après moi le déluge » sont présentés comme de « bons citoyens ». De même, on nous présente la course à la consommation (avoir le dernier portable, une grosse bagnole, une villa -et quand on a la villa, une piscine…) comme la condition du bonheur. Et après ça, on se retrouve seul (« chacun pour soi ») et avec des dettes. Il suffit alors de perdre son emploi, il suffit même d’être menacé de le perdre pour que tout bascule. La solution ? Reprendre nos affaires en main et s’unir entre exploités pour résister

Lettre ouverte à mon patron :

PLEURE PAS LA BOUCHE PLEINE

On t’a vu à la télé, on t’a lu dans la presse, on t’a entendu à la radio. Les grands médias t’ont offert des super-tribunes. Forcément : c’est toi et tes copains qui les possédez, tous. Toi et tes copains, les 98 « grands » patrons de l’Association française des entreprises privées. Vous êtes venus sans vergogne pleurer misère, devant nous, alors que vous avez la bouche pleine de vos super-bénéfices. Votre « Appel solennel en faveur de la compétitivité des entreprises » est à gerber. Votre plan est simple : nous faire travailler davantage tout en nous payant moins. C’est ce que vous appelez « agir sur le coût du travail ». C’est d’après vous la seule solution. Moi, j’en connais une autre : agir sur le coût des bénéfices ! Car c’est votre façon d’accaparer les biens qui plombe l’économie.

EN BREF

29 mois de prison pour rien. Accusé de tentative de meurtre sur des policiers à Villiers-le-Bel, Mara Kanté s’est tapé 29 mois de prison avant d’être reconnu innocent. Ses accusateurs n’ont pas été inquiétés. Pourquoi, la police ne les a pas retrouvés ? Agressivité. Longtemps, la droite française a été qualifiée de plus stupide du monde. Brigue-t-elle maintenant le titre de « la plus agressive » ? Il suffit d’écouter les propos de ses leaders pour s’en convaincre. Attaques contre les 35 heures. Qu’on ne s’y trompe pas : le « débat » autour de la suppression des 35 heures est une façon de tâter le terrain et de tenter de nous faire avaler la pilule. Il est vrai que le rêve de tout patron c’est de nous faire travailler 39 heures payées 35… L’athéisme, 1ère philosophie de France. Une étude révèle que les pratiquants de toutes les religions réunies (catholicisme, islam, protestantisme, judaïsme,…) ne représentent que 11 % de la population alors que 41 % des habitants du pays se déclarent ouvertement athées. Une occasion de rappeler que si chacun a le droit de croire ce qu’il veut, les religions n’ont pas le droit d’imposer quoi que ce soit à qui que ce soit.

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ON EMBAUCHE CHEZ NATAÏS

La nouvelle est parue dans la presse régionale : l’entreprise Nataïs, située dans le Gers et leader sur le marché européen du pop-corn embauche. 20 recrutements sont annoncés d’ici fin 2012. L’entreprise annonce qu’elle est en pleine expansion. Elle oublie de dire combien de salariés elle a licencié, combien d’intérimaires elle a utilisé chaque année comme autant de produits « jetables » (plus de 477 rien que l’an dernier pour une moyenne de 28 heures par an !), combien de salariés ont « rendu leur tablier » parce qu’ils n’en pouvaient plus. Voilà pourtant des informations intéressantes qui pourraient faire réfléchir les candidats potentiels à l’embauche…

Avant de signer un contrat, nous conseillons aux candidats de faire un petit tour par les Prud’hommes d’Auch (plusieurs procès vont avoir lieu au cours des prochains mois) mais aussi par le TGI de cette même ville : Nataïs poursuit en effet pour diffamation 3 salariés qui ont échangé des propos bénins sur leurs conditions de travail sur internet. L’affaire qui passera en justice le jeudi 13 décembre. Elle éclaire parfaitement les relations sociales dans cette entreprise. Comme le jugement sera public, n’hésitez pas à venir vous faire une idée. On n’est jamais mieux servi que par soi-même.

Un toit pour nos enfants

Il était une fois, quelque part dans Toulouse des enfants à la rue, des familles sans toit et un bâtiment ouvert aux quatre vents. Pas de propriétaire à l’horizon. Est-il parti en vacances ? Non, il vit dans une autre maison beaucoup plus luxueuse. A-t-il un projet sur cet immeuble ? Non.
Eh bien, puisqu’il en est ainsi, des enfants et leurs familles rentrent dans ce bâtiment, pour se mettre à l’abri du vent, du froid et de la pluie. Pas pour longtemps. Quelques jours à peine sont passés et un procès est en cours. La justice de la liberté, de l’égalité, et de la fraternité tranchera. En attendant, des enfants ont déjà été jetés à la rue. Car mettre des enfants dehors, ça, c’est légal. Tout comme utiliser un hélicoptère et mobiliser des centaines de policiers pour expulser les familles.

Imaginez vos enfants –oui, les vôtres- réveillés au petit matin par des hurlements, jetés de leur lit les yeux encore emplis de sommeil, expulsés de dessous leur toit par une infinité de policiers armés de matraques et d’armes à feu, sous le vrombissement des pales d’un hélicoptère volant à basse altitude. C’est comme ça que cela se passe, une expulsion.

Vous trouvez ça normal qu’on utilise autant d’argent pour déloger des gens ? Moi, non. Ce qui est normal, c’est que tous les enfants aient un toit.

Maryse

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Rues et lieux de Toulouse : Emile Cartailhac et la Galerie des cavernes

Bien que né à Marseille (1845) et mort à Genève (1920), Toulouse tient une place particulière dans la vie d’Emile Cartailhac. D’abord élève du lycée Fermat il s’inscrit ensuite à la faculté de droit. Très rapidement cependant il s’oriente vers l’étude de la préhistoire. Après de nombreux autres travaux scientifiques, il est à l’origine d’une « première » mondiale : la création de « la galerie des cavernes » au Muséum d’histoire naturelle de Toulouse (près du jardin des plantes). C’est la première fois au monde que du « mobilier préhistorique » (pour reprendre le terme technique) est exposé aux yeux du grand public. Il s’agissait là d’une avancée pédagogique et culturelle de la plus grande importance. Tous ceux qui ont pu voir cette fantastique « galerie » - jusqu’à sa disparition lors de la récente et catastrophique « rénovation » du Muséum – en ont certainement gardé un fort souvenir.

Là n’est pas le seul mérite de Cartailhac. Son honnêteté intellectuelle peut encore servir d’exemple aujourd’hui. En effet, dans un premier temps, Cartailhac fit partie de ceux –très nombreux- qui n’admettaient pas l’ancienneté des peintures rupestres que l’on venait de découvrir dans plusieurs grottes. Après avoir étudié la question à fond, Cartailhac publia un texte retentissant (« Mea culpa d’un sceptique ») dans lequel il reconnaissait son erreur et rectifiait sa position. Par la suite, il poursuivit ses travaux scientifiques jusqu’à sa mort.

Aux côtés des géologues qui ont progressivement démontré l’ancienneté de la terre (plus de 4 milliards et demi d’années), des naturalistes qui ont démontré l’évolution des espèces, Emile Cartailhac fait partie des savants qui ont démontré l’ancienneté de notre espèce, de cette espèce humaine dont nous faisons tous partie, une espèce capable de créer il y a quelques 40 000 ans des œuvres d’art qui nous touchent encore aujourd’hui.

Un vieux Toulousain

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