Les élections : Une « Série culte ».

Lundi 24 juillet 2017, par cnt // Election

Le nouveau président, élu par défaut tant le taux réel d’abstention fut important, est parfait (c’est-à-dire sans défauts) dans son rôle de représentant sans scrupules du MEDEF. Il est "En marche", donc, ce cher président qui aime tant les milliardaires [1] pour reprendre, à son tour, la casse du droit des travailleurs et pour continuer la politique de ses prédécesseurs (c’est-à-dire garder le cap pour une exploitation maximum du prolétariat). Mais, attention ! Il n’est pas seul. Il est accompagné, dans sa marche, par nombre de ceux (électeurs, journalistes, experts, etc) qui, à travers lui, disaient s’opposer au pire.

Bien que l’opposition Le Pen / Macron était censée symboliser l’opposition fascisme / libéralisme, nous notons que le néo-libéralisme a, désormais, amorcé une dérive totalitaire. Non seulement, il veut donner une totale liberté aux plus riches d’exploiter, à outrance, les plus pauvres et les plus faibles, mais il entend, surtout, les obliger à l’auto-censure (qui est le propre du totalitarisme). Ce choix morbide, aidé par la bonne morale « républicaine », a-il fait frissonner les électeurs comme quand ils frissonnent devant un bon film d’horreur ? Le but n’était-il pas de les conduire aux urnes, coûte que coûte ? En tous cas, si ce leurre a bien fonctionné, en termes de résultats, il n’en va pas de même en terme de participation – et encore moins en terme d’enthousiasme populaire.

Mais, les élections passent et se ressemblent ; après la présidentielle, les législatives. Pendant que certains proclament sur les ondes que tout va changer, que tout est pratiquement déjà révolutionné grâce à l’arrivée de nouvelles têtes, nous constatons, pour notre part, une abstention record de plus. Et là, certains spécialistes débordent « d’imagination » dans l’art de « l’intox » afin de dédramatiser et de maquiller le sens réel de l’abstention. Imagination est, ici, un bien grand mot. Comme exemple, citons cette spécialiste (quelqu’un supposé être avisé) qui a, doctement, déclaré sur les ondes de France inter, et dans sa grande clairvoyance, que l’abstention record lors des élections, présidentielles et législatives, s’expliquait par la volonté des abstentionnistes de laisser une chance à Macron (!), et sa liste « En marche », en ne votant pas pour leurs propres candidats. La profondeur de l’analyse est, ici, indéniable ; c’est une imagination fertile qui se nourrit de sophismes ou de fantasmes, ou peut-être des deux à la fois.

Les abstentionnistes, ceux qui devaient voter pour les autres candidats, et par nous ne savons quelle miracle, auraient unanimement décidé d’effacer leurs propres candidats au profit d’un jeune jésuite de cœur, banquier de profession. Comment peut-on simplement imaginer, un seul instant, des électeurs s’abstenir dans le seul but que ne soit pas élu celui, ou celle, qui serait à leurs yeux le meilleur candidat au profit d’un autre afin qu’un autre (macron) puisse avoir sa "chance" ? Par ce raisonnement "pointu", sont évacuées toutes questions portant sur un rejet du capitalisme, sur la collusion du pouvoir politique, et sur le spectacle pathétique qu’il nous est, régulièrement, donné à voir.