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	<title>CNT-AIT - Toulouse | Anarchosyndicalisme !</title>
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	<description>Site web de la CNT-AIT de Toulouse, organisation anarchosyndicaliste. 7 rue Saint-R&#233;m&#233;sy - 31000 Toulouse - 05 61 52 86 48</description>
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		<title>CNT-AIT - Toulouse | Anarchosyndicalisme !</title>
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		<title>Utopia, mon amour ...
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&lt;p&gt;A la suite de plusieurs contacts de salari&#233;s ou ex-salari&#233;s d'Utopia, la CNT-AIT a lev&#233; le voile sur des pratiques de cette entreprise qui crie &#034;Haro sur le boulot&#034;, fait son fonds de commerce de la d&#233;nonciation de l'exploitation capitaliste, mais peut &#233;ventuellement se conduire comme le dernier des patrons*1. Avant d'en venir au fond de l'affaire et &#224; ses derniers rebondissements, il faut tout d'abord expliquer pourquoi des salari&#233;s d'Utopia se sont adress&#233;s &#224; la CNT-AIT pour d&#233;noncer leurs (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?mot70" rel="tag"&gt;article_cs_99
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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;cs_sommaire cs_sommaire_avec_fond&#034; id=&#034;outil_sommaire&#034;&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_inner&#034;&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_titre_avec_fond&#034;&gt; Sommaire &lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_corps&#034;&gt; &lt;ul&gt; &lt;li&gt;&lt;a title=&#034;&#034;Utopia salaud ! le peuple aura ta peau&#034;&#034; href='http://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?id_mot=70&amp;page=backend#outil_sommaire_0'&gt;&#034;Utopia salaud ! le peuple (&#8230;)&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Cracher dans la soupe et mordre la main qui nourrit&#034; href='http://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?id_mot=70&amp;page=backend#outil_sommaire_1'&gt;Cracher dans la soupe et (&#8230;)&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Marketing et coeur de cible&#034; href='http://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?id_mot=70&amp;page=backend#outil_sommaire_2'&gt;Marketing et coeur de cible&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;/ul&gt; &lt;/div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;&lt;p&gt;A la suite de plusieurs contacts de salari&#233;s ou ex-salari&#233;s d'Utopia, la CNT-AIT a lev&#233; le voile sur des pratiques de cette entreprise qui crie &#034;Haro sur le boulot&#034;, fait son fonds de commerce de la d&#233;nonciation de l'exploitation capitaliste, mais peut &#233;ventuellement se conduire comme le dernier des patrons*1.&lt;br class='autobr' /&gt;
Avant d'en venir au fond de l'affaire et &#224; ses derniers rebondissements, il faut tout d'abord expliquer pourquoi des salari&#233;s d'Utopia se sont adress&#233;s &#224; la CNT-AIT pour d&#233;noncer leurs incroyables conditions de travail. N'ayez pas la na&#239;vet&#233; de croire qu'ils &#233;taient anarchosyndicalistes ! C'est tout simplement parce qu'&#034;ailleurs&#034;, on leur a conseill&#233; de la fermer : &#034;Pas touche &#224; Utopia&#034; est le mot d'ordre de la plupart des organisations de gauche ou d'extr&#234;me-gauche, qui ne veulent pas perdre les avantages substantiels que leur boutique trouve dans la caution morale qu'elles apportent &#224; cette salle.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_0&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='http://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?id_mot=70&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;&#034;Utopia salaud ! le peuple aura ta peau&#034;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;	Sous ce titre ravageur dont nous lui laissons la pleine responsabilit&#233;, la &#034;Gazette d'Utopia&#034; (f&#233;vrier 2005) tentait, sur deux grandes pages, avec de perfides illustrations de Charb*2, de r&#233;pondre aux critiques que nous avions diffus&#233;es par voie de tract. Se retranchant derri&#232;re une sorte de &#034;courrier des lecteurs&#034;, elle nous traitait de &#034;lurons&#034; -&#034;pas sympathiques&#034; et m&#234;me &#034;pleins de haine&#034;-, et nous accusait de propager des &#034;on-dit p&#233;nibles&#034;, d'avoir &#034;des comportements inadmissibles&#034;, d'&#234;tre &#034;bourr&#233;s de m&#233;chancet&#233;s&#034;... et, sous la signature d'un certain Fran&#231;ois*3, de &#034;d&#233;nigrer surtout (...) les plus proches&#034; (entendez, des gens de g&#244;che), attitude imm&#233;diatement jug&#233;e &#034;insupportable&#034;. Bref, affreux, sales et m&#233;chants, nous n'&#233;tions que des menteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Depuis, m&#234;me un verdict du Conseil des Prud'hommes, qui n'est pas une instance r&#233;put&#233;e pour ses positions anti-patronales*4, est venu, le 13 septembre 2006, apporter un d&#233;menti cinglant aux affirmations utopiesques en condamnant l'entreprise &#224; 11 000 euros de dommages et int&#233;r&#234;t envers une ex-salari&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Bien que quatre &#034;Gazettes&#034; soient parues depuis cette date, on n'y trouve pas l'information que l'importance de ce fait appelait. Pourquoi une discr&#233;tion si inhabituelle chez un champion du devoir d'information et de transparence ? Il est vrai que sa condamnation pour licenciement abusif (comme un vulgaire gros patron de droite) est &#233;clairante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Tout d'abord, les Prud'hommes pulv&#233;risent les trois motifs d'Utopia : le premier &#034;ne concerne en rien la salari&#233;e&#034;, le deuxi&#232;me &#034;n'est pas plus r&#233;el que s&#233;rieux&#034; quant au troisi&#232;me, il repose sur &#034;une position tout &#224; fait invers&#233;e de la part de la g&#233;rante&#034;. Bien plus, &#034;la gen&#232;se de l'histoire d&#233;montre que les probl&#232;mes... ont..., entre autre, comme point de d&#233;part... le fait que le salari&#233; ait pris contact avec un inspecteur du travail&#034; ... ce qui constitue pourtant un droit &#233;l&#233;mentaire de tout salari&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Ensuite, le floril&#232;ge continue : les Prud'hommes rel&#232;vent un courrier &#034;mena&#231;ant&#034; de la direction ainsi que des propos, &#224; l'&#233;gard des salari&#233;s,&#034;pour le moins surprenant(s)&#034; quand ils ne sont pas &#034;particuli&#232;rement condescendants&#034; de la part d'un &#034;actionnaire non-salari&#233;&#034; d'Utopia.&lt;br class='autobr' /&gt; Les Prud'hommes valident &#034;qu'un collectif d'anciens salari&#233;s d'Utopia a &#233;t&#233; form&#233;&#034; et que &#034;assur&#233;ment plusieurs anciens salari&#233;s t&#233;moignent&#034; dans leur tract &#034;Sauve qui peut Utopia&#034; (dont nous ne pouvons que conseiller la lecture tr&#232;s instructive). &lt;br class='autobr' /&gt; Pour ce qui est des accusations d'Utopia concernant la CNT-AIT, les Prud'hommes constatent que le patron les prof&#232;re &#034;sans amener le moindre commencement de preuve de ses affirmations&#034;. &lt;br class='autobr' /&gt; Utopia s'est bien gard&#233; de faire appel de ce verdict qui vient tout simplement prouver que les faits d&#233;nonc&#233;s par la CNT-AIT voici maintenant deux ans, malgr&#233; toutes les d&#233;n&#233;gations des utopistes et de leurs tr&#232;s nombreux alli&#233;s, &#233;taient parfaitement fond&#233;es. Ajoutons pour finir que &#034;La D&#233;p&#234;che du Midi&#034; a publi&#233; le 6 f&#233;vrier 2007 un article sur l'affaire*5. Nous avons pu y lire que, d'apr&#232;s la patronne, la condamnation d'Utopia &#233;tait due au fait que la &#034;CNT-AIT aurait suffisamment de talent de persuasion et d'entregent (...) pour influencer les prud'hommes&#034;. Celle l&#224;, on ne nous l'avait pas encore faite. On en rit encore.&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#233;d&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;_1 : Lire en particulier dans notre N&#176; 90 (avril-mai 2005) les articles &#034;Quelle est la diff&#233;rence entre un patron de &#034;g&#244;che&#034; et un patron ?&#034;, &#034;Cin&#233;ma Utopia : un cin&#233;phile averti en vaut deux&#034; _2 : Un dessinateur qui gagnerait tout de m&#234;me &#224; v&#233;rifier ses informations... _3 : Que d'aucuns ont cru pouvoir identifier &#224; un ancien leader du PS... _4 : Voir notre brochure &#034;Les Prud'hommes ne d&#233;fendent pas les travailleurs, ils les jugent&#034; _5 : Le journaliste qui le signe a pris au pr&#233;alable contact avec nous. Comme nous le faisons toujours, personne n'a r&#233;pondu &#224; ses questions. L'expression de la CNT-AIT, en tant que telle, est autonome et collective et se fait par des textes r&#233;dig&#233;s en syndicat (tracts, communiqu&#233;s, brochures...). Ceci dit, l'article, sous le chapeau &#034;Le cin&#233;ma toulousain, chantre de la d&#233;nonciation des injustices sociales, &#233;pingl&#233; par le conseil des prud'hommes&#034; est tout &#224; fait correct&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_1&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='http://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?id_mot=70&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Cracher dans la soupe et mordre la main qui nourrit&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;De nombreux militants syndicalistes et politiques se sont donn&#233;s beaucoup de peine, depuis pr&#232;s de deux ans, pour expliquer combien cette affaire n'en valait pas la peine. Cela, y compris dans des milieux se d&#233;clarant r&#233;volutionnaires, se revendiquant de l'anticapitalisme voire des id&#233;es libertaires. Le texte qui suit, &#233;manant d'un certain Redrum, que nous p&#234;chons sur internet, r&#233;sume bien leur campagne :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&#034;Ce soir ... au cin&#233;ma Utopia, mes camarades &#034;tra&#238;tres de classes&#034; (smile) du Scalp/No pasaran organisent un d&#233;bat pr&#233;c&#233;d&#233; d'une projection... je me permets un petit commentaire &#233;videmment qui n'est pas une d&#233;fense d'Utopia mais une petite mise au clair face &#224; une entreprise publicitaire de la CNT-AIT. (...) Utopia, c'est effectivement une possibilit&#233; pour les groupes militants (...) d'organiser des d&#233;bats/projections et de toucher un large public, plus large en tout cas que dans des r&#233;seaux militants ultra-sectaires. Tout comme ces m&#234;mes groupes militants utilisent des salles municipales sans forc&#233;ment &#234;tre d'accord avec la politique de l'&#201;tat, ils utilisent Utopia sans forc&#233;ment d&#233;fendre et cautionner les &#233;ventuels probl&#232;mes. Qui pr&#233;tend aussi qu'Utopia est &#034;intouchable&#034; pour le &#034;peuple de gauche&#034; ? Personne. (...) Personne n'est dupe (...). Utopia est un bon cin&#233;ma avec une bonne pr&#233;sentation mais comme dans toutes (ou presque) les assos et boites de gauche, [ils] jouent sur la corde &#034;militante et b&#233;n&#233;vole&#034; pour pousser un peu plus les salari&#233;Es. L'AIT Toulouse d&#233;couvre la r&#233;alit&#233; du travail dans les boites de gauche. R&#233;volution. Et quand je dis que c'est comme &#231;a dans beaucoup de structures, &#231;a ne veux pas dire que c'est &#034;normal&#034; ou qu'il n'y a pas de raison de changer les choses, &#231;a veut dire que ce n'est pas exceptionnel.Alors, le battage organis&#233; par l'AIT de Toulouse aurait-il pour origine -comme il tente de le faire penser- la col&#232;re des salari&#233;s d'Utopia organis&#233; en collectif ou dans un syndicat ? Niet ! Le battage de l'AIT a pour origine des t&#233;moignages d'ancien salari&#233;Es et surtout le conflit d'une salari&#233;e qui est all&#233;e aux prud'hommes. Je trouve &#231;a mince (...)&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Reprenons depuis le d&#233;but : les patrons d'Utopia vendent leur produit &#034;culturel&#034; gr&#226;ce &#224; un puissant marketing altermondialiste. Cette offre &#034;anticapitaliste&#034;, ils la servent au public gr&#226;ce au travail de salari&#233;s auxquels ils appliquent une &#034;gestion des ressources humaines&#034; violemment capitaliste : travail &#034;b&#233;n&#233;vole&#034; des employ&#233;s, licenciement pour &#034;manque de conscience politique&#034;, et m&#234;me, face &#224; la col&#232;re des salari&#233;s, tentative de s&#233;ances de &#034;psychoth&#233;rapie de groupe pay&#233;e par [leurs] primes annuelles&#034; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Quant au &#034;produit&#034; propos&#233;, il est bien plus que le film projet&#233;*1. C'est ce qui fait le succ&#232;s de la firme. Car, ce que les patrons d'Utopia, proposent &#224; la vente, ce n'est pas simplement un film, c'est une identit&#233;, un r&#244;le &#224; consommer : celui d'un spectateur intellectuel et critique.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_2&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='http://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?id_mot=70&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Marketing et coeur de cible&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;	Pour que leur marketing reste cr&#233;dible et le &#034;c&#339;ur de cible&#034; fid&#232;le, ils ont besoin d'un label. Celui-ci est apport&#233; par la multitude de groupes radicaux et alternatifs qui y organisent des soir&#233;es &#034;politiques&#034;. En retour, la direction les sponsorise, ne serait-ce que par la publicit&#233; qu'elle leur accorde dans sa &#034;Gazette&#034;. Situation bien diff&#233;rente, contrairement &#224; ce qui est avanc&#233; dans le texte que nous citons plus haut, de celle des groupes qui utilisent &#034;des salles municipales&#034; : on peut difficilement penser en effet que le Maire de Toulouse cherche &#224; se donner une image anticapitaliste, antilib&#233;rale, voire anarchiste par ses pr&#234;ts ou locations. A l'&#233;vidence, les enjeux politiques sont bien diff&#233;rents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Quoiqu'il en soit, une fois connu tout ce qui pr&#233;c&#232;de, on comprend que les salari&#233;s et les anciens salari&#233;s d'Utopia en col&#232;re ont des int&#233;r&#234;ts diam&#233;tralement oppos&#233;s &#224; ceux de leurs patrons : pour les premier, rendre visible ce qu'ils ont subi ; pour les seconds, l'occulter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	La CNT-AIT a naturellement choisi de soutenir les salari&#233;s, tout en respectant leur autonomie et leur d&#233;marche : chacun a parl&#233; en son nom, chacun a choisi les m&#233;thodes qu'il a voulu. Quant &#224; ces &#034;groupes militants&#034; auxquels Utopia offre effectivement une possibilit&#233; de &#034;toucher un large public&#034;, quelle a &#233;t&#233; leur position ? La m&#234;me que celle des patrons ! Pour commencer, pendant des mois, ils ont tout simplement ni&#233; l'existence m&#234;me de ce conflit. Que 25 salari&#233;s aient quitt&#233; une boite num&#233;riquement aussi modeste*2 en deux ans (certains avant m&#234;me la fin de leur contrat), que plusieurs aient tenu &#224; apporter un t&#233;moignage &#233;crit,... tout cela n'&#233;tait que du pipi de chat : d'apr&#232;s eux, &#224; partir du moment ou un salari&#233; quitte une entreprise (ou est mis dehors), il n'aurait plus rien &#224; dire !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Abandonnant progressivement cette d&#233;fense d&#233;sesp&#233;r&#233;e, ils ont tout fait pour minimiser la port&#233;e de la lutte, en soulignant son caract&#232;re forc&#233;ment individuel (du fait de la disparition r&#233;guli&#232;re des opposants !).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Pour finir, passant &#224; la contre-attaque, voici qu'ils nous accusent p&#234;le-m&#234;le de &#034;d&#233;couvrir la r&#233;alit&#233; du travail dans les boites de gauche&#034; et d'instrumentaliser les salari&#233;s dans une op&#233;ration publicitaire. Au-del&#224; du ridicule de ces accusations, l'objectif est toujours le m&#234;me : d&#233;tourner les regards de l'essentiel, l'exploitation des salari&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Remarquons que si &#034;la r&#233;alit&#233; du travail dans les bo&#238;tes de gauche&#034; &#233;tait si bien connue de nos contradicteurs avant que nous ne la d&#233;noncions, il est &#224; se demander pourquoi ils ne l'ont jamais d&#233;nonc&#233; eux-m&#234;mes et surtout pourquoi ils ont ni&#233; les faits aussi longtemps !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	A l'ensemble de ces arguments patronaux qui se retrouve dans le texte de Redrom, il faut ajouter son silence &#233;loquent pendant deux ans, lui et ses amis, pourtant si prompts &#224; d&#233;noncer la domination au Liban ou au Mexique. Jamais -jamais- ils n'ont apport&#233; le moindre soutien aux salari&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Comment expliquer la collaboration de classe et la d&#233;rive bureaucratique (qui consiste &#224; pr&#233;f&#233;rer les int&#233;r&#234;ts de son organisation &#224; ceux des exploit&#233;s) de ces militants qui ont pourtant choisi de se situer en dehors des partis et syndicats majoritaires, avec toutes les difficult&#233;s que cela entra&#238;ne ? Ce n'est pas, du moins nous ne le pensons pas, qu'ils soient mus par la passion de trahir. L'optimisme nous pousse &#224; penser que leur comportement est, &#224; leurs yeux, l'unique r&#233;ponse possible &#224; une question r&#233;elle et r&#233;currente : celle de la n&#233;cessit&#233; d'allier &#233;thique et efficacit&#233; (ici, conserver nos id&#233;es et pratiques tout en gagnant un large public). Pour tout militant, cette question est centrale, elle nous est d'ailleurs commune. Mais pourquoi alors nos r&#233;ponses s'opposent-elles ? Parce que, ne se donner &#224; choisir, comme nos contradicteurs le font, qu'entre deux solutions caricaturales, est une fa&#231;on, probablement inconsciente, de justifier un mauvais choix. En effet, contrairement au discours qui sous-tend leur position, le choix n'est pas entre soit d'observer une &#233;thique rigoureuse de tous les instants soit de s'asseoir d&#233;finitivement sur cette m&#234;me &#233;thique sous pr&#233;texte d'&#234;tre pragmatique. Il est clair, que vivant dans une soci&#233;t&#233; qui met l'individu sous pression, le premier choix est, dans la r&#233;alit&#233;, pratiquement intenable : je me sers (m&#234;me &#224; minima) de l'&#233;lectricit&#233; fournie par EDF, alors que je suis anti-nucl&#233;aire ; je pars au travail, alors que je suis contre le salariat ; je paye des imp&#244;ts indirects sur tout ce que j'ach&#232;te alors que je suis contre l'&#201;tat,... Bref, au quotidien, mon &#233;thique en prend un coup. Mais l'autre choix, celui qui consiste &#224; jeter l'&#233;thique par-dessus bord sous pr&#233;texte qu'on ne peut pas la mettre en pratique &#224; 100 % est tout simplement, pour des r&#233;volutionnaires, suicidaire. Il revient &#224; renoncer progressivement &#224; toute r&#233;sistance et &#224; faire sien &#034;le mode d'emploi de la r&#233;volte&#034; fourni par le pouvoir, &#224; se rendre d&#233;pendant de ses proc&#233;dures et institutions. On garde le silence sur les m&#339;urs d'un patron qui nous pr&#234;te ses salles un jour, on se pr&#233;sente aux &#233;lections professionnelles un autre, on s'allie aux autoritaires plus ou moins ponctuellement un troisi&#232;me, ... on prend progressivement le chemin de tous ces anciens 68ards qui ont int&#233;gr&#233; le syst&#232;me et en sont souvent devenus les meilleurs d&#233;fenseurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Quand ceux qui nous critiquent posent le probl&#232;me de fa&#231;on aussi tranch&#233;e, aussi sectaire, en ne laissant comme seule solution finalement que de se lancer le jour m&#234;me dans une r&#233;volution totale ou de se trahir soi-m&#234;me, ils se pr&#233;cipitent dans une impasse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	La situation &#224; Utopia n'exigeait d'ailleurs pas un choix aussi corn&#233;lien. Pour tout r&#233;volutionnaire -et, m&#234;me pour tout syndicaliste- le choix &#233;tait fort simple. Quand des salari&#233;s d&#233;noncent les pratiques abusives du patron c'est naturellement du c&#244;t&#233; de l'exploit&#233; qu'il se range, m&#234;me s'il a quelque avantage &#224; perdre.&lt;br class='autobr' /&gt; Si certains tiennent &#224; aller, malgr&#233; tout, dans une salle o&#249; a lieu un tel conflit, une r&#232;gle simple est de refuser toute contrepartie au &#034;service&#034; que son propri&#233;taire vous rend. En somme, cracher dans la soupe et mordre la main qui nourrit. Pour Utopia, refuser un silence complice aux exploiteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	C'est d'ailleurs exactement ce qu'a fait le groupe Scalp-No pasaran (dont le message de Redrom annon&#231;ait la manifestation &#224; Utopia). Dans le d&#233;bat qui a suivi la projection, il a d&#233;clar&#233; en substance ceci :&#034;Nous remercions Utopia, mais nous tenons &#224; dire que nous sommes g&#234;n&#233;s d'&#234;tre l&#224;, parce qu'Utopia est une entreprise avec des patrons et des salari&#233;s. Or, nous sommes anticapitalistes et libertaires, nous sommes contre les patrons. Surtout ceux d'Utopia qui maltraitent leurs salari&#233;s et ont &#233;t&#233; condamn&#233;s aux prud'hommes&#034;. Cette prise de position du Scalp No-Pasaran, tout &#224; fait coh&#233;rente, est all&#233; droit au c&#339;ur de ceux des anciens salari&#233;s qui en ont pris connaissance et qui, jusque l&#224;, se sentaient abandonn&#233;s par le &#034;peuple de gauche&#034;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Bidule&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;_1 : Ainsi, le m&#234;me film projet&#233; dans un autre cin&#233;ma (par exemple, l'ABC -cin&#233;ma sur lequel nous aurons probablement l'occasion de revenir bient&#244;t) re&#231;oit infiniment moins de spectateurs. _2 : La modestie de l'effectif employ&#233; n'emp&#234;che pas l'importance des ressources financi&#232;res. Il est vrai, comme nous l'&#233;crivions dans un pr&#233;c&#233;dent num&#233;ro, qu'avec 600 000 entr&#233;es en 2004 (Toulouse + Tournefeuille), Utopia bat &#224; plate couture UGC centre ville (550 000 entr&#233;es)et que les chiffres d'affaire 2003 de quelques SARL, qui ont toutes la m&#234;me g&#233;rante, s'&#233;tablissait comme suit : Utopia Latin, 1 626 058 euros. Utopia St Sim&#233;on, 1 207 151 euros. F&#233;licit&#233; Films (sp&#233;cialis&#233;e dans le conseil pour les affaires et la gestion), 299 705 euros. Colossal, non ? Ajoutons que la m&#234;me personne est aussi g&#233;rante de la Soci&#233;t&#233; civile immobili&#232;re St Sim&#233;on, au capital social rondelet, et que nous ne sommes pas s&#251;rs d'avoir tout retrouv&#233;...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les briseurs de machine (2) : Le luddisme
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&lt;p&gt;Dans un article publi&#233; dans notre pr&#233;c&#233;dent num&#233;ro, nous avions abord&#233; les mouvements de r&#233;sistance &#224; la m&#233;canisation qui ont secou&#233; l'Europe dans la premi&#232;re moiti&#233; du 20&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, en mettant en lumi&#232;re la port&#233;e hautement politique de ces r&#233;voltes : loin de se restreindre &#224; leur manifestation la plus spectaculaire, sous la forme du bris de machine, elles refl&#233;taient le refus d'un assujettissement global aux formes de vie qu'exigeait la r&#233;volution industrielle, au bouleversement du mode de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?rubrique47" rel="directory"&gt;Du Luddisme
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?mot1" rel="tag"&gt;A la une
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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;cs_sommaire cs_sommaire_avec_fond&#034; id=&#034;outil_sommaire&#034;&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_inner&#034;&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_titre_avec_fond&#034;&gt; Sommaire &lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_corps&#034;&gt; &lt;ul&gt; &lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Un certain Ned Ludd&#034; href='http://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?id_mot=70&amp;page=backend#outil_sommaire_0'&gt;Un certain Ned Ludd&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Watch and ward act&#034; href='http://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?id_mot=70&amp;page=backend#outil_sommaire_1'&gt;Watch and ward act&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Le luddisme, expression d'une vision du monde ?&#034; href='http://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?id_mot=70&amp;page=backend#outil_sommaire_2'&gt;Le luddisme, expression (&#8230;)&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;/ul&gt; &lt;/div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;&lt;p&gt;Dans un article publi&#233; dans notre pr&#233;c&#233;dent num&#233;ro, nous avions abord&#233; les mouvements de r&#233;sistance &#224; la m&#233;canisation qui ont secou&#233; l'Europe dans la premi&#232;re moiti&#233; du 20&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, en mettant en lumi&#232;re la port&#233;e hautement politique de ces r&#233;voltes : loin de se restreindre &#224; leur manifestation la plus spectaculaire, sous la forme du bris de machine, elles refl&#233;taient le refus d'un assujettissement global aux formes de vie qu'exigeait la r&#233;volution industrielle, au bouleversement du mode de production mais aussi du rapport social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Luddisme fut parmi ces mouvements le plus tumultueux, le plus intense, mais aussi le plus r&#233;prim&#233;. Il d&#233;signe la r&#233;volte des ouvriers du textile en Angleterre, qui massivement et de sang-froid, d&#233;truisirent des centaines de machines travaillant la soie, le coton et la laine. Il appara&#238;t entre 1811 et 1813 dans les r&#233;gions de production textile, secteur traditionnel (longtemps bas&#233; sur une activit&#233; manuelle, un r&#233;el savoir-faire, et form&#233; de corporations ind&#233;pendantes), devenu l'industrie phare du pays, en proie &#224; une m&#233;canisation particuli&#232;rement rapide. Le th&#233;&#226;tre de ce soul&#232;vement, &#8220;le triangle Luddite&#8221;, concerne le centre industriel de l'Angleterre et r&#233;unit trois corporations : les tricoteurs du Nottinghamshire, les tondeurs du Yorkshire et les tisserands du Lancashire, des foyers de lutte relativement &#233;clat&#233;s g&#233;ographiquement, dont les acteurs exer&#231;aient diverses professions qui pr&#233;sentaient chacune leur histoire, leur sp&#233;cificit&#233;, leur tradition de lutte. C'est en cela que r&#233;side notamment la singularit&#233; des luddites : &#8220;une coh&#233;rence globale, une conscience de leur unit&#233;&#8221; entra&#238;nant une renomm&#233;e consid&#233;rable, une unit&#233; du mouvement mais une pluralit&#233; des pratiques, inscrites dans des contextes socio-&#233;conomiques tr&#232;s divers et des sp&#233;cificit&#233;s r&#233;gionales fortes... Ces diff&#233;rences conditionnent compl&#232;tement l'&#233;volution du mouvement qui connut plusieurs &#233;tapes (se radicalisant au fur et &#224; mesure) et les modes d'actions choisis (certaines professions restaient dans des cadres plus l&#233;galistes que d'autres), mais nous ne pouvons nous y arr&#234;ter ici en d&#233;tail. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pr&#233;cisons que le mouvement est enracin&#233; dans un contexte de crise &#233;conomique et politique : ch&#244;mage massif, famines ravageant le pays, discr&#233;dit des dirigeants li&#233;s &#224; la corruption. En 1811, la premi&#232;re puissance industrielle est avant tout un pays au bord de l'insurrection... l'image de prestige (sa seule pr&#233;occupation) qu'elle cultive aux quatre coins du monde, y compris dans les colonies qu'elle pille et affame n'est que pure propagande. La r&#233;alit&#233; est tout autre.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_0&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='http://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?id_mot=70&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Un certain Ned Ludd&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les Luddites prirent leur nom d'un certain Ned Ludd, personnage vraisemblablement imaginaire et dont les origines demeurent obscures. Parmi une des hypoth&#232;ses, il s'agirait d'un jeune apprenti ayant par le pass&#233; d&#233;truit un m&#233;tier &#224; tisser. L'emploi de ce nom contribua d'ailleurs &#224; l'unit&#233; du mouvement, et par le myst&#232;re qu'il contenait, laissait entendre l'existence d'une v&#233;ritable coalition, massive et hautement organis&#233;e. Les Luddites se voulaient une &#8220;arm&#233;e de justiciers&#8221; avec &#224; sa t&#234;te le G&#233;n&#233;ral Ned Ludd, chef fictif qui faisait toutefois trembler les dirigeants d'alors. Cette arm&#233;e reprenait les codes de l'arm&#233;e officielle (contexte de guerre contre Napol&#233;on jusqu'en 1815) en les subvertissant pour les adapter &#224; leurs propres valeurs, le G&#233;n&#233;ral Ludd repr&#233;sentant la face n&#233;gative de cette d&#233;fense patriotique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les modes op&#233;ratoires qu'ils avaient en commun, celle de pr&#233;c&#233;der leurs attaques contre les machines par des lettres de menaces, envoy&#233;es aux propri&#233;taires des manufactures en les sommant de retirer les machines honnies et &#8220;nuisibles &#224; la communaut&#233;&#8221; s'il ne voulaient pas les voir bris&#233;es en mille morceaux, et leur manufacture incendi&#233;e ou mise &#224; sac en guise de revanche. Ces lettres sugg&#233;raient une force coordonn&#233;e de grande ampleur et constituaient &#224; la fois une mani&#232;re de se prot&#233;ger, et d'intimider les manufacturiers : c'&#233;tait seulement quand cela &#233;chouait (quand les patrons ne coop&#233;raient pas, dans la plupart des cas) que les Luddites avaient recours aux bris de machines... Cette r&#233;volte populaire fut en effet marqu&#233;e par une intense activit&#233; &#233;pistolaire : pour menacer ou revendiquer, pour expliquer ou se justifier, ils &#233;crivirent des dizaines de lettres destin&#233;es &#224; des manufacturiers, magistrats, membres du gouvernement, et adopt&#232;rent des proclamations placard&#233;es, envoy&#233;es &#224; la presse et parfois publi&#233;es, le tout sous la signature de G&#233;n&#233;ral Ludd (mais aussi Roi Ludd, commandant Ludd et autres pseudonymes charg&#233;s de symbole). Ces lettres sont aujourd'hui une des seules traces qui reste de ce mouvement, et par la force de leur &#233;criture, prose r&#233;volt&#233;e m&#234;lant plusieurs langages, constituent une litt&#233;rature &#224; part enti&#232;re. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le Luddisme d&#233;marra dans le Nottinghamshire en mars 1811 avec les tricoteurs sur m&#233;tiers, qui connaissaient alors une d&#233;gradation de leur activit&#233; (pression des fabricants, baisse des revenus d'1/3 entre 1809 et 1812). Leurs premi&#232;res motivations furent le refus de la fabrication de marchandises de mauvaise qualit&#233; et l'exigence de meilleurs salaires, d&#233;non&#231;ant ainsi le &#8220;travail b&#226;cl&#233;&#8221;, &#8220;l'atteinte &#224; l'honneur du m&#233;tier&#8221; engendr&#233;e par cette pression productiviste. Une tradition contestataire caract&#233;risait les bonnetiers, et les violences se radicalis&#232;rent avec le meurtre d'un camarade Luddite en novembre 1811. Selon un journal de l'&#233;poque, le Leeds Mercury, &#8220;l'&#233;tat d'insurrection qui s'est install&#233; dans le pays au cours de ces derniers mois n'a pas d'&#233;quivalent depuis les temps troubl&#233;s de Charles 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt;&#8221;. La phase de Luddisme s'acheva dans cette r&#233;gion car les salaires des ouvriers bonnetiers augment&#232;rent (ils eurent par la suite recours &#224; des strat&#233;gies beaucoup plus l&#233;galistes, telles que les p&#233;titions et le lobbying), mais surtout en raison d'un renforcement de la r&#233;pression et du contr&#244;le social par les autorit&#233;s en ce d&#233;but d'ann&#233;e 1812 : le bris de machine devint pour la premi&#232;re fois de l'histoire un crime capital, passible de la peine de mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce contexte de r&#233;pression accrue ne fit qu'attiser la col&#232;re des ouvriers du Yorkshire et du Lancashire, r&#233;gions qui s'enflamm&#232;rent &#224; leur tour &#224; travers des actions plus radicales et plus diversifi&#233;es. Les attaques de nuit se g&#233;n&#233;ralis&#232;rent dans le Yorkshire : les tondeurs repr&#233;sentaient une &#8220;&#233;lite&#8221; parmi les ouvriers du textile par leur contr&#244;le total du processus de production et leur ind&#233;pendance, et &#233;taient forts d'exp&#233;riences collectives de luttes gagn&#233;es dans le pass&#233;, ce qui les mettaient en position de force face aux autorit&#233;s. Les tisserands du Lancashire, sans tradition d'action collective, se mobilis&#232;rent cependant radicalement en menant des actions de jour et de grande ampleur. Les actions &#233;taient en r&#232;gle g&#233;n&#233;rale concert&#233;es, planifi&#233;es et organis&#233;es sur un mode quasi militaire : les luddites se rassemblaient par exemple dans un champ non loin de leur cible, se rendaient en nombre sur les lieux et prenaient d'assaut la manufacture, arm&#233;s de masses, de marteaux, de piques, de hachettes et de fusils. Ils agissaient le plus rapidement possible et s'en allaient de m&#234;me, dispers&#233;s en petit groupe pour &#233;viter tout soup&#231;on, et &#233;chappaient la plupart du temps aux autorit&#233;s. Toutefois, le Luddisme &#233;tait bas&#233; sur une culture du secret &#224; travers des pratiques visant &#224; assurer la clandestinit&#233; du mouvement (rituels, serments, peintures corporelles). Il &#233;tait fr&#233;quent que les hommes se d&#233;guisent en femmes lors des attaques, et ils noircissaient syst&#233;matiquement leur visage au charbon, se paraient de foulards : le souci de ne pas trahir leur identit&#233; ou celle de leurs camarades &#233;tait primordial, ce qui rendit le Luddisme ind&#233;masquable. Les autorit&#233;s, malgr&#233; le nombre de soldats et de moyens d&#233;ploy&#233;s, ne parvenaient pas &#224; identifier les luddites &#233;galement gr&#226;ce au soutien des populations, qui h&#233;bergeaient les &#233;meutiers en fuite apr&#232;s les attaques, et gardaient le silence face aux soldats qui parcouraient les villages pour leur soutirer des informations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Les rumeurs d'insurrection g&#233;n&#233;ralis&#233;e parcouraient tout le pays, les &#233;meutes de la faim sur les march&#233;s, les pillages et collectes d'armes se firent r&#233;currents, int&#233;grant des individus n'ayant rien &#224; voir avec le Luddisme et r&#233;v&#233;lant ainsi la contagion d'autres sph&#232;res de la soci&#233;t&#233; par le mouvement. La strat&#233;gie du bris de machine culminait mais &#233;tait dans certains endroits accompagn&#233;e de gr&#232;ves et de mises en interdit. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les lettres de menaces prirent un ton de plus en plus politique, &#224; travers l'&#233;largissement des revendications et des allusions refl&#233;tant, plus ou moins clairement, le d&#233;sir de saper ou renverser le r&#233;gime en place : &#8220;nous viendrons &#224; bout de tous les oppresseurs et continuerons le combat jusqu'&#224; ce qu'il n'y ait plus un seul tyran &#224; conqu&#233;rir&#8221; peut-on lire dans certaines lettres...&lt;br class='autobr' /&gt;
La peur d'un soul&#232;vement g&#233;n&#233;ralis&#233; parmi les autorit&#233;s, accentu&#233;e par l'aspect myst&#233;rieux et insaisissable du Luddisme (le gouvernement attribua les troubles &#224; un complot foment&#233; tant&#244;t par les Irlandais libres, tant&#244;t par les jacobins fran&#231;ais et &#224; d'autres pistes abandonn&#233;es rapidement) le dispositif r&#233;pressif qu'elles d&#233;ploy&#232;rent, et la d&#233;termination des luddites laissent &#224; penser que ces derniers, &#224; un certain point, constitu&#232;rent une menace r&#233;elle pour l'ordre &#233;tabli, et on peut voir dans ce passage &#224; l'&#233;largissement des revendications un intervalle r&#233;volutionnaire. &#8220;Leur menace envers l'ordre &#233;tabli engendra la plus grosse vague de r&#233;pression employ&#233;e contre la dissidence int&#233;rieure dans l'histoire de la Grande-Bretagne, incluant une artillerie d'espions, des polices sp&#233;ciales, des milices et troupes volontaires, des raids nocturnes, des juges qui envoyaient &#224; la potence, l'application de sanctions s&#233;v&#232;res, et un d&#233;ploiement de soldats dans les zones agit&#233;es dont le nombre d&#233;passait celui des soldats mobilis&#233;s quatre ans plus t&#244;t pour vaincre Napol&#233;on au Portugal (...)&#8221; (K. Sale).&lt;br class='autobr' /&gt;
Savoir si une r&#233;volution aurait pu avoir lieu en Angleterre &#224; ce moment-l&#224;, tout comme celle de savoir dans quelle mesure le luddisme contribua &#224; la formation de la classe ouvri&#232;re et &#224; la naissance du syndicalisme par la suite, sont des questions d&#233;battues par les historiens. Elles font l'objet de diff&#233;rentes interpr&#233;tations...&lt;br class='autobr' /&gt;
Comment expliquer la disparition progressive du Luddisme ? Cette question aussi est l'objet de nombreux d&#233;bats.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_1&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='http://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?id_mot=70&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Watch and ward act&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;pression f&#233;roce qui s'abattit sur le pays est la principale explication. En plus de la loi sur la peine de mort, vot&#233;e en f&#233;vrier 1812 et qui contribua &#224; mettre d&#233;finitivement &#8220;l'opinion publique&#8221; du c&#244;t&#233; des Luddites, le serment secret (porter all&#233;geance au mouvement luddite) devint aussi un crime. Une loi incitant &#224; la d&#233;lation (Watch and ward act) contraignait tous les hommes de plus de 17 ans &#224; assurer des services de garde pendant la nuit, dans tous les endroits susceptibles d'&#234;tre foyer d'explosion (pubs, usines, places publiques). Le Premier ministre, Perceval Spencer, fut assassin&#233; en avril 1812 apparemment en dehors de tout lien avec les Luddites, mais le crime leur fut attribu&#233; ce qui tendit encore plus le climat. D'ailleurs, pour d&#233;crire l'hostilit&#233; populaire aux dirigeants il faut savoir qu'il y eut bon nombre de manifestations de joie suite &#224; cet assassinat dans plusieurs villes. La fracture se creusa, et le durcissement de la r&#233;pression et la criminalisation du mouvement entra&#238;na le d&#233;clin rapide des &#233;meutes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le gouvernement chercha &#224; frapper les esprits en jugeant publiquement 65 inculp&#233;s (pas seulement des artisans du textile) lors des assises de York en janvier 1813 o&#249; ils furent accus&#233;s d'actes de brigandage, bris de machines et prestation de serment &#224; une autre personne que le roi ; 3 crimes passibles de la peine de mort. Cet &#233;v&#233;nement fut le proc&#232;s du Luddisme, alors d&#233;peint par les magistrats comme une association de malfaiteurs responsables de ports d'armes, violence et atteinte &#224; la propri&#233;t&#233;.17 hommes furent condamn&#233;s &#224; la pendaison, et les autres &#224; des peines de prison ou d&#233;port&#233;s en Australie... Cela ne leva pas le myst&#232;re de l'organisation, mais ces assises marquent la fin du mouvement, m&#234;me s'il y eut des r&#233;surgences par la suite.&lt;br class='autobr' /&gt;
Une des interpr&#233;tations que l'on peut donner du Luddisme est la suivante : &#8220;leur unit&#233; est &#224; lire au futur (non au pr&#233;sent ou au pass&#233;). C'est un regard commun port&#233; sur l'avenir de leur communaut&#233; qui aurait li&#233; ces hommes entre eux, ainsi que le rejet radical d'une suspension du pr&#233;sent au crochet d'un avenir technicis&#233; illusoire&#8221;...&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_2&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='http://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?id_mot=70&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Le luddisme, expression d'une vision du monde ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;	Pour percevoir les r&#233;sonances actuelles du Luddisme, il faut y inclure sa composante politique. L'h&#233;ritage id&#233;ologique du progr&#232;s technique dans nos soci&#233;t&#233;s est comme une chape de plomb sur les possibilit&#233;s de r&#233;voltes qui en &#233;mergent. Il est &#224; la fois plus que jamais pr&#233;sent et source de scepticisme, dans une &#232;re o&#249; les crimes li&#233;s &#224; l'industrie et &#224; la technologie se font jour de fa&#231;on croissante. Le manque de contr&#244;le que nous pensons avoir &#224; cet &#233;gard, la sensation qu'il est impossible de s'en extirper collectivement, radicalement et sur le long terme, nous laisse dubitatif, acceptant sans conviction et un peu malgr&#233; nous l'id&#233;e de son cours incontr&#244;lable... confusion d'ailleurs entretenue par le mensonge m&#233;diatique et le consensus cynique fabriqu&#233; de toutes pi&#232;ces par les alter-capitalistes de tous bords, d&#233;fenseurs - &#224; la Hulot ou moralistes d'Attac qui en appellent, en tant qu'ultime recours, &#224; faire du v&#233;lo, consom'acter et surtout bien compter sur eux en attendant.&lt;br class='autobr' /&gt;
La technique, contrairement &#224; la fa&#231;on dont elle fut longtemps interpr&#233;t&#233;e, ne rel&#232;ve pas seulement de l'action de sp&#233;cialistes agissant dans une sph&#232;re autonome coup&#233;e du reste de la soci&#233;t&#233; : elle pr&#233;sente ind&#233;niablement un caract&#232;re politique, elle est socialement fa&#231;onn&#233;e. Le c&#244;t&#233; politiquement construit de la marchandise, refl&#232;te une soci&#233;t&#233; tout comme la soci&#233;t&#233; refl&#232;te ses marchandises, allant jusqu'&#224; d&#233;terminer le rapport social, les luttes, s'immiscer dans les sph&#232;res les plus intimes des individus. La dictature de cette id&#233;ologie alt&#232;re et acc&#233;l&#232;re &#224; la fois les d&#233;sirs d'autonomie, de mise en commun de savoirs et de pratiques qui se situent en dehors de la sph&#232;re marchande et cybern&#233;tico-industrielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment aujourd'hui se r&#233;approprier les outils, favoriser des formes d'auto-organisation, pr&#233;parer le terrain pour l'avenir ? Nous ne pouvons arr&#234;ter notre r&#233;flexion &#224; l'autogestion, sinon en nous demandant de quelle autogestion nous parlons : que reste-t-il &#224; autog&#233;rer dans l'&#233;tat actuel des choses ? L'hypoth&#232;se de la r&#233;appropriation des moyens de production est s&#251;rement f&#233;conde, mais en dehors de tout syst&#232;me qui se rapproche de pr&#232;s ou de loin de celui que nous connaissons aujourd'hui. La destruction du capitalisme passe par une red&#233;finition de l'id&#233;e de progr&#232;s dans ses fondements m&#234;me, red&#233;finition dont doit d&#233;couler celles des moyens et des modes de production, et ainsi du rapport &#224; l'existence. Si nous nous accordons &#224; penser qu'une soci&#233;t&#233; est le reflet de ses techniques/ technologies et vice versa, qu'elle incarne une vision du progr&#232;s qui lui est propre, mais pas &#8220;vraie&#8221; ou &#8220;juste&#8221; dans l'absolu, la perspective d'une r&#233;volution sociale en appelle &#224; des changements radicaux sur ce point de vue aussi, car la lutte doit se donner pour cadre le pr&#233;sent... Cette red&#233;finition/destruction dont nous parlons d&#233;passe de loin la question &#233;thique : elle s'impose d&#233;sormais &#224; nous &#224; travers la menace quotidienne que pr&#233;sente les risques du &#8220;tout industriel&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marcelle Brisefer&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Samedi 23 d&#233;cembre 2006...
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&lt;p&gt;Distribution des colis de No&#235;l &#224; la Maison d'arr&#234;t de Seysses. Arriv&#233;e &#224; 7 h 30. D&#233;j&#224; du monde. Parking envahi de voitures, pas toutes du &#034;31&#034;, loin de l&#224; ! Temp&#233;rature ext&#233;rieure : - 5&#176; &lt;br class='autobr' /&gt; C'&#233;tait la premi&#232;re fois que je revoyais les murs, les miradors, les barbel&#233;s depuis la sortie en libert&#233; conditionnelle de mon fils. Etrange, cette double sensation de tristesse renouvel&#233;e, mais partag&#233;e, donc all&#233;g&#233;e quelque peu, car nous n'&#233;tions pas seuls, lui et moi. Nous &#233;tions une dizaine de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?rubrique30" rel="directory"&gt;Comit&#233; d'Action et de Soutien aux Prisonniers (CASP)
&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?mot70" rel="tag"&gt;article_cs_99
&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Distribution des colis de No&#235;l &#224; la Maison d'arr&#234;t de Seysses. Arriv&#233;e &#224; 7 h 30. D&#233;j&#224; du monde. Parking envahi de voitures, pas toutes du &#034;31&#034;, loin de l&#224; ! Temp&#233;rature ext&#233;rieure : - 5&#176;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	C'&#233;tait la premi&#232;re fois que je revoyais les murs, les miradors, les barbel&#233;s depuis la sortie en libert&#233; conditionnelle de mon fils. Etrange, cette double sensation de tristesse renouvel&#233;e, mais partag&#233;e, donc all&#233;g&#233;e quelque peu, car nous n'&#233;tions pas seuls, lui et moi. Nous &#233;tions une dizaine de militants motiv&#233;s. Nous avons install&#233; simplement deux petites tables, quelques chaises, des thermos d'eau chaude pour le caf&#233;, des petites cuill&#232;res en plastique (qu'il a fallu rincer au lavabo &#034;Abri famille&#034; -je m'en souviens parce que j'avais les doigts gel&#233;s et que l'eau &#233;tait br&#251;lante, mais peu importait), petits biscuits, chocolats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Nous avons distribu&#233;, ce matin l&#224;, 200 boissons chaudes. Une jeune femme venue de Perpignan, fatigu&#233;e, frigorifi&#233;e -il ne pleuvait pas mais l'herbe &#233;tait blanchie de gel- avait les pieds, les mains, le nez gel&#233;s. Cette pauvre femme ne savait pas. Elle avait essay&#233; de cumuler un &#034;rendez-vous parloir&#034; et le colis. Mal lui en a pris. Elle a du nous laisser son colis que nous avons rang&#233;e sous une des petites tables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Il y avait aussi un P&#232;re No&#235;l (qui &#233;tait en fait une M&#232;re No&#235;l). Eh oui ! Il y avait le P&#232;re No&#235;l ! Le vrai ? Mais non ! &#034;Le vrai ne passe que dans deux jours...&#034; a dit notre compagne d'une voix &#233;trangl&#233;e par les larmes contenues, interrog&#233;e par un petit bout de choux les yeux &#233;carquill&#233;s de surprise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Une foule de personnes serr&#233;es comme des moutons &#233;tait agglutin&#233;e derri&#232;re une porte de fer qui donnait sur un local o&#249; 4 ou 5 matons fouillaient inexorablement, au rythme de 15 minutes en moyenne par colis, les mets si amoureusement pr&#233;par&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Le caf&#233; ou le chocolat offerts. Certains nous confondaient avec le personnel carc&#233;ral, une question revenait sans cesse : &#034;Combien je vous dois ?&#034;, le porte-monnaie &#224; la main...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus le temps s'&#233;coulait, le soleil ayant montr&#233; un bout de nez timide, le froid mordant persistant sur cette plaine d&#233;sol&#233;e ou seuls quelques-uns essayaient de r&#233;chauffer l'atmosph&#232;re, plus les gens se bousculaient en masse d&#233;sordonn&#233;e, en col&#232;re, sur cette porte s'ouvrant au compte-gouttes sur un des sbires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pauvres ! Pourquoi se d&#233;chirer entre eux ? Parce qu'il ne restait plus qu'une petite demi-heure avant l'arr&#234;t de travail, parce qu'ils ne pourraient pas faire passer leur colis, parce qu'alors, ils seraient venus, parfois de bien loin, pour rien. 8 h/11 h, pas une seconde de plus, m&#234;me en ce jour exceptionnel dit de f&#234;te ! &#034;Insistez aupr&#232;s des matons, restez solidaires entre-vous&#034; leur avons-nous dit, les yeux rouges de tristesse, brillants de haine contenue contre ce syst&#232;me carc&#233;ral qui fait de nous, d'eux, des &#034;coupables par ricochet&#034;, comme nous l'exprimions dans notre tract, de cette lourde institution idiote : la prison !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il &#233;tait d&#233;j&#224; 11 h (ce matin-l&#224;, j'ai tr&#232;s souvent regard&#233; ma montre... &#231;a m'a rappel&#233; de douloureux souvenirs...). La r&#233;ception des colis allait s'arr&#234;ter quand, tout &#224; coup, &#224; la surprise g&#233;n&#233;rale, un des matons annonce &#224; la foule m&#233;contente et d&#233;sesp&#233;r&#233;e &#034;Une demi-heure de plus !&#034; Vous vous rendez compte, une demi-heure de plus ? Quel effort sur-humain ! Une demi-heure cadeau, une demi-heure de plus, suppl&#233;mentaire, &#034;gracieusement&#034; offerte ! &#199;a fait une vingtaine de familles de plus qui pourront passer. Et les autres ? Les autres, elles repartiront comme elles sont venues, avec leur paquet sous le bras.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;T&#233;moignage d'une sympathisante du CASP&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les &#233;lections isolent de la politique
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		<dc:date>2007-03-01T16:26:08Z</dc:date>
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&lt;p&gt;Le capitalisme &#233;tats des lieux &lt;br class='autobr' /&gt;
Avec une croissance mondiale plafonnant &#224; 5% et des &#233;changes mondiaux (de marchandises) s'accroissant d'1/3 sur 3 ans, l'&#233;conomie fran&#231;aise se porte mal : le solde de sa balance commerciale est n&#233;gatif (-24,2 % en 2005), la dette publique est de 67% de son PIB, la pression fiscale est pass&#233;e de 43,1% de ce m&#234;me PIB en 2002 &#224; 44% en 2006 malgr&#233; les cadeaux fiscaux (niches fiscales, emplois &#224; domicile, droits de succession, fiscalit&#233;s plus-values, diminution (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?rubrique45" rel="directory"&gt;&#201;lection
&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?mot70" rel="tag"&gt;article_cs_99
&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;cs_sommaire cs_sommaire_avec_fond&#034; id=&#034;outil_sommaire&#034;&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_inner&#034;&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_titre_avec_fond&#034;&gt; Sommaire &lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_corps&#034;&gt; &lt;ul&gt; &lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Le capitalisme &#233;tats des lieux&#034; href='http://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?id_mot=70&amp;page=backend#outil_sommaire_0'&gt;Le capitalisme &#233;tats des lieux&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Immigration choisie&#034; href='http://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?id_mot=70&amp;page=backend#outil_sommaire_1'&gt;Immigration choisie&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Elections partout : d&#233;mocratie nulle part&#034; href='http://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?id_mot=70&amp;page=backend#outil_sommaire_2'&gt;Elections partout : d&#233;mocratie&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Des &#8220;emplois&#8221; prot&#233;g&#233;s&#034; href='http://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?id_mot=70&amp;page=backend#outil_sommaire_3'&gt;Des &#8220;emplois&#8221; prot&#233;g&#233;s&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Contre la r&#233;signation : r&#233;sistance populaire autonome&#034; href='http://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?id_mot=70&amp;page=backend#outil_sommaire_4'&gt;Contre la r&#233;signation : (&#8230;)&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Un totalitarisme en cache un autre&#034; href='http://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?id_mot=70&amp;page=backend#outil_sommaire_5'&gt;Un totalitarisme en cache (&#8230;)&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;L'espoir n'est pas dans l'isoloir mais dans l'abstention : d&#233;sertons&#034; href='http://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?id_mot=70&amp;page=backend#outil_sommaire_6'&gt;L'espoir n'est pas dans (&#8230;)&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;/ul&gt; &lt;/div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_0&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='http://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?id_mot=70&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Le capitalisme &#233;tats des lieux&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Avec une croissance mondiale plafonnant &#224; 5% et des &#233;changes mondiaux (de marchandises) s'accroissant d'1/3 sur 3 ans, l'&#233;conomie fran&#231;aise se porte mal : le solde de sa balance commerciale est n&#233;gatif (-24,2 % en 2005), la dette publique est de 67% de son PIB, la pression fiscale est pass&#233;e de 43,1% de ce m&#234;me PIB en 2002 &#224; 44% en 2006 malgr&#233; les cadeaux fiscaux (niches fiscales, emplois &#224; domicile, droits de succession, fiscalit&#233;s plus-values, diminution de l'Imp&#244;t Sur (les grandes) Fortunes de -20%) accord&#233;s aux nantis. Le d&#233;ficit public pr&#233;vu en 2007 est de 43 milliards. Pour limiter ces d&#233;ficits, la contre partie est l'&#233;l&#233;vation des imp&#244;ts fonciers et d'habitation, de la CSG, du CRDS, du forfait hospitalier, de l'acte m&#233;dical (1 euro pour l'acte de base, 18 euros sur l'acte de plus de 91 euros), l'&#233;nergie et les tarifs publics, etc., sans oublier la journ&#233;e gratuite du travail du lundi de Pentec&#244;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Le ch&#244;mage est pass&#233; de 3,134 millions en 1997 &#224; 2,436 millions de demandeurs d'emploi, mais si l'on tient compte des &#034;emplois aid&#233;s&#034; (610 000 en 2006), des manipulations comptables (radiations, etc.), le ch&#244;mage n'a que peu recul&#233;. En fait, selon le BIT (Bureau international du travail), le ch&#244;mage r&#233;el, calcul&#233; en &#233;quivalent &#034;temps plein&#034; en France a m&#234;me augment&#233; et serait pass&#233; de 5 745 310 millions de demandeurs d'emploi en 1996 &#224; 5 848 550 millions en 2005.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_1&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='http://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?id_mot=70&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Immigration choisie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;	Ajoutons que, par le jeu de la d&#233;mographie (c'est-&#224;-dire des d&#233;parts en retraite par rapport aux rentr&#233;es sur le march&#233; du travail), le ch&#244;mage devrait reculer tout seul : il y aura probablement 150 000 ch&#244;meurs en moins par an jusqu'en 2016, puis 250 000, d'o&#249; la pr&#233;paration d'une politique &#034;d'immigration choisie&#034;. &lt;br class='autobr' /&gt; Cinq millions de personnes vivent sous le seuil de pauvret&#233; (dont 1,299 millions de Rmistes en 2006 contre 1,045 millions en 1997 et autant de travailleurs paup&#233;ris&#233;s, avec tous les probl&#232;mes de logement, de sant&#233;, de nourriture, etc.. Les couches moyennes subissent &#233;galement une &#233;rosion du niveau de vie. &lt;br class='autobr' /&gt; Parall&#232;lement, les b&#233;n&#233;fices tant boursiers que ceux des entreprises (et par tant les in&#233;galit&#233;s de revenus) n'ont jamais &#233;t&#233; aussi &#233;lev&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;conomie capitaliste de type fordiste s'est massifi&#233;e et mondialis&#233;e et les probl&#232;mes ont suivi. La condition salariale des pays dits d&#233;velopp&#233;s, sous l'effet du jeu concurrentiel de la valeur de la force de travail n'a cess&#233; de se d&#233;grader : pr&#233;carisation, p&#233;nibilit&#233; au travail, allongement des annuit&#233;s pour la retraite, etc. Et cela va se poursuivre ; vu la crise structurelle du syst&#232;me et ses contradictions : &#233;nerg&#233;tiques (p&#233;trole, nucl&#233;aire, &#233;puisement des mati&#232;res premi&#232;res), &#233;cologiques (air, eau, r&#233;chauffement, pollution), sanitaires (OGM, cancers, &#233;pid&#233;mies : vache folle, grippe aviaire), &#034;pertes de comp&#233;titivit&#233;&#034; (pays &#224; bas salaires). Pour conserver leurs march&#233;s et approvisionnements, contr&#244;ler les flux migratoires, mater leurs opposants, les &#201;tats deviennent de plus en plus agressifs ; les conflits arm&#233;s vont se multiplier et l'imp&#233;rialisme sera d&#233;complex&#233;. Les populations (y compris celles des &#201;tats d&#233;velopp&#233;s) sont soumises &#224; des logiques liberticides gr&#226;ce au triomphe de la bio-politique : biom&#233;trie, vid&#233;o surveillance, hygi&#233;nisme, etc. La lutte anti-terroriste et le fichage des populations (le Patrioct-act et l'accord Euro just/Etats-unis) ont de beaux jours devant eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Le formatage comportemental r&#233;actionnaire tente de faire culpabiliser l'individu par des interdits (il faut &#234;tre &#034;b&#234;te et disciplin&#233;&#034;) de fa&#231;on &#224; ce qu'il ne s'interroge pas sur la nature v&#233;ritable du syst&#232;me en place. L'id&#233;ologie de la bourgeoisie triomphe : le chacun pour soi afin d'acc&#233;der au mirage de la r&#233;ussite sociale, l'int&#233;riorisation des rapports d'exploitation et d'oppression conditionnent les consciences. Les valeurs originelles du socialisme (la libert&#233;, l'&#233;galit&#233;, la fraternit&#233;, la justice et la solidarit&#233;, etc.) sont aujourd'hui pr&#233;sent&#233;es comme de vaines illusions pass&#233;istes et infantiles. R&#233;sultat : la personne humaine a &#233;t&#233; r&#233;ifi&#233;e dans les rapports de production/consommation, circonscrite &#224; des &#233;l&#233;ments comptables (d&#233;pense, recette, balance commerciale, pouvoir d'achat, PIB, etc.). L'&#234;tre humain se retrouve de fait sans une &#233;thique donnant un sens &#224; sa vie, il se voit priv&#233; de bonheur, il est accultur&#233; ; les violences multiples s'av&#232;rent du coup le lot quotidien. Il en r&#233;sulte de la souffrance, du mal &#234;tre, dont la permanence finit par faire basculer certaines personnes dans la pathologie.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_2&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='http://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?id_mot=70&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Elections partout : d&#233;mocratie nulle part&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;	Les &#233;lections pr&#233;sidentielles n'annoncent aucun changement ; la droite continuera ses attaques et la gauche d&#233;clamera ses grands principes abstraits. Nous constatons que les gouvernements de droite et de gauche en passant par les coalitions font des choix identiques, tant ces nantis n'ont qu'un but : sauver leurs officines, leurs privil&#232;ges. Voyez les indemnit&#233;s des parlementaires, des ministres, celles des &#233;lus des collectivit&#233;s : en 2002 un maire touchait par mois de 605 &#224; 5 165 euros, un premier adjoint de 235 &#224; 2 582 euros, un conseiller r&#233;gional ou g&#233;n&#233;ral (d&#233;partement) de 2 066 &#224; 3 615 euros... si on ajoute les &#034;&#233;tablissements intercommunaux&#034;, les &#034;syndicats mixtes&#034;, les &#034;offices publics&#034;, etc., sans oublier les &#034;dons &#224; d&#233;duire des imp&#244;ts par personne&#034; (4 500 euros pour chaque &#233;lection et 7 500 euros aux partis par ann&#233;e), les remboursements des &#034;frais de campagne&#034; (qui rapporte 1,70 euro par &#233;lecteur). Les syndicats n'&#233;chappent pas &#224; la r&#232;gle ; eux aussi tirent l'essentiel de leurs moyens d'existence des subventions de l'&#201;tat, en si&#233;geant dans les instances paritaires (ce partenariat de la cogestion). C'est ainsi que des sommes colossales sont en jeu, mais sans que jamais des informations pr&#233;cises et compl&#232;tes ne soient fournies sur ce sujet. Il se dit, par exemple, qu'une assiette &#224; l'Assembl&#233;e nationale vaudrait l'&#233;quivalant d'un SMIC et souvenez-vous du scandale des frais de bouches de Chirac, se goinfrant &#224; hauteur de cette somme tous les jours quand il fut maire de Paris ! En fait, les &#233;lus ne font pas &#339;uvre d'int&#233;r&#234;t public parce qu'ils se rattachent &#224; la technostructure et monnaient ch&#232;rement leur pr&#233;sence. La R&#233;publique, dont l'&#233;tymologie nous renvoie &#224; la chose publique, a &#233;t&#233; d&#233;natur&#233;e par les politiciens, ils l'ont privatis&#233;e. Il en va de m&#234;me avec l'id&#233;e de d&#233;mocratie - pouvoir par le peuple et pour le peuple. Les technocrates, dans de fictifs et p&#233;dants d&#233;bats, rendent les enjeux incompr&#233;hensibles pour l'&#233;lecteur. Et, si besoin, ils passent outre (voir par exemple les suites du r&#233;f&#233;rendum sur l'Europe).&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_3&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='http://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?id_mot=70&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Des &#8220;emplois&#8221; prot&#233;g&#233;s&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;	S&#233;nat, Assembl&#233;e, collectivit&#233;s (territoriale), comit&#233;s (d'entreprise, &#233;conomique et social), conseils en tout genre... ces structures, dans lesquelles les &#233;lus et les repr&#233;sentants si&#233;gent afin d'&#233;laborer les choix politiques et d'administrer la soci&#233;t&#233;, r&#233;sultent d'une pl&#233;thore d'&#233;lections et nous sont pr&#233;sent&#233;es comme l'essence de la d&#233;mocratie. L'absence de cette derni&#232;re est pourtant flagrante. Ne serait-ce que parce qu'on n'y retrouve sociologiquement que les bourgeois et les chefferies issues des partis et syndicats. Tout ce beau monde ne vise qu'&#224; prot&#233;ger ses int&#233;r&#234;ts et &#224; perp&#233;tuer ce syst&#232;me in&#233;galitaire, hi&#233;rarchis&#233;, exploiteur, etc. Le &#034;citoyen lambda&#034; a peu de chance d'&#234;tre &#233;lu, vu son manque de moyens logistiques (financiers, appui collectif...), sa m&#233;connaissance des r&#232;gles &#233;lectorales et l'obstruction des &#233;lus (les 500 parrainages par exemple). S'il obtenait d'aventure un mandat au sein d'une de ces structures et qu'il en prenait le contr&#244;le (maire d'une commune par exemple), il ne fait aucun doute qu'une coalition se formerait et ordonnerait aussit&#244;t son isolement par toutes les autres structures qu'il ne r&#233;girait pas : intercommunalit&#233;, d&#233;partement, r&#233;gion, &#201;tat, Europe, etc. ; la justice et le fisc seraient &#233;galement mobilis&#233;es, sans oublier l'utilisation de l'intimidation et de la calomnie qui s'av&#232;reraient des armes redoutables pour d&#233;truire, sur tous les aspects, notre doux r&#234;veur. Au pire, ce dernier finirait, comme tous ceux qu'il pr&#233;tendait d&#233;noncer la veille, par int&#233;grer les us et coutumes de cette machinerie institutionnelle. Celle-ci ne se laisse pas faire sans r&#233;agir. Elle poss&#232;de aussi la capacit&#233; de se d&#233;tacher et de s'autonomiser du reste de la soci&#233;t&#233;, en ce p&#233;rennisant par un recrutement dans les hautes &#233;coles, contribuant par l&#224; m&#234;me au n&#233;potisme. L'histoire nous enseigne que la machinerie institutionnelle ne se change pas de l'int&#233;rieur. C'est la foule, en la contestant, qui l'abolit pour en &#233;riger une nouvelle de l'ext&#233;rieur. On appelle ce processus un changement de r&#233;gime ou de r&#233;publique. Parfois, dans des contextes bien pr&#233;cis quand la population veut se d&#233;faire d&#233;finitivement de toute cette oppression, &#233;closent des dynamiques r&#233;volutionnaires : Russie 1917, Allemagne 1918-19, Italie 1920, Espagne 1936-39, Hongrie 1956... et l'espoir est l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_4&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='http://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?id_mot=70&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Contre la r&#233;signation : r&#233;sistance populaire autonome&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Nous devons rompre avec l'isolement, l'atonie, afin d'&#233;chafauder, sur nos lieux de travail et d'habitation, une multitude de comit&#233;s de lutte. Exigeons d&#232;s maintenant des droits de qualit&#233; pour tous, fond&#233;s sur l'acc&#232;s libre et gratuit aux transports, au logement, &#224; la nourriture, &#224; la sant&#233;, etc. Finissons-en avec cette id&#233;ologie oppressive qu'est le capitalisme et ses d&#233;riv&#233;s, engendrant mis&#232;re, indigence et sauvagerie... Faisons fonctionner ces comit&#233;s de lutte selon les principes suivants : un individu &#233;gale une voix, rotation des t&#226;ches, mandat&#233;s r&#233;vocables... et pla&#231;ons-les en dehors de la machinerie institutionnelle. Agissons pour qu'ils se d&#233;veloppent, se massifient et se f&#233;d&#232;rent horizontalement et qu'ils deviennent des r&#233;seaux fortifi&#233;s, ne se limitant pas qu'&#224; endiguer l'attaque du syst&#232;me. Les anarchosyndicalistes appellent tout cela la r&#233;sistance populaire autonome bas&#233;e sur la d&#233;mocratie directe. La r&#233;sistance populaire autonome utilise l'action directe qui se manifeste sous plusieurs aspects : occupation, boycottage, auto r&#233;duction, manifestations ind&#233;pendantes, etc. ; l'action directe va de pair avec la d&#233;sob&#233;issance civile. Le but des anarchosyndicalistes est que la r&#233;sistance populaire autonome parvienne &#224; d&#233;faire ce syst&#232;me pour le changer par un autre plus juste, &#233;galitaire et pacifique. Nos a&#239;eux, des Sans-culottes de 1793 aux Communards de 1871 tent&#232;rent cette exp&#233;rience, et m&#234;me, plus partiellement, nos a&#238;n&#233;s de 1936 et 1968, qui us&#232;rent de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, si ch&#232;re aux anarchosyndicalistes, que le mouvement de lutte contre la pr&#233;carit&#233; (CPE/CNE) a remis d'actualit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_5&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='http://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?id_mot=70&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Un totalitarisme en cache un autre&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;	Afin de pousser aux urnes, les politiciens pointent du doigt l'extr&#234;me droite, le spectre r&#233;actionnaire. Si cela n'est pas &#224; ignorer ni &#224; sous-estimer, un certain nombre de controverses ne doivent pas &#234;tre occult&#233;es. Le parlementarisme est compatible avec la dictature ; il a d&#233;j&#224; accouch&#233; du totalitarisme (les nationaux-socialistes remport&#232;rent les &#233;lections de 1933 en Allemagne, divers groupes fascisants dans le monde sont dans des coalitions gouvernementales, etc.). D'ailleurs, Le Pen a gagn&#233; d'embl&#233;e tactiquement et id&#233;ologiquement, car la droite et la gauche jouent d&#233;sormais sur son terrain de pr&#233;dilection (s&#233;curit&#233;, immigration, fiscalit&#233;, famille, etc.). Elles ont aussi accompagn&#233; des mesures anti-sociales essentielles &#224; la survie du capitalisme, et c'est l&#224;-dessus que poussent les fleurs v&#233;n&#233;neuses du Front national. Celui-ci ferait la m&#234;me politique*1, dans une version plus muscl&#233;e mais pas fondamentalement diff&#233;rente. Soyons clairs ! Le vote anti-Front national servira de caution aux attaques du prochain gouvernement par ce chantage &#034;c'est nous ou le Front national&#034;. La fixation sur ce dernier &#233;vite la critique d'un autre totalitarisme qui est celui de ce syst&#232;me (violences patronales, exclusions, exploitation, oppression, etc.). Cela est plus subtil et difficile &#224; saisir, parce qu'ayant norm&#233;, disciplin&#233;, soumis et assujetti l'individu &#224; l'acceptation du cadre actuel, le pouvoir n'a pas besoin pour le moment de recourir &#224; une violence massive et directe de l'appareil d'Etat (justice, arm&#233;e, police), &#224; l'exception de certaines situations o&#249; il peut montrer son vrai visage (quartiers,...). Cette acceptation g&#233;n&#233;ralis&#233;e de l'id&#233;ologie dominante et de sa machinerie institutionnelle fait que nous pourrions m&#234;me parler de l'av&#232;nement d'un post-totalitarisme. La droite d&#233;crie le Front national tout en l'ayant utilis&#233; dans un calcul cynique qui a amen&#233; la gauche, la LCR et les altermondialistes &#224; voter Chirac pour avaliser Sarkozy au final. En cas d'un duel Sarkozy/Le Pen, voteront-ils Sarkozy, dont ils d&#233;noncent les positions, ou ironie de l'histoire, reprenant la position de la CNT-AIT, appelleront-ils &#224; l'abstention et &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale ? La gauche esp&#232;re-t-elle un duel Le Pen/Royal assurant la victoire &#224; Madame ?. En attendant, ils pr&#233;tendent tous barrer la route &#224; Le Pen, mais cela ne les emp&#234;che pas de multiplier les candidatures (quitte &#224; &#233;liminer les chefs de leur camp) tant il leur faut exister et n&#233;gocier ensuite leur ralliement du deuxi&#232;me tour. Surtout si aux l&#233;gislatives, une coalition gouvernementale UDF, PS, Vert se cr&#233;e, jetant l'UMP, et la &#034;gauche de la gauche&#034; en dehors des sph&#232;res du pouvoir. Car la bourgeoisie n'a nullement besoin du Front national pour exercer son autorit&#233; et son pouvoir. La machinerie institutionnelle y pourvoie suffisamment et &#224; d&#233;faut, la droite (avec ou sans l'extr&#234;me droite) saura mettre un terme &#224; la subversion (&#233;crasement de la R&#233;publique des conseils en Bavi&#232;re et de la Commune de Hongrie en 1919, coups d'&#201;tat de Franco en 1936 et de Pinochet en 1973, appui aux &#034;contras&#034; du Nicaragua dans les ann&#233;es 80...). Quant &#224; la gauche, elle n'est pas en reste (Qu'on se rappelle seulement Gustav Noske main dans la main avec les Corps francs pour r&#233;primer les spartakistes en 1919, ou des antifascistes espagnols laiss&#233;s &#224; l'abandon en 1936-39, sous pr&#233;texte de neutralit&#233;, par le gouvernement Blum ainsi que des 170 d&#233;put&#233;s de la SFIO votant l'investiture de P&#233;tain en 1940, etc.) ; elle n'a pas de le&#231;ons d'antifascisme &#224; nous donner. Savez-vous seulement, &#233;lecteurs, que l'article 16 de la Constitution envisage la dissolution de l'Assembl&#233;e nationale et donne les pleins pouvoirs au Pr&#233;sident de la r&#233;publique et que les Ordonnances de 1959 programment une militarisation de la soci&#233;t&#233; ? La bourgeoisie a donc pr&#233;vu, si besoin est, d'&#233;craser, tr&#232;s &#034;l&#233;galement&#034;, la population au non de sa faribole d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_6&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='http://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?id_mot=70&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;L'espoir n'est pas dans l'isoloir mais dans l'abstention : d&#233;sertons&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ils aiment tous d&#233;nigrer les abstentionnistes qu'ils consid&#232;rent comme des beaufs, des incultes et des d&#233;c&#233;r&#233;br&#233;s. La rh&#233;torique de la casuistique parlementariste fait qu'&#233;lire, d&#233;l&#233;guer son engagement puis ne rien faire et rester pendant des ann&#233;es silencieux et amorphe, devient la quintessence de la citoyennet&#233; ! La r&#233;alit&#233; contredit cela puisque beaucoup d'abstentionnistes s'activent dans l'associatif, le syndicalisme de lutte et les conflits sociaux. L'abstentionnisme actif exprime clairement un d&#233;saveu et un rejet de la machinerie institutionnelle. Cet acte politique recueille un &#233;cho grandissant y compris chez l'&#233;lecteur d&#233;sappoint&#233; et sans illusion sur le vote.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Pour les anarchosyndicalistes, les innombrables m&#233;faits du syst&#232;me ne seront pas enray&#233;s par les isoloirs qui isolent de la politique, mais par le dynamisme de la r&#233;sistance populaire autonome. Toutes les entorses et toutes les attaques contre cette derni&#232;re sont autant de victoires conc&#233;d&#233;es au syst&#232;me actuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;13/12/06 - &lt;a href=&#034;http://cnt.ait.caen.free.fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Union Locale CNT-AIT Caen&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; 1 Rappelons que &#034;Le Canard encha&#238;n&#233;&#034; a &#233;tabli que la moiti&#233; du programme du Front national est d&#233;j&#224; en application en France gr&#226;ce au votes de diverses lois.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;A lire sur ces sujets, dans les &lt;br class='autobr' /&gt;
&#8220;Cahiers de l'anarchosyndicalisme&#8221; : &lt;br class='autobr' /&gt;
n&#176;42 Lectures subversives - n&#176;38 Autonomie Populaire et d&#233;sob&#233;issance civile ; les autor&#233;ductions en Italie - n&#176;33 Pour l'abstention - n&#176;22 Techniques de luttes - n&#176;8 Anarchosyndicalisme et autonomie populaire. 2 euros le Cahier, ch&#232;ques &#224; l'ordre de CNT-AIT &lt;br class='autobr' /&gt;
A commander &#224; : &lt;br class='autobr' /&gt;
CNT-AIT BP 2010, &lt;br class='autobr' /&gt;
14089 Caen cedex&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La fouille
</title>
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		<dc:date>2007-03-01T16:13:58Z</dc:date>
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&lt;p&gt;L'&#339;il du clairon &#224; 7h00, comme chaque matin. Douche, caf&#233;, clope, radio. Ma co-cellulaire et moi-m&#234;me prenons notre temps. Encore une journ&#233;e comme tant d'autres. Il y a bien du bruit dans le couloir, mais on s'en fout. De toutes mani&#232;res, l'&#339;illeton ne nous permet pas de voir au-del&#224; de nos 9 m&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;2&lt;/sup&gt;, alors... alors voil&#224;, finalement, cette matin&#233;e ne sera pas tout &#224; fait comme les autres... &lt;br class='autobr' /&gt; 8h00 : la porte s'ouvre sur un uniforme et un visage inconnu (la plupart de nos gardiennes portent (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?rubrique30" rel="directory"&gt;Comit&#233; d'Action et de Soutien aux Prisonniers (CASP)
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?mot70" rel="tag"&gt;article_cs_99
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'&#339;il du clairon &#224; &lt;strong&gt;7h00&lt;/strong&gt;, comme chaque matin. Douche, caf&#233;, clope, radio. Ma co-cellulaire et moi-m&#234;me prenons notre temps. Encore une journ&#233;e comme tant d'autres. Il y a bien du bruit dans le couloir, mais on s'en fout. De toutes mani&#232;res, l'&#339;illeton ne nous permet pas de voir au-del&#224; de nos 9 m&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;2&lt;/sup&gt;, alors... alors voil&#224;, finalement, cette matin&#233;e ne sera pas tout &#224; fait comme les autres...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;8h00&lt;/strong&gt; : la porte s'ouvre sur un uniforme et un visage inconnu (la plupart de nos gardiennes portent une blouse blanche en guise d'uniforme, peut-&#234;tre pour se sentir moins flic, mais l'habit fait-il le moine ?) qui nous demande de sortir sur-le-champ pour une fouille par palpation. Le temps de prendre pull et cigarettes et nous voil&#224; en train de descendre pour aller dans la cour. Les uniformes grouillent : deux gardiennes devant chaque cellule, puis partout... L&#224; encore, une nouvelle surprise : un groupe de CRS, matraques et boucliers en mains, cagoul&#233;s et pr&#234;ts &#224; intervenir contre la quarantaine de femmes que nous sommes : des m&#232;res, des grands-m&#232;res, des jeunes filles tout juste sorties de leur lit et qui ne comprennent rien &#224; ces bousculades. Mais deux mots retentissent : FOUILLE GENERALE. Qu'est-ce, concr&#232;tement, de plus que toutes ces fouilles que nous subissons &#224; chaque occasion ? Les discussions vont bon train : &#8220;Moi, j'en ai d&#233;j&#224; eu une &#224; Fresnes&#8221;. Et il y a celles dont les nerfs &#224; vif les font craquer et qui pleurent, il y a les malades qui r&#233;clament leurs pilules pour le c&#339;ur, celles qui ont oubli&#233; leurs clopes (ou &#224; qui on n'a pas laiss&#233; le temps de les prendre), et l'attente s'installe. &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Trois heures durant&lt;/strong&gt;, nous allons patienter dans la cour (enfin une promenade matinale plus longue, pourrait-on se dire !), trois heures pass&#233;es &#224; guetter les ombres et gestes des uniformes dans nos cellules, &#224; &#233;couter les aboiements des chiens et en imaginant d&#233;j&#224; dans quel &#233;tat nous allons retrouver nos quelques affaires. Puis la porte s'ouvre, nous allons subir une fouille corporelle. Le premier &#233;tage puis le rez-de-chauss&#233;e, par ordre... et nous attendons notre tour. Des cabines temporaires (une mince cloison nous s&#233;parant les unes des autres, mais pas de porte) ont &#233;t&#233; install&#233;es.&lt;br class='autobr' /&gt;
Trois matones m'ont fouill&#233;e : bouche, oreilles, cheveux... -on m'a fait enlever mon tampon hygi&#233;nique- et de l&#224; o&#249; je suis, je peux voir les CRS qui attendent dans le couloir... A ce moment, je crois que je n'avais encore jamais ressenti un tel sentiment de rage et d'humiliation. On m'avait d&#233;visag&#233;e de mani&#232;re hautaine, inhumaine, d&#233;gueulasse, me traitant comme une moins que rien. Mais que dire face &#224; un tel d&#233;ploiement ? Bien &#233;videmment, on m'a pris tout ce qu'on a pu : un petit bracelet bricol&#233;, un piercing entr&#233; en douce. Enfin, je me suis rhabill&#233;e et j'ai rejoint mon amie. Je crois que mon regard se faisait encore pus m&#233;prisant que tous ceux rencontr&#233;s jusqu'&#224; ma cellule... du moins &#224; ce qu'il en restait ! Ma co-cellulaire s'&#233;croula en pleurs dans mes bras, hoquetant qu'on lui avait pris le bracelet de sa fille, qu'elle ne m&#233;ritait pas tout &#231;a... Non, nous ne m&#233;ritions pas tout &#231;a. Aucun &#234;tre humain, d'ailleurs, ne le m&#233;rite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et nous avons entrepris de ranger et nettoyer nos 9 m&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;2&lt;/sup&gt; : les bassines d'eau avaient &#233;t&#233; jet&#233;es &#224; terre et on aurait jur&#233; qu'on avait pi&#233;tin&#233; expr&#232;s dans l'eau... Toute photo, carte,... avait &#233;t&#233; arrach&#233;e du mur, l'armoire vid&#233;e, tous les papiers sortis, les matelas d&#233;houss&#233;s, les postes &#8220;emprunt&#233;s&#8221; (pour fouille plus pouss&#233;e ?)...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; comment s'est pass&#233;e la fouille g&#233;n&#233;rale &#224; Seysses, vaste plan lanc&#233; par M. Perben il y a deux ans. Mais cette fouille a aussi eu quelques cons&#233;quences non n&#233;gligeables : par exemple, ce jour l&#224;, les parloirs int&#233;rieurs ont tout simplement &#233;t&#233; supprim&#233;s (ils ont lieu tous les 15 jours, je crois), les cantines report&#233;es, les changements de draps et de linge de toilette supprim&#233;s, de m&#234;me que la distribution de PQ et produits hygi&#233;niques...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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