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	<title>CNT-AIT - Toulouse | Anarchosyndicalisme !</title>
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	<description>Site web de la CNT-AIT de Toulouse, organisation anarchosyndicaliste. 7 rue Saint-R&#233;m&#233;sy - 31000 Toulouse - 05 61 52 86 48</description>
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		<title>CNT-AIT - Toulouse | Anarchosyndicalisme !</title>
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		<title>LUIS-ANDRES EDO
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		<description>
&lt;p&gt;Ce 15 f&#233;vrier 2009 d&#233;c&#233;dait Luis Andres Edo. N&#233; en 1925 dans une caserne d'Aragon (son p&#232;re &#233;tait... garde civil), Edo a v&#233;cu intens&#233;ment un id&#233;al r&#233;volutionnaire clairement anarchiste. D&#233;serteur, emprisonn&#233; au ch&#226;teau de Figueras, exil&#233;, militant clandestin sous la dictature de Franco, de nouveau emprisonn&#233;, il a exerc&#233; &#224; plusieurs reprises des responsabilit&#233;s notables &#224; la CNT... ce qui ne l'a jamais emp&#234;ch&#233; de d&#233;velopper des positions parfois h&#233;t&#233;rodoxes. Ceux d'entre nous qui l'ont connu (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ce 15 f&#233;vrier 2009 d&#233;c&#233;dait Luis Andres Edo. N&#233; en 1925 dans une caserne d'Aragon (son p&#232;re &#233;tait... garde civil), Edo a v&#233;cu intens&#233;ment un id&#233;al r&#233;volutionnaire clairement anarchiste. D&#233;serteur, emprisonn&#233; au ch&#226;teau de Figueras, exil&#233;, militant clandestin sous la dictature de Franco, de nouveau emprisonn&#233;, il a exerc&#233; &#224; plusieurs reprises des responsabilit&#233;s notables &#224; la CNT... ce qui ne l'a jamais emp&#234;ch&#233; de d&#233;velopper des positions parfois h&#233;t&#233;rodoxes. Ceux d'entre nous qui l'ont connu &#224; un moment ou &#224; un autre de sa vie, m&#234;me s'ils ont souvent &#233;t&#233; en d&#233;saccord politique ou organisationnel, ont toujours appr&#233;ci&#233; la vigueur de ses convictions et la valeur de son militantisme. En saluant sa m&#233;moire, nous publions ci-dessous deux extraits d'une de ses derni&#232;res interviews l'un pour rappeler comment l'Etat peut s'y prendre pour casser une organisation r&#233;volutionnaire, l'autre sur des questions de fonctionnement qui se posent &#224; tout militantisme anarchosyndicaliste. &lt;br class='autobr' /&gt;
La R&#233;daction&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;strat&#233;gie d'etat contre la cnt&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	(La mort de Franco a &#233;t&#233; suivie d'une tr&#232;s forte r&#233;surgence de la CNT dans toute l'Espagne mais aussi par la volont&#233; du patronat d'assurer une transition &#034;sans casse&#034; pour lui entre la dictature mourante et la nouvelle &#034;d&#233;mocratie&#034;. Cette soumission des int&#233;r&#234;ts de la population &#224; ceux du capital a &#233;t&#233; scell&#233;e par le &#034;Pacte de La Moncloa&#034; qu'ont sign&#233; toutes les &#034;forces de gauche&#034;). Laissons sur ce point la parole &#224; Luis-Andres Edo :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&#034;La CNT a manifest&#233;, du d&#233;but &#224; la fin, son opposition farouche au &#034;Pacte de la Moncloa&#034;. Alors qu'au niveau national les deux principales centrales syndicales (UGT socialiste et CCOO Commissions ouvri&#232;res, communistes) &#233;taient dans la compromission du pacte, en Catalogne la CNT avait r&#233;ussi &#224; r&#233;aliser l'unit&#233; du mouvement ouvrier contre ce m&#234;me pacte. La protestation y prit une forme massive : fin octobre 1977, 400 000 travailleurs manifestaient dans les rues de Barcelone contre le pacte de La Moncloa. La peur de voir ce front du refus &#224; toute l'Espagne et les perspectives r&#233;volutionnaires qu'il ouvrait s'empara du pouvoir qui prit, &#224; son plus haut niveau, la d&#233;cision de casser la CNT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier acte consista &#224; isoler la CNT. Les directions nationales de l'UGT et de CCOO firent pression sur leurs structures r&#233;gionales pour qu'elles rentrent dans le rang, ce qu'elles obtinrent. La CNT se trouva seule. Elle restait cependant sur une trajectoire ascendante, qui de la gr&#232;ve de Roca &#224; celle des pompistes passait par des meeting monstres &#224; San Sebastian de los Reyes (Madrid), Valence ou Barcelone et aux foules des journ&#233;es libertaires du parc G&#252;ell. Cette trajectoire fut cass&#233;e d'un coup par l'incendie de la Scala. L'affaire de la Scala est le point de d&#233;part de l'application d'une ligne r&#233;pressive politico-polici&#232;re, pluridimensionnelle, minutieusement r&#233;fl&#233;chie dans les plus hautes sph&#232;res ; une manipulation &#233;tatique de haut vol.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour finir de casser tout &#233;lan r&#233;volutionnaire, cette attaque frontale contre la CNT fut accompagn&#233;e, dans tous les secteurs (politiques, syndicaux, chefs d'entreprises...) par la culture de la corruption. Cette corruption g&#233;n&#233;ralis&#233;e a facilit&#233; l'int&#233;gration de l'Espagne dans l'OTAN ou le March&#233; commun. Et, pour garantir la stabilit&#233; militaire, politique, syndicale et sociale de l'Etat, elle s'accompagna, par la d&#233;cision prise au sommet du pouvoir de recourir au &#034;meilleur gestionnaire&#034; possible pour des temps troubles : le PSOE (Parti socialiste ouvrier espagnol). A cette &#233;poque, j'ai affirm&#233; que c'&#233;tait une erreur tant de la CNT que de la FAI de s'en tenir &#224; une strat&#233;gie sur les lieux de travail alors que la situation politique &#224; laquelle nous &#233;tions confront&#233;s (transition et pacte) exigeait une r&#233;plique beaucoup plus large en lien avec tout le mouvement social.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;d&#233;mocratie ou d&#233;mo-acratie ?&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Tu as &#233;crit que la crise est consubstantielle &#224; l'anarchosyndicalisme.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Toute chose vivante est soumise aux changements, autrement dits, aux crises. Le mot crise ne doit pas n&#233;cessairement &#234;tre compris dans un sens n&#233;gatif, mais aussi comme une proposition dynamique, qui permet de faire &#233;voluer les situations. Par exemple, les positions h&#233;t&#233;rodoxes ont permis &#224; la structure de la CNT de ne pas fonctionner exclusivement sur la base de la majorit&#233; (d&#233;mocratie) mais aussi sur une base que l'on peut qualifier de d&#233;mo-acratie (de acratie, anarchirsme), ce qui a permis &#224; l'organisation de se sortir de situations limites. Toutes les structures vivent des crises successives et je pense que cela peut &#234;tre sain. Mais il faut bien diff&#233;rentier ces crises de la cr&#233;ation volontaire de conflits internes. Il s'agit alors de manipulations organis&#233;es dont l'objectif est de renforcer le pouvoir d'un clan qui, pour se maintenir, provoque la crise comme &#233;l&#233;ment de d&#233;stabilisation. La peur et &#034;l'ins&#233;curit&#233;&#034; ainsi g&#233;n&#233;r&#233;es entra&#238;nent en r&#233;action une demande d'ordre et de s&#233;curit&#233;, et cela marche aussi bien pour les organisations militantes que pour les soci&#233;t&#233;s en g&#233;n&#233;ral.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Qu'entends-tu par D&#233;mo-acratie ?&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; On oppose en g&#233;n&#233;ral la &#034;d&#233;mocratie directe&#034; &#224; la &#034;d&#233;mocratie de repr&#233;sentation&#034;, qu'elle r&#233;sulte d'&#233;lections ou qu'elle repose sur le principe de la d&#233;l&#233;gation. En r&#233;alit&#233;, je crois bien plus qu'au-del&#224; de tout &#231;a, ce qui est important, c'est la pratique de l'assembl&#233;e. Pour moi, c'est l'apport le plus extraordinaire de la CNT, qui a su maintenir des assembl&#233;es impressionnantes de militants. Dans l'assembl&#233;e, chaque militant est repr&#233;sent&#233; par lui-m&#234;me, sa participation est ouverte. C'est pour cela qu'&#224; la d&#233;mocratie, c'est-&#224;-dire l'autorit&#233; du peuple, j'oppose la d&#233;mo-acratie, expression du peuple anti-autoritaire qui participe &#224; ses propres d&#233;cisions dans l'assembl&#233;e.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;L'affaire de la Scala&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 15 janvier 1978, alors que la CNT, seule, r&#233;unissait &#224; Barcelone 15 000 manifestants contre le pacte de La Moncloa, des cocktails Molotov &#233;taient lanc&#233;s contre une salle de spectacles, la Scala. Quatre salari&#233;s, dont deux adh&#233;rents de la CNT, y moururent carbonis&#233;s. Aussit&#244;t, une campagne m&#233;diatique aussi intense qu'orduri&#232;re se d&#233;clencha contre la CNT, accus&#233;e d'&#234;tre assez folle pour br&#251;ler ses propres adh&#233;rents. La CNT n'avait pourtant rien &#224; voir. Il est &#233;tabli qu'un indicateur de police, Joaquin Gambin, &#233;tait &#224; la source de cet incendie criminel. Ce provocateur n'&#233;tait pas un inconnu : la presse de la CNT (&#034;Espoir&#034;) avait d&#233;nonc&#233; les agissements de cet auxiliaire de police, et de quelques autres, avant m&#234;me leur incendie criminel. Malgr&#233; cela, le retentissement &#233;motionnel de cet attentat, sur lequel jou&#232;rent lourdement tous les m&#233;dias, fut tel que la dynamique d'opposition au pacte fut cass&#233;e net de m&#234;me que le d&#233;veloppement de la CNT. Par la suite, la strat&#233;gie de cr&#233;ation volontaire d'une scission au sein de la CNT (qui donna l'actuelle CGT espagnole) participa de la m&#234;me volont&#233; du pouvoir de finir de casser les volont&#233;s r&#233;volutionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; UN AUTRE REGARD&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce qu'Albi est une ville propre, charmante, neuve, dynamique et fleurie, la guerre y fait rage (...) elle y est men&#233;e par les trompettes de la concertation et les &#233;tendards de la paix. Lorsque 27 policiers mobilis&#233;s encadrent 15 000 manifestants &#034;massivement mobilis&#233;s&#034; (soit un pour 550 manifestants seulement, alors que la France compte un policier pour 200 habitants en situation normale). Lorsque le maire de droite, ostentatoirement seul, dispense des poign&#233;es de main dans la manifestation comme les organisations syndicales distribuent leurs tracts. Lorsqu'un trajet de manifestation, entendu entre syndicats et pr&#233;fecture de police, mais visiblement sous-trait&#233; &#224; l'Office du tourisme, pr&#233;f&#232;re les rues commer&#231;antes et places aseptis&#233;es aux lyc&#233;es, facs ou quartier populaire. Lorsqu'au final, TOUS (flics, &#233;lus, syndicats, tous, Medef compris -historiquement r&#233;unis pour la d&#233;fense de l'emploi et du pouvoir d'achat- journalistes, manifestants gr&#233;vistes ou non) rentrent chez eux avec le m&#234;me sentiment satisfait et routinier du travail bien fait... on comprend bien que c'est toute id&#233;e de conflit que le pouvoir s'emploie &#224; neutraliser, qu'il fait la guerre &#224; la guerre elle-m&#234;me et s'attaque &#224; son sens. Victorieux syst&#233;matiquement tant que comme un 29 janvier &#224; Albi tout conflit ne brille que par son absence, tant que, dans cette absence, dans cette pacification, l'on se mobilise et s'engage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	(Extrait d'un tract distribu&#233; &#224; Albi par des compagnons&lt;br class='autobr' /&gt; apr&#232;s la manifestation du 29 janvier)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>L'instruction, c'est comme la libert&#233; : elle ne se donne pas, elle se prend
</title>
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		<dc:subject>A la une
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		<dc:subject>article_a_111
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		<description>
&lt;p&gt;Je viens de lire &#034;Le ma&#238;tre ignorant&#034;, un ouvrage de Jacques Ranci&#232;re qui aborde un cas aussi &#233;tonnant que m&#233;connu (du moins de moi !) dans l'histoire de la p&#233;dagogie. Cela se passe en 1818 &#224; Louvain, ville universitaire toute proche de Bruxelles qui, avec tout le reste de la Belgique faisait alors partie du royaume de Hollande. Un certain Joseph Jacotot, r&#233;publicain fran&#231;ais s'y trouve, parce que la funeste famille des Bourbons ayant fait son retour en France, il a d&#251; se r&#233;fugier hors du (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;/a&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Je viens de lire &#034;Le ma&#238;tre ignorant&#034;, un ouvrage de Jacques Ranci&#232;re qui aborde un cas aussi &#233;tonnant que m&#233;connu (du moins de moi !) dans l'histoire de la p&#233;dagogie. Cela se passe en 1818 &#224; Louvain, ville universitaire toute proche de Bruxelles qui, avec tout le reste de la Belgique faisait alors partie du royaume de Hollande. Un certain Joseph Jacotot, r&#233;publicain fran&#231;ais s'y trouve, parce que la funeste famille des Bourbons ayant fait son retour en France, il a d&#251; se r&#233;fugier hors du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Nomm&#233; professeur dans cette universit&#233;, il se trouve face &#224; des &#233;tudiants auxquels il doit apprendre le fran&#231;ais mais qui ne parlent que le n&#233;erlandais, ce qui complique notoirement sa t&#226;che, car lui-m&#234;me ne conna&#238;t pas un tra&#238;tre mot de cette langue. Ne sachant trop que faire mais ayant appris qu'une &#233;dition bilingue (hollandais-fran&#231;ais) du T&#233;l&#233;maque de F&#233;nelon venait de para&#238;tre, il fait passer &#224; ses &#233;l&#232;ves, par le biais d'un interpr&#232;te, la consigne suivante : apprenez par c&#339;ur tout le d&#233;but en fran&#231;ais, en comparant &#224; la traduction pour comprendre le sens des mots, ensuite continuez la m&#234;me lecture comparative jusqu'&#224; la fin (mais sans m&#233;moriser totalement). Puis, il leur donne rendez-vous quelques mois plus tard, en les engageant &#224; travailler opini&#226;trement et consciencieusement. Ce laps de temps &#233;coul&#233;, il examine le niveau des &#233;tudiants qui se pr&#233;sentent de nouveau &#224; son cours. Or, &#224; son grand &#233;tonnement, le r&#233;sultat est de qualit&#233;. Les &#233;tudiants ont un bon niveau en fran&#231;ais &#233;crit. Ce qu'il y a de plus renversant, c'est que Jacotot n'a pu leur donner encore aucune explication, puisqu'il ne connaissait pas le n&#233;erlandais. C'est comme s'il avait &#233;t&#233; muet ou absent, ou tout simplement ignorant de ce qu'il devait apprendre aux &#233;tudiants. Il avait &#233;t&#233; un &#034;ma&#238;tre ignorant&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Sur cette base, Jacotot b&#226;tit une &#034;m&#233;thode&#034;, qui n'en est d'ailleurs pas une : c'est la reproduction de son exp&#233;rience. Dans l'interpr&#233;tation de son premier r&#233;sultat, il ne faut certes pas oublier que les &#233;tudiants qui apprirent ainsi la langue fran&#231;aise avaient d&#233;j&#224; derri&#232;re eux une solide formation intellectuelle, qu'ils &#233;taient tr&#232;s motiv&#233;s et enfin que l'environnement les encourageait (contrairement &#224; ce qui se passe habituellement). Ces r&#233;serves faites, cette exp&#233;rience et les suivantes men&#233;es par Jacotot aupr&#232;s de publics bien diff&#233;rents, montrent que l'&#234;tre humain peut apprendre en brisant le sch&#233;ma p&#233;dagogique actuellement h&#233;g&#233;monique (celui qui passe par &#034;l'explication de l'explication&#034;) gr&#226;ce &#224; une confrontation directe de son intelligence avec une &#034;base&#034;, avec des &#034;points de comparaison&#034; (ici, une bonne traduction), et que cet apprentissage peut-&#234;tre remarquablement efficace. D'ailleurs, Jacotot ne faisait que retrouver ainsi un constat permanent dont la port&#233;e est habituellement n&#233;glig&#233;e : ce que chaque enfant apprend le mieux, c'est sa langue maternelle. Or, si cet apprentissage se fait bien par la confrontation permanente avec des &#034;points de comparaison&#034; (le langage des adultes), il se passe, au moins dans les premi&#232;res ann&#233;es, de toute &#034;explication&#034;grammaticale, &#233;tymologique ou autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La p&#233;dagogie de &lt;br class='autobr' /&gt;
l'abrutissement explicateur&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, l'affirmation que &#034;nul ne conna&#238;t vraiment que ce qu'il a compris&#034; est un truisme p&#233;dagogique duquel il d&#233;coule en pratique que, pour qu'un sujet comprenne, il faut lui &#034;expliquer&#034; les choses. Notre syst&#232;me scolaire tout entier repose sur cette fausse &#233;vidence. Or, pour Ranci&#232;re, dont nous r&#233;sumons tr&#232;s sch&#233;matiquement l'argumentaire, cette logique n'est pas sans obscurit&#233; : pourquoi faudrait-il &#034;g&#233;n&#233;ralement une explication orale pour expliquer l'explication &#233;crite ?&#034;, pourquoi faudrait-il syst&#233;matiquement l'intervention de &#034;cette intelligence m&#233;diatrice du ma&#238;tre qui relie l'intelligence imprim&#233;e dans les mots &#233;crits &#224; celle de l'apprenti.&#034; ? L'apprentissage de la langue maternelle, les multiples exp&#233;riences men&#233;es par Jacotot montrent que cela n'a rien d'obligatoire, qu'il est tout &#224; fait possible de lib&#233;rer &#034;les deux facult&#233;s en jeu dans l'acte d'apprendre : l'intelligence et la volont&#233;&#034;. Ainsi, dans la m&#233;thode Jacotot, si rapport de domination il y a, il est dans la volont&#233; (&#034;Vous apprendrez ...&#034;), mais tout repose sur &#034;un rapport enti&#232;rement libre de l'intelligence de l'&#233;l&#232;ve &#224; celle du livre&#034;, ce qui permet de &#034;d&#233;sintriquer les cat&#233;gories m&#234;l&#233;es de l'acte p&#233;dagogique et de d&#233;finir exactement l'abrutissement explicateur. Il y a abrutissement, &#233;crit Jacques Ranci&#232;re, l&#224; o&#249; une intelligence est subordonn&#233;e &#224; une autre intelligence (...)&#034;. Car, &#034;Dans l'acte d'enseigner et d'apprendre il y a deux volont&#233;s et deux intelligences [celles du ma&#238;tre et celle de l'&#233;l&#232;ve]. On appellera abrutissement leur co&#239;ncidence (...) On appellera &#233;mancipation la diff&#233;rence connue et maintenue des deux rapports, l'acte d'une intelligence qui n'ob&#233;it qu'&#224; elle-m&#234;me, lors m&#234;me que la volont&#233; ob&#233;it &#224; une autre volont&#233;.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jacotot, homme de la R&#233;volution fran&#231;aise (il assura, sous la Convention, la direction de l'Ecole Polytechnique), n'&#233;tait pas libertaire. Jacques Ranci&#232;re, marxiste de la mouvance d'Althusser, pas plus. Il y aurait donc pour nous beaucoup &#224; discuter autour de certaines notions avanc&#233;es dans cet ouvrage comme celle de l'ob&#233;issance &#224; une autre volont&#233; que la sienne. Cependant, cet apport r&#233;flexif sur l'abrutissement fondamental qu'est la soumission d'une intelligence &#224; une autre - et tout notre syst&#232;me scolaire cultive soigneusement cet abrutissement - m&#233;rite certainement d'&#234;tre largement divulgu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;David&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Le Ma&#238;tre ignorant, cinq le&#231;ons sur l'&#233;mancipation intellectuelle&#034;, 10/18, &#233;dition 2008, de Jacques Ranci&#232;re, Professeur &#233;m&#233;rite de philosophie de l'universit&#233; de Paris VIII.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>ETAT &amp; SOCIETE
</title>
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&lt;p&gt;&#8220;La division majeure de la soci&#233;t&#233;, celle qui fonde toutes les autres, y compris sans doute la division du travail, c'est la nouvelle disposition verticale entre la base et le sommet, c'est la grande coupure politique entre d&#233;tenteurs de la force, qu'elle soit guerri&#232;re ou religieuse, et assujettis &#224; cette force, la relation politique de pouvoir pr&#233;c&#232;de et fonde la relation &#233;conomique d'exploitation...l'&#233;mergence de l'&#233;tat d&#233;termine l'apparition des classes.&#8221; &lt;br class='autobr' /&gt;
Pierre Clastres, La soci&#233;t&#233; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?rubrique95" rel="directory"&gt;Pierre Clastres
&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?mot86" rel="tag"&gt;article_a_111
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#8220;La division majeure de la soci&#233;t&#233;, celle qui fonde toutes les autres, y compris sans doute la division du travail, c'est la nouvelle disposition verticale entre la base et le sommet, c'est la grande coupure politique entre d&#233;tenteurs de la force, qu'elle soit guerri&#232;re ou religieuse, et assujettis &#224; cette force, la relation politique de pouvoir pr&#233;c&#232;de et fonde la relation &#233;conomique d'exploitation...l'&#233;mergence de l'&#233;tat d&#233;termine l'apparition des classes.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pierre Clastres, La soci&#233;t&#233; contre l'Etat, 1974&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Quand changer de soci&#233;t&#233; et imaginer pour l'humanit&#233; d'autres futurs s'impose comme la seule issue v&#233;ritable ; alors, sortir du cadre &#233;troit d'une pens&#233;e format&#233;e par un ethnocentrisme r&#233;ducteur, regarder &#034;ailleurs&#034;, dans le temps et dans l'espace, r&#233;fl&#233;chir sur d'autres fonctionnements soci&#233;taux devient une n&#233;cessit&#233;. Non pas pour rechercher des &#034;mod&#232;les&#034; &#224; suivre, mais pour lib&#233;rer sa pens&#233;e de sch&#233;mas qui, bien qu'affirm&#233;s comme tels, n'ont rien de &#034;naturel&#034; ni &#034;d'obligatoire&#034;. Des sch&#233;mas qui enferment la r&#233;flexion et la cr&#233;ativit&#233; dans des limites tautologiques, qui portent &#224; reproduire toujours les m&#234;mes cha&#238;nes. Le travail de recherche remarquable men&#233; par Pierre Clastres sur les soci&#233;t&#233;s sans Etat (et m&#234;me, contre l'Etat) fait exploser quelques unes des id&#233;es re&#231;ues les plus fr&#233;quentes et les plus fortes sur le fonctionnement des soci&#233;t&#233;s humaines. Nous en pr&#233;sentons ici un r&#233;sum&#233; r&#233;dig&#233; par un militant de la CNT-AIT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Ethnologue, Pierres Clatres a &#233;tudi&#233; plusieurs soci&#233;t&#233;s d'Am&#233;ri-que du Sud : les Guayaki de la for&#234;t amazonienne, les Guarani, les Chulupi et les Yanomani. Certains &#233;taient des chasseurs-cueilleurs nomades d'autres des horticulteurs s&#233;dentaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Deux formes de pouvoir&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Pour Clastres, ce qui fonde une soci&#233;t&#233; ce sont les relations de pouvoir (son &#234;tre politique), et ce qui distingue les soci&#233;t&#233;s entre elles, ce sont les modalit&#233;s de gestion de ce pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux grandes formes peuvent alors &#234;tre distingu&#233;es. Les soci&#233;t&#233;s primitives qui parviennent &#224; maintenir le pouvoir dans le corps homog&#232;ne de la soci&#233;t&#233; et r&#233;ussissent par l&#224;-m&#234;me &#224; d&#233;sactiver sa capacit&#233; destructrice, et les &#8220;soci&#233;t&#233;s &#224; Etat&#8221; qui ont laiss&#233; le pouvoir s'autonomiser, leur &#233;chapper et qui n'ont plus d'autres moyen pour pr&#233;server la coh&#233;rence sociale que d'user de coercition, de contrainte. Les diff&#233;rences entre soci&#233;t&#233;s s'&#233;tablissent par cons&#233;quent dans la fa&#231;on qu'elles ont d'aborder ce probl&#232;me du pouvoir, qui, lui, est la racine de la soci&#233;t&#233;. L'observateur part donc d'un constat universel - la vie en soci&#233;t&#233; et les relations de pouvoir sont le propre de l'homme - et explique ensuite les variations culturelles par un choix qui n'est plus de l'ordre de l'universel mais au contraire cr&#233;e des distinctions profondes entre les soci&#233;t&#233;s. L'&#233;tude des soci&#233;t&#233;s am&#232;ne &#224; exercer une regard critique sur les rapports de pouvoir qui animent la n&#244;tre et sur les pr&#233;jug&#233;s id&#233;ologiques qui l'impr&#232;gnent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une soci&#233;t&#233; d'abondance&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment donc &#233;tait organis&#233; cet anarchisme primitif, qui, au passage, repr&#233;sente plus de 90% de l'histoire de l'humanit&#233; ? On a tendance &#224; consid&#233;rer que ces sauvages vivaient en hordes mis&#233;rables, dans des situations permanentes de guerre entre eux et envers une nature peu g&#233;n&#233;reuse. En bref, l'affirmation la plus courante, c'est que &#8220;L'&#233;conomie primitive est une &#233;conomie de subsistance, une &#233;conomie de mis&#232;re malgr&#233; un travail harassant&#8221;. C'est pourtant l&#224; la premi&#232;re id&#233;e qu'il faut abandonner, car les donn&#233;es chiffr&#233;es prouvent que les membres de ces soci&#233;t&#233;s ne consacrent qu'au maximum cinq heures par jour &#224; un approvisionnement effectu&#233; sans fatigue. Ceci inverse notre vision &#233;conomique st&#233;r&#233;otyp&#233;e. Ce ne sont pas des soci&#233;t&#233;s de mis&#232;re mais, au contraire, des soci&#233;t&#233;s d'abondance. Evidemment, au vu des valeurs de notre propre soci&#233;t&#233;, il est extr&#234;mement difficile d'imaginer une humanit&#233; dont la pr&#233;occupation principale ne soit pas d'atteindre &#224; une rentabilit&#233; &#233;conomique maximale permettant de g&#233;n&#233;rer un surplus d'abord, une accumulation ensuite. Mais, contrairement aux apparences, il n'y a pas de paradoxe &#224; placer nos soci&#233;t&#233;s g&#233;n&#233;ratrices de surplus colossaux dans la sph&#232;re de la raret&#233; et les soci&#233;t&#233;s dites primitives dans celle de l'abondance. Cette abondance &#233;conomique ne tient pas, comme notre culture nous inciterait &#224; le penser, dans une quantit&#233; importante de biens, mais dans une quantit&#233; r&#233;duite de besoins faciles &#224; assouvir. L'abondance de ces soci&#233;t&#233;s est tr&#232;s r&#233;elle dans la mesure o&#249; elle n'est pas fond&#233;e, comme c'est le cas dans un syst&#232;me capitaliste, sur un d&#233;bordement quantitatif imm&#233;diatement doubl&#233; d'une raret&#233; end&#233;mique et ubiquiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'abondance est ici l'assouvissement des besoins de tous &#224; moindre frais ; dit trivialement : contrairement &#224; nos soci&#233;t&#233;s, celles-l&#224; ne connaissaient ni les morts de faim ni l'asservissement laborieux. Ainsi, ces peuples peuvent-ils jouir d'une abondance mat&#233;rielle sans &#233;gale - avec un niveau de vie que nous jugerions tr&#232;s modeste mais qu'elles jugent suffisant, d'autant que abondance n'est pas que mat&#233;rielle, c'est &#233;galement une richesse de temps (ce qui manque le plus &#224; un Occidental moyen !), de culture, d'&#233;changes sociaux, de loisir et de plaisir.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi donc, les &#8220;sauvages&#8221; ne sont pas des incapables, leur &#233;conomie fonctionne tr&#232;s bien et leur laisserait suffisamment de temps pour produire davantage s'ils le voulaient. S'ils ne constituent pas de stocks, c'est parce qu'ils ne le veulent pas et non parce qu'ils ne le peuvent pas. Ils ne voient pas l'int&#233;r&#234;t de r&#233;colter plus qu'ils ne peuvent consommer imm&#233;diatement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des soci&#233;t&#233;s sans marchands&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Produire pour consommer signifie &#233;galement que le commerce est absent. Il y a donc &#233;galement une absence de rapport marchand, quelque chose que nous pourrions nommer comme une tendance fondamentale &#224; l'autarcie. Clastres interpr&#232;te l'id&#233;al autarcique comme un refus de la d&#233;pendance. Cette d&#233;pendance est induite &#233;conomiquement par le commerce. Il appara&#238;t alors que la structure m&#234;me de ces soci&#233;t&#233;s ne permet pas le d&#233;veloppement d'&#233;changes commerciaux et qu'elle est, au contraire, enti&#232;rement tourn&#233;e vers une &#233;conomie de consommation. &#8220;Les Sauvages produisent pour vivre, ils ne vivent pas pour produire : le mode de production domestique rec&#232;le un principe anti-surplus ; adapt&#233; &#224; la production de biens de subsistance, il a tendance &#224; s'immobiliser lorsqu'il atteint ce point&#8221;. S'il y a production de surplus, ce dernier n'existe qu'en vue de l'&#233;change. Le surplus est enti&#232;rement d&#233;pens&#233; dans un &#233;change ne d&#233;gageant pas de profits. Il est produit en vue de l'&#233;change et non en vue d'un profit d&#233;coulant d'un &#233;change. Il est consomm&#233;, vou&#233; &#224; dispara&#238;tre sans rien cr&#233;er. C'est en ce sens que le mode de production domestique englobe aussi bien les agriculteurs que les chasseurs-cueilleurs et que cette organisation est structurellement &#8220;anti-&#233;conomique&#8221; dans la mesure o&#249; elle est &#8220;fonci&#232;rement hostile &#224; la formation de surplus&#8221;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour Clastres, la richesse ne sert pas de crit&#232;re de diff&#233;renciation entre les deux types de soci&#233;t&#233;s qu'il isole (soci&#233;t&#233;s primitives sans Etat et soci&#233;t&#233;s &#8220;civilis&#233;es&#8221; &#233;tatiques). Elle n'est pas totalement absente des soci&#233;t&#233;s primitives. Elle est le propre des chefs, ce qui ressemble, &#224; premi&#232;re vue, &#224; nos soci&#233;t&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des chefs&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, pour acc&#233;der au rang de chef il faut deux qualit&#233;s, celle de savoir parler et celle d'&#234;tre g&#233;n&#233;reux, de pourvoir son peuple d'une abondance de biens de consommation. Le chef ne peut le faire qu'en &#233;tant riche de ces biens. Cette richesse est le moyen par lequel il acc&#232;de au prestige. Son peuple profite de sa richesse et admire sa munificence. La richesse n'a donc qu'une fonction de prestige, et, en tant que telle, elle est purement ostentatoire. La seule utilit&#233; de la richesse se r&#233;sume &#224; une ostentation qui signifie pr&#233;cis&#233;ment la dilapidation de celle-ci au profit d'une valeur non-&#233;conomique : le prestige. Dans une soci&#233;t&#233; agricole, le chef cultive fr&#233;n&#233;tiquement son jardin, dans une soci&#233;t&#233; de chasseurs-cueilleurs il doit &#8220;&#234;tre un habitu&#233; des terrains de chasse et des bosquets d'arbres &#224; fruits sauvages, savoir pour chacun d'eux la p&#233;riode la plus favorable&#8221; et y mener le reste du groupe qui le r&#233;pudierait en cas de p&#233;nurie. Le chef &#8220;redistributeur&#8221; n'a qu'un avantage mat&#233;riel : celui d'avoir plusieurs &#233;pouses. Ces &#233;pouses sont &#233;conomiquement essentielles puisqu'elles sont la main d'&#339;uvre qui permet de produire plus que les autres unit&#233;s domestiques. La production de surplus est un privil&#232;ge du chef mais, d'une part, il n'en profite pas personnellement et, d'autre part, ce surplus ne lui permet pas d'exploiter d'autres membres de sa tribu (&#224; l'exception des &#233;pouses toutefois)..&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les soci&#233;t&#233;s &#224; &#8220;big man&#8221; (en M&#233;lan&#233;sie c'est ainsi que les ethnologues nomment les chefs), les riches travaillent pour nourrir les pauvres, qui par d&#233;finition n'ont pas de biens, et qui, ne travaillant pas, profitent du travail des riches. La richesse provient d'un travail sans exploitation de main d'&#339;uvre. Le chef ne peut forcer personne &#224; l'aider. Les big man n'ont pas de pouvoir, ils n'ont que du prestige et c'est bien l&#224; le but de leur ambition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le big man occupe une place particuli&#232;re qui le distingue du reste de la soci&#233;t&#233; mais il ne commande &#224; personne ; il est respect&#233; et lou&#233; pour un travail que la communaut&#233; dilapide. La soci&#233;t&#233; ne laisse pas le chef prendre le pouvoir, elle ne fait que le flatter. Le pouvoir est certes le pouvoir de commander, mais il est aussi le pouvoir de ne pas &#234;tre command&#233;. Et c'est cette deuxi&#232;me option que les soci&#233;t&#233;s &#233;tudi&#233;es par Clastres semblent avoir choisie. Le prestige du chef s'articule au pouvoir d'un peuple s'exprimant par le fait qu'il ne se laisse pas commander.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'&#233;mergence de l'Etat&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Clastres pense l'&#233;mergence de l'Etat comme une rupture. Une soci&#233;t&#233; sans Etat ne peut en aucun cas donner naissance &#224; une soci&#233;t&#233; &#233;tatique parce qu'elles sont structurellement diff&#233;rentes. Cette dichotomie tient &#224; l'inversion de la relation de dette, qui, aux yeux de Clastres, est la relation par laquelle s'&#233;tablit celle du pouvoir. Dans une soci&#233;t&#233; primitive, le chef contracte une dette par le prestige qui lui est accord&#233;. Il est alors oblig&#233; de rembourser cette dette. Il le fait en biens de consommation. Si le chef veut pr&#233;server son prestige, il est oblig&#233; de fournir les biens. Ainsi, l'ostentation, donne le premier rang au chef mais, en d&#233;finitive, c'est la soci&#233;t&#233; qui conserve le pouvoir de l'y maintenir. Le chef est soumis &#224; un &#8220;&#233;ternel endettement&#8221; qui le maintient sous le pouvoir de la soci&#233;t&#233;. Dans un monde o&#249; la richesse n'est que prestige, le rapport de dette (qui est la mat&#233;rialisation du rapport de pouvoir) s'&#233;tablit dans une r&#233;ciprocit&#233; o&#249; l'&#233;conomique est soumis au politique. C'est-&#224;-dire que ce qui pourrait appara&#238;tre comme une dette &#233;conomique du peuple &#224; l'&#233;gard du chef n'en est pas une. Elle est au contraire le remboursement de la dette que le chef contracte aupr&#232;s du peuple par son app&#233;tit de prestige. Nous avons donc une relation dans laquelle le chef contracte une dette sociale par rapport au peuple, dette qu'il remboursera par un moyen &#233;conomique. Ce type de soci&#233;t&#233; exclue &#224; l'&#233;vidence tout rapport de d&#233;pendance. D'une soci&#233;t&#233; contre l'&#233;conomie (puisqu'elle est sans surplus) on passe donc &#224; une soci&#233;t&#233; contre l'Etat. &#8220;En pi&#233;geant le chef dans son d&#233;sir, la tribu s'assure contre le risque mortel de voir le pouvoir politique se s&#233;parer d'elle pour se retourner contre elle : la soci&#233;t&#233; primitive est la soci&#233;t&#233; contre l'Etat&#8221;. &lt;br class='autobr' /&gt;
D'apr&#232;s Clastres, dans les royaut&#233;s polyn&#233;siennes aussi bien que dans n'importe quelle soci&#233;t&#233; o&#249; la hi&#233;rarchie sociale concentre le pouvoir aux mains de l'&#233;lite, c'est l'inverse qui se passe. C'est le peuple qui est en relation de dette par rapport &#224; l'&#233;lite. Il doit verser un tribut contre une protection, qu'elle soit d'ordre religieuse ou guerri&#232;re. Cette inversion du rapport de dette g&#233;n&#232;re une concentration de la richesse et du pouvoir qui, dans les soci&#233;t&#233;s primitives, &#233;taient chacun &#224; un bout du spectre social. Dans les soci&#233;t&#233;s primitives, le peuple d&#233;tenait le pouvoir et le chef la richesse, dans les soci&#233;t&#233;s &#233;tatiques la richesse et le pouvoir sont tous les deux aux mains des chefs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La division en classes pr&#233;c&#232;de la formation de l'Etat&lt;br class='autobr' /&gt;
La division en classes pr&#233;c&#232;de donc la formation de l'Etat puisqu'elle lui sert d'assise. Or, le propre des soci&#233;t&#233;s primitives est d'emp&#234;cher absolument la formation des classes qui permettrait la captation du pouvoir par laquelle na&#238;trait l'Etat. Une soci&#233;t&#233; de classe ne peut &#234;tre issue d'une soci&#233;t&#233; sans classe dans la mesure o&#249; toute l'organisation des soci&#233;t&#233;s sans classe a pour but d'emp&#234;cher ce ph&#233;nom&#232;ne. &#8220;L'histoire des peuples qui ont une histoire est, dit-on, l'histoire de la lutte des classes. L'histoire des peuples sans histoire, c'est, dira-t-on avec autant de v&#233;rit&#233; au moins, l'histoire de leur lutte contre l'Etat&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment s'organise cette lutte ? Dans nos soci&#233;t&#233;s, le pouvoir appartient &#224; une classe politique qui domine le reste de la population, soit par des m&#233;canismes de contr&#244;le et de manipulation plus ou moins subtils (&#8220;d&#233;mocraties&#8221;) soit par la force brutale (dictatures). Dans tous les cas, l'Etat est l&#224; pour imposer la soumission au reste de la soci&#233;t&#233;. C'est pr&#233;cis&#233;ment &#224; cela que sert le monopole de la violence dont il a le privil&#232;ge. Par contre, dans les soci&#233;t&#233;s qui refusent d'&#234;tre dirig&#233;es par une classe politique sp&#233;cialis&#233;e et d&#233;tentrice de la violence, les d&#233;cisions ne peuvent se prendre qu'&#224; l'unanimit&#233;. Aucun organe n'est l&#224; pour g&#233;rer par la force les conflits que pourraient faire na&#238;tre des d&#233;saccords. Il faut alors que l'ensemble du groupe arrive &#224; une solution commune. Cette d&#233;mocratie directe n&#233;cessite une capacit&#233; de n&#233;gociation par laquelle le rapport de soumission est ni&#233;. Si tous le monde arrive &#224; la satisfaction, le groupe continue son existence sans qu'une de ces parties ne soit soumise &#224; l'autre. Si l'accord est impossible, une partie du groupe se s&#233;pare de l'autre. Cette scission &#233;vite de m&#234;me toute soumission Dans une soci&#233;t&#233; sans Etat le chef n'a pas le monopole de la violence. Son pouvoir est, par cons&#233;quent, non coercitif. Il ne poss&#232;de qu'un pouvoir de convaincre. La conviction apportant l'accord, il n'y a pas de m&#233;canisme de soumission. Cette absence de soumission est plus visible encore dans les cas o&#249; une partie du groupe d&#233;cide de scissionner. Cette prise d'autonomie n'entra&#238;ne aucune sanction. Par contre, dans une soci&#233;t&#233; dirig&#233;e par un Etat, la possession du monopole de la violence donne un caract&#232;re coercitif au pouvoir. L'Etat &#224; le pouvoir d'imposer, donc de soumettre. &#8220;Le refus de l'Etat, (...) c'est tout simplement le refus de la soumission&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'Etat contre la soci&#233;t&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Etat en kidnappant l'unit&#233; de la soci&#233;t&#233; et en garantissant son contr&#244;le par la division qu'il y induit &#8220;refuse par essence la soci&#233;t&#233; primitive (...) La division sociale [entre ceux qui exercent le pouvoir et ceux qui le subissent], l'&#233;mergence de l'Etat, sont la mort de la soci&#233;t&#233; primitive&#8221;. Il y a donc contradiction entre soci&#233;t&#233;s primitives et Etat. Clastres interpr&#232;te cette opposition franche comme un refus conscient en vue de conserver la libert&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il semblerait que la tentative de r&#233;habilitation des soci&#233;t&#233;s non capitalistes ait attendu leur mort... et qu'on ne d&#233;couvre leur essence que depuis quelques ann&#233;es. Clastres eut la remarquable intelligence de montrer que l'absence d'Etat signifiait une libert&#233; qui nous fait &#224; pr&#233;sent d&#233;faut : les soci&#233;t&#233;s sans Etat sont des soci&#233;t&#233;s d'hommes libres tandis que nos soci&#233;t&#233;s &#233;tatiques sont celles d'hommes sans libert&#233;. Ainsi s'inverse le rapport traditionnel de ces soci&#233;t&#233;s aux n&#244;tres. Sur le plan de la libert&#233;, de l'humanit&#233; comme du respect de la nature, ce ne sont plus elles qui sont en situation de carence par rapport &#224; nous mais bien l'inverse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://anarsonore.free.fr/spip.php?mot55&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pour en savoir plus sur Clastres&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>En France il emprisonne, en Russie il assassine : Pouvoir terroriste, Pouvoir assassin !
</title>
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		<dc:subject>article_a_111
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		<description>
&lt;p&gt;Le 19 janvier dernier, Stas Markelov et Anastasia Babourova ont &#233;t&#233; abattus d'une balle dans la t&#234;te &#224; Moscou, en pleine journ&#233;e et en plein centre ville par un assassin cagoul&#233;. Leur crime : pour le premier, &#234;tre un avocat pour qui les mots de justice et de libert&#233; avaient encore un sens. La seconde &#234;tre une militante pour qui la solidarit&#233; &#233;tait, avant tout, une pratique. C'est en essayant de rattraper le tueur qui venait juste d'abattre froidement Stas qu'elle s'est faite &#224; son tour (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le 19 janvier dernier, Stas Markelov et Anastasia Babourova ont &#233;t&#233; abattus d'une balle dans la t&#234;te &#224; Moscou, en pleine journ&#233;e et en plein centre ville par un assassin cagoul&#233;. Leur crime : pour le premier, &#234;tre un avocat pour qui les mots de justice et de libert&#233; avaient encore un sens. La seconde &#234;tre une militante pour qui la solidarit&#233; &#233;tait, avant tout, une pratique. C'est en essayant de rattraper le tueur qui venait juste d'abattre froidement Stas qu'elle s'est faite &#224; son tour descendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Stas l'avocat &#233;tait de tous les combats : contre le coup d'Etat de Eltsine en 93, pour la r&#233;habilitation de la maison natale de Bakounine, au c&#244;t&#233; des irradi&#233;s de Tchernobyl en Bi&#233;lorussie, avec les antifascistes contre les n&#233;onazis, avec les victimes des massacres de l'arm&#233;e et des officiers en Tch&#233;tch&#233;nie, contre les policiers ratonneurs de Moscou, avec les syndicalistes radicaux contre les bureaucrates et les maffieux patronaux. Son terrain de lutte c'&#233;tait le tribunal, mais jamais dans la compromission : toujours du c&#244;t&#233; des victimes, et jamais dans l'alliance avec les bourreaux ni l'Etat. Anastasia, Skat pour ses amis, &#233;tait quant &#224; elle une jeune journaliste engag&#233;e, qui participait &#224; toutes les campagnes contre la r&#233;pression. A ce titre, elle avait pris part aux actions en soutien &#224; Ivan et Bruno &#224; Moscou l'an pass&#233; et participait au Comit&#233; Moscovite de soutien aux inculp&#233;s de Tarnac, c'est elle qui avait pris les photos publi&#233;es sur le blog du comit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Si Stas se disait lui-m&#234;me &#034;social d&#233;mocrate radical&#034;, Anastasia &#233;tait une anarchiste convaincue. Une m&#234;me lutte les r&#233;unissait : celle contre le Pouvoir Assassin, qui d&#233;shumanise et qui veut gouverner par la peur pouss&#233;e jusqu'&#224; son paroxysme, la terreur. Tous deux semblaient avoir fait leur la devise d'un autre infatigable combattant de la Libert&#233;, l'anarchosyndicaliste Buenaventura Durruti, qui disait, face &#224; la menace fasciste qui se profilait dans les ann&#233;es 30 : &#034;C'est seulement en se lib&#233;rant de la peur que la soci&#233;t&#233; pourra s'&#233;difier dans la libert&#233;&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Tous deux n'ignoraient rien des dangers qui les mena&#231;aient, mais ils avaient d&#233;cid&#233; de faire face et de les affronter, chacun avec ses moyens, mais toujours sans concession &#224; leurs principes. C'est ce m&#234;me combat, pour la justice et la libert&#233;, pour la solidarit&#233; et la fraternit&#233;, que l'Etat fran&#231;ais cherche aujourd'hui &#224; intimider, en emprisonnant les jeunes de Tarnac, Rouen et ailleurs, car eux aussi ont commis le crime de penser contre le Pouvoir, et de le dire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	De Moscou &#224; Tarnac, de Reyjavik &#224; Gaza, de Ath&#232;nes &#224; Clichy, c'est le m&#234;me sentiment de r&#233;volte contre la barbarie qui nous anime. Nos solidarit&#233;s seront plus fortes que leurs man&#339;uvres. Ni les g&#234;oles ni les balles du Pouvoir ne briseront ce mouvement populaire qui s'annonce.&lt;br class='autobr' /&gt; Stas, Anastasia, pr&#233;sents ! Libert&#233; pour Julien, Isa, Juan, Damien ... et tous les prisonniers ! Vive la libert&#233;, vive l'anarchie !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CNT-AIT Syndicat interco Paris Nord, KRAS-AIT (Russie) &lt;br class='autobr' /&gt;
et des anarchistes et antifascistes de Moscou&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>GRECE : VERS UN MOUVEMENT EN PROFONDEUR ?
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		<dc:date>2009-03-06T14:46:35Z</dc:date>
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		<description>
&lt;p&gt;En d&#233;cembre dernier, le vent de l'insurrection a &#233;clat&#233; de fa&#231;on soudaine, massive et sauvage en Gr&#232;ce. L'assassinat par la police d'un lyc&#233;en de 15 ans, Alexis Grigoropoulos, mettait le feu aux poudres. Bien qu'en France les m&#233;dias oublient maintenant syst&#233;matiquement d'en parler, ce mouvement a &#233;volu&#233; graduellement vers des actes moins violents, plus imaginatifs et plus sociaux. M&#234;me si la participation est moindre qu'au coeur de l'explosion, ce mouvement nous semble porteur &#224; la fois (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En d&#233;cembre dernier, le vent de l'insurrection a &#233;clat&#233; de fa&#231;on soudaine, massive et sauvage en Gr&#232;ce. L'assassinat par la police d'un lyc&#233;en de 15 ans, Alexis Grigoropoulos, mettait le feu aux poudres. Bien qu'en France les m&#233;dias oublient maintenant syst&#233;matiquement d'en parler, ce mouvement a &#233;volu&#233; graduellement vers des actes moins violents, plus imaginatifs et plus sociaux. M&#234;me si la participation est moindre qu'au coeur de l'explosion, ce mouvement nous semble porteur &#224; la fois d'esp&#233;rances et de questionnements. Retour donc sur la situation en Gr&#232;ce&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir dans notre pr&#233;c&#233;dent num&#233;ro pages 10, 11 et 12.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, avec, &#224; la fois des r&#233;sum&#233;s d'un texte r&#233;dig&#233; par des anarchistes grecs (sertis d'un filet noir lat&#233;ral) et, &#224; titre de dialogue, des commentaires de militants de la CNT-AIT en France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qui sont les r&#233;volt&#233;s ? Que peuvent-ils faire ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Sociologiquement, si la r&#233;bellion est partie des lyc&#233;ens et des &#233;tudiants, elle a &#233;galement repos&#233; sur d'autres jeunes, ch&#244;meurs ou salari&#233;s pr&#233;caires de secteurs aussi divers que l'enseignement, le b&#226;timent, le tourisme, le spectacle, les transports, et m&#234;me les m&#233;dias... dont pas mal &#034;d'immigr&#233;s de seconde g&#233;n&#233;ration&#034; (principalement et massivement des Albanais), bien qu'il y ait eu d'autres nationalit&#233;s. Enfin, &#224; tous ces jeunes, il convient d'ajouter des travailleurs &#226;g&#233;s, ayant des emplois plus ou moins stables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Sur un plan plus g&#233;n&#233;ral, la r&#233;bellion a trouv&#233; beaucoup de sympathie dans la population, ou pour le dire mieux, dans la classe ouvri&#232;re dans son ensemble. Et cela non seulement parce que c'&#233;taient ses enfants qui se battaient, mais aussi parce qu'elle sentait que c'&#233;tait une lutte juste. Ainsi, les incendies de banques ont &#233;t&#233; tr&#232;s populaires (surtout aupr&#232;s des centaines de milliers de personnes profond&#233;ment enfonc&#233;es dans la dette). Les pillages par contre n'ont pas &#233;t&#233; accept&#233;s par la population, du moins pas ouvertement. D'une fa&#231;on g&#233;n&#233;rale donc, les couches exploit&#233;es ont manifest&#233; beaucoup de sympathie et d'int&#233;r&#234;t pour les insurg&#233;s, mais sans que cela se traduise par une participation active. Cette carence est encore plus vraie en ce qui concerne les ouvriers d'usine. Il est possible que certains se soient joints aux &#233;meutes, mais globalement, il n'y a pas eu de r&#233;percussion significative sur leurs lieux de travail. Par exemple, aucune gr&#232;ve (&#224; une paire d'exception pr&#232;s) n'a eu lieu. L'occupation du b&#226;timent de la centrale syndicale GSEE, n'a pas d&#233;bouch&#233; du fait des diff&#233;rences de point de vue, sur une d&#233;marche de mobilisation ouvri&#232;re, bien que des actions de solidarit&#233; aient &#233;t&#233; organis&#233;es &#224; la suite de l'agression subie par Constantina Kuneva&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Travailleuse immigr&#233;e du nettoyage, en contact les occupants du si&#232;ge de la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. De plus, les deux grandes conf&#233;d&#233;rations syndicales (la GSEE et l'ADEDY) ont maintenu un &#034;cordon sanitaire&#034; autour de leurs troupes, allant m&#234;me jusqu'&#224; annuler leurs manifestations les plus traditionnelles (contre le budget de l'Etat,...) pour &#233;viter tout contact.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Au total, et contrairement &#224; l'image qui en a &#233;t&#233; donn&#233;e en France, la violente r&#233;bellion de d&#233;cembre n'a pas &#233;t&#233; un mouvement limit&#233; &#224; la jeunesse scolaire ou &#233;tudiante mais un mouvement sensiblement plus large qui a trouv&#233; une audience populaire et a compris une frange prol&#233;tarienne. Cependant, l'absence de participation active de la population, pourtant grandement en accord avec les r&#233;volt&#233;s, et plus encore la carence totale de travailleurs industriels dans le mouvement, constituent une limite essentielle pour qui se situe dans une perspective r&#233;volutionnaire. Les &#233;l&#233;ments explicatifs sont nombreux (jeu des institutions &#233;tatiques dont les m&#233;dias,...), mais deux leviers sont accessibles sur le plan militant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Le premier levier est une simple d&#233;cision &#224; prendre. En Gr&#232;ce comme en France, les syndicats institutionnels sont les chiens de garde du capital. S'ils m&#232;nent au quotidien &#231;a et l&#224; de menues escarmouches, c'est pour conserver des troupes. Mais il y a longtemps que leur r&#244;le essentiel, est d'accompagner le capitalisme dans ses &#233;volutions (autrement dit, faire avaler au bon peuple, toutes les pilules les unes apr&#232;s les autres). D'ailleurs, le comportement de la GSEE et l'ADEDY n'&#233;tonnera pas ceux qui ont connu Mai 68 (ou d'autres exp&#233;riences du m&#234;me ordre*3). Ces deux conf&#233;d&#233;rations ont appliqu&#233; la strat&#233;gie de la CGT en 68 : mettre des cloisons &#233;tanches dans la classe ouvri&#232;re pour d&#233;miner le terrain social. En Gr&#232;ce comme partout, chaque fois que la situation risque de basculer, les conf&#233;d&#233;rations institutionnelles constituent un des plus fermes piliers du pouvoir. Le constat est connu ; il ne saurait suffire. Car, au moins en France (il semble en &#234;tre diff&#233;remment en Gr&#232;ce), la majorit&#233; des anarchistes est syndiqu&#233;e &#224; la CGT, &#224; la CFDT, &#224; FO, &#224; l'UNSA, &#224; la FSU... ou dans des syndicats pr&#233;tendument r&#233;volutionnaires qui collaborent r&#233;guli&#232;rement avec toutes les centrales pr&#233;c&#233;demment cit&#233;es (en signant des appels, des tracts ou des affiches en commun, en menant des actions communes...). Ce faisant, ils ne font qu'une chose : contribuer &#224; donner &#224; ces centrales une &#034;image de marque&#034; acceptable... ce qui leur permet de conserver les moyens d'agir contre le peuple chaque fois que c'est n&#233;cessaire au capital. Il ne faut pas avoir fait Polytechnique pour comprendre que renforcer un ennemi, c'est se tirer une balle dans le pied. Une politique de rupture totale et d&#233;finitive s'impose. C'est simple et cela ne co&#251;te rien. C'est une question d'intelligence de la lutte. Et de volont&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Le deuxi&#232;me point est illustr&#233; par les tergiversations des occupants du b&#226;timent de la GSEE : certains voulaient &#034;aller distribuer des tracts aux portes des usines&#034;, d'autres &#233;taient r&#233;solument contre. Dans le fond, la question &#233;tait celle de la jonction avec les ouvriers industriels. Et c'est une vraie question. Sur ce plan, on peut affirmer que, s'il est n&#233;cessaire de rompre tout lien avec les centrales de collaboration de classe, ce n'est pas non plus suffisant. Cela reviendrait &#224; laisser tout ce secteur enferm&#233; comme dans une citadelle dont les r&#233;formistes d&#233;tiendraient &#224; tout jamais la clef. Tout groupement anarchiste devrait au moins d&#233;battre de l'int&#233;r&#234;t de faire tomber les murs de cette citadelle et, si la r&#233;ponse est positive, chercher &#224; s'en donner les moyens : travail d'explication, de sensibilisation mais aussi d'appui pratique &#224; des luttes (y compris des mini-luttes) hors cadre institutionnel... un travail militant qu'il faut alimenter au quotidien, et dont certaines &#233;volutions en Gr&#232;ce ne nous semblent pas fondamentalement &#233;loign&#233;es, m&#234;me, si, comme le soulignent les compagnons grecs ci-dessous, la port&#233;e en reste encore al&#233;atoire :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelles sont les &#233;volutions actuelles ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Graduellement, la violence des premiers jours est devenue plus cr&#233;ative, comme si elle avait &#233;t&#233; le pr&#233;alable n&#233;cessaire &#224; des actions plus imaginatives et plus organis&#233;es qui ont pris principalement la forme d'occupations : de multiples lieux d'&#233;ducation bien entendu, mais aussi h&#244;tels de ville (faubourg Dimitrios &#224; Ath&#232;nes, Salonique, faubourg ouvrier de Sykies), bureau d'information du minist&#232;re de l'int&#233;rieur (Chalandri, autre faubourg ath&#233;nien), biblioth&#232;que (Anno Poli, quartier de Thessalonique)... Ces derni&#232;res occupations, sur l'initiative de groupes anarchistes locaux se sont faites parfois avec la participation des employ&#233;s concern&#233;s (par exemple, &#224; Dimitrios, les &#034;cols bleus&#034; de la mairie). Elles ont constitu&#233; autant de lieux o&#249; s'organisaient les assembl&#233;es populaires et les manifestations, avec une nouvelle caract&#233;ristique commune : la tentative d'ouvrir la r&#233;bellion vers le quartier, parfois m&#234;me celle de faire fonctionner certains services municipaux sans la m&#233;diation des autorit&#233;s. Ces assembl&#233;es &#233;taient comprises comme des &#034;assembl&#233;es de lutte de quartier&#034; ou des &#034;assembl&#233;es du peuple&#034;, comme elles s'appelaient d'ailleurs elles-m&#234;mes. Au d&#233;but, les assembl&#233;es ont sembl&#233; plut&#244;t innovatrices et anim&#233;es. Il n'y avait pas une proc&#233;dure formelle quant aux processus de prise de d&#233;cision, ni de r&#232;gle de majorit&#233; et les initiatives &#233;taient encourag&#233;es.	Apr&#232;s un temps de fonctionnement cependant, et plus particuli&#232;rement quand la r&#233;volte s'est apais&#233;e, des tendances distinctes sont apparues dans ces espaces &#8220;d'ouverture sociale&#8221; : les uns voulaient organiser une communaut&#233; de lutte en &#233;largissant les questions de la r&#233;volte, les autres pr&#233;f&#233;raient un type d'activit&#233; plus orient&#233; vers le traitement des questions locales. Fin janvier, les occupations des b&#226;timents - qu'ils soient publics, syndicaux ou municipaux - se sont arr&#234;t&#233;es et il n'est pas clair si un nouveau mouvement va &#233;merger de cette pratique int&#233;ressante malgr&#233; sa courte dur&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quel est le contenu du mouvement ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	A en juger par les slogans et les attaques contre la police, c'est massivement un sentiment anti-policier qui aurait domin&#233; la r&#233;bellion. Le policier repr&#233;sente le pouvoir et particuli&#232;rement la brutalit&#233; et l'arrogance de celui-ci. N&#233;anmoins, d'autres symboles du pouvoir d'imposer l'exploitation, comme les grands magasins, les banques, des b&#226;timents de l'Etat... ont &#233;t&#233; attaqu&#233;s, incendi&#233;s ou occup&#233;s. Ainsi, au-del&#224; du sentiment anti-policier dominant et tr&#232;s r&#233;pandu, nous pouvons parler d'un fort sentiment anti-Etat et anti-capitaliste. Au cours des premiers jours de la r&#233;volte, chacun pouvait presque palper tous ces sentiments dans l'air. De nombreux textes, articles, tracts, &#233;crits &#224; la fois par les insurg&#233;s, les sympathisants et les commentateurs ont mis en relief qu'il y avait effectivement quelque chose de plus profond que l'irritation anti-polici&#232;re. Cette &#034;chose plus profonde&#034; dont tout le monde discutait, c'&#233;tait la n&#233;cessit&#233; de surmonter l'isolement individuel &#224; partir de la vie r&#233;elle et collective. Tout cela a donn&#233; une insurrection spontan&#233;e et incontr&#244;lable, d'o&#249; l'absence des propositions politiques habituelles ainsi que le rejet explicite des organisations politiques. Les gauchistes ont amen&#233; des revendications pratiques (&#034;d&#233;mission du gouvernement&#034;, &#034;abrogation de la loi anti-terroriste&#034;, &#034;d&#233;sarmement des policiers&#034;...) mais, pour les gens dans la rue, l'essentiel n'&#233;tait pas l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Le fait qu'au fond il n'y ait pas eu dans ce mouvement de revendication (au sens mesquin qu'a ce terme habituellement), pour paradoxal que cela puisse para&#238;tre, nous semble essentiel et prometteur. En effet, une contestation qui se serait enferm&#233;e dans des revendications raisonnables (comme celles avanc&#233;es par les gauchistes) aurait de fortes probabilit&#233;s de se couper elle-m&#234;me l'herbe sous les pieds. Que co&#251;te en effet &#224; un gouvernement, l'abrogation de telle ou telle loi ? Il sait pertinemment qu'il republiera la m&#234;me une fois qu'il aura calm&#233; les manifestants en la retirant (de ce point de vue, en France, les retraits successifs depuis trente ans de lois concernant l'universit&#233; suivis de promulgations de lois qui font la m&#234;me chose en pire est un exemple cuisant, de m&#234;me le retrait d'Edwige et son remplacement par un texte identique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir sur ce point l'article qui pr&#233;c&#232;de.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Cette chose &#034;plus profonde&#034; que soulignent les compagnons grecs, si elle est nourrie par de la r&#233;flexion, du d&#233;bat, des apports (historiques, th&#233;oriques...) peut d&#233;boucher sur la seule revendication qui vaille : changer radicalement la vie !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des militants de Gr&#232;ce et de France&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;_3.-Voir sur le jeu des syndicats lors de la &#034;transition&#034; espagnole l'article sur Luis-Andres Edo&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir dans notre pr&#233;c&#233;dent num&#233;ro pages 10, 11 et 12.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Travailleuse immigr&#233;e du nettoyage, en contact les occupants du si&#232;ge de la GSEE, Constantina Kuneva a &#233;t&#233; br&#251;l&#233;e &#224; l'acide sulfurique par des hommes de main du patronat.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir sur ce point l'article qui pr&#233;c&#232;de.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Adieu Edvige ; Bonjour Edvirsp !
</title>
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		<dc:subject>article_a_111
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		<description>
&lt;p&gt;EDVIGE est donc morte avant d'avoir v&#233;cu. Elle rena&#238;tra partiellement de ses cendres sous le nom barbare et volontairement impronon&#231;able de EDVIRSP (Exploitation Documentaire et Valorisation de l'Information Relative &#224; la S&#233;curit&#233; Publique). Le gouvernement essaye de jauger le niveau de r&#233;action &#233;thique de la population. Il lance un projet inacceptable, puis il fait semblant de revenir en arri&#232;re et de prendre en compte les arguments, et apr&#232;s, dans l'indiff&#233;rence la plus totale, il publie (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?rubrique48" rel="directory"&gt;Justice/Injustice
&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?mot4" rel="tag"&gt;rubrique
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&lt;a href="http://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?mot86" rel="tag"&gt;article_a_111
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;EDVIGE&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur le fichier Edvige, voir notre n&#176;108&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; est donc morte avant d'avoir v&#233;cu. Elle rena&#238;tra partiellement de ses cendres sous le nom barbare et volontairement impronon&#231;able de EDVIRSP (Exploitation Documentaire et Valorisation de l'Information Relative &#224; la S&#233;curit&#233; Publique). Le gouvernement essaye de jauger le niveau de r&#233;action &#233;thique de la population. Il lance un projet inacceptable, puis il fait semblant de revenir en arri&#232;re et de prendre en compte les arguments, et apr&#232;s, dans l'indiff&#233;rence la plus totale, il publie un texte &#034;am&#233;lior&#233;&#034; et dans des lots successifs de lois mineures (genre rectifications, diverses mesures), il glisse progressivement des articles qui lui permettent de revenir au projet initial...Le nouveau fichier ne vise ni les donn&#233;es recueillies par la DCRI (Direction centrale du renseignement int&#233;rieur qui regroupe l'ancienne DST et une fraction des RG), ni par la DGSE (les services d'espionnage ext&#233;rieur) ni par la DPSD (le service de protection de la s&#233;curit&#233; d&#233;fense) ni par les diff&#233;rents services du minist&#232;re des Finances, ni les fichiers priv&#233;s. Ceux-l&#224; continuent leur existence. EDVIRSP vient &#034;simplement&#034; s'ajouter &#224; eux ! On y trouvera les donn&#233;es personnelles de tout individu, d&#232;s 13 ans, convoitant un job sensible (d&#233;finition au bon vouloir de l'Etat) ou dont l'activit&#233; pourrait porter atteinte &#224; la s&#233;curit&#233; publique (d&#233;finition en pleine extension). Bref, toute personne qui ne courbe pas syst&#233;matiquement l'&#233;chine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tour d'horizon : Quand et qui &lt;br class='autobr' /&gt;
collecte mes donn&#233;es perso ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	A chaque appel de votre mobile, vous &#234;tes localis&#233; et ces donn&#233;es sont conserv&#233;es. Idem pour les badges d'autoroute, d'entreprise, de biom&#233;trie dans les lyc&#233;es, mais aussi quand vous surfez sur Internet, remplissez un formulaire, postulez &#224; un emploi, passez en proc&#233;dure judiciaire (fichiers STIC et JUDEX), n'arrivez plus &#224; payer vos dettes (FICP), payez vos courses &#224; la caisse du supermarch&#233;, &#234;tes film&#233; par une cam&#233;ra de vid&#233;osurveillance, ouvrez un compte bancaire (FICOBA). Des milliers d'informations personnelles, voire confidentielles vont alimenter tous ces fichiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A quoi servent &lt;br class='autobr' /&gt;
toutes ces donn&#233;es ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	A l'usage interne de celui qui les recueille (facturation, op&#233;ration marketing..) et tr&#232;s souvent &#224; des tiers. Ainsi, les caisses d'allocation familiales peuvent &#233;changer vos informations fiscales avec les imp&#244;ts. Votre employeur ou votre caisse de retraite peut leur communiquer vos revenus... Mais, l'utilisation la plus importante, c'est bien entendu le flicage de la vie de chacun dans son intimit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment &#233;viter d'&#234;tre fich&#233; ? Quelles pr&#233;cautions prendre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Difficile ! En revanche, on peut limiter sa tra&#231;abilit&#233; en exer&#231;ant un droit d'opposition, en refusant de r&#233;pondre aux questions non obligatoires, en exigeant la non-cession ou non-commercialisation de nos donn&#233;es... quand cela est possible. Enfin et surtout en &#233;vitant de donner quelque renseignement que ce soit sur sa vie (et celle des autres) sur des blogs, forums, r&#233;seaux... militants ou pas... Ils sont une des meilleures sources d'information de la police.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Puis-je consulter les&lt;br class='autobr' /&gt; fichiers me concernant ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	C'est votre droit en principe (droit d'acc&#232;s). Il suffit de s'adresser au responsable du fichier, ... si vous le trouvez (encore faut-il savoir que le fichier existe...). Il doit en principe vous communiquer copie de l'int&#233;gralit&#233; de vos donn&#233;es. En pratique, vous ne saurez jamais s'il n'a pas gard&#233; certaines donn&#233;es &#034;sous le coude&#034;. Les fichiers de police et de gendarmerie, c'est, en principe pareil ! Mais, en plus dr&#244;le : il &#034;suffit&#034; de vous adresser &#224; la CNIL et... si elle obtient l'accord du minist&#232;re de l'int&#233;rieur, vous devrez vous rendre sur place et consulter en pr&#233;sence d'un magistrat votre fiche mais uniquement des informations qui ne mettent pas en cause la s&#251;ret&#233; de l'&#233;tat, la d&#233;fense et la s&#233;curit&#233; publique (en gros, votre nom, pr&#233;nom, date de naissance, d'&#233;ventuelles infractions routi&#232;res... pour le reste, nakache). Bref, comme l'&#233;crit sans rire la CNIL &#034;... la proc&#233;dure de droit d'acc&#232;s indirect... en raison de sa complexit&#233; juridique et de sa dur&#233;e n'est pas adapt&#233;e...&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;CNIL, Rapport pr&#233;sent&#233; en s&#233;ance pl&#233;ni&#232;re le 29 janvier 2009 ; &#034;Conclusions (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En clair, cette proc&#233;dure est une sinistre plaisanterie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Cerise sur le g&#226;teau de ce fichage g&#233;n&#233;ralis&#233; : les fichiers officiels peuvent &#234;tre un ramassis de ragots. Le rapport sur STIC*2 rel&#232;ve une quantit&#233; impressionnante de donn&#233;es fausses sur les individus, des &#034;zones poubelles&#034; (qui permettent d'ajouter au fichier tout ce qui passe par la t&#234;te du flic qui le remplit), des maintiens infond&#233;s dans le fichier,... le tout pouvant, et nous citons la CNIL, &#034;s'av&#233;rer fort pr&#233;judiciable pour les personnes&#034;. C'est vraiment le moins que l'on puisse dire ! Mais n'attendons pas de la CNIL (sens&#233;e nous &#034;prot&#233;ger&#034;) et des autres organismes officiels qu'ils tirent la seule conclusion qui s'impose : la suppression de tous ces fichiers.&lt;br class='autobr' /&gt;
Alice&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Sur le fichier Edvige, voir notre n&#176;108&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;CNIL, Rapport pr&#233;sent&#233; en s&#233;ance pl&#233;ni&#232;re le 29 janvier 2009 ; &#034;Conclusions du contr&#244;le du syst&#232;me de traitement des infractions constat&#233;es&#034; (STIC), Jean-Marie Cotteret, Fran&#231;ois Giquel. 32 pages&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>DUR DUR LA GREVE DANS LE PRIVE
</title>
		<link>http://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?article305</link>
		<guid isPermaLink="true">http://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?article305</guid>
		<dc:date>2009-03-06T14:32:27Z</dc:date>
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		<description>
&lt;p&gt;Je travaille depuis 2 ans en CDI dans un magasin du centre ville, bonne ambiance, &#233;quipe sympa et dynamique, responsables corrects et plut&#244;t conciliants, bref d'assez bonnes conditions de travail (enfin, meilleures qu'ailleurs, comme on dit) donc, deux ans et jamais de m&#233;contentement, pas de revendication quelconque et encore moins de gr&#232;ve. Juste quelques chuchotements concernant les salaires (gagner &#224; peine 1000 euros par mois quand on paye un loyer de quasi 600, c'est dur !) ou les heures (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?rubrique62" rel="directory"&gt;Divers
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&lt;a href="http://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?mot86" rel="tag"&gt;article_a_111
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Je travaille depuis 2 ans en CDI dans un magasin du centre ville, bonne ambiance, &#233;quipe sympa et dynamique, responsables corrects et plut&#244;t conciliants, bref d'assez bonnes conditions de travail (enfin, meilleures qu'ailleurs, comme on dit) donc, deux ans et jamais de m&#233;contentement, pas de revendication quelconque et encore moins de gr&#232;ve. Juste quelques chuchotements concernant les salaires (gagner &#224; peine 1000 euros par mois quand on paye un loyer de quasi 600, c'est dur !) ou les heures suppl&#233;mentaires major&#233;es, oui, comme le dit la loi, mais jamais pay&#233;es, juste r&#233;cup&#233;r&#233;es...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	La crise ? On n'en parle pas. Les objectifs grimpent, le magasin doit marcher co&#251;te que co&#251;te. Les manifs qui passent devant le magasin ? Pfff. Cela fait tomber le chiffre. Le monde, qui va mal ? Cela tombe bien : notre magasin offre du r&#233;confort, du bien &#234;tre... Bref les affaires tournent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Mais si nous enlevons les &#339;ill&#232;res, les licenciements pr&#232;s de nous qui vont bon train, comme &#224; la FNAC, la chert&#233; de la vie, les difficult&#233;s pour &#233;lever nos enfants, le travail du dimanche et autre... Vraiment moi je commence &#224; me sentir de plus en plus concern&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc &#224; la grande surprise g&#233;n&#233;rale je d&#233;cide de me mettre en gr&#232;ve, et pour le 29 janvier, j'annonce que je ne viendrai pas. Pas possible ! Non ! Ne fais pas cela ! Tu vas te faire mal voir ! Je suis d'accord avec toi mais tu comprends j'attends de l'avancement... J'entends tous les sons de cloche chez les coll&#232;gues et je comprends que je serai seule.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Voil&#224; la responsable. Elle me propose de r&#233;cup&#233;rer les heures, de me mettre en RTT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Non, non j'assume, je ne veux pas &#234;tre pay&#233;e et je veux &#234;tre d&#233;clar&#233;e en gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Et l&#224;, c'est la grosse affaire, il me parle alors d'un pr&#233;avis de 48 heures, me dit que le tract que j'avais amen&#233; en salle de repos ne suffit pas... Bon, renseignement pris le pr&#233;avis de 48 heures, moi je suis pas concern&#233;e, c'est pour la fonction publique, pour le reste je faxe la veille au soir l'appel &#224; la gr&#232;ve d'une f&#233;d&#233;ration &#034;officielle&#034; du commerce, c'est plus que suffisant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Finalement quand le lendemain de la gr&#232;ve, satisfaite d'avoir act&#233; cette libert&#233;, je reprends mon travail, mon responsable, ne me fait aucune remarque, il n'en a d'ailleurs aucun droit. Quant &#224; mes coll&#232;gues qui n'avaient jamais vu cela, ils n'en reviennent pas que cela se passe ainsi !... Maintenant, s'il y a des licenciements &#233;conomiques prochains, je ferai peut &#234;tre partie de la charrette,... peut &#234;tre pas. Le samedi 31 janvier, nous sommes toutes en d&#233;briefing avec le directeur r&#233;gional et, l&#224;, il nous &#233;voque la crise et on nous annonce une augmentation de 3,3 pour cent. Quant au 19 mars, j'ai appris hier que, j'ai &#233;t&#233; mise d'office de repos sur le planning &#224; cette date (certainement pour &#233;viter de faire t&#226;che ) !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La casquette&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le fast-food o&#249; je travaille, ce symbole de la restauration rapide, impr&#233;gn&#233; d'huile de friture, tombe sur le regard et nous oblige &#224; lever la t&#234;te quand on nous parle. Comme si on &#233;tait &#034;petits&#034; face &#224; l'autre. Quelle que soit la personne qui nous parle, patron ou client, la visi&#232;re nous abaisse. Elle est l&#224; pour &#231;a, pour nous inf&#233;rioriser. Pour nous enserrer la t&#234;te, nous r&#233;tracter psychologiquement la cervelle. Elle fait partie de notre &#034;merveilleuse&#034; tenue d'uniforme : tee-shirt au logo de la soci&#233;t&#233;, jupe courte m&#234;me en hiver quand on a froid. Nous sommes r&#233;duites au rang d'objets publicitaires interchangeables.&lt;br class='autobr' /&gt; L'hygi&#232;ne, c'est le pr&#233;texte de la casquette. Mais nos sup&#233;rieurs ne la portent pas, eux, qui prennent un malin plaisir &#224; nous y obliger. En Auvergne, dans notre cha&#238;ne, les salari&#233;s l'ont mise &#224; la poubelle (sans probl&#232;me pour l'hygi&#232;ne !), pourquoi ne pas faire pareil en Midi-Pyr&#233;n&#233;es ? Ici, nous avons d&#233;j&#224; fait reculer les g&#233;rants sur les heures suppl&#233;mentaires, nous pouvons bien les faire reculer sur cette tenue humiliante. Alors, les coll&#232;gues, on essaye ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Myriam.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>r&#233;forme de la convention collective 66 : Quels sont les v&#233;ritables enjeux ?
</title>
		<link>http://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?article304</link>
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		<dc:date>2009-03-06T14:29:05Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>cnt
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		<dc:subject>article_a_111
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&lt;p&gt;Depuis quelques mois, les syndicats patronaux du secteur social repassent &#224; l'attaque sur la r&#233;forme de la convention collective de 1966. Notons que cette volont&#233; patronale ne correspond &#224; aucune demande (officielle du moins) des pouvoirs publics, qui sont pourtant les financeurs et d&#233;cideurs. Une telle initiative pourrait surprendre. En r&#233;alit&#233;, cela prouve simplement la proximit&#233; id&#233;ologique entre les patrons (fussent-ils du secteur social) et les d&#233;cideurs politiques. En effet, la logique (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?rubrique93" rel="directory"&gt;Social
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&lt;a href="http://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?mot86" rel="tag"&gt;article_a_111
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Depuis quelques mois, les syndicats patronaux du secteur social repassent &#224; l'attaque sur la r&#233;forme de la convention collective de 1966. Notons que cette volont&#233; patronale ne correspond &#224; aucune demande (officielle du moins) des pouvoirs publics, qui sont pourtant les financeurs et d&#233;cideurs. Une telle initiative pourrait surprendre. En r&#233;alit&#233;, cela prouve simplement la proximit&#233; id&#233;ologique entre les patrons (fussent-ils du secteur social) et les d&#233;cideurs politiques. En effet, la logique globale de la proposition patronale est en parfaite coh&#233;rence avec l'&#233;volution du travail social, elle m&#234;me en lien direct avec l'&#233;volution &#233;conomique et sociale du capitalisme. Deux grands axes &#233;mergent du projet patronal :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	D'une part, r&#233;duire le co&#251;t global de l'action sociale, par la r&#233;duction du co&#251;t de la masse salariale (diminution du poids de l'anciennet&#233; dans l'&#233;volution des salaires, &#233;conomie sur les primes de d&#233;part &#224; la retraite, de licenciement, ...). Par ailleurs, cette logique est d&#233;j&#224; &#224; l'&#339;uvre par la tendance aux fusions ou absorptions entre associations du secteur, permettant ainsi des &#233;conomies d'&#233;chelles. Ce ph&#233;nom&#232;ne de concentration prouve, au besoin, que si le secteur social ne cr&#233;e pas de plus-value, il est tout de m&#234;me g&#233;r&#233; selon les normes capitalistes : la d&#233;gradation des conditions de travail pour r&#233;duire les co&#251;ts de fonctionnement. Dans la m&#234;me veine, la flexibilit&#233; comme mode de gestion de la main-d'&#339;uvre fait partie des propositions patronales. D'autre part, on observe dans la proposition la fin du cadre national des salaires. En effet, il est propos&#233; de favoriser les accords d'entreprises, et surtout, d'instaurer une part variable du salaire : une part collective, li&#233;e au r&#233;sultat en rapport aux plans pluriannuels d'objectifs, ainsi qu'une part variable individuelle, en fonction des r&#233;sultats du salari&#233;. Il ne s'agit ni plus ni moins que de l'instauration du salaire au m&#233;rite. Quel est le m&#233;rite en cause ? C'est l&#224; le n&#339;ud du probl&#232;me. On sait que les financements par les pouvoirs publics sont de plus en plus soumis &#224; la r&#233;alisation d'objectifs pr&#233;cis ; et que ces objectifs sont souvent soit irr&#233;alisables, soit carr&#233;ment contraire &#224; toute &#233;thique. En mati&#232;re d'insertion, alors que le syst&#232;me capitaliste produit un fort taux de ch&#244;mage structurel et instaure la pr&#233;carit&#233; comme mode g&#233;n&#233;ral du salariat, on exige du travailleur social qu'il fasse comprendre aux &#034;exclus&#034; qu'ils sont seuls responsables de leur situation. Il ne s'agit donc pas tant d'aider les gens &#224; am&#233;liorer une situation difficile que de les dresser &#224; endosser la responsabilit&#233; de leur mis&#232;re, et accepter des emplois pr&#233;caires dans des conditions indignes. En mati&#232;re de pr&#233;vention de la d&#233;linquance, quels objectifs seront valoris&#233;s ? Le fait de favoriser la r&#233;pression des jeunes dits &#034;d&#233;linquants&#034;, souvent paum&#233;s au sein d'une soci&#233;t&#233; morbide et sans avenir enthousiasmant, en pratiquant la d&#233;lation aupr&#232;s des pouvoirs publics ? Leur proposer comme seule perspective d'accepter ces m&#234;mes emplois pr&#233;caires, sous-pay&#233;s, indignes ? Leur apprendre &#224; courber l'&#233;chine ? &#034;Cette ann&#233;e, tu as remis tant de personnes sur les rails de l'exploitation salariale, tu as bien travaill&#233;, voil&#224; ta prime.&#034; Cela pourrait devenir notre lot commun. On le voit bien, le principal enjeu de la part variable du salaire propos&#233;e par le patronat du social est de favoriser la docilit&#233; des travailleurs sociaux, de les rendre complices des nouvelles modalit&#233;s de gestion du b&#233;tail humain : traitement du ch&#244;mage (ou plut&#244;t des ch&#244;meurs), traitement de la d&#233;linquance (ou plut&#244;t des jeunes en gal&#232;re)...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Il est flagrant que le projet de r&#233;forme patronal de la Convention Collective Nationale 66 fait partie d'un tout coh&#233;rent, en lien avec l'&#233;volution du capitalisme. La situation devient de plus en plus difficile pour de plus en plus de monde. Nos dirigeants (patrons et politiques) multiplient les injonctions &#224; travailler plus, &#224; se serrer la ceinture, &#224; &#234;tre ob&#233;issant. Ce qui ne manque pas de susciter une col&#232;re grandissante parmi les exploit&#233;s et les opprim&#233;s ; du coup, l'appareil r&#233;pressif et coercitif se renforce afin de maintenir l'ordre. On voit bien le r&#244;le que les d&#233;cideurs veulent faire jouer aux travailleurs sociaux dans ce sinistre spectacle : celui d'agents au service de l'id&#233;ologie dominante, &#339;uvrant au formatage de la population et &#224; la d&#233;lation des d&#233;viants potentiels (c'est-&#224;-dire toutes les classes populaires, dans la droite ligne de l'adage &#034;classe laborieuse = classe dangereuse&#034;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Aujourd'hui, nombreux sont les travailleurs sociaux qui ne comprennent plus le sens du travail qu'on leur fait faire, beaucoup d'entre-eux vivent dans un &#233;tat de mal-&#234;tre permanent ; la tendance &#224; analyser cette situation comme &#233;tant strictement personnelle est fr&#233;quente. C'est pourquoi il importe d'analyser le r&#244;le du travail social dans la soci&#233;t&#233; capitaliste, afin de donner un sens politique au malaise v&#233;cu. Passer du mal-&#234;tre individuel subi &#224; la volont&#233; revendicative et collective, &#224; la lutte politique, voil&#224; l'enjeu. Il appara&#238;t que l'&#233;thique bas&#233;e sur le respect et la dignit&#233; des personnes, l'accompagnement &#224; l'autonomie et &#224; l'&#233;panouissement (qui reste, malgr&#233; tout, partag&#233;e par bon nombre d'entre-nous), entre g&#233;n&#233;ralement en contradiction avec les injonctions inh&#233;rentes au syst&#232;me capitaliste, fond&#233; sur l'exploitation, l'oppression, la marchandisation g&#233;n&#233;ralis&#233;e, la r&#233;ification des &#234;tres vivants... C'est une &#233;vidence que nous subissons au quotidien, ainsi des amis ont pour slogans : &#034;Un travailleur social qui ne lutte pas est un capitaliste qui a mauvaise conscience !&#034;. A m&#233;diter !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Travailleurs sociaux comme &#034;usagers&#034;, nous avons tous int&#233;r&#234;t &#224; nous opposer farouchement &#224; un tel projet et &#224; la logique qui l'inspire. Pour ce faire, il nous faut cr&#233;er des espaces de discussion et d'organisation. Discussion, car ce n'est l&#224; qu'une attaque parmi d'autres, et il importe de saisir collectivement la logique globale du processus en cours afin que notre combat ait un sens et se poursuive sur la dur&#233;e ; et organisation, en d&#233;passant les barri&#232;res existantes (travailleurs en formation, travailleurs en poste,&#034; usagers&#034;, ...), car seul un mouvement puissant, rompant avec l'isolement, sera &#224; m&#234;me de faire reculer un patronat m&#233;prisant et arrogant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Le combat qui s'engage sur la r&#233;forme de la convention collective 66 se doit donc, pour avoir un sens r&#233;el, de d&#233;passer la simple revendication du sauvetage de cette convention, pour devenir une lutte g&#233;n&#233;rale contre l'oppression, pour l'&#233;mancipation de tous. D&#233;passer &#233;galement les corporatismes dans lesquels les luttes sont trop souvent enferm&#233;es, l'action sociale n'&#233;tant qu'une partie d'un tout - la soci&#233;t&#233; capitaliste - qui nous impose des conditions d'existences toujours plus insupportables. La lutte doit &#234;tre globale, f&#233;d&#233;rons les Assembl&#233;es G&#233;n&#233;rales de travailleurs en lutte !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&lt;strong&gt;Quelle soci&#233;t&#233; voulons-nous ? L&#224; est la question !&lt;br class='autobr' /&gt; Contre l'Etat et le Capital : organisons la riposte !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	R. de la CNT-AIT Caen.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>MAISONS DE RETRAITE, LE SCANDALE CONTINUE
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&lt;p&gt;Malgr&#233; la crise, certains secteurs tournent &#224; plein r&#233;gime. Avec 700 000 pensionnaires dans toute la France, les maisons de retraite font partie des industries les plus juteuses. Comme dans toutes les entreprises, le b&#233;n&#233;fice est fonction de la fa&#231;on de g&#233;rer : plus on serre sur la qualit&#233; (repas, hygi&#232;ne), plus on r&#233;duit le personnel, plus &#231;a rapporte. C'est la logique du profit. le minist&#232;re de la sant&#233; d&#233;bord&#233; &lt;br class='autobr' /&gt; A entendre les patrons du secteur, tout va pour le mieux dans le meilleur (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?rubrique32" rel="directory"&gt;Sant&#233;
&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Malgr&#233; la crise, certains secteurs tournent &#224; plein r&#233;gime. Avec 700 000 pensionnaires dans toute la France, les maisons de retraite font partie des industries les plus juteuses&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Au moins tant que les r&#233;sidents ont les deux ou trois dizaines de milliers (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Comme dans toutes les entreprises, le b&#233;n&#233;fice est fonction de la fa&#231;on de g&#233;rer : plus on serre sur la qualit&#233; (repas, hygi&#232;ne), plus on r&#233;duit le personnel, plus &#231;a rapporte. C'est la logique du profit.&lt;br class='autobr' /&gt;
le minist&#232;re de la sant&#233; d&#233;bord&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	A entendre les patrons du secteur, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Ils n'ont rien &#224; se reprocher. Tout au plus conc&#232;dent-ils qu'une petite am&#233;lioration serait utile ici ou l&#224;... La situation est bien entendu diff&#233;rente d'un &#233;tablissement &#224; l'autre, mais elle est rarement aussi idyllique qu'on voudrait nous le faire croire ! Ainsi, pas plus tard que l'an dernier, quelques jours &#224; peine apr&#232;s l'ouverture du &#034;num&#233;ro de t&#233;l&#233;phone national pour les victimes de maltraitance en maison de retraite&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Qu'il soit n&#233;cessaire d'ouvrir un num&#233;ro national sur les maltraitances en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, les responsables du Minist&#232;re de la sant&#233; s'&#233;criaient : &#034;On est d&#233;bord&#233;, c'est vraiment plus que ce que l'on avait imagin&#233; !&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Citation extraite de &#034;Aujourd'hui en France&#034; du 25 f&#233;vrier 2008.&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La surprise minist&#233;rielle n'&#233;tonnera que ceux qui ne connaissent pas ce milieu ou r&#232;gne la loi du silence&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir dans Anarchosyn-dicalisme ! n&#176; 110 : &#034;Maisons de retraite, la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&lt;strong&gt;La cnt-ait poursuivie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Il y a deux ans, dans des maisons de retraite de Toulouse, un groupe de salari&#233;es qui avait bien compris que la qualit&#233; de vie des r&#233;sidents d&#233;coule directement des conditions de travail du personnel de service et de soins, un groupe de salari&#233;es donc qui souffrait moralement de ne pouvoir accorder &#224; chaque personne &#226;g&#233;e toute l'attention humainement souhaitable, avait, par voie de tract, r&#233;clam&#233; le renforcement des &#233;quipes. Les salari&#233;es demandaient aussi la fin des primes &#224; g&#233;om&#233;trie variable (et le treizi&#232;me mois pour toutes), la fin des pressions, la r&#233;int&#233;gration des salari&#233;es licenci&#233;es... Bref, des revendications syndicales aussi basiques que courantes dans toute entreprise... qui ont d&#233;clench&#233; une r&#233;action disproportionn&#233;e du patron avec d&#233;p&#244;t de plainte pour diffamation ! Comme si on voulait les faire taire... La CNT-AIT, venue en soutien de ces salari&#233;es, est &#233;galement poursuivie. Comme si on voulait nous faire taire... C'est mal nous conna&#238;tre ! Nous prenons toujours soin de v&#233;rifier ce que nous disons&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ainsi, la r&#233;union publique que nous avions organis&#233;e sur le probl&#232;me en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Nous saurons donner &#224; ce proc&#232;s tout le retentissement qu'il m&#233;rite. Nous sommes certains que la population toulousaine sera tr&#232;s int&#233;ress&#233;e par la d&#233;couverte des d&#233;tails de ce qui se passe dans les maisons de retraite !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&lt;strong&gt;Des salari&#233;es menac&#233;es&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Voici un exemple de pression aussi inadmissible &lt;br class='autobr' /&gt;
qu'infond&#233;e, survenue il y a quelques semaines, justement dans une des maisons de retraite qui nous poursuit, et qui d&#233;montre comment sont trait&#233;s les personnels. Un exemple qui, par le ridicule des accusations et leurs cons&#233;quences lourdes sur deux salari&#233;es m&#233;rite &#224; lui seul d'&#234;tre port&#233; sur la place publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Le 17 d&#233;cembre 2008 donc, deux salari&#233;es, de celles qui avaient os&#233; se prononcer pour le renforcement des &#233;quipes de soin et d'entretien aupr&#232;s des r&#233;sidents, re&#231;oivent chacune une lettre recommand&#233;e. Le texte est une ex&#233;cution en bonne et due forme : &#034;Nous avons le regret de vous informer que nous envisageons de proc&#233;der &#224; votre licenciement&#034;. Avec, pour finir, un gros coup de massue sur la t&#234;te : &#034;compte tenu de la gravit&#233; des agissements qui vous sont reproch&#233;s, nous vous notifions par la pr&#233;sente lettre, une mise &#224; pied conservatoire imm&#233;diate, jusqu'&#224; la d&#233;cision d&#233;finitive qui d&#233;coulera de l'entretien&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Aussit&#244;t les rumeurs de maltraitance les plus folles (lanc&#233;es par qui ?) courent dans la r&#233;sidence. Une coll&#232;gue appelle pour leur dire qu'elles vont &#234;tre vir&#233;es et m&#234;me poursuivies au p&#233;nal&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Apparemment, la menace (ou le d&#233;p&#244;t) de plainte, les proc&#233;dures abusives de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;... la situation est grave. Les deux salari&#233;es se demandent bien qu'est-ce qu'on peut leur reprocher. Elles sont tr&#232;s engag&#233;es dans leur m&#233;tier, tr&#232;s proches des personnes &#226;g&#233;es. Elles &#034;repassent&#034; dans leur t&#234;te tout ce qu'elles ont fait depuis des mois. Elles ne trouvent rien. N'emp&#234;che que, pendant toute une semaine, devant des accusations aussi lourdes, elles se rongent le sang. En attendant, pour d&#233;cembre, elles n'ont qu'un demi-salaire. Ce qui veut dire, quand on est pay&#233; autour du smig, qu'une fois le loyer r&#233;gl&#233;, celle des deux qui vit seule n'aura m&#234;me pas de quoi manger. Bonnes f&#234;tes quand m&#234;me !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&lt;strong&gt;le coup de la guirlande rouge&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	L'entretien est fix&#233; au 30 d&#233;cembre 2008. L'employeur est repr&#233;sent&#233; en force : le directeur de la r&#233;sidence (Monsieur J.D.), l'adjointe au Directeur des ressources humaines de la cha&#238;ne (M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;me&lt;/sup&gt; B), le m&#233;decin coordonnateur (D&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;r&lt;/sup&gt; B). Et l&#224;, apr&#232;s des consid&#233;rations fumeuses sur un bip soi-disant tomb&#233; d'un lit une nuit (mais qui a tout de m&#234;me servi pendant cette m&#234;me nuit) la &#034;grosse voix&#034; de l'une des employ&#233;es (&#231;a ne s'invente pas !), le &#034;caract&#232;re&#034; (suppos&#233; autoritaire) de l'autre, elles apprennent, enfin, quel est le &#034;crime&#034; qui leur est reproch&#233;, quel est le seul &#233;l&#233;ment mat&#233;riel du dossier, ce qui justifie une menace de licenciement et une suspension de salaire : avoir &#233;teint, en pleine nuit, &#034;contrairement &#224; la volont&#233; de la r&#233;sidente&#034; une guirlande clignotante rouge extr&#234;mement agressive !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Pour souligner l'inanit&#233; de l'accusation ajoutons qu'une des accus&#233;es d&#233;clare bien avoir &#233;teint la guirlande mais qu'elle a, en m&#234;me temps,, allum&#233; la lumi&#232;re de la salle de bain et laiss&#233; la porte entr'ouverte pour que la r&#233;sidente ne soit pas dans l'obscurit&#233;. Fin de l'entretien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Les deux salari&#233;es apprennent qu'elles auront la r&#233;ponse &#034;dans quelques jours&#034;. Elles restent mises &#224; pied, et donc toujours sans un centime de revenu. Que ce soit la veille du r&#233;veillon ne g&#234;ne manifestement pas l'employeur. Il a tout son temps, lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&lt;strong&gt;des cons&#233;quences &lt;br class='autobr' /&gt;
dramatiques pour les salari&#233;es&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Elles, elles &#034;craquent&#034; : apr&#232;s l'angoisse de l'attente, l'angoisse de ne pas pouvoir faire face aux remboursements de pr&#234;ts au mois de d&#233;cembre. La peur de l'huissier. Les &#034;n&#233;gociations&#034; le couteau sous la gorge avec la banque (et les frais avec). L'impossibilit&#233; d'offrir un no&#235;l correct, faute d'argent, au petit pour l'une. Les &#034;f&#234;tes&#034; pass&#233;es seule, sans ressource, pour l'autre. Le sentiment de s'&#234;tre d&#233;vou&#233;es depuis toujours aux personnes &#226;g&#233;es et d'&#234;tre m&#233;pris&#233;es, humili&#233;es par des accusations aussi d&#233;biles. Le regard des coll&#232;gues (qui n'ont que les rumeurs mal intentionn&#233;es, les deux salari&#233;es ne pouvant mettre les pieds dans l'entreprise pour se d&#233;fendre)... &#231;a fait vraiment beaucoup. Il y a effectivement de quoi craquer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&lt;strong&gt;Le patron baisse pavillon&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Ce n'est que le 6 janvier que les accus&#233;es re&#231;oivent, il &#233;tait temps, une lettre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Pour l'une, apr&#232;s deux pages de baratin, le patron est bien oblig&#233; de constater qu'il n'a rien &#224; reprocher et qu'il &#034;renonce &#224; la proc&#233;dure de licenciement engag&#233;e&#034;. Son salaire de d&#233;cembre lui sera totalement pay&#233; (avec retard). Elle doit reprendre imm&#233;diatement le travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Pour l'autre, plus isol&#233;e (est-ce un hasard ?), apr&#232;s un courrier tout aussi vide, c'est la sanction financi&#232;re d&#233;guis&#233;e, avec perte de la prime pour travail de nuit (du fait du passage oblig&#233; au travail de jour) et &#233;ventuellement r&#233;duction des horaires. Bref, cette femme sans autre ressource verrait son salaire largement amput&#233;, ce qui, compte tenu de ses charges, ne lui laisserait pas de quoi vivre. Elle est effondr&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Heureusement, depuis le d&#233;but de l'affaire, elle et sa coll&#232;gue sont discr&#232;tement mais solidement soutenues. Nous lisons donc le courrier avec elles : il serait &#224; rire si ce n'&#233;tait dramatique. Tout d'abord &#034;son&#034; courrier est largement un &#034;copier / coller&#034; du courrier re&#231;u par sa coll&#232;gue. Or, elles n'ont pas fait les m&#234;mes choses, pas dit les m&#234;mes choses. Ainsi, nous relevons une accusation mensong&#232;re &#224; son encontre : on lui reproche explicitement d'avoir &#233;teint la fameuse guirlande clignotante alors que c'est sa coll&#232;gue qui a l'a &#233;teinte. Et, ce n'est pas, pour rester poli, la seule &#034;distorsion&#034; de la r&#233;alit&#233;. Mais &#231;a n'a pas l'air de perturber beaucoup l'employeur. Il ne se g&#234;ne m&#234;me pas pour donner une liste des pr&#233;sents incompl&#233;te !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Devant ce galimatias, forte de son bon droit, elle refuse la &#034;proposition&#034; de r&#233;duire son salaire et demande &#224; &#234;tre r&#233;int&#233;gr&#233;e purement et simplement. Bien oblig&#233;e, du fait de la vacuit&#233; abyssale du dossier, la direction baisse pavillon. Elle est normalement r&#233;int&#233;gr&#233;e&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Apr&#232;s son cong&#233; de maladie.&#034; id=&#034;nh3-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La proc&#233;dure est abandonn&#233;e. Elle per&#231;oit son mois de d&#233;cembre complet avec retard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;une d&#233;monstration&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	R&#233;sumons : &#233;voquant de soi-disant &#034;agissements&#034; (le mot n'est pas neutre), l'employeur se permet de menacer deux salari&#233;es de licenciement. Il les met &#224; pied : il leur coupe de moiti&#233; leur salaire en pleine p&#233;riode des f&#234;tes (est-ce un hasard ?). Il les garde, toujours sous la menace de sanctions, une vingtaine de jours pour l'une, pratiquement un mois pour l'autre avant de reconna&#238;tre leur innocence pourtant flagrante (pourquoi un tel d&#233;lai ?). Les cons&#233;quences financi&#232;res et m&#233;dicales sont d&#233;sastreuses pour les salari&#233;es (les deux tombent en d&#233;pression grave). Tout cela, sans aucune raison !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Et ce n'est qu'un cas parmi tant d'autres... qui d&#233;montre, &#224; la fois, comment &#231;a se passe en r&#233;alit&#233; dans les maisons de retraite et comment, en restant unis, on peut faire fl&#233;chir l'employeur. Qu'on se le dise !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;F.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Au moins tant que les r&#233;sidents ont les deux ou trois dizaines de milliers d'euros qu'il leur faut au minimum par an pour &#234;tre &#034;accueillis&#034;... ou que leurs enfants peuvent cracher au bassinet.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Qu'il soit n&#233;cessaire d'ouvrir un num&#233;ro national sur les maltraitances en maison de retraite permet de mesurer l'ampleur du probl&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Citation extraite de &#034;Aujourd'hui en France&#034; du 25 f&#233;vrier 2008.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir dans Anarchosyn-dicalisme ! n&#176; 110 : &#034;Maisons de retraite, la maltraitance est institutionnelle&#034;..&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ainsi, la r&#233;union publique que nous avions organis&#233;e sur le probl&#232;me en g&#233;n&#233;ral des maisons de retraite a donn&#233; lieu &#224; un v&#233;ritable floril&#232;ge de t&#233;moignages de professionnels mais aussi des familles pr&#233;sentes...&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Apparemment, la menace (ou le d&#233;p&#244;t) de plainte, les proc&#233;dures abusives de licenciement sont, pour certains, du ressort de la gestion du personnel...&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Apr&#232;s son cong&#233; de maladie.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>COMMENT FINISSENT LES TYRANNIES ?
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&lt;p&gt;Ce que nous apprend l'histoire c'est que s'il ne choisit jamais de vivre dans un contexte de bouleversement soci&#233;tal, l'individu choisit toujours ce qu'il va y faire ou ne pas faire. Par le pass&#233;, l'humanit&#233; a d&#233;j&#224; du faire face &#224; des &#233;pisodes de crise majeure. Chaque fois, ils ont permis l'&#233;mergence d'institutions nouvelles et parfois totalement inattendues. Dans un moment fondamentalement ouvert qui est celui que cr&#233;e la mort des anciennes institutions (n'oublions pas que le monde a surgi (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?mot1" rel="tag"&gt;A la une
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&lt;a href="http://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?mot86" rel="tag"&gt;article_a_111
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ce que nous apprend l'histoire c'est que s'il ne choisit jamais de vivre dans un contexte de bouleversement soci&#233;tal, l'individu choisit toujours ce qu'il va y faire ou ne pas faire. Par le pass&#233;, l'humanit&#233; a d&#233;j&#224; du faire face &#224; des &#233;pisodes de crise majeure. Chaque fois, ils ont permis l'&#233;mergence d'institutions nouvelles et parfois totalement inattendues. Dans un moment fondamentalement ouvert qui est celui que cr&#233;e la mort des anciennes institutions (n'oublions pas que le monde a surgi du chaos...), tout est possible, le meilleur comme le pire ; et au final, tout cela r&#233;sulte largement de notre action... ou de notre inaction. N'oublions pas, nous qui souhaitons une action collective dans une finalit&#233; &#233;mancipatrice, que cette &#233;mancipation n'est jamais que la somme des actes de libert&#233; pos&#233;s par chacun, alors qu'&#224; l'inverse, le totalitarisme n'est que l'addition de nos l&#226;chet&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Or, l'individu n'est libre que s'il a pris conscience des ses responsabilit&#233;s, et pour cela, il doit d'abord faire &#8220;le deuil du pouvoir&#8221;, c'est-&#224;-dire le deuil d'une forme de domination dont la force de coercition serait l&#233;gitim&#233;e par des capacit&#233;s (le plus souvent suppos&#233;es) de protection.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Le propre de la crise financi&#232;re, &#233;conomique et sociale qui se d&#233;roule sous nos yeux est qu'elle r&#233;v&#232;le &#224; un nombre de plus en plus important de gens l'incapacit&#233; croissante des institutions &#224; faire face aux besoins des populations. Les raisons objectives de cette incapacit&#233; sont connues : il s'agit de l'accroissement de l'endettement des Etats qui pourrait ent&#233;riner leur insolvabilit&#233;. Mais la faillite du syst&#232;me n'est accomplie que si on parvient &#224; signifier massivement, dans les mots et dans les actes, que toute confiance en lui est perdue. C'est un travail &#224; rebours de celui qu'a produit ant&#233;rieurement l'imaginaire collectif pour justifier le fonctionnement de la soci&#233;t&#233; jusqu'&#224; pr&#233;sent qui doit d&#233;sormais se produire, c'est un v&#233;ritable &#034;travail de deuil&#034;, dont l'aboutissement doit &#234;tre la signification de la mort du pouvoir actuel. Ce processus peut couvrir une longue p&#233;riode, si c'est n&#233;cessaire &#224; la maturation des esprits. Maturation qui n'est autre que le r&#233;sultat de l'affrontement entre deux sentiments : celui de rester en demande et celui de passer &#224; l'action. Cet affrontement entre le d&#233;sir de repos et la n&#233;cessit&#233; de l'activit&#233; politique nous explique l'ambivalence du comportement social qui peut, &#224; ce titre, d&#233;router ou d&#233;courager les plus impatients. Ainsi, ce 18 f&#233;vrier, il y avait 17 millions d'auditeurs pour le discours pr&#233;sidentiel, lors m&#234;me que le chef de l'Etat baisse dans les sondages et que ses apparitions en public deviennent pratiquement impossibles. Le 19 mars prochain sera la journ&#233;e de syndicats c'est-&#224;-dire des institutions qui participent &#224; l'infantilisation de ceux qui ne sont encore que des sujets... Pourtant la premi&#232;re de ces deux dates a eu un effet inverse &#224; celui escompt&#233;, car elle a largement contribu&#233; &#224; d&#233;consid&#233;rer le discours politicien et la deuxi&#232;me date risque de constituer pour les dirigeants syndicaux une victoire aussi embarrassante que celle du 29 janvier.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est le constat massif de la dissonance entre la morale affich&#233;e du pouvoir et les affaires de vols, escroqueries, corruptions, forfaitures, trahisons et crimes perp&#233;tr&#233;s dans les cercles dirigeants qui fera certainement la diff&#233;rence : Le capitalisme est comme le vent pour le navigateur, il en entend d'autant mieux la critique qu'il lui devient d&#233;favorable. Ce n'est pas pour rien que les directions syndicales jouent la montre &#224; raison d'une journ&#233;e de gr&#232;ve alternant avec une journ&#233;e de n&#233;gociation, ce n'est pas pour rien que les politiciens tentent de gagner du temps : il s'agit pour eux d'estomper les dispositions d'esprits devenus d&#233;favorables au pouvoir. Ce gain de temps est cens&#233; entretenir l'illusion pour que les individus ne prennent pas la parole, restent en demande, restent des enfants&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans la Rome antique, le mot &#034;infans&#034; d&#233;signait l'enfant qui ne savait pas (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;REAPPROPRIATION DE &lt;br class='autobr' /&gt;
L'IMAGINAIRE COLLECTIF&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Ce n'est que quand une fraction cons&#233;quente de la population non seulement aura fait le deuil du pouvoir mais lui aura clairement signifi&#233; son acte de d&#233;c&#232;s que d&#233;marrera pleinement la phase constructive. Dans les r&#233;volutions anglaise et fran&#231;aise, en 1649 et en 1793, ce d&#233;nouement a &#233;t&#233; symbolis&#233; par le proc&#232;s du roi. C'est principalement une d&#233;marche quasi-psychanalytique o&#249; il s'agit de &#034;tuer le p&#232;re&#034; devenu un tyran que l'on jette, &#224; l'instar des romains qui situaient leur roche Tarp&#233;ienne pr&#233;s du Capitole. Cette mort, symbolique ou non, notifie pour l'individu le passage de l'enfance &#224; la responsabilit&#233; et lui permet d'envisager sa libert&#233;. Pour les populations le temps de la demande c&#232;de alors le pas a celui du faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Bien s&#251;r cette libert&#233; n'a de concr&#233;tisation que si on a les moyens de la vivre. Mais contrairement aux &#233;coles marxistes et &#233;conomistes qui subordonnent la r&#233;volution &#224; la r&#233;appropriation des moyens mat&#233;riels, les anarchistes subordonnent cette r&#233;appropriation mat&#233;rielle &#224; la r&#233;volution, c'est-&#224;-dire &#224; une repr&#233;sentation collective et autonome de la soci&#233;t&#233; : l'individu ne peut vivre libre que dans une soci&#233;t&#233; qui s'organise librement et une soci&#233;t&#233; ne peut s'organiser librement qu'avec des individus libres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Cette organisation d'individus affranchis, on en trouve d&#233;j&#224; l'&#233;bauche dans l'&#233;mergence de multiples comit&#233;s et collectifs, dans lesquels la parole se lib&#232;re et les actes se posent. Dans tous les pays cette auto-organisation doit fleurir et lib&#233;rer des capacit&#233;s aussi diverses que surprenantes. Bien s&#251;r les m&#233;dias n'en parleront pas ou en parleront mal. Mais peu importe que la chose demeure plus ou moins cach&#233;e, l'essentiel c'est la satisfaction int&#233;rieure que chacun &#233;prouve en participant &#224; ces mouvements et o&#249; il puise sa force morale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Cette multitude de forums qui se coordonneront peu &#224; peu, lib&#233;r&#233;s des influences infantilisantes des politiciens et syndicalistes, remplira sa fonction de creuset commun. Alors, le simulacre de convergence qui nous est propos&#233; jusqu'ici et qui n'est en r&#233;alit&#233; qu'une juxtaposition absurde de revendications corporatistes port&#233;es par des organisations dont l'objectif est d'emp&#234;cher toute union sur l'essentiel, ce catalogue &#224; la Pr&#233;vert que constitue une manifestation interprofessionnelle, laissera la place &#224; la v&#233;ritable convergence : Celle qui consiste &#224; refonder de nouvelles bases pour une nouvelle soci&#233;t&#233;. Cette crise n'est pas la n&#244;tre, non, mais ce monde est &#224; tous !&lt;br class='autobr' /&gt;
M.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Dans la Rome antique, le mot &#034;infans&#034; d&#233;signait l'enfant qui ne savait pas encore parler (pour ceux qui voudraient r&#233;viser leur latin, l'enfant qui parlait, c'&#233;tait &#8220;puer&#8221;).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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