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Fin du monde, contre fin du mois

Publié le 27 novembre 2021

Depuis un bon bout de temps nous entendons parler un peu partout dans les médias du réchauffement climatique par ci, de la crise climatique par là. Depuis un bon bout de temps déjà, on entend cette bourgeoisie médiatique et gouvernementale, si prompte à donner des leçons de morale à tout le monde, préconiser qu’il ne faut pas
prendre l’avion, car ça provoque le réchauffement climatique, qu’il ne faut plus rouler avec une voiture qui utilise le diesel comme carburant, car ça réchauffe le climat, qu’il ne faut plus fumer des clopes, ce n’est pas bon pour la santé, ce n’est pas écolo, et puis ce sont les beaufs qui roulent en diesel et qui fument !

Et comme de nos jours tout le monde est écolo, on commence à entendre cette propagande pronucléaire, car les centrales nucléaires émettent moins de gaz à effet de serre, paraît-il. Je dois avouer que les bras m’en tombent quand j’entends ce genre d’affirmations, moi qui croyais naïvement que dans l’ensemble du mouvement écologiste l’affaire été entendu pour ce qui concerne cette industrie, j’en reste baba.

Comme d’habitude, on culpabilise les individus lambda, car il faut trier ses ordures comme il faut, rouler en bagnoles électriques et manger bio... N’empêche qu’ils panent nuis culpabiliser autant qu’ils veulent, mais ceux qui roulent en voiture diesel de plus de 10 ans, sont généralement les chômeurs, les ouvriers et les petits employés, parce que tout simplement, ils n’ont pas les moyens de s’offrir une voiture dernier cri électrique, et qu’en attendant nous roulons presque tous avec du carburant fossile. Le diesel permet entre autres d’aller moire souvent, faire le plein à la pompe à essence et de faire moins de visite chez le garagiste pour une quelconque réparation. Ça peut paraître étrange, mais c’est une tentative de faire des économies sur son budget, pour essayer d’arriver à la fin du mois sans trop de casse.

Dans le précédent numéro de notre journal, il a été dit que l’antifascisme, le LGBT, et notamment l’écologie sont des cache-sexe du capital, puisqu’il est de bon ton de nos jours, de s’en réclamer, au point que même le PCF ou LR s’en revendiquent Ça a tellement imprégné le spectre politique, des deux extrêmes, en passant par le centre-mou, qu’aucun politicien n’est prêt à prendre le risque de douter de tel ou tel concept écolo sous peine de perdre des voix. De plus cette ou plutôt ces idéologies environnementalistes/écologistes, sont entrées en force dans les milieux journalistiques, qui les placent de fait dans une situation intermédiaire entre les questions scientifiques complexes et la vulgarisation de masse. En maniant les références des travaux universitaires, comme s’il s’agissait d’arguments irréfutables, les journalistes ont permis à certains écolos d’obtenir un certain monopole pratique sur l’opinion publique.

Il est évident que puisque, l’écologisme est un sujet à la mode, et que toutes les factions de la bourgeoisie s’en revendiquent, l’idée même de la nocivité du capitalisme selon beaucoup d’écologistes, décroissants et autres primitivistes, ne proviendrait pas de l’exploitation de la force de travail, mais plutôt du pillage des ressources naturelles. Ce qui pourrait expliquer aussi, pourquoi les mesures « écolos », culpabilisent les gens, une tendance punitive, voire totalitaire pour certains. Elle imprègne à tel point les opinions publiques, quelle s’est transformée en vérité incontestable, et il est difficile de mettre en doute des idées qui sont partagées par la majorité des gens.

L’écologie compte désormais tellement de courants et de sous-courants et ses partisans sont si nombreux qu’ils peuvent toujours échapper à la critique en affirmant qu’ils n’appartiennent pas à telle ou telle école.

Soyons clairs ! Il n’est pas question dans ce texte de nier les problèmes environnementaux qu’engendre ce système économique, mais ne soyons dupes de rien Les organisations écologistes « mainstream » sont intégrées depuis belle lurette dans le système politique de la démocratie bourgeoise, ces parties ne diffèrent en rien de leurs homologues « pas-écologistes » puisque, eux aussi, on les retrouve dans les manœuvres politiciennes plus ou moins minables, et ce ne sont pas les actions spectaculaires de Greenpeace qui nous convaincront du contraire.

Les courants les plus radicaux du genre écologie profonde/ Anti-industrialisme-primitivisme, sont les champions de l’interclassisme, ils s’adressent à la responsabilité de l’individu, à la « ZAD » et sa démocratie locale, à la bonne conscience de tout un chacun, sans jamais bien entendu, s’adresser à la conscience collective au-delà des problèmes environnementaux.

Pendants la période de la fameuse « crise des gilets jaunes », qui a coïncidé un certain temps avec les manifestations de lycéens pros écologistes, derrière l’égérie Greta Thumberg, les journalistes de la presse parisienne, commentaient la larme à l’œil ces manifs d’ado, et que c’était autre chose que les manifs de ces racistes ultra violents de la « France périphérique », et qui ne sont pas constructif, du tout, etc.

En faisant passer les revendications des GJ pour des luttes égoïstes, que la lutte contre la pollution et la « fin du monde » était nettement plus urgente à régler que des augmentations de salaire, baisser les prix des besoins essentiels de la vie quotidienne, ou contre la précarité…
C’est bien connu, ce sont forcément les classes populaires, qui vont tous nous faire crever avec le réchauffement climatique, puisque la plupart des problèmes écologiques viennent forcément de ces gens qui « consomment trop », qu’ils devraient moins manger de viande, utiliser moins d’énergie, pas rouler au diesel, mais aussi accepter la fermeture de telle ou telle entreprise pour le bien de la planète…

Aujourd’hui, la moindre inondation, la moindre sécheresse, c’est forcément la faute au réchauffement climatique, et les journalistes de la télé de BFM TV à TF1, passent leur temps à nous rebattre les oreilles sans cesse avec ça ; mais force est de constater que rares sont les reportages sur les pollutions effectives et non fantasmées, et qui ne se trouvent pas au bout du monde, dans un coin exotique, mais bien à côté de chez nous. Jamais ils ne parleront des habitations dans le smog, de l’état des nappes phréatiques en Bretagne, des sols des anciennes zones industrielles qui n’ont jamais été décontaminés, voire détruits quasi définitivement, comme, dans les anciennes mines d’argent de la région de Carcassonne ni du pourquoi et du comment de la catastrophe de l’usine AZF (alias TOTAL), qui n’a jamais vraiment respecté les consignes de sécurité pour les travailleurs, et les riverains.
C’est nettement moins vendeur que la fonte des pôles ou la destruction de la forêt Amazonienne, c’est sûr !

Une chose est sûre, c’est que si un jour les réserves naturelles de pétrole venaient à disparaître, c’est toute l’économie mondiale qui serait en sursis. Puisque sans pétrole non seulement nous n’aurons plus de carburant, mais aussi tout un tas d’objets dont nous nous servons dans la vie quotidienne, des objets en plastique, aux sweat-shirts, en passant par la peinture ou certain produit chimique alimentaire... Pour être clair, si demain il n’y a plus une seule goutte de pétrole au niveau mondial le système économique capitaliste sera sérieusement ébranlé. Il n’est donc pas étonnant que tous les PDG de Multinationales, présidents, dictateurs, rois et empereurs du monde entier soient si préoccupés par la question.

Ils auront beau dire que l’avion ça pollue, et personne n’en doute, mais jamais ces belles âmes ne diront qu’une bonne partie des émissions de gaz à effet de serre provient des bateaux, et de la marine marchande en particulier, puisque aux quatre coins de la planète, des milliers de tankers, supertankers, et autres types de navires, transportent des millions et des millions de tonnes de marchandises à travers le monde. Personne ne dira non plus que la France est l’un des pays les plus nucléarisés du monde occidental, et que la majorité de l’électricité produite par ses centrales est dédiée à l’exportation vers l’étranger. Quand on touche sérieusement à l’économie, il y a des amnésies sélectives... L’écologie d’accord, mais bon, fout pas déconner non plus !

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