Solidarité avec Eva, harcelée par son manager de la boutique Lefties (Inditex) de Badalona (Espagne) qui cherche à la faire démissionner pour manque de « flexibilité »

, par admin

Eva est employée dans l’un des magasins de la marque Lefties (groupe Inditex, Zara).
Elle subit depuis plusieurs années le harcèlement de la part de son manager qui cherche à la faire « craquer » pour qu’elle démissionne car elle n’est pas assez « flexible » à son goût.

En effet, Eva s’occupe seule de ses deux filles, dont l’une est reconnue en situation de handicap. Elle devrait avoir droit à une aide familiale, mais celle-ci lui est toujours refusée. À cette situation s’ajoute le fait que, sa fille aînée atteignant bientôt l’âge de 12 ans, elle perdra le droit à un aménagement d’horaires plus favorables, comme on lui a déjà annoncé. Elle sera contrainte de travailler à des horaires et jours où elle ne pourra pas s’occuper de ses filles comme il se doit, alors même que les recommandations médicales indiquent qu’elle devrait les accompagner à leurs activités, ce qui ne lui sera plus possible. Les contraintes familiales d’Eva font qu’elle n’est pas flexible en matière d’horaires, ce qui déplaît au manager qui souhaite pouvoir employer les salariées selon ses nécessités à lui, sans prendre en compte celles de ses employées. Mais au-delà de sa situation personnelle, Eva a le mauvais goût – pour son manager – d’être militante du syndicat anarchiste, la CNT-AIT. Elle représente donc pour le manager une menace, car son exemple pourrait donner des idées aux autres employées, qui pourraient être tentées de résister aux ordres du manager…

Pour Eva, tout a commencé après la pandémie, lorsqu’elle a dû reprendre son poste. Elle a immédiatement constaté qu’on s’acharnait sur elle, subissant une réduction de son contrat de 40 heures à 36 heures ainsi que la suppression de ses primes, ce qui lui a causé une importante perte de revenus. Par la suite, lors d’une réunion censée résoudre ses problèmes, loin d’obtenir une solution, elle a été sanctionnée d’une suspension de trois jours sans emploi ni salaire.

Actuellement, Eva est sous traitement psychologique. Elle bénéficie d’un arrêt de travail qui risque d’être bientôt révoqué, lui causant ainsi une anxiété supplémentaire à celle déjà diagnostiquée auparavant.
À la CNT-AIT, nous sommes lassés de voir comment les départements des Ressources Humaines (RH) traitent les travailleuses et les travailleurs. Les RH ont été créés pour répondre aux besoins des entreprises, elles considèrent les employés comme de simples ressources à exploiter pour maximiser les profits. Pour eux, nous ne sommes pas des personnes, mais de simples moyens au service du rendement économique.
Heureusement, face aux nombreux cas d’abus professionnels, nous avons l’expérience nécessaire pour faire face à leurs responsables. Après l’appel à la solidarité lancée par son syndicat, les militantes et militants de la CNT-AIT ont pris en main cette affaire comme elle le mérite.

Il est temps d’en finir avec l’hypocrisie d’Inditex qui use d’une communication médiatique trompeuse pour redorer son image, tandis qu’il favorise l’emploi précaire et utilise le harcèlement au travail comme stratégie. Si Inditex augmente chaque année ses bénéfices –il est probablement le plus grand groupe textile mondial avec un chiffre d’affaires (2023) de 36 milliards d’€, pour un bénéfice net de plus de 5 milliards– c’est sur le dos de l’exploitation de ses salariées, que ce soit dans les points de vente, ou dans les usines de ses fournisseurs à bas prix en Asie.

Le syndicat inter corporatif CNT-AIT de Badalona demande le soutien de toutes les personnes attachées à la justice et à la dignité face au conflit ouvert contre Lefties, une marque de ZARA du groupe Inditex.
Nous appelons à l’envoi massif d’e-mails, à la diffusion sur les réseaux sociaux et, si possible, à l’organisation de piquets devant les magasins du groupe INDITEX.

Exemple d’email à adresser à inditexinfo@inditex.com et à ameliams@inditex.com
« Lefties (Inditex) arrêtez de harceler Eva, salariée de Lefties Badalona ! Nous voulons la justice pour Eva et ses filles, c’est-à-dire des horaires adaptées et un salaire digne pour pouvoir faire vivre sa famille ! Sans justice sociale, il n’y aura pas de paix sociale ! 

P.-S.

8 mars : Solidarité internationale avec les travailleuses en lutte pour leur dignité.

Le 8 mars, à l’occasion de la journée internationale de solidarité avec les femmes en lutte pour leurs droits, les militantes et militants de la CNT-AIT ont participé aux manifestations qui étaient organisées.

À Nantes et à Toulouse, nous avons tenu des piquets informatifs devant des boutiques Zara (groupe Inditex) pour informer du harcèlement subit par Eva de la part du manager du magasin Inditex Lefties de Badalone (en Espagne), et appeler à la solidarité par-dessus les frontières.

À Perpignan, un piquet informatif, rappelant dans quelles conditions sont exploitées en Asie les femmes qui cousent les t-shirt de sport, était organisé devant le magasin InterSport. « Mais après quelques tracts distribués, le directeur du magasin (ou quelqu’un de la même espèce) est sorti pour nous faire partir d’une façon très impolie. Une fois notre distribution terminée, nous avons été alors à Auchan où nous avons eu plus de succès. »

À Paris, nous avons distribué des tracts et collé des affiches dans la manifestation pour appeler à la solidarité avec les travailleuses en luttes, en nous inspirant de l’action des ouvrières du textile au Bangladesh ou de celle d’Eva à Badalone. Notre tract avait été traduit en différentes langues (chinois, birman, cingalais, tamoul, bengali, arabe, urdu, esperanto) par les sections ou amis et contacts de l’AIT (association internationale des travailleuses et des travailleurs) en Asie, donnant à cette intervention un caractère internationaliste ?

Face au patron et au patriarcat, ne restons pas seules !
L’union fait la force !
Vive la solidarité internationale !
Pour l’émancipation de toutes et tous !

CNT-AIT

Cette année, nous voulons mettre en lumière à cette occasion la lutte des femmes qui travaillent pour Inditex, le groupe qui possède les enseignes Zara, Massimo Dutti, Bershka, Oysho, Pull and Bear, Zara Home, Stradivarius, …