Abstention active et abstention passive
Nous allons rentrer prochainement en phase électorale. En fait nous n’en sortons jamais vraiment : il y a une élection quasiment chaque année, qu’elle soit politique ou syndicale.
Les anarchistes, parce qu’ils refusent la logique de représentation et de délégation de pouvoir, boycottent toutes les élections représentatives et appellent à l’abstention. On note d’ailleurs que désormais la majorité des « citoyens » ne se déplace plus aux urnes, quelle que soit la nature de l’élection. Est-ce à dire qu’il y a une progression des idées anarchistes parmi la population ?
En fait, on peut dire qu’il y a deux types d’abstention : L’abstention passive et l’abstention active.
L’abstention passive se divise en plusieurs catégories.
- Les abstentionnistes résignés :
Ils ne se sentent pas concernés par la vie politique, Ils n’adhèrent généralement à aucun mouvement qu’il soit associatif, syndical ou politique. Mais ils ne sont globalement pas contre le fait d’être dominés par un pouvoir politique. Ils ne se considèrent pas comme abstentionnistes militants. Ils n’ont rien à voir avec la position anarchiste qui consiste à se passer du pouvoir.
- Les abstentionnistes « faute de mieux » :
Ils ne trouvent pas chaussure à leur pied et ils attendent le messie, pour pouvoir à leur tour mettre un bulletin dans l’urne. Ce sont des électeurs en mode pause. On trouve dans cette catégorie aussi les adeptes du « bulletin blanc », qui ne sont pas contre le système mais contre ceux qui nous représentent. En ce sens, ils ne sont pas non plus anarchistes, puisqu’ils s’accommoderaient bien du système représentatif si jamais il y avait les bonnes personnes selon eux.
- Les abstentionnistes égocentrés :
Ils préfèrent rester chez eux, laissant ainsi ceux qui votent décider pour eux. Ils regardent, généralement, d’un œil méprisant ceux qui perdent leur temps à se rendre aux urnes. Ils ne sont pas plus militants dans leur abstention que les deux cas précédant. Ils sont tout aussi critiques envers l’électeur qu’envers l’abstentionniste actif, dont souvent le combat les dépasse intellectuellement. Ils considèrent généralement le vote et l’abstention active comme une perte d’énergie inutile. Le seul militantisme qui les concerne, est celui du canapé et de leur petit confort personnel. S’ils savent critiquer les autres, ils ont du mal à se remettre en cause eux –même, préférant rester dans leur tour d’ivoire. L’abstentionniste « autocentré » ne comprend pas qu’un acte individuel puisse avoir un impact sur l’intérêt collectif, car il ne croit pas à la solidarité. On ne peut pas non plus les considérer comme des anarchistes, car l’anarchisme suppose un esprit critique y compris sur soi-même. Par ailleurs l’anarchiste place la solidarité comme une valeur suprême : « un pour tous, tous pour un ».
Reste donc l’abstention active, celle de l’objecteur ou objectrice électorale :
Elle ou il se reconnaît par le fait de faire de l’abstention un acte politique net, sans aucune ambiguïté quant à son objectif. Celui de détruire tout ce qui vise à hiérarchiser la population, créant ainsi un système de domination, sur la réflexion et l’action, dû au résultat des élections. L’abstentionniste actif sait que l’élu se sentira toujours supérieur à celui qui mettra un bulletin de vote dans l’urne. Par l’action individuelle, les abstentionnistes actifs visent un intérêt collectif.
L’abstention active est la seule position anarchiste crédible.
Pour approfondir la réflexion on peut lire les textes de la brochure : « Pour l’abstention » à télécharger en ligne ici : https://cnt-ait.info/2021/06/21/pour-labstention
Version papier disponible contre 5 euros port inclus en écrivant à CNT-AIT, 7 rue St Rémésy 31000 TOULOUSE (en liquide ou par chèque à l’ordre de « la lettre du CDES »)
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