Cordistes en colères et solidaires.

, par cnt

Le métier de cordiste est l’un des plus dangereux. Sur près de 8 500 professionnels, souvent intérimaires, 40 sont morts depuis 2006 dans des accidents du travail. Des cordistes en colère se sont organisés en association, pour ne pas rester seuls face aux patrons et aux accidents qui ne sont jamais dus à une « fatalité », mais ont plus à voir avec l’exploitation salariale.

Le lundi 8 décembre 2025, un terrible accident coûtait la vie à Matthieu Pouchat, à Saint-Herblain en Loire-Atlantique. Un drame, venu endeuiller la profession des cordistes, mais avant tout, sa famille, ses proches. Matthieu avait 48 ans. Il était père de deux enfants, de 10 et 11 ans. Un appel à la solidarité avait été lancé par l’association, appel que la CNT-AIT, nous avions relayé et auquel nous avions contribué. Une manière de leur exprimer notre soutien, dans ce dramatique événement, dans cette terrible épreuve qu’est la perte d’un être cher. Une goutte d’eau pour les innombrables démarches à venir.

Aujourd’hui, l’association des Cordistes en colère, qui fonctionne sur les principes d’auto-organisation, d’engagement militant bénévole, et d’action directe auxquels nous sommes attachés, fait appel à votre soutien pour poursuivre ses activités. Une première façon de soutenir est de faire connaitre l’association auprès des cordistes, en diffusant le tract de présentation de l’association. Des compagnons de la CNT-AIT Paris par exemple ont été à la rencontre de cordistes sur un chantier pour discuter avec eux et leur donner le tract. Une autre façon est de les soutenir financièrement. En solidarité avec leur combat, nous relayons ci-dessous leur appel.

« Appel aux collègues, Compagnes et Compagnons, familles et amies des cordistes en colère :
Nous sommes les empêcheurs de corder en rond. Mais oui, vous savez, les casses pieds qui bataillent pour travailler en sécurité, pour faire respecter nos droits (salaires, indemnités, montée en compétences…), pour avoir plus de considérations au boulot, pour avoir ne serait-ce que le droit de s’exprimer sur nos conditions de travail sans risquer de se faire virer comme des merdes (en intérim comme en CDI, les cas ne font que se multiplier), pour créer une réglementation qui nous prend vraiment en compte nous cordistes, …
Cordistes en colère, cordistes solidaires, de grands mots, mais encore ? Pas colérique gratuitement non. En colère pour nos 40 collègues morts au travail depuis 2006. Dont 13 ces 5 dernières années. Plus de 2 par an bordel. Et combien de blessés graves ? Tout ça nous oblige.

Alors Solidaires. Solidaires avec les plus de 50 copines, copains qui nous ont appelé en 2025 pour un conseil, un avis, une aide quand le patron ne paye pas ce qu’il doit, quand il ne fournit pas les EPI, quand il met la pression après un droit de retrait, voire quand il refuse d’assumer un accident.

Solidaires aussi avec les collègues victimes et leurs familles, quand les accidents ne sont pas uniquement des chiffres mais une dure réalité, avec un collègue qui ne pourra plus bosser, ou que l’on ne verra plus jamais. En aidant comme on peut dans les démarches judiciaires, avec des cagnottes pour montrer qu’ils et elles, ne sont pas seules.

Mais c’est aussi quatre ans de réunions à Paris avec la Direction Générale du Travail et le patronat de la corde pour faire bouger la réglementation que ce ne soit plus la jungle notamment en Travaux Publics et en silo agricole. Qu’un cadre minimal soit fixé (ou souvent simplement rappelé) en tirant enseignement des multiples drames. En espérant qu’un jour des mêmes causes cesseront de reproduire des mêmes accidents…

En plus de l’engagement bénévole de nombreux collègues, tout ça, c’est possible uniquement grâce à notre site internet, boite mail, abonnement téléphonique, une convention annuelle d’accompagnement juridique, de multiples frais d’avocats…. Et évidement, tout ça a un coût.

L’association n’a aucune subvention publique, le peu d’argent qu’on a dans la caisse, c’est celui de nos adhérents. Et aujourd’hui, il nous en manque pour continuer notre activité de soutien.

C’est pour ça qu’aujourd’hui, on fait un appel à la solidarité, pour pouvoir continuer à s’aider les uns les autres en cas de coups durs, continuer à se porter partie civile dans les procès aux côtés des familles. Continuer à solliciter des avocats quand il y en a besoin.

Sans cette solidarité, sans cette mise en commun, on n’y arrivera pas. On sait bien que tout le monde n’est pas d’accord avec 100% la ligne, ce n’est pas grave.

La vraie question, c’est de savoir si on est utile à la profession et aux collègues ? Nous, on le pense, et toi ? »

Pour faire un don en ligne, allez sur le site des cordistes en colère : https://cordistesencolere.frou alors, adressez vos chèques à l’ordre de CNT-AIT, mention « solidarité cordistes » au dos, à CNT-AIT 7 Rue St Rémésy 31000 TOULOUSE, et nous leur ferons suivre.