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	<title>CNT-AIT - Toulouse | Anarchosyndicalisme !</title>
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	<description>Site web de la CNT-AIT de Toulouse, organisation anarchosyndicaliste. 7 rue Saint-R&#233;m&#233;sy - 31000 Toulouse - 05 61 52 86 48</description>
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		<title>CNT-AIT - Toulouse | Anarchosyndicalisme !</title>
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		<title>ETHNO-REGIONALISME
</title>
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		<dc:subject>r&#233;gionalisme
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		<dc:subject>identitaire
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		<description>
&lt;p&gt;A la suite de l'article &#171; Un essentialisme m&#233;ridional &#187; (n&#176;148), nous avons re&#231;u plusieurs courriers. Il ne nous est mat&#233;riellement pas possible de les publier tous. Par ailleurs, certains points soulev&#233;s m&#233;ritant approfondissement, nous avons &#233;galement sollicit&#233; des compl&#233;ments. Nous poursuivrons donc, sous une forme ou une autre, le d&#233;bat sur le sujet. Dans un premier temps, nous publions la contribution de compagnons landais. Les articles du journal n&#176;148 de f&#233;vrier-mars 2016 ont, &#224; nos (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?rubrique85" rel="directory"&gt;Nationalisme / Identit&#233; / Religion
&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?mot2" rel="tag"&gt;article
&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?mot114" rel="tag"&gt;identitaire
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;A la suite de l'article &#171; Un essentialisme m&#233;ridional &#187; (n&#176;148), nous avons re&#231;u plusieurs courriers. Il ne nous est mat&#233;riellement pas possible de les publier tous. Par ailleurs, certains points soulev&#233;s m&#233;ritant approfondissement, nous avons &#233;galement sollicit&#233; des compl&#233;ments. Nous poursuivrons donc, sous une forme ou une autre, le d&#233;bat sur le sujet. Dans un premier temps, nous publions la contribution de compagnons landais.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les articles du journal n&#176;148 de f&#233;vrier-mars 2016 ont, &#224; nos yeux, un niveau int&#233;ressant. Les positions nous paraissent fondamentalement justes. Sur l'article concernant le r&#233;gionalisme, peut-&#234;tre plus centr&#233; vers les r&#233;gions m&#233;ridionales qu'&#224; l'ouest, voici quelques points de vue compl&#233;mentaires.&lt;br class='autobr' /&gt;
patois interdit &#224; l'&#233;cole : bonne chose ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Le probl&#232;me du patois, c'&#233;tait une localisation historique de la langue pour se comprendre &#224; l'&#233;chelle de la zone de vie (habitat et zone de d&#233;placement possible). Et le fait que c'&#233;tait la seule mani&#232;re de se comprendre par les mots sur une zone d&#233;finie et restreinte. Le but premier d'une langue consiste bien &#224; se comprendre les un(e)s les autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	L'augmentation de l'efficacit&#233; des moyens de d&#233;placement et de communication, l'extension de la zone g&#233;ographique de communication a juxtapos&#233; des dialectes plus ou moins incompatibles &#224; la compr&#233;hension mutuelle sur la zone g&#233;ographique plus &#233;tendue. Donc, non le patois n'est pas forc&#233;ment une bonne chose suite au d&#233;veloppement de l'environnement technique et humain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Apr&#232;s, &#224; voir comment et pourquoi l'&#233;volution des parlers est trait&#233;e par les pouvoirs. Marche naturelle des choses ou bien r&#233;pressions/promotions (&#233;cole, administrations,...) ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cause de la disparition des patois ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Le d&#233;veloppement progressif de v&#233;hicules, des transports, du commerce, des t&#233;l&#233;communications ont pes&#233;, &#224; nos yeux, tr&#232;s lourd dans la disparition des patois. Et il est bien n&#233;cessaire de reconna&#238;tre que le pouvoir nationaliste institu&#233; a utilis&#233; la r&#233;pression au moyen de l'institution scolaire pour faire dispara&#238;tre, dans l'&#233;cole, l'usage du patois entre les jeunes g&#233;n&#233;rations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Il nous faut aussi reconna&#238;tre, que, dans certaines r&#233;gions, malgr&#233; tout, le patois a continu&#233; longtemps &#224; &#234;tre parl&#233; dans les maisons, bien au-del&#224; de l'installation du fran&#231;ais, notamment en milieu rural, sur les march&#233;s, dans les petites localit&#233;s, les quartiers et en famille. Jusqu'&#224; aujourd'hui, d'ailleurs dans certains coins de France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	On peut aussi constater qu'avec la mise en place de la &#171; d&#233;centralisation &#233;manant de l'Etat fran&#231;ais &#187;, les nouvelles f&#233;odalit&#233;s d&#233;partementales et r&#233;gionales, encore plus celles dirig&#233;es par les politiciens de gauche, ont fortement surf&#233; sur les id&#233;ologies r&#233;gionalistes pour renforcer leur pouvoir d&#233;partemental et r&#233;gional. A coup de subventions pr&#233;lev&#233;es sur les contribuables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;j.m. d&#233;guignet (1834-1905), &lt;br class='autobr' /&gt;
lib&#233;r&#233; de la langue bretonne&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Selon la citation en page 11 du num&#233;ro 148 d'A ! On pourrait s'amuser &#224; caricaturer en rempla&#231;ant dans son texte, les mots &#171; r&#233;gionalistes &#187; et &#171; coquins &#187; par l'expression &#171; nationalistes &#187; pour se rendre compte qu'on peut transposer exactement le m&#234;me raisonnement fait au niveau du territoire r&#233;gional (breton ou autres) vers un raisonnement agrandi au niveau du territoire de la France enti&#232;re (ou autres nations). Ce qui donne ceci :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&#171; (...) ces nationalistes (...) travaillent (...) &#224; parquer les exploit&#233;s en s'effor&#231;ant, en recommandant &#224; leurs sous-ordres, petits cur&#233;s et petits ma&#238;tres d'&#233;coles, de maintenir parmi les enfants, petits et grands, la langue [nationale] et les vieilles moeurs [nationales] dans ces moeurs sauvages, et tant qu'ils ne pourront lire que des livres [nationo-phones] (...) ceux-ci resteront dans l'abrutissement, dans l'avachissement et dans l'imb&#233;cilit&#233;, c'est-&#224;-dire dans les meilleures conditions possibles pour &#234;tre exploit&#233;s sous toutes les coutures. &#187; Voil&#224; qui ne s'appliquerait plus seulement aux r&#233;gionalistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;l'imposition de la langue unique, nationale, &#224; l'&#233;chelle d'un territoire : une bonne chose ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Le probl&#232;me d'une langue nationale comme le fran&#231;ais ou autres, c'est aussi qu'elle constitue un outil au service du pouvoir et du nationalisme. Sur un territoire limit&#233; : le territoire national. Si la n&#233;cessit&#233; de se comprendre est r&#233;solue au niveau d'un territoire plus &#233;tendu (par rapport &#224; celui du patois), le probl&#232;me regrettable de la centralisation du pouvoir gr&#226;ce &#224; la langue et le probl&#232;me louable de se comprendre au niveau de la plan&#232;te, n'en sont pas pour autant r&#233;solu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Ajoutons : est-ce que l'utilisation de la langue nationaliste anglo-am&#233;ricaine au sein d'organisations antiautoritaires, anarchosyndicalistes, r&#233;volutionnaires est coh&#233;rente, dans la mesure o&#249; cette langue qui s'autod&#233;clare internationale, pour exercer son influence nationale et imposer son syst&#232;me &#233;conomique national et son pouvoir national au monde, constitue vraiment une solution de communication anationale qui puisse repousser l'utilisation d'une langue au profit des tenants du pouvoir de d&#233;cider &#224; la place des autres ? Alors qu'il existe des solutions alternatives ayant fait leurs preuves anationales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;l'int&#233;r&#234;t d'une langue, c'est quoi ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	C'est de se constituer en outil pour &#233;tablir la communication horizontale entre tous les &#234;tres humains. Sans que des aspirants au pouvoir n'exploitent l'outil &#224; leur profit. Alors, comment on fait concr&#232;tement, englu&#233;s que nous sommes dans l'utilisation de la langue fran&#231;aise et anglo-am&#233;ricaine ? C'est-&#224;-dire englu&#233;s dans les m&#234;mes m&#233;canismes que les r&#233;gionalistes... au niveau de la nation fran&#231;aise, dans une d&#233;rive identitaire, au moins linguistique, par rapport &#224; d'autres nations, d&#233;rives toute aussi dangereuse que les d&#233;rives r&#233;gionalistes. Alors qu'il existe des solutions linguistiques permettant d'&#233;viter le probl&#232;me nationaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Le raisonnement peut aussi &#234;tre transpos&#233; &#224; celles et ceux qui utilisent un syst&#232;me informatique, propri&#233;t&#233; priv&#233;e de puissantes soci&#233;t&#233;s capitalistes, dot&#233;s de secrets commerciaux, alors qu'il existe des syst&#232;mes informatiques libres hors des buts lucratifs, dont le code source est ouvert et public pour &#233;viter les entourloupes techniques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;manipul&#233;s, manipulateurs ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Certain(e)s r&#233;gionalistes qui font ce choix, le font par rejet du nationalisme institu&#233; &#224; l'&#233;chelle d'un territoire. Soit sans se rendre compte des tenants et aboutissants (manipul&#233;/e/s) car ils sont centr&#233;s sur la recherche d'une convivialit&#233; et d'une libert&#233; de proximit&#233;, sans se rendre compte qu'ils vont contribuer &#224; reconstituer &#224; l'&#233;chelle de leur r&#233;gion ce qu'ils rejettent &#224; l'&#233;chelle de la nation institu&#233;e. Soit en toute connaissance de cause (manipulateurs-trices), dans un vrai esprit nationaliste r&#233;gional avec conqu&#234;te du pouvoir r&#233;gional ind&#233;pendant (ind&#233;pendantiste ou pas) du pouvoir national institu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Le probl&#232;me, chez les autres (les r&#233;gionalistes), n'est donc pas aussi simpliste qu'il y para&#238;t. Surtout si l'on se tourne un peu vers nos propres comportements d'anarchosyndicalistes.&lt;br class='autobr' /&gt;
patrimoine historique humain :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Par ailleurs, les langues anciennes, les patois, les dialectes invent&#233;s par l'humain ne poss&#232;dent-ils pas une valeur historique utile &#224; conserver en m&#233;moire (humaine ou autres supports) pour une meilleure compr&#233;hension de l'histoire par nous-m&#234;mes ? Ou encore pour une compr&#233;hension par les g&#233;n&#233;rations futures ? Si oui, il est quand m&#234;me utile de le pr&#233;ciser, sauf &#224; vouloir faire table rase du pass&#233; au risque de g&#233;n&#233;rer l'ignorance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;24/02/2016&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;interco.landes@free.fr&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>CORSE : Avec la d&#233;rive identitaire, c'est tout le navire qui chavire
</title>
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		<dc:subject>A la une
</dc:subject>
		<dc:subject>racisme
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		<dc:subject>r&#233;gionalisme
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		<dc:subject>nationalisme
</dc:subject>
		<dc:subject>identitaire
</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;De nos jours, chacun semble ressentir le besoin de revendiquer ses &#171; racines &#187;. Quand Sarkozy revendique ses &#171; racines chr&#233;tiennes &#187; devant le petit J&#233;sus, les islamo-fascistes revendiquent les leurs, musulmanes, brandissant le proph&#232;te Mahomet. Pendant ce temps-l&#224;, les revendications identitaires nationales, ethno-r&#233;gionales et locales progressent un peu partout, enfon&#231;ant tous les jours l'Europe dans le communautarisme. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les cons&#233;quences sont graves et diverses dans la vie de tous les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?rubrique85" rel="directory"&gt;Nationalisme / Identit&#233; / Religion
&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?mot1" rel="tag"&gt;A la une
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&lt;/a&gt;, 
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&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?mot114" rel="tag"&gt;identitaire
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;cs_sommaire cs_sommaire_avec_fond&#034; id=&#034;outil_sommaire&#034;&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_inner&#034;&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_titre_avec_fond&#034;&gt; Sommaire &lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_corps&#034;&gt; &lt;ul&gt; &lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Le nationalisme c'est la violence : l'exemple corse&#034; href='https://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?id_mot=101&amp;page=backend#outil_sommaire_0'&gt;Le nationalisme c'est la (&#8230;)&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;N'&#171; Imagine &#187; m&#234;me pas !&#034; href='https://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?id_mot=101&amp;page=backend#outil_sommaire_1'&gt;N'&#171; Imagine &#187; m&#234;me pas !&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;/ul&gt; &lt;/div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De nos jours, chacun semble ressentir le besoin de revendiquer ses &#171; racines &#187;. Quand Sarkozy revendique ses &#171; racines chr&#233;tiennes &#187; devant le petit J&#233;sus, les islamo-fascistes revendiquent les leurs, musulmanes, brandissant le proph&#232;te Mahomet. Pendant ce temps-l&#224;, les revendications identitaires nationales, ethno-r&#233;gionales et locales progressent un peu partout, enfon&#231;ant tous les jours l'Europe dans le communautarisme. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cons&#233;quences sont graves et diverses dans la vie de tous les jours. Les choses vont tr&#232;s vite, augurant d'une p&#233;riode trouble &#224; venir et rappelant des moments particuli&#232;rement douloureux de l'histoire. Car les revendications identitaires, qu'elles soient religieuses, nationales ou ethno-r&#233;gionales, finissent toujours par entra&#238;ner des violences graves, qui oscillent tour &#224; tour, entre m&#233;pris de l'autre, ratonnades, pogroms et attentats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Dans la chronologie de l'ann&#233;e 2015, trois faits majeurs rel&#232;vent de cette d&#233;rive identitaire.&#8200;Janvier : assassinat de l'&#233;quipe de Charlie Hebdo et de clients et personnels d'un Hyper-Casher. Novembre : attentats de masse &#224; Paris. D&#233;cembre : &#233;lections r&#233;gionales, avec trois r&#233;sultats marquants. Un, habituel, la non-participation d'une moiti&#233; des &#233;lecteurs potentiels&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Au deuxi&#232;me tour, pour l'ensemble du pays : 41,59 % d'abstention, 2 &#224; 4 % de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Un deuxi&#232;me r&#233;sultat qui est en train de devenir habituel, la mont&#233;e et le renforcement du Front national. Enfin, un r&#233;sultat tout nouveau : la prise d'une r&#233;gion par des nationalistes r&#233;gionaux. Et, l&#224;, &#231;a n'a pas tra&#238;n&#233;. Le r&#233;sultat de l'&#233;lection, accueilli par des salves de coups de fusil&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Toute la nuit, chants corses et coups de fusil ont r&#233;sonn&#233; dans les rues (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, a presque imm&#233;diatement donn&#233; lieu &#224; une bouff&#233;e de violence raciste&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ce n'est pas le seul endroit. Les agressions racistes ou religieuses se (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_0&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?id_mot=101&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Le nationalisme c'est la violence : l'exemple corse &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;	En Corse on a suivi l'adage &#171; Tous les pr&#233;textes sont bons &#187;, et on a saisi le premier incident qui s'est pr&#233;sent&#233; pour exprimer sa haine d'un &#233;tranger d&#233;j&#224; bien maltrait&#233; alors qu'il ex&#233;cute les t&#226;ches que les Corses eux-m&#234;mes refusent de faire&#8230; un classique me direz-vous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Le 25 d&#233;cembre dernier, suite &#224; l'agression de deux pompiers et d'un policier dans un quartier populaire d'Ajaccio, 600 Corses ont manifest&#233; plusieurs jours, officiellement pour protester contre ces agressions, en fait, surtout contre &#171; les arabes &#187; en g&#233;n&#233;ral. Les manifs ont &#233;t&#233; rythm&#233;es par des slogans ne laissant aucun doute sur les intentions des participants : &#171; Tuons-les &#187;, &#171; On est chez nous &#187; ou encore &#171; Arabi fora &#187; (&#171; Les Arabes dehors &#187; en parler Corse). Le cort&#232;ge raciste s'est dirig&#233; vers la petite cit&#233; o&#249; s'&#233;taient d&#233;roul&#233;s les faits et, du moins le premier jour, l'a pratiquement occup&#233;e. Sous pr&#233;texte de trouver les auteurs de l'agression, les manifestants ont saccag&#233; une mosqu&#233;e et un k&#233;bab sous les yeux des forces de police. Ces faits (menaces de mort, destruction de biens) quoique lourds, faisant &#233;cho &#224; ceux qui ont eu lieu en Bretagne ou &#224; Calais, n'ont donn&#233; lieu, &#224; ce jour, &#224; aucune poursuite. En plein &#233;tat d'urgence, alors que des dizaines de personnes ont &#233;t&#233; assign&#233;es &#224; r&#233;sidence, perquisitionn&#233;es simplement parce qu'elles avaient ant&#233;rieurement particip&#233; &#224; des manifestations &#233;colos ou zadistes, en Corse, les nationalistes ont tout &#224; fait le droit de manifester leur haine raciste et de casser ce qu'ils veulent en toute tranquillit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Ces manifestations de racisme et de x&#233;nophobie ne sortent pas de nulle part, elles sont li&#233;es &#224; la revendication nationaliste. Repr&#233;sentant 25&#8200;% du corps &#233;lectoral&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La liste Sim&#233;oni-Talamoni n'a obtenu que 35,34 % des suffrages exprim&#233;s (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, les deux pr&#233;sidents&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Du fait de son statut particulier. Gilles Simeoni est pr&#233;sident de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; se sont permis, d'imposer de facto une &#171; officialisation &#187; de la nation Corse en pronon&#231;ant leur discours dans le parler du cru et en martelant, qu'il s'agissait pour eux de &#171; (&#8230;) faire parler la Corse d'une seule voix &#187;. Une seule voix pour tout un &#171; pays &#187; ? Une phrase bien courte mais qui en dit tr&#232;s long !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Ce coup de force n'a &#233;t&#233; que mollement comment&#233; par le gouvernement et la classe politique (quand certains, comme les &#233;colos par exemple, ne soutenaient pas carr&#233;ment la revendication nationaliste). Or, bien plus que les agressions envers les pompiers et policiers, c'est bien cette affirmation nationaliste qui a &#233;t&#233; le d&#233;clencheur des violences anti-arabes. Car certains Corses ont pris au mot leurs pr&#233;sidents et ont mis en pratique, alliant les actes &#224; la parole, leur slogan : &#171; La Corse appartient &#224; tous les Corses &#187; &#233;cho &#224; &#171; La France aux Fran&#231;ais &#187; des nationalistes fran&#231;ais. Et la cons&#233;quence, c'est qu'il faut bouter l'&#233;tranger hors du sol national (enfin, en en gardant assez pour les besognes p&#233;nibles&#8230;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Ces faits montrent, si besoin &#233;tait, que le r&#233;gionalisme m&#234;me lorsqu'il se cache derri&#232;re un sympathique folklore, n'a rien d'inoffensif ni d'innocent. En jouer afin d'asseoir son pouvoir est tr&#232;s dangereux. Partout en France et dans le monde, les liens entre les r&#233;gionalistes/nationalistes et les groupes mafieux/fascistes/d'extr&#234;me droite sont tr&#232;s &#233;troits ; ils ont les m&#234;mes int&#233;r&#234;ts et revendications et usent des m&#234;mes m&#233;thodes violentes. Ils ont aussi en commun d'&#234;tre grassement subventionn&#233;s par les instances europ&#233;ennes, par l'&#201;tat national (dont une des devises pr&#233;f&#233;r&#233;e est &#171; Diviser pour r&#233;gner &#187;) sans oublier les collectivit&#233;s territoriales.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;*&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_1&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?id_mot=101&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;N'&#171; Imagine &#187; m&#234;me pas !&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En Corse, c'est connu, on aime chanter. Mais pas tout. Pas &#171; Imagine &#187;, par exemple. Figurez-vous qu'&#224; Prunelli-di-Fiumorbu, sympathique village de 3&#8200;400 habitants, deux institutrices (des &#171; continentales &#187; sans doute) n'avaient rien trouv&#233; de mieux que de vouloir faire chanter le tube de Lennon &#224; la f&#234;te de l'&#233;cole, le 26 juin 2015, en cinq langues, celles parl&#233;es par des &#233;l&#232;ves de leurs classes : fran&#231;ais, corse, espagnol, anglais et&#8230; arabe. Faire chanter un couplet en arabe &#224; des &#233;l&#232;ves corses ? Crime de l&#232;se-majest&#233; ! D'o&#249; pressions et menaces contre les enseignantes qui ont du, face &#224; l'ampleur de la vague raciste, annuler purement et simplement la f&#234;te de l'&#233;cole par crainte d'agressions graves. Elles ont d&#233;pos&#233; des plaines, sans suite (personne ne doit connaitre les coupables, dans un village de 3&#8200;400 bonnes &#226;mes). Quelques mois apr&#232;s, aux r&#233;gionales, qui est arriv&#233; en t&#234;te ? La liste ind&#233;pendantiste, raflant 48,61 % des voix, un de ses meilleurs scores.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	En Corse, on aime chanter. Et des fois, on chante n'importe quoi. Le &#171; Dio vi salve R&#233;gina &#187; (&#171; Que Dieu sauve la Vierge &#187;), par exemple. Lors de la premi&#232;re session de l'Assembl&#233;e de Corse, cette chanson catholique (qui n'a jamais &#233;t&#233; un hymne r&#233;gional) a &#233;t&#233; entonn&#233;e par les &#233;lus, tous debout en marque de respect.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Au deuxi&#232;me tour, pour l'ensemble du pays : 41,59 % d'abstention, 2 &#224; 4 % de votes blancs ou nuls auxquels il faut ajouter environ 3 millions de non inscrits, soit un peu plus de 6 % du corps &#233;lectoral.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#171; Toute la nuit, chants corses et coups de fusil ont r&#233;sonn&#233; dans les rues de Bastia, Ajaccio ou encore Corte. &#187; France 3, 15 d&#233;cembre 2015&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ce n'est pas le seul endroit. Les agressions racistes ou religieuses se r&#233;pandent sur le territoire mais certaines attirent plus que d'autres l'attention. Notons que si en Bretagne c'est le PS qui a gagn&#233; la r&#233;gion, dans la rue il en est tout autrement. La premi&#232;re manifestation x&#233;nophobe violente qui a eu lieu en France apr&#232;s les attentats de novembre est apparue &#224; Pontivy, organis&#233;e par le mouvement Adsav (c'est-&#224;-dire &#171; renaissance &#187; en breton). Il n'y a pas de hasard. La Bretagne &#8211; et Pontivy en particulier - est un des lieux ou l'ethno-r&#233;gionalisme est le plus fort.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;La liste Sim&#233;oni-Talamoni n'a obtenu que 35,34 % des suffrages exprim&#233;s (soit tr&#232;s l&#233;g&#232;rement moins qu'en 2010 ou elle faisait 35,73). La Corse &#233;tant la r&#233;gion o&#249; l'on vote le plus, il n'y a eu que 32,97 % d'abstention. Au total, La liste nationaliste repr&#233;sente donc 24,74 % du corps &#233;lectoral. Elle doit son arriv&#233;e au pouvoir &#224; la &#171; prime &#187; de 9 &#233;lus attribu&#233;e &#224; la liste majoritaire.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Du fait de son statut particulier. Gilles Simeoni est pr&#233;sident de l'ex&#233;cutif et Jean-Guy Talamoni de l'assembl&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Autour de Ethnoregionalisme &amp; Ultraliberalisme : La Bretagne pour laboratoire
</title>
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		<dc:date>2015-06-29T22:15:46Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
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		<dc:subject>r&#233;gionalisme
</dc:subject>
		<dc:subject>Bretagne
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		<description>
&lt;p&gt;Autonomiste ? Culturel ? Ind&#233;pen-dantiste ? Gastronomique ? Na-tionaliste ? Musical ? D'extr&#234;me-gauche ? De droite ? D'extr&#234;me-droite ? Du centre ? D'&#171; ailleurs &#187; ?... Mais qu'est donc, o&#249; se situe ce fameux mouvement breton ? &lt;br class='autobr' /&gt; Eh bien, il est &#224; la fois tout cela. A la fois de &#171; gauche &#187; sans cesser d'&#234;tre d'extr&#234;me-droite ; et tout autant autonomiste violent que r&#233;gionaliste doux. C'est ce qui fait sa force (et son danger) : il dispose de toutes les cartes. Il les abat selon les (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?rubrique85" rel="directory"&gt;Nationalisme / Identit&#233; / Religion
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?mot101" rel="tag"&gt;r&#233;gionalisme
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?mot104" rel="tag"&gt;Bretagne
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;cs_sommaire cs_sommaire_avec_fond&#034; id=&#034;outil_sommaire&#034;&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_inner&#034;&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_titre_avec_fond&#034;&gt; Sommaire &lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_corps&#034;&gt; &lt;ul&gt; &lt;li&gt;&lt;a title=&#034;L'&#201;TERNEL RETOUR VERS L'AGE D'OR&#034; href='https://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?id_mot=101&amp;page=backend#outil_sommaire_0'&gt;L'&#201;TERNEL RETOUR VERS L'AGE&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;UN LOBBY PATRONAL ULTRALIBERAL&#034; href='https://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?id_mot=101&amp;page=backend#outil_sommaire_1'&gt;UN LOBBY PATRONAL ULTRALIBERAL&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;LES DEUX FONT LA PAIRE&#034; href='https://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?id_mot=101&amp;page=backend#outil_sommaire_2'&gt;LES DEUX FONT LA PAIRE&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;EN DEUX MOTS SEULEMENT&#034; href='https://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?id_mot=101&amp;page=backend#outil_sommaire_3'&gt;EN DEUX MOTS SEULEMENT&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;/ul&gt; &lt;/div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;&lt;p&gt;Autonomiste ? Culturel ? Ind&#233;pen-dantiste ? Gastronomique ? Na-tionaliste ? Musical ? D'extr&#234;me-gauche ? De droite ? D'extr&#234;me-droite ? Du centre ? D'&#171; ailleurs &#187; ?... Mais qu'est donc, o&#249; se situe ce fameux mouvement breton ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Eh bien, il est &#224; la fois tout cela. A la fois de &#171; gauche &#187; sans cesser d'&#234;tre d'extr&#234;me-droite ; et tout autant autonomiste violent que r&#233;gionaliste doux. C'est ce qui fait sa force (et son danger) : il dispose de toutes les cartes. Il les abat selon les circonstances. Mais, pour protoplasmique qu'il soit, le mouvement a un cerveau, et un seul : le patronat.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_0&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?id_mot=101&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;L'&#201;TERNEL RETOUR VERS L'AGE D'OR&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;	Commen&#231;ons par la mythologie. Il fut un &#226;ge d'or pour la Bretagne. Celui de &#171; nos bons ma&#238;tres &#187;. Tout &#233;tait alors comme Dieu l'avait cr&#233;&#233;. L'air &#233;tait vivifiant, la race pure. Les nobles dirigeaient, c'&#233;tait leur r&#244;le. Les cur&#233;s contr&#244;laient, c'&#233;tait le leur. Et les paysans crevaient de faim. Mais &#231;a ce n'est qu'un d&#233;tail, comme dirait le plus c&#233;l&#232;bre des Bretons actuels. Survint alors un grand malheur (la R&#233;volution fran&#231;aise) suivi d'une invention satanique : l'&#233;cole la&#239;que. La masse paysanne commen&#231;a &#224; s'&#233;manciper de la tutelle de l'&#201;glise, &#224; comprendre que son ennemi c'&#233;tait son ma&#238;tre&#8230; Tout &#233;tait donc &#224; recommencer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Passons maintenant &#224; l'histoire. La Premi&#232;re guerre mondiale &#224; peine achev&#233;e, un minuscule groupe, Brez Atao (Bretagne toujours), voit le jour. Son slogan ? &#171; Nous ne sommes pas Fran&#231;ais, nous sommes Celtes &#187;. La race comme &#233;tendard, donc. Premier objectif de nos Celtes : purifier la langue, trop riche en mots venus du fran&#231;ais. On l'expurge. Et comme il faut bien remplacer les mots excommuni&#233;s, on en importe du Pays de Galles. Une nouvelle langue bretonne na&#238;t, une nov-langue. Elle n'a jamais &#233;t&#233; parl&#233;e dans l'histoire. Et alors ? Elle est parfaitement incompr&#233;hensible aux locuteurs natifs. Et alors ? L'&#201;ducation nationale, dans sa c&#233;cit&#233; psychique, le Conseil r&#233;gional dans sa soumission aux puissants, toutes les institutions, la diffusent et la pr&#233;sentent comme &#171; historique &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Pour un croyant, il n'y a pas de hasard dans la vie. Pour Brez Atao encore moins. Sa naissance a lieu dans les locaux de l'Action fran&#231;aise, les royalistes. Et Brez trouve rapidement un g&#233;n&#233;reux &#171; parrain &#187; : le nazisme, au pouvoir en Allemagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Alors, quand les hordes de &#171; parrain &#187; d&#233;ferlent en Bretagne, Brez Atao exulte. Un nouvel &#226;ge d'or se profile. Brez proclame imm&#233;diatement l'Etat breton &#224; Pontivy. Sa joie est de courte dur&#233;e. L'impensable (pour Brez) se produit : des dizaines de petites vieilles narguent l'occupant nazi et viennent jeter des pierres sur les ind&#233;pendantistes. Mortification suppl&#233;mentaire pour Brez : elles sont en costume breton (quotidiennement port&#233; &#224; l'&#233;poque)&#8230; Les nazis, pragmatiques, demandent &#224; Brez de ranger l'Etat breton dans le placard des accessoires mais n'abandonnent pas pour autant leur &#171; filleul &#187;. Ils s'en &#171; occupent &#187;, et m&#234;me bien. Sur leur ordre, l'orthographe bretonne est sur-unifi&#233;e. Un art national &#171; Celte &#187; est cr&#233;&#233; : la cornemuse est import&#233;e d'Ecosse, les bagads (cliques paramilitaires) sont invent&#233;s&#8230; Le kit commercial nationaliste se met en place.&lt;br class='autobr' /&gt; Les r&#233;seaux catholiques, pr&#233;sents dans le moindre village, la presse aux ordres (toute autre est interdite) diffusent cette &#171; bretonitude &#187; qui d&#233;bouche sur la cr&#233;ation d'un groupe de S.S. bien breton, la Formation P&#233;rote.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	A la Lib&#233;ration, les nervis de &#171; P&#233;rote &#187; fuient en Irlande (gr&#226;ce &#224; de faux passeports que leur fournit le responsable des r&#233;gionalistes doux, un nomm&#233; Fou&#233;r&#233;). Mais les r&#233;seaux ne disparaissent pas. Ils changent leur fusil d'&#233;paule : foin d'&#201;tat breton, place maintenant &#224; la &#171; culture &#187;&#8230; et &#224; quelques coups de main, pour garder la forme (comme la prise de la sous-pr&#233;fecture de Morlaix, en 1961).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Reste que la population prend toujours Brez pour des charlots. Pour ne pas dire plus. Le discours royaliste ou nazi ne passe pas ? On le change. Il devient subitement de gauche. &#171; Anti-colonialiste &#187; m&#234;me. L'argument est simple : puisque l'Alg&#233;rie a pris son ind&#233;pendance (1962), pourquoi la Bretagne ne la prendrait-elle pas ? Je vous le demande.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	C'est la grande &#233;poque des soi-disant &#171; bardes &#187; (Glen More, Alan Stivel...) et surtout celle de la Bible bretonne (l'autre Bible restant bien s&#251;r en vigueur). Elle s'intitule &#171; Comment peut-on &#234;tre breton ? &#187;. Son auteur, Morvan Lebesque, nazi de la premi&#232;re heure (fondateur du Parti National-socialiste Breton et collaborateur de &#171; Je suis partout &#187;) est maintenant devenu un grand homme de gauche (r&#233;dacteur au Canard encha&#238;n&#233;)&#8230; en gardant ses id&#233;es d'extr&#234;me-droite. Simple question d'habile habillage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Mais, ce n'est pas parce que le discours devient &#171; de gauche &#187; que les copains de droite ne continuent pas de soutenir ! Dans les ann&#233;es 1980, Giscard, Barre... cr&#233;ent une sorte de &#171; minist&#232;re de l'identit&#233; bretonne &#187; : l'Institut culturel de Bretagne. L'ICB parle au nom des gens et, sans surprise, les nationalistes en ont le contr&#244;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Brez se revendiquait d'une race. Apr&#232;s la Deuxi&#232;me guerre mondiale, &#171; parrain &#187; ayant quelque peu compromis ce mot, le mouvement breton ne parle plus que d'ethnie. Depuis quelques ann&#233;es, ce terme commen&#231;ant &#224; sentir le roussi, il est remplac&#233; par celui, fort en vogue, d'identit&#233;. Les mots changent. Ils sont bien les seuls.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Reste un gros probl&#232;me pour les tenants de la chose : cette fameuse identit&#233; bretonne, qu'il s'agit de d&#233;fendre contre vents et mar&#233;es, sur quoi repose-t-elle ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Sur la langue ? Impossible : plus de la moiti&#233; de la Bretagne n'a jamais parl&#233; breton. Elle parlait gallo, une langue romane (que les nouveaux-Bretons entendent &#233;liminer totalement). Quant &#224; la nov-langue bretonne pas m&#234;me 0,5 % des moins de 20 ans la parlent (malgr&#233; les fortunes d&#233;pens&#233;es pour la leur enfoncer dans la t&#234;te).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Sur le drapeau ? Ridicule : il est apocryphe, invent&#233; de toutes pi&#232;ces en 1923 par Maurice Marchal (auto-rebaptis&#233; Morvan Marchal pour faire plus local), un des fondateurs de Brez !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Sur la musique alors ? Mais, elle est largement m&#233;tiss&#233;e et ni cornemuse ni bagad ne sont bretons (pas plus que la harpe dite celtique, bricol&#233;e par le p&#232;re d'un &#171; barde &#187; pour les besoins de la cause).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Sur la base des danses folkloriques alors ? Que nenni, ce sont des danses de la cour de France arriv&#233;es progressivement en Bretagne et reprises par les paysans. &lt;br class='autobr' /&gt; Bref, quand on fait le tour de la question, comme le note avec d&#233;sespoir un sociologue du mouvement breton, il ne reste qu'un trait ind&#233;niablement breton : un go&#251;t tr&#232;s net pour le beurre sal&#233;. Bien que riche en cholest&#233;rol, c'est pauvre pour d&#233;finir une &#171; identit&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_1&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?id_mot=101&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;UN LOBBY PATRONAL ULTRALIBERAL&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;	&#171; A peine avais-je annonc&#233; le th&#232;me de cette conf&#233;rence, que j'ai re&#231;u des critiques de partout : les capitalistes bretons, commente F. Morvan, seraient lib&#233;raux et non ultra-lib&#233;raux. &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Notons ce d&#233;but d'aveu du mouvement breton qui d&#233;clare lui-m&#234;me que ses capitalistes sont lib&#233;raux. Exit le mythe d'un patronat social (parce que catholique). Quant &#224; savoir s'il est ultra-lib&#233;ral, voyons voir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&lt;strong&gt;L'histoire va nous servir sur cette question aussi de fil rouge. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Un premier r&#233;seau affairiste breton profite de l'occupation nazie pour se constituer.&lt;br class='autobr' /&gt; Toilettage obligatoire &#224; la Lib&#233;ration et cr&#233;ation, quelques ann&#233;es plus tard, du Comit&#233; d'&#233;tude et de d&#233;fense des int&#233;r&#234;ts bretons, le CEDIB, pour &#171; transcender les int&#233;r&#234;ts particuliers &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&#171; Transcender les int&#233;r&#234;ts particuliers &#187;, c'est aussi ce que pr&#233;tendait faire le Front national lorsqu'il lance sa fameuse campagne &#171; Ni de gauche, ni de droite, Fran&#231;ais &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La campagne &#171; Ni de gauche, ni de droite, Fran&#231;ais &#187;, du Front national, est (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Son pendant armoricain, le slogan &#171; Ni de gauche, ni de droite, Breton &#187; a exactement la m&#234;me signification. Au temps de sa splendeur, le CEDIB est une v&#233;ritable arm&#233;e. Il regroupe tout ce qui &#171; compte &#187; : tous les parlementaires de la r&#233;gion, tous les conseils g&#233;n&#233;raux, les maires d'environ 1200 communes (dont ceux de toutes les grandes villes), les chambres de commerce et d'industrie, celles des m&#233;tiers, les universit&#233;s, le mouvement &#171; culturel &#187; et &#171; linguistique &#187; breton, la CGT, la CFDT, FO, la CFTC et bien s&#251;r, le patronat qui tire les ficelles et obtient, pour lui et ses affid&#233;s &#171; culturels &#187; de multiples avantages. C'est ce qu'on appellera dans les ann&#233;es 60 le &#171; miracle &#233;conomique breton &#187;, miracle qui, certainement par un affreux concours de circonstances, ne profita essentiellement qu'au patronat local.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Sautons quelques ann&#233;es et arrivons-en &#224; la d&#233;cennie 80, p&#233;riode pendant laquelle le CEDIB dispara&#238;t et laisse progressivement place &#224; des structures patronales interconnect&#233;es : le &#171; Club des trente &#187;, &#171; Produit en Bretagne &#187; et &#171; l'Institut de Locarn &#187;. Concentrons-nous sur ce dernier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	L'Institut de Locarn, fond&#233; par un nomm&#233; Joseph Le Bihan, qui fut consultant de la DGSE (services secrets de l'Etat fran&#231;ais - tiens donc), est m&#234;l&#233; &#224; la pan-Europe (elle-m&#234;me fort li&#233;e au Conseil de l'Europe). La pan-Europe n'affiche que de nobles objectifs : lutter contre le &#171; communisme &#187;, liquider l'h&#233;ritage de la R&#233;volution fran&#231;aise, imposer une Europe chr&#233;tienne sur base ethnique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Et il y a du monde avec l'Institut, que du beau linge : Fran&#231;ois Pineau (Pineau-Printemps-Redoute,&#8230;), Jean-Pierre Le Roch (Inter-March&#233;), J-J H&#233;naff (les p&#226;t&#233;s), Patrick Le Lay (TF1), des dizaines d'autres&#8230; facile : le patronat le plus puissant de France est breton. Ajoutons-y les responsables de services publics, de soci&#233;t&#233;s d'&#233;conomie mixte (EDF, Port autonome de Nantes-St-Nazaire,&#8230;) et ceux de coop&#233;ratives agricoles (Coopagri)&#8230; les nouveaux bons ma&#238;tres de la Bretagne sont l&#224;. Ils ne manquent pas de thurif&#233;raires (Poivre d'Arvor, le groupe Le Point, la quasi-totalit&#233; de la presse r&#233;gionale et de l'audio-visuel).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Last but not least, venons en maintenant &#224; l'id&#233;ologie de l'Institut de Locarn (et donc de ses membres). Elle est limpide. Elle se rattache au mod&#232;le &#233;conomique dit de l'Ecole autrichienne, celui-l&#224; m&#234;me que mit en application le g&#233;n&#233;ral Pinochet pour saigner les classes populaires du Chili : droit de faire de l'argent par tous les moyens, d&#233;r&#233;glementation totale du travail, suppression des syndicats, exploitation port&#233;e &#224; son comble&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Peut-on faire plus ultra-lib&#233;ral ? Non. Fran&#231;ois Morvan peut-elle qualifier le patronat breton d'ultra-lib&#233;ral &#224; bon droit ? Oui.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_2&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?id_mot=101&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;LES DEUX FONT LA PAIRE&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;	Ethnor&#233;gionalisme d'un c&#244;t&#233;, lobby patronal de l'autre ? Pas du tout ! Les deux font la paire. L'affaire des &#171; bonnets rouges &#187; l'illustre parfaitement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Acte premier : La d&#233;cision&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	La d&#233;cision, c'est le CCIB qui la prend. Le &#171; Comit&#233; de convergence des int&#233;r&#234;ts bretons &#187;, une cr&#233;ature patronale de plus. Avec un lieu et une date de naissance hautement symboliques. Toujours pas de hasard. &#199;a se passe &#224; Pontivy, l&#224;-m&#234;me o&#249; l'Etat Breton a &#233;t&#233; proclam&#233;, un 18 juin. Une sorte d'appel &#224; la r&#233;sistance donc. Le CCIB prend tout de suite une d&#233;cision : ne pas payer l'&#233;cotaxe. Cette mesure avait &#233;t&#233; vot&#233;e pratiquement &#224; l'unanimit&#233; par le parlement fran&#231;ais, y compris par les d&#233;put&#233;s en lien avec le patronat breton&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'Allemagne imposant une taxe aux camions, un grand nombre de routiers (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Aucune importance. Comme il leur faut justifier tout de m&#234;me un peu cette d&#233;cision, les patrons bretons pr&#233;tendent qu'ils sont plus excentr&#233;s que les autres. &#199;a se discute. Excentr&#233;s par rapport &#224; quoi d'ailleurs ? Mais bon, on va pas chipoter. L'Etat, bon prince, ne chipote pas non plus et r&#233;duit d'embl&#233; l'&#233;cotaxe de 50 % pour la Bretagne. Mais l&#224; n'&#233;tait pas le probl&#232;me. Ce n'&#233;tait pas une question financi&#232;re : les patrons bretons ne perdaient pas grand chose avec l'&#233;cotaxe. Elle n'aurait repr&#233;sent&#233; qu'un pourcentage ridicule de leurs frais. Leur probl&#232;me &#233;tait politique. Ce qu'ils voulaient, c'&#233;tait mener une bataille, et la gagner. Une bataille pour la d&#233;r&#233;glementation. Leur mot d'ordre &#171; D&#233;cider, vivre et travailler au pays &#187; ne dit pas autre chose. &#171; Vivre et travailler &#187; importent peu. Ils y vivent et ils y travaillent d&#233;j&#224;. Ce qui est capital, c'est &#171; D&#233;cider &#187; ! D&#233;cider qu'on va &#171; exp&#233;rimenter &#187; de nouvelles conditions d'exploitation des salari&#233;s, qu'on va faire sauter les lois sociales (enfin, ce qu'il en reste), qu'on va continuer &#224; faire de la Bretagne un laboratoire de l'ultralib&#233;ralisme, d&#233;cider qu'on ne va pas payer l'&#233;cotaxe... Pour l'&#233;cotaxe, c'est donc d&#233;cid&#233; par les patrons le 18 juin 2014, &#224; Pontivy.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Acte deux : Le grand spectacle &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Entre alors en sc&#232;ne la FDSEA, la diva des grands spectacles pyrotechniques. Elle est charg&#233;e de bouter le feu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	D&#232;s le 02 ao&#251;t, les agriculteurs-industriels de la FDSEA d&#233;truisent un premier portique. La gendarmerie, pr&#233;sente, ne bouge pas un arpion. Bon, c'est vrai, on n'est pas &#224; Sivens, que diable. Les morceaux du portique (un bien public) seront ensuite vendus aux ench&#232;res (au b&#233;n&#233;fice d'int&#233;r&#234;ts priv&#233;s) lors de la manifestation de Carhaix, toujours sous les yeux bienveillants de la mar&#233;chauss&#233;e. Puis les portiques de l'&#233;cotaxe flamberont les uns apr&#232;s les autres. Toujours sans r&#233;action polici&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Montent alors sur sc&#232;ne d'autres comparses. Les membres de Produit en Bretagne ont d&#233;cid&#233; de sonner le tocsin. Enfin, de d&#233;clencher l'alarme incendie dans leurs super-march&#233;s. On a les tocsins qu'on peut. Le tout est qu'ils soient entendus. Ils le sont : le premier ministre leur propose un pacte d'avenir pour la Bretagne. Insuffisant&lt;br class='autobr' /&gt;
Acte trois : R&#233;union de famille&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Troadec, maire &#171; divers gauche &#187; (quoique ant&#233;rieurement bien &#224; droite) de Carhaix et leader autonomiste&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir l'&#233;difiante biographie de Troadecsur&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, lance lui aussi son appel, toujours &#224; Pontivy, mais en octobre. Il d&#233;cide que les &#171; bretons r&#233;volt&#233;s &#187; (c'est-&#224;-dire les salari&#233;s vir&#233;s par leurs patrons bretons) d&#233;fileront derri&#232;re eux et reprendront leur mot d'ordre. On est une grande famille ou on ne l'est pas. Surgit alors, dans le r&#244;le de la costumi&#232;re, Armor Lux (un des premiers membres de l'Institut de Locarn). Armor distribue des milliers de bonnets rouges en acrylique. C'est pas une ruine : prix de revient 1,43 euros pi&#232;ce, bien moins cher qu'un costume de sc&#232;ne en papier cr&#233;pon donc. Et c'est bien suffisant pour de simples figurants. On proclame donc le bonnet identitaire (en d&#233;tournant l'histoire) et de gauche &#8211; puisqu'il est rouge. Les Bretons de base ne savent pas d'o&#249; il sort, mais ils se le mettent sur la t&#234;te tout de m&#234;me. Pas contrariants. Suit une distribution massive et tout aussi gratuite de drapeaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dernier acte : La contrition&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	La contrition, c'est celle du gouvernement, Premier ministre en t&#234;te. Suppression de l'&#233;cotaxe. Suppres-sion des portiques. Et gros cadeau aux autonomistes : la &#171; culture &#187; est d&#233;sormais d&#233;volue &#224; la Bretagne. Tout cela sur la base d'une escroquerie historique, car la r&#233;volte des &#171; bonnets rouges &#187;, celle &#224; laquelle Troadec fait r&#233;f&#233;rence, &#233;tait une r&#233;volte contre les seigneurs locaux et pas du tout en leur faveur comme en 2014 ! L'histoire est r&#233;cup&#233;r&#233;e pour manipuler la mis&#232;re des gens (parce que, dans l'agroalimentaire c'est la mis&#232;re noire pour ceux qui y travaillent) et la greffer sur un projet politique d'autonomie de la Bretagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Dernier geste avant de quitter (pour cette fois) la sc&#232;ne : les bonnets rouges incendient des locaux de la Mutualit&#233; sociale agricole. Aaah, ce go&#251;t pour les autodaf&#233;s&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_3&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?id_mot=101&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;EN DEUX MOTS SEULEMENT&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;	R&#233;sumons : si l'indigente pens&#233;e unique r&#232;gne un peu partout dans le monde, en Bretagne, elle atteint le comble de la mis&#232;re intellectuelle puisqu'elle se r&#233;duit &#224; deux mots &#171; Etre Breton &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Au slogan du lobby patronal, &#171; Soyons Bretons ! &#187;, lanc&#233; voici quelques temps devant Jean-Yves Le Drihan (pr&#233;sident du Conseil r&#233;gional) fait en effet &#233;cho la proclamation de Jean-Michel Le Boulanger (vice-pr&#233;sident du Conseil r&#233;gional en charge de la culture) : &#171; Osons, osons, osons &#234;tre Bretons &#187; (telle est la laborieuse conclusion de son ouvrage &#171; Etre Breton ? &#187; - il s'est pas beaucoup foul&#233; pour le titre, ni pour la conclusion d'ailleurs).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Ainsi donc, sur la base d'un ethnor&#233;gionalisme dans le fond assez niais, un patronat ultralib&#233;ral - d&#233;j&#224; le plus puissant de France - a r&#233;ussi &#224; regrouper autour de lui les institutions, la &#171; gauche &#187; (ou suppos&#233;e telle) et m&#234;me une bonne partie de la classe ouvri&#232;re et de la population. Il est vrai que ces derni&#232;res sont soumises &#224; un bombardement m&#233;diatique incessant. Toutes les t&#233;l&#233;s bretonnes sont pay&#233;es par Produit en Bretagne, les cha&#238;nes de radio sont financ&#233;es elles aussi par le patronat, les journaux tout autant&#8230; T&#233;l&#233;s, radios journaux ne font jour apr&#232;s jour que de la propagande pour le lobby patronal. Tout autre propos est censur&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Ce bourrage de cr&#226;ne incessant, cette croisade identitaire qui fait perdre tout bon sens aux travailleurs a un grand objectif : d&#233;r&#233;guler totalement l'&#233;conomie en imposant les concepts dits de l'&#233;cole autrichienne (ceux appliqu&#233;s par Pinochet) dans un cadre g&#233;ographique totalement contr&#244;l&#233; par le patronat.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;La campagne &#171; Ni de gauche, ni de droite, Fran&#231;ais &#187;, du Front national, est ainsi comment&#233;e par une section de l'Action fran&#231;aise : &#171; C'est tout le programme du royalisme fran&#231;ais depuis sa fondation &#187; &lt;a href=&#034;http://afe92nord.over-blog.com/article-fnj-ni-droite-ni-gauche-69206507.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;http://afe92nord.over-blog.com/article-fnj-ni-droite-ni-gauche-69206507.html&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; &#224; la gauche. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;L'Allemagne imposant une taxe aux camions, un grand nombre de routiers passent d&#233;sormais par l'Alsace qui se trouve donc satur&#233;e. La mise en place de l'&#233;cotaxe avait pour but de r&#233;&#233;quilibrer cette situation (et de faire rentrer de l'argent).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir &lt;a href=&#034;http://le-grib.com/politique/bonnets-rouges-et-chapeaux-ronds/christian-troadec/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;l'&#233;difiante biographie de &lt;br class='autobr' /&gt;
Troadec&lt;/a&gt;sur &lt;a href=&#034;http://le-grib.com&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;http://le-grib.com&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>LANGUE ET NATIONALISME
</title>
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		<dc:date>2015-06-29T22:00:50Z</dc:date>
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		<dc:subject>association internationale des travailleurs
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		<dc:subject>r&#233;gionalisme
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		<dc:subject>Notre-Dame-des-Landes
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		<dc:subject>occitan
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		<dc:subject>identitaire
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		<description>
&lt;p&gt;Table-ronde r&#233;gionalisme &lt;br class='autobr' /&gt;
Pendant un peu plus de deux heures, de nombreux points ont &#233;t&#233; soulev&#233;s au cours de cette table ronde organis&#233;e durant les &#034;Premi&#232;res Journ&#233;es Iconoclastes&#034;, tant entre les intervenants qu'avec le public. Deux sont rapport&#233;s et comment&#233;es ici. &lt;br class='autobr' /&gt;
Passe-t-on n&#233;cessairement de la d&#233;fense d'une langue &#224; une revendication nationaliste ? Si oui, comment ? Ce furent des questions de cette table ronde. &lt;br class='autobr' /&gt; Tout d'abord, un intervenant a soulign&#233; que les langues (r&#233;gionales (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?mot34" rel="tag"&gt;association internationale des travailleurs
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&lt;a href="https://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?mot101" rel="tag"&gt;r&#233;gionalisme
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?mot102" rel="tag"&gt;Notre-Dame-des-Landes
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&lt;a href="https://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?mot103" rel="tag"&gt;Nantes
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?mot104" rel="tag"&gt;Bretagne
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&lt;a href="https://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?mot105" rel="tag"&gt;nationalisme
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&lt;a href="https://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?mot106" rel="tag"&gt;a&#233;roport
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&lt;a href="https://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?mot107" rel="tag"&gt;occitan
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?mot114" rel="tag"&gt;identitaire
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Table-ronde r&#233;gionalisme&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant un peu plus de deux heures, de nombreux points ont &#233;t&#233; soulev&#233;s au cours de cette table ronde organis&#233;e durant les &#034;Premi&#232;res Journ&#233;es Iconoclastes&#034;, tant entre les intervenants qu'avec le public. Deux sont rapport&#233;s et comment&#233;es ici.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Passe-t-on n&#233;cessairement de la d&#233;fense d'une langue &#224; une revendication nationaliste ? Si oui, comment ? Ce furent des questions de cette table ronde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Tout d'abord, un intervenant a soulign&#233; que les langues (r&#233;gionales ou pas) n'&#233;taient pas le probl&#232;me. Il a rappel&#233; que dans les ann&#233;es 70, le bulletin de l'Union locale de Toulouse de la CNT-AIT (&#171; La Castagne &#187;) avait une page en languedocien sans que cela pose quelque probl&#232;me que ce soit &#224; qui que ce soit. C'est en constatant que cette langue &#233;tait utilis&#233;e par certains dans un but nationaliste que cette page avait &#233;t&#233; abandonn&#233;e. Il est dommage qu'&#224; l'&#233;poque, cette &#233;volution n'ait pas &#233;t&#233; analys&#233;e, a conclu cet intervenant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Le d&#233;bat a ensuite oscill&#233; entre deux grandes opinions. Celle exprim&#233;e par Y. Coleman pour lequel la d&#233;fense d'une langue r&#233;gionale contient en germe une revendication nationaliste et celle, &#224; l'autre p&#244;le du d&#233;bat, soutenue par Eric Fraj.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Eric Fraj s'affirme occitaniste en soulignant qu'il l'est comme d'autres sont germanistes, hispanistes (ce qu'il est lui-m&#234;me &#233;galement d'ailleurs). Pour le dire avec une pointe d'humour, l'int&#233;r&#234;t qu'il porte &#224; la langue ne le conduit pas plus &#224; une revendication nationaliste occitaniste que la passion pour les cultures antiques ne conduit habituellement un prof de latin &#224; revendiquer la r&#233;surrection de l'empire romain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Diverses situations ont &#233;t&#233; ensuite expos&#233;es. Arr&#234;tons-nous sur les deux exemples les plus oppos&#233;s, ceux offerts par les langues tsiganes et l'h&#233;breu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Les utilisateurs des langues tsiganes n'expriment pas (&#224; notre connaissance et &#224; ce jour) de revendications nationalistes ou territoriales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Peut-&#234;tre est-ce parce que ces langues sont extr&#234;mement vivantes (vivaces m&#234;mes) et qu'elles &#233;voluent (c'est-&#224;-dire qu'elles apparaissent, se modifient et disparaissent) en permanence au contact des langues entre lesquelles elles vivent. Ainsi, le calo (provenant du sanscrit), parl&#233; par les gitans de l'ouest du bassin m&#233;diterran&#233;en conna&#238;t-il des variantes castillanes, portugaises, catalanes, br&#233;siliennes et m&#234;me basques (erromintxela). Il y eut, para&#238;t-il, un calo occitan qui aurait disparue. On peut penser (je n'en sais pas plus que pour la version occitane) qu'il y a eu une version arabe (gitans d'Afrique du Nord).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	L'autre caract&#233;ristique des langues tsiganes c'est qu'elles meurent sans jamais faire l'objet d'une &#171; lutte &#187; pour leur d&#233;fense (exemple : le Y&#233;niche) tandis que d'autres langues apparaissent sous nos yeux, l'air de rien. Ainsi en sera-t-il peut-&#234;tre de ce qu'on appelle maintenant &#171; l'argot voyageur &#187;, qui se construit &#224; partir du fran&#231;ais et qui est d&#233;j&#224; plus, &#224; mon avis, qu'un argot puisqu'il poss&#232;de non seulement un vocabulaire en propre mais des structures syntaxiques diff&#233;rentes du fran&#231;ais. Peut-&#234;tre deviendra-t-il une langue &#171; reconnue &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Situation bien diff&#233;rente avec l'h&#233;breu. Lors de la cr&#233;ation de l'&#201;tat d'Isra&#235;l, alors que les populations juives qui arrivaient parlaient diverses langues charg&#233;es d'histoires (jud&#233;o-espagnol) et de luttes sociales (yiddish), le pouvoir choisit de ressusciter (quasiment) l'h&#233;breu et de l'imposer comme langue nationale au d&#233;triment de toute autre. La force du nationalisme isra&#235;lien peut en partie s'expliquer par ce choix. Comme l'a indiqu&#233; Fr. Morvan, le mouvement nationaliste breton (pour antis&#233;mite qu'il puisse &#234;tre) voit dans cette exp&#233;rience un exemple &#224; suivre, puisqu'il montre qu'on peut imposer, avec une forte volont&#233; politique, une langue unifi&#233;e &#224; une population et que cela peut servir de base &#224; un nationalisme ardent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Au total, ces deux exemples fournissent peut-&#234;tre un &#233;l&#233;ment de r&#233;ponse &#224; la question &#171; quand passe-t-on de la revendication linguistique au nationalisme ? &#187; C'est peut-&#234;tre bien quand on commence &#224; fixer la langue, &#224; l'homog&#233;n&#233;iser, &#224; l'unifier, &#224; l'imposer quand on commence &#224; st&#233;riliser la cr&#233;ativit&#233; populaire, c'est peut-&#234;tre lorsqu'apparaissent les acad&#233;mies, les instituts, les normalisateurs de tous poils.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Nous retrouvons ici les observations d'Eric Fraj qui constate le foss&#233; existant entre les &#171; parlers occitans encore vivants &#187; et l'occitan normalis&#233; officiel et celles de Fr. Morvan qui a soulign&#233; que la bretonisation forc&#233;e &#233;tait si avanc&#233;e qu'en pays Gallo (et donc n'ayant jamais, au grand jamais parl&#233; breton) la toponymie r&#233;elle (les noms de lieux, de rivi&#232;re&#8230;) est effac&#233;e et chang&#233;e par des noms &#171; celtiques &#187; ou suppos&#233;s tels. Dans les deux cas, c'est d'une v&#233;ritable rupture avec les couches populaires qu'il s'agit, une rupture qui offre aux revendication nationaliste un socle linguistique sur lequel s'appuyer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	L'exemple fran&#231;ais n'a &#233;t&#233; que peu abord&#233; au cours du d&#233;bat, mais il serait probablement judicieux d'&#233;tudier en profondeur les r&#233;percussions de la normalisation de la langue fran&#231;aise sur le nationalisme fran&#231;ais (si quelque lecteur conna&#238;t le sujet, qu'il n'h&#233;site pas &#224; nous faire part de ses connaissances !). Contentons-nous de remarquer pour l'instant qu'un tr&#232;s puissant outil de normalisation linguistique a &#233;t&#233; mis en place sous la monarchie puisque c'est Louis XIII qui a cr&#233;&#233; l'Acad&#233;mie fran&#231;aise (1634) avec pour principal objectif d'&#233;diter un dictionnaire officiel. Cette normalisation de la langue s'est accompagn&#233;e imm&#233;diatement d'une mise au pas des r&#233;gions&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le duc de Montmorency, bien que familier du roi, pour avoir voulu s'y (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ouvrant ainsi la voie &#224; la monarchie absolue (Louis XIV) reposant sur un pouvoir absolu centralis&#233; (ce que les r&#233;gionalistes, habituellement braqu&#233;s contre la R&#233;volution fran&#231;aise, veulent ignorer).&lt;br class='autobr' /&gt;
collusion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	L'intrication entre revendication linguistique, ethnor&#233;gionale, &#233;conomie et pouvoir a fait l'objet &#233;galement de plusieurs &#233;changes, qui refl&#232;tent pour partie ceux rapport&#233;s ci-dessus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Ainsi E. Fraj a-t-il soulign&#233; que, pour lui, ces liens n'existaient pas forc&#233;ment. Qu'ils n'existaient pas, par exemple, dans le mouvement occitan de l'imm&#233;diat &#171; apr&#232;s 68 &#187; qui portait (et &#233;tait port&#233;) par des valeurs populaires, sociales. Le slogan de l'&#233;poque &#171; Ome d'oc, as dreit a la parola, parla &#187; (graphie non normalis&#233;e) est &#224; entendre comme le droit de chacun &#224; s'exprimer dans sa langue habituelle, sans qu'il en ait &#171; honte &#187; et, en l'occurrence, pour les vignerons, paysans (et certains citadins) qui, dans les ann&#233;es 70 les parlaient encore couramment, dans les langues d'oc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Dans l'exemple breton, l'interp&#233;n&#233;tration est constante et massive. Les preuves apport&#233;es par Fr. Morvan &#224; propos du CEDIB, de l'Institut de Locarn, du Conseil r&#233;gional, des syndicats&#8230; sont irr&#233;cusables. Il peut y avoir des divergences entre les diff&#233;rents acteurs, mais la balle revient toujours &#171; au centre &#187;. Ainsi, quelques jours &#224; peine apr&#232;s les Journ&#233;es iconoclastes, les &#233;leveurs de porc breton se mobilisaient contre &#171; La grande distribution [qui] casse les prix &#187; si bien que &#171; &#8230; nous sommes tous &#233;trangl&#233;s &#187; et attaquaient des super-march&#233;s : d&#233;versement de fumier, de gravats, incendies&#8230; ce qui n'emp&#234;chait pas les repr&#233;sentants des 25 500 &#233;leveurs bretons (parmi lesquels il doit bien y avoir les &#171; &#233;trangl&#233;s &#187; en question) de se r&#233;unir bien gentiment avec les patrons de Produit en Bretagne&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le T&#233;l&#233;gramme (quotidien breton) &#171; &#201;levage, l'avenir appartient aux Bretons (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; (qui regroupe aussi les patrons bretons, champions de la grande distribution) tout en se tournant vers le ministre (fran&#231;ais) de l'Agriculture pour qu'il r&#233;solve le probl&#232;me. Ce qu'il a fait &#224; la vitesse grand V. Dans les faits, le pouvoir &#171; fran&#231;ais &#187; soutien les lobbys bretons. Ainsi il verse, rien que pour l'enseignement du breton, 23 millions d'euros par an. Une v&#233;rit&#233; que les autonomistes ne crient pas tr&#232;s haut&#8230; pas plus que celle concernant Notre-Dame-des-Landes.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;NOTRE-DAME DES LANDES, N&#201;CESSAIRE &#192; L'IND&#201;PENDANCE&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;	L'obstination du gouvernement &#224; maintenir le projet d'a&#233;roport &#224; Notre-Dame-des- Landes s'explique en effet par cette collusion entre l'&#201;tat fran&#231;ais et le lobby patronal breton. L'&#201;tat fran&#231;ais dispose de suffisamment d'a&#233;roports pour satisfaire ses besoins &#233;conomiques. Les opposants &#224; l'a&#233;roport n'ont pas manqu&#233; de le souligner. La cr&#233;ation d'un &#233;norme a&#233;roport &#224; NDDL, disent-ils, est aberrante car ne r&#233;pondant &#224; aucun besoin. C'est oublier le besoins du futur &#201;tat r&#233;gional breton !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Le lobby patronal breton exporte dans le monde entier sa production de basse qualit&#233;. Poulets industriels, porcs en batterie, chips de betterave&#8230; sont quotidiennement exp&#233;di&#233;s, par tonnes au Moyen-Orient, en Chine, au Maghreb. Actuellement ces produits de l'agriculture industrielle sont export&#233;s par les infrastructures de l'Etat fran&#231;ais, en particulier les a&#233;roports. Mais, si on prend en compte la perspective autonomiste, alors on comprend tout : Notre-Dame-des-Landes a un int&#233;r&#234;t strat&#233;gique majeur pour le lobby patronal breton, qui veut avoir sous son contr&#244;le au moins un a&#233;roport international. L'a&#233;roport de NDDL est n&#233;cessaire &#8211; et peut-&#234;tre m&#234;me indispensable - &#224; l'ind&#233;pendance bretonne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Certes, il y a des bretonnants parmi les opposants, quelques drapeaux bretons&#8230; mais, comme pour les &#233;leveurs de porc, la balle est au &#171; centre &#187;. Comme toujours, comme l'&#201;glise catholique dont c'est la grande sp&#233;cialit&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jamais, de toute son histoire, l'&#201;glise n'a mis tous ses &#339;ufs dans le m&#234;me (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et qui lui sert de mod&#232;le, le mouvement breton garde toujours plusieurs fers au feu. Le mouvement breton est un sp&#233;cialiste de ce double jeu&lt;br class='autobr' /&gt;
.&lt;br class='autobr' /&gt; La logique poursuivie est celle de &#171; l'Europe des peuples et des nations &#187; qui cherche &#224; faire &#233;clater les &#201;tats-nations actuels pour achever la d&#233;r&#233;gulation du travail (d&#233;j&#224; en cours dans les &#201;tats nationaux). Le patronat pense en effet que cela sera plus facile pour lui dans des cadres g&#233;ographiques plus &#233;troits auxquels on peut facilement donner une &#171; identit&#233; &#187; forte . Un intervenant a soulign&#233; que faire dispara&#238;tre les &#201;tats nationaux n'&#233;tait pas pour d&#233;plaire aux libertaires, mais qu'&#233;videmment la cr&#233;ation d'&#201;tats -R&#233;gion pour remplacer les pr&#233;c&#233;dents ne ferait que d&#233;placer les probl&#232;mes (et accro&#238;tre les in&#233;galit&#233;s sociales d'une r&#233;gion &#224; l'autre tout en tirant l'ensemble vers le bas).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Reste la question &#8211; comme pour les langues &#8211; de savoir si ce processus &#233;volutif est inexorable. La r&#233;ponse, pour l'instant, me semble &#234;tre une r&#233;ponse de&#8230; Normand. Quel est, par exemple, le degr&#233; d'intrication du mouvement occitan avec le patronat ? Il semble bien plus faible qu'en Bretagne, peut-&#234;tre parce que le patronat local est moins puissant ici que l&#224; et que, surtout, les dirigeants des grosses industries (Airbus, a&#233;rospatiale&#8230;) sont europ&#233;ens. Par contre, l'intrication avec les &#171; politiques &#187;, avec les pouvoirs publics locaux, est d&#233;j&#224; loin d'&#234;tre n&#233;gligeable. On est en droit d'y voir une sorte de &#171; doigt dans l'engrenage &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Le duc de Montmorency, bien que familier du roi, pour avoir voulu s'y opposer, laissa la t&#234;te - au sens propre du terme - dans la cour du Capitole un jour de 1632.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Le T&#233;l&#233;gramme (quotidien breton) &#171; &#201;levage, l'avenir appartient aux Bretons &#187;, 25 juin 2015.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Jamais, de toute son histoire, l'&#201;glise n'a mis tous ses &#339;ufs dans le m&#234;me panier. Elle est toujours massivement du c&#244;t&#233; du plus fort, mais en prenant soin de laisser syst&#233;matiquement quelques pr&#234;tres, quelques religieux dans l'autre bord. Si bien que, quand la tendance se renverse, il y a toujours des repr&#233;sentants de l'&#201;glise bien plac&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>



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