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	<title>CNT-AIT - Toulouse | Anarchosyndicalisme !</title>
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	<description>Site web de la CNT-AIT de Toulouse, organisation anarchosyndicaliste. 7 rue Saint-R&#233;m&#233;sy - 31000 Toulouse - 05 61 52 86 48</description>
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		<title>CNT-AIT - Toulouse | Anarchosyndicalisme !</title>
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		<title>La bureaucratisation de la Russie
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		<dc:date>2010-01-30T17:20:32Z</dc:date>
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		<dc:subject>A la une
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		<dc:subject>article_a_115
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		<description>
&lt;p&gt;Pourquoi la r&#233;volution russe, qui s'annon&#231;ait radicale et novatrice a-t'elle d&#233;g&#233;n&#233;r&#233; si rapidement, accouchant d'une des plus monstrueuses dictatures de l'histoire ? C'est une des questions que tous ceux qui aspirent &#224; des changements radicaux ne sauraient &#233;luder. L'article qui suit a &#233;t&#233; r&#233;dig&#233; apr&#232;s une discussion publique organis&#233;e par la CNT-AIT sur ce th&#232;me avec &#224; l'appui des lectures comme l'indispensable &#171; La r&#233;volution inconnue &#187; de Voline ou le tr&#232;s int&#233;ressant &#171; Des soviets au (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pourquoi la r&#233;volution russe, qui s'annon&#231;ait radicale et novatrice a-t'elle d&#233;g&#233;n&#233;r&#233; si rapidement, accouchant d'une des plus monstrueuses dictatures de l'histoire ? C'est une des questions que tous ceux qui aspirent &#224; des changements radicaux ne sauraient &#233;luder. L'article qui suit a &#233;t&#233; r&#233;dig&#233; apr&#232;s une discussion publique organis&#233;e par la CNT-AIT sur ce th&#232;me avec &#224; l'appui des lectures comme l'indispensable &#171; La r&#233;volution inconnue &#187; de Voline ou le tr&#232;s int&#233;ressant &#171; Des soviets au communisme bureaucratique &#187; de Marc Ferro.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On parle souvent du r&#244;le des soviets dans cette p&#233;riode, mais il convient tout d'abord de pr&#233;ciser que ces soviets n'&#233;taient pas des institutions toutes identiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y avait tout d'abord les soviets de d&#233;put&#233;s, qui eux-m&#234;me pouvaient diff&#233;rer entre eux selon qu'ils repr&#233;sentaient des ouvriers, des paysans ou des soldats, ou une combinaison de ces trois cat&#233;gories. C'&#233;tait une sorte de parlement tr&#232;s proche de ceux que l'on conna&#238;t aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y avait ensuite des comit&#233;s de quartiers, r&#233;unissant les habitants d'un quartier sans distinction de classes sociales, eux-m&#234;me parfois r&#233;unis en soviet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existait enfin les comit&#233;s d'usine, &#233;manation directe de l'ensemble des ouvriers avec comme principe des &#233;lus r&#233;vocables &#224; tout moment, contr&#244;l&#233;s par la base. Ces comit&#233;s se r&#233;unissaient parfois en soviet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ces institutions se rajoutaient de multiples partis politiques. Les principaux &#233;taient :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; le parti menchevik, parti social-d&#233;mocrate, &#233;quivalent de la social-d&#233;mocratie allemande,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; le parti bolchevik, futur parti communiste, qui &#171; gagne &#187; la r&#233;volution et cr&#233;e la 3&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; internationale, &#224; laquelle sera affili&#233;e le parti communiste fran&#231;ais,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; les socialistes-r&#233;volutionnaires, parti qui est divis&#233; en deux fractions de droite et de gauche.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Les anarchistes, bien qu'influents, n'avaient pas d'organisation de masse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ces partis s'ajoutaient les syndicats, plus ou moins dirig&#233;s par les partis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un fois ces divers acteurs pr&#233;cis&#233;s, nous pouvons commencer &#224; voir comment tout a d&#233;g&#233;n&#233;r&#233;. On peut distinguer deux types de bureaucratisation : par en haut ou par en bas. Par en haut, elle sera le fait des partis politiques qui luttent pour le pouvoir, et qui de ce fait vont prendre ou tenter de prendre le pouvoir dans divers organismes. Par en bas, la bureaucratisation correspond &#224; un abandon de ces responsabilit&#233;s par la base.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;BUREAUCRATISATION PAR EN HAUT&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier acte de bureaucratisation par en haut, c'est la constitution du soviet de Petrograd. Celui-ci est recr&#233;&#233; d&#232;s f&#233;vrier 1917 (il en existait un en 1905) par plusieurs organisations de gauche (Mencheviks en t&#234;te), qui appellent les ouvriers et les soldats &#224; y &#233;lire des repr&#233;sentants. Une des premi&#232;res d&#233;cisions de ce soviet (d&#232;s le premier jour !) fut d'accorder aux partis socialistes le droit de nommer deux d&#233;l&#233;gu&#233;s au comit&#233; ex&#233;cutif du soviet. Pour Marc Ferro, l'acte de bureaucratisation n'est pas le fait que deux membres de chaque parti politique entrent au comit&#233; ex&#233;cutif, car cette d&#233;cision a &#233;t&#233; librement discut&#233;e et vot&#233;e, mais que ceux qui y entrent soient nomm&#233;s par les partis sans contr&#244;le de l'assembl&#233;e. Cet acte &#233;mane de l'assembl&#233;e elle-m&#234;me. Se consid&#233;rant &#171; repr&#233;sentatifs de leur organisation &#187;, les membres d&#233;sign&#233;s excluent peu &#224; peu du comit&#233; ex&#233;cutif les membres &#233;lus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre exemple de bureaucratisation par le haut est tr&#232;s &#233;loquent : Asinimov est nomm&#233; (et pas &#233;lu) pr&#233;sident du soviet des comit&#233;s de quartier en mai 1917 sur proposition du praesidium du soviet de P&#233;trograd et apr&#232;s approbation du bureau des d&#233;l&#233;gu&#233;s. Il faut ici noter deux faits : Asinimov n'est m&#234;me pas membre du Comit&#233; de son quartier, et ceux qui s'opposent &#224; cette nomination au nom du respect de la d&#233;mocratie sont les bolcheviks (qui utiliseront exactement les m&#234;mes proc&#233;d&#233;s lorsqu'ils seront au pouvoir).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'attitude des bolcheviks vis-&#224;-vis de la bureaucratisation est tr&#232;s int&#233;ressante &#224; analyser. Ceux-ci, minoritaires, s'engagent d&#232;s f&#233;vrier dans une lutte d'influence contre les mencheviks et les socialistes r&#233;volutionnaires. En f&#233;vrier, les bolcheviks veulent &#171; calmer les ouvriers &#187;, en raison de la faiblesse de leur organisation et du fait que les ouvriers ne constituent qu'une fraction des manifestants. Apr&#232;s f&#233;vrier, les bolcheviks soutiennent les institutions autonomes telles que les comit&#233;s d'usine et les gardes rouges (sorte de milice populaire) contre les institutions contr&#244;l&#233;es par les partis et les syndicats. Ce soutien leur permet de gagner la confiance des masses, et jouera un r&#244;le fondamental dans le d&#233;clenchement de l'insurrection d'octobre. On voit donc le r&#244;le qu'ils ont jou&#233; : s'ils voulaient faire la r&#233;volution, ils voulaient surtout prendre le pouvoir, incapables qu'ils &#233;taient de faire confiance aux masses.&lt;br class='autobr' /&gt;
BUREAUCRATISATION PAR EN BAS&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autre versant de la bureaucratisation, peut-&#234;tre plus important pour nous, est la bureaucratisation par en bas. Voici quelques exemples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier concerne les jeunes de l'organisation Trud i Svet, qui cherche &#224; se consolider. Ils font appel au comit&#233; de quartier afin d'obtenir un local, et une r&#233;mun&#233;ration de leur activit&#233; aupr&#232;s des ouvriers. Suite &#224; des probl&#232;mes internes (dont il ne reste visiblement pas de traces), le pr&#233;sident de leur organisation est nomm&#233; par le comit&#233; de quartier. Ils deviennent donc une simple excroissance de ce comit&#233;, au lieu d'&#234;tre une organisation autonome. Cette bureaucratisation s'est faite presque &#171; naturellement &#187;, sans intervention d'un parti ou d'un syndicat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;me fait d'une nature bien proche : l'apparition de &#171; permanents &#187; au sein des organisations autonomes telles que les comit&#233;s d'usine ou les comit&#233;s de quartier. Dans les comit&#233;s d'usine, les statuts imposent r&#233;guli&#232;rement un renouvellement des membres du comit&#233;, mais les listes de membres de ces comit&#233;s montrent le non-respect de cette r&#232;gle. De plus il arrive fr&#233;quemment que les d&#233;cisions soient prise par le comit&#233; sans que le quorum soit atteint. Se pose ici la question du contr&#244;le de la base et de la rotation des mandats. La non-implication des ouvriers dans leur propre comit&#233; a fait que le pouvoir est pass&#233; de la base au sommet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre exemple pris dans les comit&#233;s de quartiers. Les membres de ces comit&#233;s ne sont souvent pas des militants. Les permanences qu'ils assurent leur font perdre une part de leur revenu. Les assembl&#233;es d&#233;cident alors de r&#233;mun&#233;rer les membres concern&#233;s par une indemnit&#233; correspondant au salaire d'un petit employ&#233;. On constate d&#232;s lors la diminution du nombre de participants aux assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales des comit&#233;s (il baisse presque de moiti&#233;) ainsi que la baisse du nombre d'assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales au profit de la hausse du nombre de r&#233;union des comit&#233;s ex&#233;cutifs. La confiscation du pouvoir est alors effective : les assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales ne sont plus consult&#233;es pour les d&#233;cisions, ne sont plus inform&#233;s des discussions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est int&#233;ressant de noter que ces permanents et ces membres de divers bureaux allaient rapidement constituer la classe des apparatchiks, qui allait d&#233;tenir une grande part du pouvoir dans l'URSS, et encore aujourd'hui en Russie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces deux versant de la bureaucratisation ne sont qu'une part des racines de la transformation de la r&#233;volution russe en un syst&#232;me oppressif. Ce sont pourtant des faits fondamentaux, car c'est au niveau de la capacit&#233; des r&#233;volt&#233;s &#224; se cr&#233;er des institutions qui soient pour eux des outils que se joue la victoire ou la d&#233;faite d'une r&#233;volution. On voit dans le cas de la r&#233;volution russe que les r&#233;volt&#233;s ont abandonn&#233; le pouvoir dans les organisation qu'ils avaient souvent eux-m&#234;mes cr&#233;es et qu'ils avaient d&#233;velopp&#233;es justement pour lutter contre la confiscation du pouvoir au niveau des soviets et du gouvernement. Si l'intuition &#233;tait bonne (cr&#233;er de nouvelles institutions pour lutter contre celles qui sont perdues, et ne pas essayer de les &#171; reconqu&#233;rir &#187;), les probl&#232;mes n'ont pas &#233;t&#233; abord&#233; avec suffisamment d'implication pour r&#233;ussir premi&#232;rement &#224; d&#233;truire les institutions combattues ou &#224; les vider de toute valeur, deuxi&#232;mement &#224; faire que les nouvelles institutions soient la r&#233;elle courroie de transmission des aspirations r&#233;volutionnaires des r&#233;volt&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On l'a vu, cette impossibilit&#233; &#224; d&#233;truire totalement le pouvoir est bas&#233;e sur deux faits : la survivance des partis politiques et des syndicats, qui dans un processus r&#233;volutionnaire ne cherchent qu'&#224; consolider leur pouvoir, et l'incapacit&#233; des individus &#224; s'impliquer totalement dans le processus en cour.&lt;br class='autobr' /&gt;
LA REVOLUTION COMMENCE PAR SOI-MEME&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On rejoint ici la probl&#233;matique pos&#233;e par Anton Panneckoek quand il affirme que la r&#233;volution sera avant tout une r&#233;volution des esprits. Celle-ci r&#233;sulte d'un processus d'auto-&#233;ducation des masses qui apprennent en agissant, et qui d&#233;couvrent par elles-m&#234;me leurs but et les moyens d'y parvenir. Dans le cas de la r&#233;volution russe, les partis n'ont pas &#233;t&#233; syst&#233;matiquement combattus par les masses r&#233;volutionnaires, certains m&#234;mes (les bolcheviks et les socialistes-r&#233;volutionnaires de gauche) &#233;taient consid&#233;r&#233;s comme des alli&#233;s. Lourde erreur strat&#233;gique s'il en fut ! Leur prise de pouvoir en octobre a &#233;t&#233; facilit&#233;e car consid&#233;r&#233; comme une avanc&#233;e, et non comme ce qu'elle &#233;tait r&#233;ellement, une confiscation du pouvoir. Ensuite, les r&#233;volt&#233;s se sont d&#233;poss&#233;d&#233;s tous seuls de leurs capacit&#233; d'action en laissant agir des bureaucrates et des permanents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il importe de signaler que ce type de bureaucratisation n'est pas sp&#233;cifique &#224; la r&#233;volution russe, mais qu'il est la cause de bien des &#233;checs r&#233;volutionnaires qui ont travers&#233; l'histoire. La question de l'organisation des r&#233;volt&#233;s est fondamentale, et l'&#233;tude des causes d'&#233;chec des r&#233;volution une n&#233;cessit&#233;, afin d'&#233;viter de reproduire constamment les m&#234;mes erreurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;UN MAITRE MOT : LA CONTINUITE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les principes anarchosyndicalistes montrent ici toute leur int&#233;r&#234;t : Le rejet des partis politiques et l'affirmation de la n&#233;cessit&#233; de l'autonomie des r&#233;volt&#233;s peuvent nous permettre d'&#233;viter les bureaucratisations par le haut. Le refus des permanents, la rotation des mandats... sont autant de techniques qui peuvent rendre plus difficile les bureaucratisation par le bas... &#224; condition que tout cela ne reste pas des mots creux, &#224; condition donc que le maximum d'entre nous reste des participants au sens plein du terme. La question qui se pose n'est pas simplement celle de la r&#233;volte, de l'action sporadique, c'est essentiellement celle de la continuit&#233;. En p&#233;riode r&#233;volutionnaire, cette probl&#233;matique est essentielle. Osons dire qu'elle l'est tout autant maintenant : la capacit&#233; &#224; r&#233;sister &#224; l'oppression croissante tout comme celle de faire germer les conditions d'une prochaine r&#233;ussite r&#233;volutionnaire d&#233;pendent pour une bonne partie de la continuit&#233; dans l'action militante quotidienne. Hier, aujourd'hui comme demain il n'y aura pas de libert&#233; sans implication personnelle permanente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R.R.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>La plan&#232;te o&#249; tout a un prix ... sauf la vie humaine, en constante d&#233;valuation
</title>
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		<dc:subject>article_a_115
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&lt;p&gt;&#201;l&#233;mentaire, mon cher Watson me direz-vous, voil&#224; belle lurette que nous savions d&#233;j&#224;, non seulement que tout &#233;tait &#224; vendre et &#224; acheter en ce monde marchand o&#249; nous voil&#224; contraints de vivre, mais encore que la vie humaine (surtout celle des pauvres) y &#233;tait fort mal cot&#233;e, voire totalement d&#233;valu&#233;e. Pour autant, ami lecteur, m&#234;me si la d&#233;nonciation de l'&#233;tat de putr&#233;faction avanc&#233;e de notre soci&#233;t&#233; ne constitue pas, loin s'en faut, un scoop en soi, on peut parfois &#234;tre surpris par les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?rubrique51" rel="directory"&gt;Au Proche et Moyen Orient
&lt;/a&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#201;l&#233;mentaire, mon cher Watson me direz-vous, voil&#224; belle lurette que nous savions d&#233;j&#224;, non seulement que tout &#233;tait &#224; vendre et &#224; acheter en ce monde marchand o&#249; nous voil&#224; contraints de vivre, mais encore que la vie humaine (surtout celle des pauvres) y &#233;tait fort mal cot&#233;e, voire totalement d&#233;valu&#233;e. Pour autant, ami lecteur, m&#234;me si la d&#233;nonciation de l'&#233;tat de putr&#233;faction avanc&#233;e de notre soci&#233;t&#233; ne constitue pas, loin s'en faut, un scoop en soi, on peut parfois &#234;tre surpris par les r&#233;v&#233;lations &#171; croustillantes &#187; que nous r&#233;serve ce qu'il est convenu d'appeler l'actualit&#233;. Noy&#233;s sous une avalanche d'informations de peu d'int&#233;r&#234;t, ces faits tragico-anecdotiques m&#233;ritent que l'on s'y attarde : ils d&#233;voilent souvent la distance ph&#233;nom&#233;nale qui s&#233;pare les discours m&#233;diatiques et moralisateurs de nos dirigeants, de leurs basses pratiques r&#233;elles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, la presse britannique (un num&#233;ro du Times du mois d'octobre) nous apprend que, selon des sources fiables, les 10 soldats fran&#231;ais tu&#233;s en Afghanistan en juin 2008 dans une embuscade (dont on a beaucoup parl&#233;) seraient morts parce que leurs chefs n'auraient pas jug&#233; bon (souci d'&#233;conomie ou pur d&#233;sir de gloire ?) de payer la somme n&#233;cessaire au seigneur de guerre local pour avoir le droit de sortir un peu de leurs bases-forteresses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
LA COMBINAZIONE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Italiens, qui avaient en charge ce secteur avant leur remplacement par les Fran&#231;ais, auraient, quant &#224; eux, vers&#233; des contributions au chef taliban, ce qui leur permettait de vaquer &#224; leurs occupations dans une relative qui&#233;tude. La &#171; consigne-combine &#187; a-t-elle &#233;t&#233; transmise aux nouveaux arrivants ? Les Fran&#231;ais ont ils voulu s'y soustraire ? Bien s&#251;r les gouvernements et &#233;tats-majors italiens et fran&#231;ais ont d&#233;menti ces informations &#171; sans fondement &#187; lanc&#233;es par la perfide presse britannique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces assertions ont toutefois de fortes chances d'&#234;tre vraies et contribuent &#224; &#233;clairer d'une lumi&#232;re assez crue la pi&#232;tre situation politico-militaire de nos &#171; crois&#233;s occidentaux &#187;. L'aviation bombarde la population civile en perp&#233;trant de v&#233;ritables massacres, pendant que l'infanterie, pratiquement assi&#233;g&#233;e dans ses forteresses, ne peut effectuer de paisibles sorties que si elle s'est acquitt&#233;e du droit de passage. Dans ces conditions, la &#171; glorieuse mission civilisatrice &#187; confi&#233;e &#224; la croisade, on le pressent d&#233;j&#224; fortement, ne pourra &#234;tre remplie : les promesses de &#171; d&#233;mocratie &#187;, de &#171; modernit&#233; &#187; ou &#171; d'&#233;radication du terrorisme et du f&#233;odalisme &#187; se d&#233;gonflent les unes apr&#232;s les autres comme autant de baudruches. Quand les soldats sont contraints de monnayer leur survie, c'est que la d&#233;faite n'est plus loin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, comme dans toutes les guerres, alors que l'issue ne fait plus de doute et que l'on sait pertinemment qui a perdu, on joue les prolongations. Tandis qu'on pr&#233;pare en catimini des plans de d&#233;sengagement, que l'on astique en douce les trompettes qui sonneront bient&#244;t la retraite, la boucherie continue de plus belle. Les dirigeants occidentaux persistent &#224; proclamer haut et fort que que cette guerre est n&#233;cessaire et justifi&#233;e, alors qu'ils savent fort bien que la partie est d'ores et d&#233;j&#224; perdue. Pendant que discr&#232;tement au frais et &#224; l'ombre, d'importantes n&#233;gociations s'appr&#234;tent apr&#232;s d'&#226;pres pourparlers, &#224; payer le prix de la paix en valeurs s&#251;res, des gens &#171; sans importance &#187; meurent dans de grandes souffrances et en plein soleil : ils payent le prix de la guerre avec leur seule richesse, leur sang.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces n&#233;gociations de &#171; sortie de guerre &#187;, ces tractations en vue d'une paix possible peuvent parfois durer longtemps, d'autant plus longtemps que pour ceux qui ne sont pas sous les bombes rien ne presse et qu'il convient de songer d&#233;j&#224; aux futurs conflits, aux prochains march&#233;s, aux prochaines opportunit&#233;s qu'il ne faudrait pas manquer. L'industrie d'armement a naturellement horreur du vide, ne supporte pas les pauses si pr&#233;judiciables aux &#233;normes b&#233;n&#233;fices qu'elle engrange. Pour elle, la paix, c'est mortel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le commerce n'est jamais &#233;quitable ni moral, mais c'est avec le trafic d'armes international (au niveau inter-&#233;tatique entre autres) que l'on atteint les sommets de l'ignominie et que bien souvent, au d&#233;tour de p&#233;rip&#233;ties scabreuses li&#233;es &#224; ces deals d'un genre sp&#233;cial, nos aimables dirigeants laissent tomber le masque et r&#233;v&#232;lent leur vrai visage : ceux de gangsters de la pire esp&#232;ce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'ATTENTAT DE KARACHI&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avions entendu parler de l'affaire des ventes de fr&#233;gates &#224; Ta&#239;wan, de l'Angolagate (rappelons que la guerre civile en Angola a fait plus de deux millions de victimes et a rapport&#233; des millions de dollars &#224; d'honorables industriels et politiciens connus). Mais la presse fran&#231;aise (Lib&#233;ration du 18 oct) s'est faite l'&#233;cho d'une enqu&#234;te commenc&#233;e il y a des ann&#233;es sur l'attentat de Karachi (Pakistan) qui avait co&#251;t&#233; la vie &#224; 11 techniciens et ing&#233;nieurs de la DCN (Direction de la construction navale) en mai 2002.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On apprend &#224; la lecture de ces articles que le commerce des armes entre &#201;tats ob&#233;it &#224; des lois tacites qu'il est extr&#234;mement hasardeux d'enfreindre : ainsi, le vendeur (en l'occurrence la France qui vendait trois sous-marins &#224; la marine pakistanaise) se doit de payer une commission rondelette aux acheteurs (d&#233;cideurs politiques et militaires pakistanais de haut rang) pour les remercier en quelque sorte d'avoir pr&#233;f&#233;r&#233; la qualit&#233; &#171; made in France &#187; &#224; la concurrence. Mais l'octroi de ces commissions vers&#233;es aux acheteurs s'accompagne d'une clause de r&#233;tro-commission : l'acheteur &#224; son tour doit reverser une partie de la somme touch&#233;e au vendeur. Chor&#233;graphie commerciale des plus d&#233;licates quand les sommes en jeu atteignent cette importance et que les partenaires ne sont pas tous de bonne foi : en ce genre de n&#233;goce (comme ailleurs) les tentations sont fortes de duper l'autre partie. Dans l'affaire de Karachi, le faux-pas, l'entourloupe viendra du c&#244;t&#233; fran&#231;ais. Le contrat de vente est sign&#233; en 1994, l'&#233;ch&#233;ancier court jusqu'en 2008. Or, en 1995 la campagne &#233;lectorale bat son plein et une lutte fratricide oppose chiraquiens et balladuriens (ces derniers manquent cruellement de fonds pour financer la campagne de ce &#171; cher &#201;douard &#187;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;COMMISSIONS ET RETROCOMMISSIONS&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but du contrat, les commissions sont r&#233;guli&#232;rement vers&#233;es aux g&#233;n&#233;raux pakistanais, puis brutalement, la &#171; french connection &#187; s'arr&#234;te de fonctionner. Les versements sont bloqu&#233;s. Sont-ils bloqu&#233;s sur ordre du ministre farouchement balladurien &#224; l'&#233;poque du budget (un certain Sarkozy) ? Ces fonds occultes servent-ils &#224; financer la campagne d'&#201;douard Balladur ? En l'&#233;tat actuel de l'enqu&#234;te, on ne peut rien affirmer, mais, ce qui est s&#251;r, c'est que les effluves des arri&#232;res-cuisines de la d&#233;mocratie n'y gagnent pas en fra&#238;cheur. Il est &#233;galement certain que ceux qui ont pris cette d&#233;cision savaient qu'elle &#233;tait dangereuse ; mais la conqu&#234;te du pouvoir justifie tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lass&#233;es d'attendre les sommes promises qui n'arrivent pas, les g&#233;n&#233;raux pakistanais d&#233;cident de frapper les int&#233;r&#234;ts fran&#231;ais, en l'occurrence un bus transportant des employ&#233;s de la DCN. La police arr&#234;te rapidement deux soi-disant terroristes, qui avouent sous la torture &#234;tre les auteurs de l'attentat. Apr&#232;s quelques ann&#233;es de prison, la justice pakistanaise d&#233;montre que ces hommes ne sont absolument pas coupables, les lib&#232;re et commence &#224; montrer du doigt les g&#233;n&#233;raux et leurs services.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les repr&#233;sailles pakistanaises auraient entra&#238;n&#233; (toujours selon Lib&#233;ration) des contre-repr&#233;sailles fran&#231;aises : des militaires pakistanais de haut rang, commanditaires de l'attentat, auraient &#233;t&#233; touch&#233;s par des tirs d'agents de la DGSE (Direction g&#233;n&#233;rale de la s&#233;curit&#233; ext&#233;rieure).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un refus de payer se traduit par un rappel &#224; l'ordre sous forme de repr&#233;sailles sanglantes qui entra&#238;nent elles-m&#234;me des contre-repr&#233;sailles. Rien ne permet de distinguer ce genre de r&#232;glement de comptes inter-&#233;tatiques de ceux des clans mafieux. La r&#233;solution est parfaitement identique : en cas de non paiement des dettes, il faut payer le prix du sang et le sang vers&#233; appelle la vengeance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est vrai qu'en bien des pays on se demande o&#249; finit l'&#201;tat et ou commence la mafia. Les &#201;tats sont en fait des mafias qui ont r&#233;ussi au-del&#224; de toute esp&#233;rance, et leurs chefs des criminels qui sont directement responsables des centaines de milliers de mort que co&#251;tent leurs guerres destructrices mais si profitables pour leurs amis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les jeux sanglants du capitalisme international nous prouvent encore une fois qui si dans ce monde tout se vend et tout s'ach&#232;te, l'article qui a le moins de valeur pour tous ceux qui commandent, l&#233;gif&#232;rent, exploitent, de quelque pays qu'ils soient, c'est bien la vie humaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encore convient-il de nuancer cette affirmation : en ce monde, la mort des uns p&#232;se beaucoup plus lourd que la mort des autres. Ainsi, le gouvernement am&#233;ricain (appuy&#233; par ses alli&#233;s) n'a pas h&#233;sit&#233;, pour &#171; venger &#187; la disparition de 3 000 de ses concitoyens, &#224; massacrer des centaines de milliers de personnes en Irak et en Afghanistan...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;UN GENDARME = 20 ENFANTS&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et en dehors de tout contexte guerrier, dans notre douce France, pays de l'&#201;galit&#233; de tous devant la loi, la mort des flics continue &#224; peser beaucoup plus lourd dans la balance de la justice que la mort des jeunes. Dans un village des Ardennes, le 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; janvier 2007, un jeune sous l'emprise de l'alcool avait &#233;cras&#233; un gendarme : il vient d'&#233;coper de 30 ans de prison dont 20 incompressibles. En juillet 2007, des policiers avaient &#233;cras&#233; un enfant de Marseille qui traversait la rue sur un passage prot&#233;g&#233;. Verdict, 18 mois avec sursis&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'enqu&#234;te de l'inspection de la police a d&#233;montr&#233; que le v&#233;hicule des flics (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gargamel&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;L'enqu&#234;te de l'inspection de la police a d&#233;montr&#233; que le v&#233;hicule des flics &#233;tait en grave exc&#232;s de vitesse, sans aucune raison de service. A ce tarif, la vie d'un gendarme vaut 20 fois plus que celle d'un enfant.&#8200;Sans m&#234;me tenir compte du sursis, bien s&#251;r.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>Proc&#232;s AZF : une vraie justice de classe
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		<dc:subject>A la une
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		<description>
&lt;p&gt;une vraie justice de classe &lt;br class='autobr' /&gt;
Le 19 novembre 2009. Toulouse. Dans l'immense salle de bal &#171; Mermoz &#187; am&#233;nag&#233;e pour l'occasion en tribunal, il semble y avoir plus de flics en civil que d'habitants. Manifestement, on ne le a pas fait venir pour rien : la police conna&#238;t le r&#233;sultat avant tout le monde. L'administration a pris sa d&#233;cision dans le jugement de l'affaire AZF et l'autorit&#233; judiciaire rend son verdict. &lt;br class='autobr' /&gt; Une surprise ? Non, pas vraiment. Conforme et fid&#232;le &#224; elle m&#234;me, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?rubrique146" rel="directory"&gt;AZF
&lt;/a&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;une vraie justice de classe&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 19 novembre 2009. Toulouse. Dans l'immense salle de bal &#171; Mermoz &#187; am&#233;nag&#233;e pour l'occasion en tribunal, il semble y avoir plus de flics en civil que d'habitants. Manifestement, on ne le a pas fait venir pour rien : la police conna&#238;t le r&#233;sultat avant tout le monde. L'administration a pris sa d&#233;cision dans le jugement de l'affaire AZF et l'autorit&#233; judiciaire rend son verdict.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Une surprise ? Non, pas vraiment. Conforme et fid&#232;le &#224; elle m&#234;me, l'administration judiciaire rend justice, et quelle justice ! Une vraie justice de classe : relaxe TOTALe sur toute la ligne !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	De sa voix monocorde et monotone le pr&#233;sident du tribunal annonce : La taille et l'importance de l'explosion ont d&#233;truit les preuves &#233;ventuelles. Malgr&#233; les nombreux dysfonctionnements dans l'entreprise, on ne peut exclure la th&#232;se de l'accident, c'est l'option forte (selon le pr&#233;sident). L'absence de preuve ne permet pas de confirmer cette version. On ne peut pas, non plus, formellement, dit-il, &#233;carter la th&#232;se de l'acte volontaire (attentat), c'est l'option faible (selon le pr&#233;sident), il a, donc, &#233;t&#233; d&#233;cid&#233; au b&#233;n&#233;fice (&#171; b&#233;n&#233;fice &#187;, un mot si cher &#224; Total) du doute, de relaxer aussi bien le PDG que l' entreprise Grande Paroisse. Quant &#224; TOTAL et son PDG, le bien nomm&#233; &#171; des Marais &#187;, ils ont &#233;t&#233; mis hors de cause, d'entr&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	A l'&#233;nonc&#233; du verdict,dans la salle, c'est la stupeur. Quelques r&#233;actions spontan&#233;es de col&#232;re &#233;clatent. Le pr&#233;sident &#034;invite&#034; ceux qui veulent manifester &#224; le faire dehors. Il y a quelques applaudissements, aussi, dans le public, et on se demande encore ou, certains ont pu trouver des raisons de se r&#233;jouir apr&#232;s une catastrophe pareille, m&#234;me 8 ans apr&#232;s, et m&#234;me s'il avaient pu se sentir mis en cause pendant le proc&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Rapidement, de nombreuses personnes sortent. A l'ext&#233;rieur, la meute de journaleux est &#224; l'&#339;uvre. Elle s'est ru&#233;e comme un seul homme pour ne rien rater de l'&#233;loquente d&#233;claration d'indignation et de col&#232;re d'un d&#233;l&#233;gu&#233; syndical port&#233; partie civile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Les gens, eux, les parties civiles, ceux qui ont perdu un proche, ceux qui sont handicap&#233;s &#224; vie ainsi qu'une une grand partie du public, sont partag&#233;s entre tristesse et d&#233;ception. On avait tellement parl&#233; de l'affaire AZF dans les journaux qu'ils y avaient cru. Et, il me semble bien que le sentiment de ne pas comprendre domine. M&#234;me si certaines personnes ont, vivement, r&#233;agi &#224; l'&#233;nonc&#233; du verdict, la plupart des gens me parait plut&#244;t choqu&#233; par le fait que la confiance, voire la foi, qu'ils avaient dans la &#171; justice &#187; est fortement &#233;branl&#233;e. Nous devrions &#234;tre pourtant habitu&#233;s &#224; sa cl&#233;mence envers des personnages &#171; de la haute &#187; (affaires d'argent, de corruption, de m&#339;urs, ou lien avec le grand banditisme). Mais eux, les victimes d'AZF, ils viennent de faire connaissance avec la justice. Celle-ci n'est pas concern&#233;e par les verdicts coercitifs qu'elle est cens&#233;e dispenser &#224; tous ceux qui sont cens&#233;s &#234;tre &#233;gaux devant elle, lorsque, sur le banc des pr&#233;venus, sont assis des chefs d'entreprises et leurs principaux lieutenants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Pour faire passer le malaise du 1&#176; verdict, un an de patience va &#234;tre n&#233;cessaire et la justice lancera le proc&#232;s en appel. Sur le coup, j'ai pens&#233; qu'il y aurait appel ; les avocats ne pouvant pas laisser passer &#231;a. Quelques jours apr&#232;s, je lis en premi&#232;re page du journal local : &#171; Le parquet fait appel &#187;. Apr&#232;s r&#233;flexion, je me dis que cela ressemble bien &#224; de la manipulation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Le parquet fait mine de se mettre du c&#244;t&#233; des victimes et leur &#233;pargne ainsi la peine de faire appel elle- m&#234;mes, c'est une bonne fa&#231;on de faire pour que les gens continuent &#224; croire que la justice se fera. La diff&#233;rence, c'est que la prochaine fois, ils seront moins surpris. C'est la technique de l'usure progressive pratiqu&#233;e par toutes les administrations, surtout quand elles ont tort. Et, s'il y avait une condamnation, si minime soit-elle, m&#234;me symbolique, elle permettrait de faire bonne mesure contre la d&#233;ception et d'amortir le choc du verdict de premi&#232;re instance. &lt;br class='autobr' /&gt; Si d'un point de vue juridique et &#171; moral &#187;, &#234;tre relax&#233; au b&#233;n&#233;fice du doute n'est pas une victoire car cela laisse planer le doute ; dans les faits, cela constitue bien une &#233;norme victoire pour Total, si l'on peut s'exprimer ainsi. La justice de classe ne s'y est, d'ailleurs, pas tromp&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Mais, pour ce que j'en ai entendu, les gens ont, aussi, compris que politiquement, la d&#233;cision prise ouvre, d&#233;finitivement, la voie &#224; l'exploitation sauvage et sans retenue. L'impunit&#233; est, d&#233;j&#224;, globalement, acquise. L'arm&#233;e d'avocats, sans scrupules, dont savent s'entourer les capitalistes ne manquera pas, le cas &#233;ch&#233;ant, de rappeler aux tribunaux la r&#233;f&#233;rence AZF, en mati&#232;re jurisprudentielle, pour se tirer d'affaires &#224; moindres frais, si par cas les prochains scandales ne sont pas &#233;touff&#233;es d&#232;s le d&#233;part !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Mais, il y a lieu de ne pas s'&#233;tonner. La justice de classe ne tergiverse pas avec l'essentiel. Jamais !&lt;br class='autobr' /&gt; H.R.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>LA VERITE HISTORIQUE, PREMIERE VICTIME DU NATIONALISME
</title>
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		<description>
&lt;p&gt;Ernest Renan,le grand mystificateur &lt;br class='autobr' /&gt;
Joseph-Ernest Renan (1823-1892) &#233;tait quelque peu tomb&#233; dans l'oubli. Le d&#233;bat du jour le tire de l'ombre. Il redevient une r&#233;f&#233;rence, celle dont se revendiquent ouvertement des politiciens de haut vol comme Alain Jupp&#233;. Renan, ancien s&#233;minariste devenu rapidement, apr&#232;s quelques frictions avec Napol&#233;on III, l'historien pour ainsi dire officiel de l'&#201;tat, a au moins un avantage : son cynisme est tel qu'il n'y va pas par quatre chemins pour &#171; l&#226;cher (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?rubrique85" rel="directory"&gt;Nationalisme / Identit&#233; / Religion
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?mot90" rel="tag"&gt;article_a_115
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ernest Renan,le grand mystificateur&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Joseph-Ernest Renan (1823-1892) &#233;tait quelque peu tomb&#233; dans l'oubli. Le d&#233;bat du jour le tire de l'ombre. Il redevient une r&#233;f&#233;rence, celle dont se revendiquent ouvertement des politiciens de haut vol comme Alain Jupp&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir par exemple le site de jupp&#233;&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Renan, ancien s&#233;minariste devenu rapidement, apr&#232;s quelques frictions avec Napol&#233;on III, l'historien pour ainsi dire officiel de l'&#201;tat, a au moins un avantage : son cynisme est tel qu'il n'y va pas par quatre chemins pour &#171; l&#226;cher le morceau &#187;. Dans &#171; Qu'est-ce qu'une nation ? &#187;, conf&#233;rence prononc&#233;e en 1882, il ne se g&#232;ne pas pour &#233;crire : &#171; L'oubli, et je dirai m&#234;me l'erreur historique, sont un facteur essentiel de la cr&#233;ation d'une nation, et c'est ainsi que le progr&#232;s des &#233;tudes historiques est souvent pour la nationalit&#233; un danger &#187;. On ne saurait &#234;tre plus clair...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Renan, v&#233;ritable &#171; saint &#187; de la troisi&#232;me r&#233;publique, s'affirme partisan, pour les besoins de la cause, de &#171; l'erreur historique &#187;, ce pourquoi on peut lui d&#233;cerner le titre de &#171; P&#232;re du r&#233;visionnisme historique d&#233;complex&#233; &#187;. Aujourd'hui comme hier, ce r&#233;visionnisme permet au Pouvoir de continuer de travestir la v&#233;rit&#233; historique, de la faire entrer dans le moule qui lui convient, et de justifier ainsi son id&#233;ologie et sa pratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Chantre du mensonge officiel, Renan fut le premier historien post&#233;rieur &#224; la R&#233;volution Fran&#231;aise &#224; remettre en selle, en tant que piliers de la &#171; nation moderne &#187;, ceux qu'il nommait avec tendresse les &#171; personnages du pass&#233; &#187;. A sa suite, l'&#233;cole de la troisi&#232;me r&#233;publique int&#233;grera toute une brochette de psychopathes royaux (et quelques uns de leurs plus c&#233;l&#232;bres laquais) dans l'imagerie h&#233;ro&#239;que de la France. Par ce coup de baguette magique, les brutes couronn&#233;es et leurs larbins devenaient, dans les livres scolaires, des h&#233;ros qui auraient fond&#233; la patrie fran&#231;aise et se seraient sacrifi&#233;s pour elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Les falsifications historiques vomies par Renan ont &#233;t&#233; la source &#224; laquelle, &#224; la fin du XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, s'est abreuv&#233;e avec d&#233;lectation cette bourgeoisie revancharde qui venait de massacrer les Communards. Les th&#233;ories de Renan lui permettaient de faire coup double, d'une part en donnant un contenu clairement chauvin et r&#233;actionnaire &#224; une R&#233;publique qui venait de s'installer par d&#233;faut&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;la chute de Napol&#233;on III, la r&#233;publique fut institu&#233;e de fa&#231;on provisoire (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, d'autre part, en contrant l'&#233;mergence du mouvement ouvrier internationaliste gr&#226;ce &#224; l'utilisation de cette version nationaliste de l'histoire. Deux attitudes qui allaient directement conduire &#224; la boucherie sanglante de 1914/1918.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	L'essentiel de la falsification historique voulue par Renan et ses successeurs porte sur la R&#233;volution fran&#231;aise. Tout leur travail consiste &#224; masquer la &#171; rupture &#233;pist&#233;mologique &#187; que repr&#233;sente cette p&#233;riode et &#224; la pr&#233;senter comme un simple prolongement du cours ant&#233;rieur de l'histoire. Ainsi en est-il de l'id&#233;e de Nation, qui apparue d&#232;s le d&#233;but de la R&#233;volution, va &#234;tre vid&#233;e de son sens par nos historiens et politiciens r&#233;visionnistes et d&#233;form&#233;e jusqu'&#224; signifier le contraire de son sens premier. En effet, quand le terme Nation fait irruption dans le d&#233;bat politique en 1789, il d&#233;signe clairement la collectivit&#233; form&#233;e par tous les individus, &#233;gaux entre eux, et de ce fait, la seule instance politique l&#233;gitime dans un pays. L'id&#233;e de Nation se construit en opposition totale au pouvoir d'un seul (ou d'une petite caste), en opposition donc &#224; la tyrannie qu'ont pr&#233;cis&#233;ment d&#233;fendu les Jeanne d'Arc, les Charles Martel et autres &#171; personnages du pass&#233; &#187; lors des si&#232;cles d'oppression f&#233;odale et monarchique, en opposition totale &#224; cette id&#233;ologie qui permettait &#224; n'importe quel cr&#233;tin (pourvu qu'il fusse couronn&#233;) d'affirmer : &#171; L'&#201;tat, c'est moi ! &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Ainsi, pendant la R&#233;volution Fran&#231;aise, on pouvait fort bien &#234;tre &#233;tranger, &#234;tre n&#233; loin du territoire fran&#231;ais, et &#234;tre imm&#233;diatement int&#233;gr&#233; dans la Nation. C'est pourquoi des hommes et des femmes de tous les pays se retrouv&#232;rent en France, d&#233;s 1789, &#224; d&#233;lib&#233;rer, &#224; d&#233;cider et &#224; agir pour les id&#233;aux r&#233;volutionnaires. A partir de 1792, il y eut m&#234;me des bataillons entiers form&#233;s par les nombreux &#233;trangers d&#233;sireux de combattre sous les drapeaux de la Nation. On ne parlait pas alors de &#171; brigades internationales &#187; mais de &#171; L&#233;gions &#187; : L&#233;gions Belges, L&#233;gion Franche &#201;trang&#232;re Batave (Hollandais), L&#233;gion des Allobroges, L&#233;gion Germanique, L&#233;gion des Am&#233;ricains (Antillais et habitants m&#233;tis ou blanc des colonies), etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Ces faits sont aussi remarquables qu'il sont peu connus. Et pour cause : ils g&#234;nent les historiographes nationalistes, pr&#233;occup&#233;s d'&#233;laborer leur mystification x&#233;nophobe. Ils g&#234;nent tout autant l'&#233;cole historique marxiste qui, les oeill&#232;res du mat&#233;rialisme dialectique bien riv&#233;es, n'a jamais voulu voir dans la R&#233;volution fran&#231;aise que son expression bourgeoise. Il est vrai que l'existence des L&#233;gions belges, germaniques ou am&#233;ricaines prouve que la conscience internationaliste n'a pas attendu la th&#233;orie de Marx et la pratique de L&#233;nine pour se manifester de fa&#231;on concr&#232;te !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Cette caract&#233;ristique du conflit fondateur de la Nation fran&#231;aise est renforc&#233;e par un deuxi&#232;me &#233;l&#233;ment qui vient compl&#233;ter clairement la signification en contrepoint : tout comme on pouvait &#234;tre &#233;tranger et membre de la Nation, on pouvait tout aussi bien bien &#234;tre fran&#231;ais de souche, n&#233; sur le territoire et appartenir au parti de l'&#233;tranger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;la fronti&#232;re : fracture id&#233;ologique et non r&#233;alit&#233; territoriale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	En effet, si des esprits &#233;clair&#233;s sont venus d'Europe et des Am&#233;riques pour d&#233;fendre la R&#233;volution, &#224; l'inverse des membres &#233;minents de la noblesse, de l'&#233;glise et des milieux affairistes, tous &#171; Fran&#231;ais de souche &#187; ont fui en masse le pays &#224; partir de la prise de la Bastille&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Trois jours apr&#232;s, le 17 juillet 1789, le comte d'Artois, fr&#232;re du roi (et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ceci nous montre o&#249; se situe la v&#233;ritable fracture : non pas entre lieu de naissance, non pas entre territoires g&#233;ographiques (d'un cot&#233; du Rhin ou de l'autre) , non pas entre &#171; cultures &#187; (culture fran&#231;aise contre culture allemande...), mais bien entre int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques et de pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	La France de la R&#233;volution n'avait donc pas de probl&#232;me avec les personnes n&#233;es hors de France. Elle en avait de s&#233;rieux avec toutes celles qui, selon l'expression des sans-culottes, formaient le &#171; parti de l'&#233;tranger &#187;, parti d&#233;sign&#233; ainsi parce qu'il se regroupait sans vergogne autour des despotes r&#233;gnant &#224; l'&#233;tranger&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Certains lecteurs ont peut &#234;tre entendu parler de Rivarol, une feuille qui (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Un parti qui re&#231;ut la participation massive de &#171; Fran&#231;ais de souche &#187; : on &#233;value &#224; un million, chiffre &#233;norme pour l'&#233;poque, le nombre de nobles, de riches et de cur&#233;s qui n'h&#233;sit&#232;rent pas &#224; d&#233;serter le territoire fran&#231;ais pour revenir l'attaquer avec les arm&#233;es royales &#233;trang&#232;res&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir A. Soboul, Dictionnaire historique de la R&#233;volution fran&#231;aise. Ajoutons (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;les nouveaux &#233;migr&#233;s&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	L'histoire dit-on a tendance &#224; se r&#233;p&#233;ter. Parfois sous forme de farce. Apr&#232;s avoir connu l'&#233;migration de la noblesse, revenue avec Louis XVIII dans les paquets des arm&#233;es &#233;trang&#232;res piller de nouveau le territoire dit national, voici que nous sommes menac&#233;s de l'&#233;migration des... footballeurs. Le lien entre les deux &#233;migrations n'est pas qu'apparent, et les th&#233;ories r&#233;visionnistes des &#233;mules de Renan sont l&#224; pour masquer le scandale que constitue l'une comme l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Alors que le slogan politicien affirme -ce que beaucoup de gens croient- que &#171; Les plus pauvres ne payent pas d'imp&#244;t &#187;, en France, m&#234;me les rmistes, tout comme les retrait&#233;s aux pensions les plus minables, les &#233;tudiants aux bourses ridicules, et les sans-papiers les mieux cach&#233;s payent des imp&#244;ts tous les jours&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;...car ils ne sont pas exon&#233;r&#233;s d'imp&#244;ts indirects. Quand un rmiste ach&#232;te (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;... A contrario, les politiciens s'en vantent moins, ils ont vot&#233; des &#171; niches fiscales &#187; qui permettent aux plus riches de ne pas payer d'imp&#244;ts directs (ou de n'en payer que sur une fraction de leur revenu). Les joueurs professionnels de football, dont le salaire moyen tourne autour de 500 000 euros annuels, jouissent de ce privil&#232;ge. Or, voici qu'un inconscient a envisag&#233; de leur faire payer des imp&#244;ts, comme &#224; la masse de la population, sur la totalit&#233; de leur revenus. Quels cris d'effroi n'avons-nous pas entendus ! Et quelle menace ! Celle d'un &#171; nouvel exode massif vers l'&#233;tranger des meilleurs joueurs du championnat. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Un exode massif vers l'&#233;tranger ? Bigre, cela nous en rappelle, des choses !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Soulignons d'abord que cette menace d'&#233;migration massive &#233;mane d'un milieu qui vit de la promotion d'un chauvinisme sportif identitaire qui englobe jusqu'&#224; la couleur du slip ; qu'elle provient directement de gens qui composent l'&#233;quipe dite &#171; de France &#187; et qui font profession de chanter au garde &#224; vous, en regardant le drapeau bleu-blanc-rouge &#171; droit dans les yeux &#187;, devant des millions de personnes, l'hymne national. En plein d&#233;bat sur l'identit&#233; nationale on mesure le peu de sinc&#233;rit&#233; de l'establishment : alors qu'il s'&#233;tait lev&#233; comme un seul homme pour fustiger cruellement le public qui avait, par jeu, siffl&#233; la Marseillaise, pas un seul dignitaire du r&#233;gime n'a d&#233;nonc&#233; quelque chose qui devrait &#234;tre bien plus grave &#224; ses yeux et tirant bien plus &#224; cons&#233;quence (s'il avait la moindre honn&#234;tet&#233;) : une atteinte aux plus sacr&#233;s des devoirs, celui de verser, comme tout le monde, sa contribution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	L'anecdote ridicule des tapeurs de ballon qui menacent, comme un seul homme, d'aller faire joujou ailleurs et, surtout, le silence complice qui accueille leur caprice nous r&#233;v&#232;le on ne peut plus clairement la v&#233;ritable fonction du nationalisme : masquer, sous des mots creux, l'indignit&#233; pass&#233;e, pr&#233;sente et &#224; venir des privil&#233;gi&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Le principal pilier de la vie en soci&#233;t&#233; c'est la fraternit&#233;, la solidarit&#233;, sans cela, tout le reste n'est que mensonge et hypocrisie. Ceux qui sont tromp&#233; par les nationalismes d&#233;fendent en r&#233;alit&#233; des privil&#233;gi&#233;s qui agitent leurs drapeaux nationaux (ou r&#233;gionaux) pour mieux d&#233;tourner l'attention et tirer des profits &#233;go&#239;stes. Hier comme aujourd'hui, il est notoire que ceux qui, &#224; cause de leur rapacit&#233;, sont en dehors des valeurs fondamentales de la soci&#233;t&#233; humaine (de ce que les sans-culottes appelaient la Nation) ce ne sont pas les &#171; &#233;trangers &#187; mais bien les riches, les patrons, les profiteurs de tous poils et leurs complices.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;G. Babeuf&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; INTEGRISME &amp; NATIONALISME &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au moment, ou l'on parle beaucoup, en France, tour &#224; tour, de l'int&#233;grisme religieux et de l'identit&#233; nationale, je tiens &#224; souligner que c'est bien le nationalisme que le pouvoir pl&#233;biscite au travers de cette fumeuse id&#233;e d'identit&#233; nationale. Et, il ne peut pas y avoir de doute sur le fait que le nationalisme est bien lui-m&#234;me un int&#233;grisme. Car comme tout int&#233;grisme, il est un vecteur de fanatisme, parce qu'il est violemment excessif et injuste ; il est un vecteur qui g&#233;n&#232;re des clich&#233;s sommaires, parce qu'il facilite l'existence d'une mentalit&#233; s&#233;curitaire ; il est un vecteur d'ignorance, parce qu'il occulte la v&#233;rit&#233; de la r&#233;alit&#233; ; il est un vecteur de haine, parce qu'il engendre l'intol&#233;rance et la peur, donc, la violence, une violence qui servira toujours le pouvoir en place. Et de plus, le nationalisme rev&#234;t, aussi, un caract&#232;re fondamentalement religieux, car, il est, de par sa nature d&#233;magogique, appel&#233; &#224; &#234;tre &#233;lev&#233; au rang du sacr&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt; Cette superstition est l'ennemie de tous les hommes libres, car, elle exalte le r&#233;flexe r&#233;actionnaire en faisant appel &#224; l'&#233;motionnel pour r&#233;veiller les pulsions primaires telles que, par exemple, l'esprit gr&#233;gaire. Sa devise pourrait &#234;tre : A chacun son drapeau, &#224; chacun sa haine. Tous ceux qui savent qu'il y a d'autres mani&#232;res d'exister que par la haine doivent rejeter toute complicit&#233; avec le nationalisme.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir par exemple le site &lt;a href=&#034;http://www.al1jup.com/?p=631&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;de jupp&#233;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;la chute de Napol&#233;on III, la r&#233;publique fut institu&#233;e de fa&#231;on provisoire par une assembl&#233;e monarchiste qui n'arrivait pas &#224; se mettre d'accord entre elle. Moyennant quoi, cette Troisi&#232;me r&#233;publique fut la plus longue de l'histoire de France&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Trois jours apr&#232;s, le 17 juillet 1789, le comte d'Artois, fr&#232;re du roi (et lui m&#234;me futur roi, sous le nom de Charles X), passait &#224; l'&#233;tranger sans oublier d'emporter tout ce qu'il pouvait de sa fortune&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Certains lecteurs ont peut &#234;tre entendu parler de Rivarol, une feuille qui se veut l'hebdomadaire de l'&#171; opposition nationale et europ&#233;enne &#187; et soutient r&#233;guli&#232;rement le Front National. Ce p&#233;riodique, adepte du slogan &#171; La France ou on l'aime ou on la quitte &#187; fait semblant d'oublier que le c&#233;l&#232;bre pamphl&#233;taire royaliste dont il tire son nom ... a quitt&#233; la France en 1792, comme quoi, il ne devait pas l'aimer tant que &#231;a...&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir A. Soboul, Dictionnaire historique de la R&#233;volution fran&#231;aise. Ajoutons que c'est pr&#233;cis&#233;ment pour avoir soutenu ce &#171; parti de l'&#233;tranger &#187;que Louis XVI, n&#233; fran&#231;ais de souche, a &#233;t&#233; guillotin&#233; en 1793.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;...car ils ne sont pas exon&#233;r&#233;s d'imp&#244;ts indirects. Quand un rmiste ach&#232;te des carottes, il verse 5,5 % du prix dans les caisses de l'&#201;tat, et, s'il s'ach&#232;te une chemise, 19,6 % !&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>PENDANT QUE LES NATIONALISTES SERBES TUENT DES VISITEURS, L'ETAT SERBE EMPRISONNE DES MILITANTS OUVRIERS
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&lt;p&gt;Comme notre journal vous en a inform&#233; dans sa pr&#233;c&#233;dente &#233;dition, 6 de nos compagnons anarchosyndicalistes sont prisonniers, dans les ge&#244;les du pouvoir serbe depuis le 4 septembre 2009. Apr&#232;s un premier mois d'enfermement, les accusations port&#233;es contre eux (et leur qualification juridique) ont &#233;t&#233; maintenues. Ils sont donc toujours d&#233;tenus, &#224; ce que nous en savons pour l'heure, dans un lieu tenu rigoureusement secret. Nos compagnons sont emprisonn&#233;s sous l'accusation de terrorisme (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Comme notre journal vous en a inform&#233; dans sa pr&#233;c&#233;dente &#233;dition, 6 de nos compagnons anarchosyndicalistes sont prisonniers, dans les ge&#244;les du pouvoir serbe depuis le 4 septembre 2009. Apr&#232;s un premier mois d'enfermement, les accusations port&#233;es contre eux (et leur qualification juridique) ont &#233;t&#233; maintenues. Ils sont donc toujours d&#233;tenus, &#224; ce que nous en savons pour l'heure, dans un lieu tenu rigoureusement secret. Nos compagnons sont emprisonn&#233;s sous l'accusation de terrorisme international suite &#224; des d&#233;gradations qu'ils auraient commis et qui sont des actes, somme toutes tr&#232;s futiles, qu'ils ont, par ailleurs, farouchement ni&#233;. La r&#233;alit&#233; de la r&#233;pression qu'ils subissent a d'autres fondements. Les faits qui leur sont reproch&#233;s, sans preuves, et les mesures r&#233;pressives disproportionn&#233;es, dont ils font l'objet, prouvent qu'il s'agit d'un pr&#233;texte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Ceci illustre, parfaitement, l'arbitraire de la r&#233;pression et du pouvoir. Nos 6 compagnons sont, en r&#233;alit&#233;, emprisonn&#233;s pour leurs id&#233;es, et pour leurs activit&#233;s r&#233;volutionnaires qui n'ont rien &#224; voir, ni avec le vandalisme, ni avec le terrorisme. Il est clair que ce sont des prisonniers politiques. &#201;videmment, cet emprisonnement sous des accusations de terrorisme cherche &#224; valoriser, une image de violence qui serait intimement li&#233;e aux id&#233;es r&#233;volutionnaires. Ceci, bien s&#251;r, afin de faire rejeter par la population le militant r&#233;volutionnaire du concept de lutte politique, en le cantonnant &#224; un r&#244;le d'assassin potentiellement dangereux. L'injustice subie par nos compagnons est l'expression, une fois de plus, de la violence du pouvoir. Un pouvoir, qui, sur ce plan bat des records.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	En novembre 1999, se tenait &#224; Toulouse une assembl&#233;e pl&#233;ni&#232;re de l'Association Internationale des Travailleurs, avec parmi les d&#233;l&#233;gations anarchosyndicalistes venues du monde entier des militants Croates et Serbes. Nous mesurions alors &#224; leur contact combien la situation &#233;tait d&#233;sastreuse pour la population des Balkans. Apr&#232;s l'effondrement du r&#233;gime &#034;communiste&#034; h&#233;rit&#233; de Tito, au d&#233;but des ann&#233;es 90, Milosevic a &#233;t&#233; propuls&#233; &#224; la t&#234;te du pouvoir par une vague puissante et populaire de nationalisme serbe. Parall&#232;lement, dans les autres r&#233;publiques de l'ex-Yougoslavie, sont apparus des leaders nationalistes. Gr&#226;ce au soutien massif apport&#233; par les pays occidentaux aux diff&#233;rents protagonistes, la guerre a embras&#233; la Yougoslavie. C'&#233;tait l'&#233;poque de l'&#233;puration ethnique et des bombardements d&#233;mocratiques. De terribles sanctions &#233;conomiques ont &#233;t&#233; impos&#233;es au pays (en fait &#224; sa population). On peut dire, pour &#234;tre concis, que le r&#233;sultat de la guerre a &#233;t&#233; un appauvrissement massif de la population , une suppression totale des droits de l'homme &#034;de base&#034; (pas de libert&#233; de parole par exemple) et un Milosevic alors toujours au pouvoir. Les bombardements n'ont pas affect&#233; sa clique, ils ont par contre touch&#233; de plein fouet la population : les lieux de travail ont &#233;t&#233; d&#233;truits, les h&#244;pitaux et les &#233;coles ont &#233;t&#233; bombard&#233;s et le nationalisme, qui &#233;tait en train de diminuer, a explos&#233; pour atteindre des niveaux records.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Finalement le 5 octobre 2000, c'est un soul&#232;vement populaire qui chasse Milosevic du pouvoir. Les compagnons de Belgrade, qui entre temps avaient fond&#233; un groupe anarchosyndicaliste, particip&#232;rent activement &#224; ce mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	D&#232;s le d&#233;part, toute la Serbie &#233;tait paralys&#233;e. Les ouvriers dans la plupart des entreprises publiques avaient cess&#233; le travail, les &#233;tudiants et les lyc&#233;ens s'&#233;taient joints &#224; eux. De plus en plus d'entreprises rejoignaient le mouvement. La Serbie &#233;tait proche d'un arr&#234;t total de son activit&#233;. Belgrade fut bloqu&#233;e pendant plusieurs heures par des barricades et autres barrages faits de bus et de tramways. Le quatri&#232;me jour fut fatal pour Milosevic. Plus de deux millions de personnes &#233;taient dans les rues de Belgrade ce jour-l&#224;. En d&#233;but d'apr&#232;s-midi, la manifestation s'&#233;branla. Soudain, dans l'une des grandes art&#232;res du centre ville, un bulldozer fit son apparition. Il &#233;tait clair que quelque chose d'&#233;norme allait avoir lieu. L'engin de chantier avait &#233;t&#233; apport&#233; par les habitants de Cacak, un militant anarchosyndicaliste &#233;tait au commandes du bulldozer. A partir de l&#224;, la manifestation prit encore plus de force. Arriv&#233;s devant le parlement, les gens y sont entr&#233;s par la force bulldozer en t&#234;te et ont commenc&#233; &#224; y mettre le feu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	A l'&#233;poque, 70 % environ de l'&#233;conomie est encore nationalis&#233;e, mais la p&#233;riode voit une acc&#233;l&#233;ration du processus de privatisations, privatisations qui se traduisent par des licenciements massifs. Dans les entreprises qui ont d&#233;j&#224; &#233;t&#233; privatis&#233;es, de nombreux ouvriers, licenci&#233;s, se suicident, d'o&#249; le slogan des anarchosyndicalistes serbes : &#171; Les privatisations, c'est le vol et le meurtre ! &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Une fois le r&#233;gime de Milosevic d&#233;pos&#233;, alors que la plupart des anciens opposants baissaient les bras pour se ruer sur les nouvelles places de pouvoir ainsi lib&#233;r&#233;es, les compagnons de Belgrade ont continu&#233; leur combat. Car ce qu'ils visent, au m&#234;me titre que les autres membres de l'Association Internationale des Travailleurs qu'entre temps ils ont rejoint, c'est la lib&#233;ration pleine et enti&#232;re de l'humanit&#233;. Ils ont donc continu&#233; &#224; d&#233;noncer la domination et l'exploitation qui continue de s&#233;vir sous les masques des nouveaux ma&#238;tres de la Serbie. Ce qui leur a valu l'honneur de continuer &#224; conna&#238;tre la r&#233;pression. Les r&#233;gimes changent, la police non.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Si, dans des salons militants de Paris ou d'autres villes occidentales, certains &#034;r&#233;volutionnaires&#034;, voire des &#034;anarchistes&#034; se f&#233;licitaient de &#034;la guerre anti-fasciste men&#233;e par l'OTAN contre Milosevic&#034;, exigeaient &#034;des armes pour la Bosnie&#034; (comme s'il n'y avait pas d&#233;j&#224; eu bien assez d'armes dans cette r&#233;gion du monde !) ou soutenaient l'UCK, les compagnons Serbes ont toujours &#233;t&#233; et restent sur des positions clairement anationalistes et ils ont continu&#233; de travailler en &#233;troite collaboration avec des anarchistes de toute la r&#233;gion des Balkans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	D&#232;s mai 2001, par exemple, ils ont organis&#233;, avec le soutien de l'AIT et de la CNT-AIT fran&#231;aise une rencontre &#224; laquelle ont particip&#233; une centaine de militants venus de toutes les r&#233;publiques de l'ex-Yougoslavie. Cette rencontre anarchiste fut la premi&#232;re dans cette r&#233;gion apr&#232;s celle qui avait eu lieu en 1990, avant que toutes les guerres des Balkans ne d&#233;butent... &#192; part deux rencontres anarcho-punks, il n'y a pas eu de rencontre en chair et en os entre des anarchistes d'Ex-Yougoslavie depuis. Donc d'une certaine fa&#231;on, ce fut une rencontre historique. Elle a eu lieu au village &#233;cologique de &#034;Zelenkovac&#034; en Bosnie. Il y avait des gens de Slov&#233;nie, de Croatie, de Bosnie et d'Herz&#233;go-vine, de Mac&#233;doine et de ce qu'il restait de la Yougoslavie (la Serbie et le Mont&#233;n&#233;gro). C'&#233;tait pour tous ces compagnons anarchistes non seulement un grand &#233;v&#233;nement politique mais &#233;galement un grand moment d'&#233;motion. Ils avaient les m&#234;mes id&#233;es sur les probl&#232;mes, non seulement dans le monde, mais aussi dans les pays o&#249; ils vivent. Le r&#233;seau n'a pas cess&#233; de s'&#233;tendre depuis avec la Gr&#232;ce, la Pologne, la Turquie, etc. Et ils ont aussi rejoint depuis l'AIT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Bien s&#251;r, depuis 10 ans, nos compagnons ont r&#233;guli&#232;rement fait l'objet de menaces et d'intimidations physiques, autant par les groupes paramilitaires nationalistes que par la police (qui bien souvent sont d'ailleurs les m&#234;mes). Il ont &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;, interrog&#233;s et d&#233;tenus. Il faut dire que certaines vieilles habitudes ont la vie dure. Mais depuis deux ans, la r&#233;pression se fait plus pressante, plus incisive, plus brutale. C'est la p&#233;riode depuis laquelle le gouvernement &#224; lanc&#233; une politique d'attaque frontale contre le monde du travail, pour aligner la Serbie sur les crit&#232;res &#233;conomiques de l'Union Europ&#233;enne. Plut&#244;t que de s'en prendre aux profiteurs de guerre, c'est aux simples travailleurs, consid&#233;r&#233;s comme des variables d'ajustement, qu'on demande de faire une fois de plus tous les sacrifices, &#224; coup de licenciements massifs et d'enfoncement dans la mis&#232;re. Sans surprise les syndicats classiques disent au travailleurs de se r&#233;signer et d'accepter leur sort, au nom de la soi-disant rationalit&#233; de l'&#233;conomie. Ils s'agirait de mesures n&#233;cessaires pour que l'&#233;conomie aille mieux. Tout ne passe pas comme une lettre &#224; la poste. Lors du traditionnel Premier mai, en 2008, des travailleurs de Belgrade ont commenc&#233; &#224; dire qu'ils ne marchaient plus. Ils ont chass&#233; de la manifestation le ministre du travail (et des privatisations), pendant que les chefs syndicaux exhortaient les manifestants &#224; ne pas suivre le mauvais exemple des anarchosyndicalistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Alors que la situation avec la crise devient plus dure, les sc&#232;nes de d&#233;sespoir se durcissent &#233;galement. Ainsi certains travailleurs se sont coup&#233;s les doigts avant de les manger pour protester contre leurs licenciements. Mais tous ne sombrent pas dans l'auto-destruction. Dans ces conditions, face &#224; la trahison &#233;vidente des syndicats et des partis politiques, l'anarchosyndicalisme repr&#233;sente une alternative cr&#233;dible et radicale dans le sens o&#249; il s'attaque aux racines des probl&#232;mes que sont l'&#201;tat et le Capitalisme. Le quotidien serbe DANAS ne s'y trompe pas, qui a titr&#233; r&#233;cemment que la Serbie devenait un terrain fertile pour le d&#233;veloppement de l'anarchosyndicalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	C'est dans ce contexte que le 25 ao&#251;t dernier, un graffiti, un A cercl&#233; plus pr&#233;cis&#233;ment, a &#233;t&#233; peint sur le mur de l'ambassade de Gr&#232;ce &#224; Belgrade. Deux bouteilles incendiaires ont &#233;t&#233; &#233;galement lanc&#233;es sur ce b&#226;timent, sans qu'elles ne fonctionnent, f&#234;lant tout au plus une fen&#234;tre. Ce qui tient lieu de justice en Serbie a imm&#233;diatement d&#233;cr&#233;t&#233; qu'il s'agissait l&#224; d'un acte terroriste. Et vu qu'il s'agit d'une repr&#233;sentation diplomatique, l'&#233;pith&#232;te international a &#233;t&#233; rajout&#233; pour faire bonne mesure. Comme il fallait trouver rapidement des coupables, nos amis qui se revendiquent r&#233;volutionnaires et affirment au grand jour, sans se masquer, leurs convictions anarchistes ont fait l'affaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Ainsi, depuis le 4 septembre dernier, bien que rejetant tout lien avec cette action (dont la m&#233;thode leur est &#233;trang&#232;re) et avec le groupe qui l'aurait revendiqu&#233;, 5 militants sont retenus en otage par la police et la justice de l'&#201;tat Serbe : Tadej, Ivan, Sanja, Ratibor et Nikola. Un sixi&#232;me, se pr&#233;nommant &#233;galement Ivan sera arr&#234;t&#233; quelques jours plus tard. Ils sont gard&#233;s au secret, toute communication avec l'ext&#233;rieur leur est interdite, et aucune information n'est donn&#233; sur leur &#233;tat pr&#233;sent, ni sur ce qui va leur advenir. Ils risquent aujourd'hui jusqu'&#224; 15 ans de prison pour un acte qui n'a rien d&#233;truit, n'a bless&#233; personne (si ce n'est l'amour propre de l'ambassadeur de Gr&#232;ce) et que de plus ils n'ont pas commis !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Ne serait-ce la peine de prison que risquent nos compagnons, cette histoire serait proprement ridicule. Surtout si on la compare avec l'histoire r&#233;cente des Balkans !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Depuis leur arrestation d&#233;but septembre un certain nombre de rassemblements de solidarit&#233;, de manifestations de soutien, de concerts et de campagnes d'affichage se sont multipli&#233;s &#224; travers le monde ces 3 derniers mois : &#224; Belgrade, Bratislava, Varsovie, Lisbonne, Prague, Vienne, Londre, Sydney, Zagreb, Moscou, Kiev, Thessalonique, Ath&#232;nes, Hambourg, Denver, Sofia, Berlin, Lyon, Skopje, Budapest, Madrid, Oslo, Berne, St-Petersbourg, Ljubjana, Trieste, Paris, Ankara,, Grenade, New York, Toulouse...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&#192; Toulouse justement o&#249; dans les semaines qui viennent, le 3 d&#233;cembre pr&#233;cis&#233;ment, l'&#233;quipe des Partizants de Belgrade rencontrera en match retour le Toulouse Football Club au stadium.&lt;br class='autobr' /&gt; Les &#233;v&#232;nements tragiques et criminels qui ont lieu en marge du match aller &#224; Belgrade sont encore dans toutes les m&#233;moires. Cette rencontre sportive sera sous les projecteurs des m&#233;dia internationaux et attirera particuli&#232;rement l'attention des diplomaties serbe et fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Aussi nous appelons, en d&#233;pit de l'atmosph&#232;re de terreur polici&#232;re qui ne manquera de peser sur la ville ce jour-l&#224;, nous appelons les gens d'ici de bonne volont&#233;, qu'ils soient supporter ou pas d'ailleurs du TFC, &#224; fraterniser avec les supporter serbes qui auront fait le d&#233;placement. &#192; fraterniser et &#224; les informer sur la situation de leur six compatriotes, &#224; r&#233;clamer leur lib&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Car en effet l'histoire r&#233;cente de la Serbie et l'activit&#233; infatigable de nos compagnons le montre : fort heureusement tous les serbes ne sont pas intoxiqu&#233;s par les mensonges nationalistes et &#224; la propagande fasciste. Bien au contraire, &#224; l'image de l'immense majorit&#233; de l'humanit&#233; ils n'aspirent qu'&#224; vivre libre et dignement, l&#224; o&#249; ils sont, l&#224; o&#249; ils travaillent, l&#224; o&#249; ils r&#234;vent, l&#224; o&#249; ils s'aiment ! De plus l'esprit d'octobre 2000 est encore vivace dans la population serbe. C'est &#224; cet esprit qu'il convient de faire appel par la solidarit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Vasili&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ACTIONS SOLIDAIRES OCCUPATION ECLAIR DU CENTRE SERBE DE PARIS&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Samedi 17 octobre, &#224; 14 heures p&#233;tantes, une dizaine de compagnons de la CNT-AIT ont occup&#233; le Centre culturel de Serbie de Paris, situ&#233; sur le parvis de Beaubourg. Ce samedi, une banderole o&#249; l'on pouvait lire &#171; A Paris comme en Serbie, Etat = terroriste, libert&#233; pour les anarchosyndicalistes &#187; a &#233;t&#233; d&#233;ploy&#233;e devant la porte d'entr&#233;e du Centre Culturel serbe, tandis que des compagnons rentraient &#224; l'int&#233;rieur contre l'avis du vigile de service. Apr&#232;s avoir &#233;teint les cam&#233;ras de surveillance, des slogans ont &#233;t&#233; cri&#233;s dans le hall du b&#226;timent garni de tableaux accroch&#233;s au mur. (l'un d'eux repr&#233;sentait Mussolini : une allusion &#224; la situation en Serbie aujourd'hui ?). Avec l'arriv&#233;e rapide de la mar&#233;chauss&#233;e, les compagnons ont d&#233;cid&#233; de quitter les lieux librement, l'objectif d'envoyer un signal aux autorit&#233;s serbes &#233;tant atteint. Les compagnons de la CNT-AIT se sont ensuite rendus &#224; l'occupation du KFC des Halles non loin de l&#224; par des travailleurs sans papiers, exprimant leur solidarit&#233; avec tous ceux en lutte contre l'exploitation et pour la libert&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Un rassemblement a &#233;t&#233; organis&#233; &#233;galement par la CNT-AIT &#224; Lyon ainsi qu'un meeting, le 21 novembre &#224; Toulouse apr&#232;s une importante campagne explicative locale. D'autres actions suivront.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;BRICE, VICTIME DU NATIONALISME&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le nationalisme serbe, Brice Taton, supporter du Toulouse Football Club, l'a rencontr&#233; de plein fouet.&#8200;Il a &#233;t&#233; assassin&#233; alors qu'il allait tout simplement voir jouer son &#233;quipe &#224; Belgrade. Il a pay&#233; de sa vie sa rencontre avec le nationalisme. Entre la r&#233;pression des appareils d'Etat et celle des sbires nationalistes qui servent cet Etat, il n'y a aucune diff&#233;rence. L'origine est toujours la m&#234;me : ce que subissent les 6 de Belgrade et l'assassinat de Brice d&#233;coulent de l'activit&#233; et de l'influence de la m&#234;me id&#233;ologie criminelle.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>C'est quoi &#234;tre Fran&#231;ais ?
</title>
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		<dc:date>2010-01-17T11:14:52Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>cnt
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		<dc:subject>A la une
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&lt;p&gt;Ma patrie c'est le monde, ma famille l'humanit&#233; ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Comme si nos dirigeants ne nous d&#233;versaient pas d'habitude suffisamment de mensonges et d'inepties, voil&#224; qu'ils nous sortent du chapeau un sujet propice &#224; toutes les &#233;lucubrations et m&#234;me porteur de guerre : celui de l'identit&#233; nationale. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le &#171; Minist&#232;re de l'immigration, de l'int&#233;gration, de l'identit&#233; nationale et du d&#233;veloppement solidaire &#187; (ouf) bat la grosse caisse autour de cette angoissante question : &#171; Qu'est-ce qu'&#234;tre Fran&#231;ais (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;/a&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ma patrie c'est le monde, ma famille l'humanit&#233; !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme si nos dirigeants ne nous d&#233;versaient pas d'habitude suffisamment de mensonges et d'inepties, voil&#224; qu'ils nous sortent du chapeau un sujet propice &#224; toutes les &#233;lucubrations et m&#234;me porteur de guerre : celui de l'identit&#233; nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &#171; Minist&#232;re de l'immigration, de l'int&#233;gration, de l'identit&#233; nationale et du d&#233;veloppement solidaire &#187; (ouf) bat la grosse caisse autour de cette angoissante question : &#171; Qu'est-ce qu'&#234;tre Fran&#231;ais &#187;. Remarquons tout d'abord que, quand on s'intitule &#171; Minist&#232;re de l'identit&#233; nationale &#187;, c'est qu'on doit bien avoir une petite id&#233;e sur le sujet (et m&#234;me une arri&#232;re pens&#233;e...).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soulignons ensuite que, si le sujet est filandreux, l'objectif &#224; court terme de l'op&#233;ration est &#233;vident : la droite pr&#233;sidentielle, en attisant le nationalisme &#171; fran&#231;ais &#187; esp&#232;re ramener &#224; elle aux prochaines &#233;lections les voix du FN et des gros r&#233;acs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps, les pouvoir publics locaux subventionnent grassement (en ces temps pourtant r&#233;put&#233;s de vaches maigres), sous l'&#339;il d'une bureaucratie bruxelloise complice, toutes les initiatives susceptibles d'attiser le nationalisme dans sa version r&#233;gionale. L'objectif imm&#233;diat est identique au pr&#233;c&#233;dent : il s'agit de tenter de ramasser des voix. Si pour l'&#233;lecteur genre &#171; P&#234;che, chasse et tradition &#187; le choix peut se r&#233;v&#233;ler corn&#233;lien, ballott&#233; qu'il va &#234;tre en son amour du lepenisme national et celui de la choucroute (ou du cassoulet) du cru ; un tantinet de r&#233;flexion montre que l'un (le r&#233;gionalisme) n'est pas l'oppos&#233; de l'autre (le nationalisme) mais simplement son reflet en miroir d&#233;formant qui rendrait simplement tout plus petit, plus &#233;troit, et encore plus mesquin si cela &#233;tait possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, c'est toujours &#171; d'identit&#233; &#187; qu'il s'agit, et, pour tous les pouvoirs, nous faire avaler la pilule identitaire est un combat essentiel. A Toulouse, par exemple, le dernier coup de force (sans d&#233;bat public pr&#233;alable, para&#238;t que c'est &#231;a la d&#233;mocratie) a &#233;t&#233; d'imposer le patois dans les annonces du m&#233;tro. Que ne ferait-on pas pour satisfaire un petit lobby (qui sinon &#171; irait &#224; droite &#187;, comme il l'a fait dans l'histoire, Vichy n'est pas si loin...) et esp&#233;rer engranger quelques mis&#233;rables voix de plus... ? [1]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant au r&#233;sultat essentiel de toute cette propagande, il est commun aux deux protagonistes et parfaitement &#233;vident : diviser pour mieux r&#233;gner. Diviser la population entre &#171; les vrais Fran&#231;ais &#187; et les autres (n&#233;cessairement &#171; faux &#187; dans cette dialectique), diviser tout autant les habitants entre ceux dont les grand-parents parlaient patois et qui seraient donc de &#171; chez nous &#187; et ceux qui ont pour langue maternelle le fran&#231;ais, ou qui on appris le fran&#231;ais quand leur langue maternelle &#233;tait l'arabe, le roumain, le turc, le portugais ou le vietnamien. A tous ceux l&#224;, les politiques r&#233;gionalistes signifient qu'ils sont des sujets m&#233;prisables et de second rang. Quelle plus grande marque de m&#233;pris en effet que de s'adresser &#224; quelqu'un, sciemment, dans une langue qu'il ne conna&#238;t pas alors qu'on peut lui parler dans une langue qu'il conna&#238;t (et qu'il a appris parfois en faisant beaucoup d'efforts) ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ajoutons que ces nationo-r&#233;gionalismes reposent sur des pr&#233;suppos&#233;s culturels, historiques ou autres parfaitement inexacts. Ainsi, pour ne donner qu'un exemple, qui sera d&#233;velopp&#233; dans les pages suivantes, la notion de &#171; Nation &#187;, &#224; la base m&#234;me du nationalisme, n'a, si l'on se r&#233;f&#232;re &#224; l'histoire de France, rien &#224; voir avec ce qu'on nous pr&#233;sente maintenant sous le m&#234;me nom. Un simple d&#233;tail, s&#251;rement, comme dirait un nationaliste bien connu...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; tous ceux qui d&#233;veloppent leurs particularismes, leurs communautarismes, leurs nationalismes, leurs r&#233;gionalismes, face &#224; tous &#171; les imb&#233;ciles heureux qui sont n&#233;s quelque part &#187; comme le chantait si bien Georges Brassens, nous r&#233;pondrons, comme le fit Federica Montseny, au cours de ce qui fut le plus grand rassemblement de l'histoire de l'anarchisme et probablement le plus grand meeting qui eut lieu dans toute l'Espagne apr&#232;s la mort de Franco, &#224; Barcelone, en langue espagnole (et non en catalan, qu'elle ma&#238;trisait parfaitement et parlait dans son intimit&#233;) [2] : &#171; Ma patrie, c'est le monde ; ma famille, l'humanit&#233; &#187;, et ma classe sociale, celle des exploit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;B.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Mon m&#233;tro en patois
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&lt;p&gt;M&#233;tro Capitole. &#199;a va, il n'y a pas trop de monde. Je m'installe dans la rame. &lt;br class='autobr' /&gt;
Tout de suite apr&#232;s, une brave dame : &#171; Macarel ! Mais en quoi il cause le m&#233;tro aujourd'hui ? C'est de l'Allemand ou quoi ? Ils sont revenus ? Ne me faites pas peur, d&#233;j&#224; que je suis en pleine m&#233;nopause ! &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Un gros monsieur : &#171; Non, Madame, je vais vous expliquer, c'est de l'Occitan, je le sais, je suis professeur &#224; l'universit&#233; &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
La dame : &#171; Laquelle, celle qui est ferm&#233;e tout le temps &#224; cause de la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;M&#233;tro Capitole. &#199;a va, il n'y a pas trop de monde. Je m'installe dans la rame.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout de suite apr&#232;s, une brave dame : &#171; Macarel ! Mais en quoi il cause le m&#233;tro aujourd'hui ? C'est de l'Allemand ou quoi ? Ils sont revenus ? Ne me faites pas peur, d&#233;j&#224; que je suis en pleine m&#233;nopause ! &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un gros monsieur : &#171; Non, Madame, je vais vous expliquer, c'est de l'Occitan, je le sais, je suis professeur &#224; l'universit&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dame : &#171; Laquelle, celle qui est ferm&#233;e tout le temps &#224; cause de la gr&#232;ve ? Et &#224; quoi &#231;a sert, que le m&#233;tro il parle occitan comme vous d&#238;tes ? &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moi : &#171; Comment, vous savez pas ? C'est pour le commerce international et le d&#233;veloppement de Toulouse. Para&#238;t qu'en Chine ils parlent plus que &#231;a. Gr&#226;ce &#224; la sensibilisation que leur offre le m&#233;tro, vos enfants, ils pourront aller y travailler, en Chine, d&#232;s la semaine prochaine &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre monsieur, goguenard : &#171; Et aux USA c'est pareil. Dans les universit&#233;s, tous les cours sont en Occitan. Voyez si c'est utile. Et je vous parle m&#234;me pas de l'a&#233;ronautique et des industries de pointe : c'est tout en Occitan aussi. D'ailleurs, la prochaine fois que vous ach&#232;terez un Boeing, vous pourrez le v&#233;rifier, madame : toute la notice, elle est en Occitan &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dame : &#171; C'est que j'en ach&#232;te pas souvent, moi, des choses comme vous d&#238;tes, pardi, c'est pour &#231;a que j'&#233;tais pas au courant. Enfin, &#231;a m'a l'air bien utile quand m&#234;me ... &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le professeur, reprenant ses esprits : &#171; En Chine et aux USA, je suis pas tout &#224; fait s&#251;r, mais gr&#226;ce &#224; l'Occitan, vos enfants, ils pourront se faire comprendre dans toute notre vaste et belle r&#233;gion &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dame : &#171; Si c'est pour aller &#224; Poucharamet, merci bien, on y va d&#233;j&#224; tous les dimanches, chez ma belle-soeur, et on a encore pas besoin d'un traducteur. On aurait plut&#244;t besoin d'une bonne cuisini&#232;re, parce que son pain chinch&#233;, &#224; ma belle-soeur, &#231;a me mets de ces renvois qu'on dirait la station d'&#233;puration de Ginestous ... &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le professeur : &#171; Enfin, c'est avant tout pour retrouver notre m&#233;moire &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dame : &#171; Boudu, &#231;a, j'en ai bien besoin, figurez-vous, qu'hier je savais plus ou c'est que je me les &#233;tais mises, les clefs &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le professeur, doctoral : &#171; Madame, je parle de notre m&#233;moire historique : quand, &#224; l'&#233;cole, nos arri&#232;re grands-parents parlaient occitan, ils &#233;taient punis. C'&#233;tait des victimes. En parlant occitan dans le m&#233;tro, nous les r&#233;habilitons &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dame : &#171; H&#233;h&#233;, ma grand-m&#232;re &#224; moi, elle &#233;tait sourde-muette, la pauvre femme. On te l'a forc&#233; &#224; faire comme si elle parlait (on dit &#171; oraliser &#187; chez les savants) &#224; grand coup de ceinturons. Et elle, vous allez la r&#233;habiliter ? &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le monsieur : &#171; Moi, j'&#233;tais gaucher. &#192; l'&#233;cole, ils m'attachaient la main gauche dans le dos, pour m'obliger &#224; &#233;crire de la main droite, avec des grandes boufes dans la gueule. Vous allez me r&#233;habiliter aussi ? &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moi : &#171; Pauvre professeur, pour r&#233;habiliter toutes ses victimes, il va vous falloir parler Occitan en langue des signes et rien qu'avec la main gauche &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant que le Professeur me regarde d'un air dubitatif nous passons sous la Garonne. &#199;a n'a l'air de rien, mais sur le plan philologique, &#231;a change tout : d'un c&#244;t&#233;, c'&#233;tait le Languedoc, et de l'autre, la Gascogne. Deux langues plus diff&#233;rentes que le Fran&#231;ais et l'Espagnol, et avec une prononciation qui n'a rien &#224; voir. Et que croyez vous qu'il se passe ? Rien. La m&#234;me voix hurle exactement avec la m&#234;me prononciation dans les wagonnets du m&#233;tro.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je le fais remarquer au cher professeur : &#171; On est pas en Gascogne ? &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lui : &#171; Et alors ? &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moi : &#171; Mais, &#231;a devrait plus &#234;tre la m&#234;me langue ! &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lui : &#171; Hou ... mais, si on se met &#224; parler les uns en Gascon, les autres en Languedocien, on va plus se comprendre ! &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dame : &#171; Quoi, vous &#234;tes m&#234;me pas fichus de vous comprendre entre vous ! Je vais vous le dire, tout professeur que vous &#234;tes, vous me fa&#238;tes l'impression d'une glousse qui a trouv&#233; un clavier d'ordinateur. Votre Occitan, t&#233;, vous pouvez le mettre &#224; la bedoucette &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le professeur qui parle Occitan mais manifestement pas le Toulousain : &#171; C'est quoi, une bedoucette ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le petit de Marinette (En pur toulousain dans texte)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>L'&#233;lection, processus antid&#233;mocratique par d&#233;finition
</title>
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		<dc:subject>A la une
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&lt;p&gt;S'il y a une chose dont les politiciens ne se lassent pas, c'est des &#233;lections. Pendant que S&#233;gol&#232;ne se met en jambes pour les pr&#233;sidentielles par une irruption tellement tonitruante que des membres de son parti parlent de &#171; psychiatrie lourde &#187;, les sarkozystes modifient les r&#232;gles du jeu pour &#234;tre s&#251;rs d'emporter les r&#233;gionales et les affairistes font leur nid dans toutes les listes ... tout cela au nom de la d&#233;mocratie un sujet sur lequel ils entendent bien nous faire la le&#231;on. Voyons (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;S'il y a une chose dont les politiciens ne se lassent pas, c'est des &#233;lections. Pendant que S&#233;gol&#232;ne se met en jambes pour les pr&#233;sidentielles par une irruption tellement tonitruante que des membres de son parti parlent de &#171; psychiatrie lourde &#187;, les sarkozystes modifient les r&#232;gles du jeu pour &#234;tre s&#251;rs d'emporter les r&#233;gionales et les affairistes font leur nid dans toutes les listes ... tout cela au nom de la d&#233;mocratie un sujet sur lequel ils entendent bien nous faire la le&#231;on. Voyons donc ce qu'il en est.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le terme &#171; d&#233;mocratie &#187; nous vient de la Gr&#232;ce antique. Lorsque la d&#233;mocratie y na&#238;t, &#8220;l'id&#233;e de repr&#233;sentation est totalement absente de la philosophie et de la pratique de la Gr&#232;ce ancienne (...) le principe de l'&#233;lection &#233;taient consid&#233;r&#233; comme aristocratique&#8221;. Et oui, selon le constat des &#171; inventeurs &#187; de la d&#233;mocratie, l'&#233;lection est exactement oppos&#233;e &#224; la d&#233;mocratie. L'&#233;lection est par essence aristocratique puisqu'il s'agit non de d&#233;signer quelqu'un d'&#233;gal &#224; un autre mais de choisir quelqu'un suppos&#233; meilleur, sup&#233;rieur aux autres. C'est pourquoi les magistrats de la cit&#233; antique ne sont pas &#233;lus, mais - pratique d&#233;mocratique oblige - tir&#233;s au sort. Quelques-uns seulement, pour des fonctions exigeant une comp&#233;tence toute particuli&#232;re sont &#233;lus ; mais ils ne sont jamais consid&#233;r&#233;s comme des repr&#233;sentants des citoyens et leurs charges sont soumises &#224; rotation r&#233;guli&#232;re. D'ailleurs tout magistrat &#8220; peut &#224; n'importe quel moment dans l'exercice de ses fonctions, &#234;tre mis en cause, pour des raisons de fonds et de forme, et r&#233;voqu&#233;&#8221;. Le mouvement ouvrier fera de m&#234;me avec ses d&#233;l&#233;gu&#233;s durant la Commune, dans les soviets, dans les Collectivit&#233;s, les organisations anarchosyndicalistes ...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la d&#233;mocratie, ce n'est pas que cela : refusant les repr&#233;sentants qui l&#233;gif&#232;rent et gouvernent en leur nom. Les citoyens votent eux-m&#234;mes les lois dans l'assembl&#233;e du peuple (Ekkl&#233;sia), o&#249; tous ont un droit &#233;gal &#224; la parole (Is&#233;goria) et &#224; la proposition de telle ou telle d&#233;cision. Les citoyens y ont l'obligation &#171; &#8220;de dire franchement ce [qu'ils pensent] ... &#224; propos des affaires publiques&#8221;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les inventeurs de la d&#233;mocratie ont &#233;galement beaucoup r&#233;fl&#233;chi (et trouv&#233; des solutions) &#224; la relation peuple/experts. Si les ath&#233;niens reconnaissaient l'expertise, c'&#233;tait toujours par rapport &#224; une activit&#233; sp&#233;cifique comme la construction d'un temple, d'un bateau ...&#8220;Mais celui qui disait : &#171; Moi, je suis un technicien dans les affaires du gouvernement &#187; ne r&#233;coltait que des rires &#187;. D'autre part, pour les grecs d&#233;mocrates, &#171; aucun expert ne saurait se juger lui-m&#234;me, et le juge de l'expert n'est jamais un autre expert mais l'utilisateur. Le juge de ce qu'est une bonne armure, ce n'est pas l'armurier, mais l'hoplite qui va s'en servir (...)&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;Il n'est que trop facile d'opposer cette vue concernant l'expertise &#224; celle qui pr&#233;vaut chez les modernes. L'id&#233;e dominante, aujourd'hui, c'est que les experts doivent &#234;tre jug&#233;s par d'autres experts (...) Cette id&#233;e va de pair avec une autre (...) qu'il existe des experts politiques. Ce n'est pas le nom qu'on leur donnera, mais nos pr&#233;tendus politiciens se pr&#233;sentent et sont &#233;lus en tant que sp&#233;cialistes de l'universel, techniciens de la totalit&#233;, ou peu s'en faut. Il va de soit que c'est la d&#233;rision m&#234;me de l'id&#233;e de d&#233;mocratie (...) : on justifiera le pouvoir des politiciens par l'expertise politique qu'ils seraient les seuls &#224; poss&#233;der, et on appellera ensuite la population - qui par d&#233;finition est non experte - &#224; choisir entre ces expert&#8221; !&lt;br class='autobr' /&gt;
Derni&#232;re r&#233;flexion utile que nous puisons toujours chez les inventeurs de la d&#233;mocratie, celle qui concerne le couple population/Etat. &#034;... le terme Etat n'existe pas en grec ancien ... il n'y a pas d'appareil d'Etat s&#233;par&#233; de la communaut&#233; poplitique et qui la domine&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces trois points fondamentaux, sur lesquels la contradiction est totale entre les pratiques des Etats d'aujourd'hui et celles des inventeurs de la d&#233;mocratie, permettent d'affirmer que ce qu'on nous vend aujourd'hui comme &#233;tant de la &#171; d&#233;mocratie &#187; repr&#233;sentative est &#224; la v&#233;ritable d&#233;mocratie ce que Mac Donald's est &#224; la gastronomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Loin d'&#234;tre une d&#233;mocratie, notre soci&#233;t&#233; est une oligarchie &#233;lective et plus ou moins lib&#233;rale : dans les faits, dans la r&#233;alit&#233;, dans le quotidien, les &#233;lus qui disposent du pouvoir ne sont m&#234;me pas &#171; les meilleurs &#187;, ils sont surtout les rejetons de familles install&#233;es qui se croisent et s'entrecroisent, vivent entre elles et constituent ainsi une oligarchie opaque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette pseudo &#233;lite qui pullule dans la haute bureaucratie du gouvernement, des partis, des syndicats, des grosses entreprises (on ne compte pas ceux qui passent avec aisance de l'une &#224; l'autre) constituent une v&#233;ritable aristocratie. C'est parmi elle, et elle seulement (&#224; de rarissimes exceptions pr&#232;s) que le pouvoir choisit ses leaders, par ce que Cornelius Castoriadis appelle &#8220;les r&#232;gles du jeu de l'appareil bureaucratique de l'appareil partisan&#8221;. Reste au commun des mortels un vagues veto &#233;lectoral &#8220;plus fictif que r&#233;el pour la simple raison que le jeu est truqu&#233; (...) parce que les choix offerts sont toujours pr&#233;d&#233;termin&#233;s&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hector&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les r&#233;flexions ainsi que les citations sont puis&#233;es dans l'oeuvre de Cornelius Castoriadis, en particulier son S&#233;minaire &#224; l'EHESS &#8220;Ce qui fait la Gr&#232;ce 2 : Cit&#233; et lois&#8221; et &#8220;Les enjeux actuels de la d&#233;mocratie&#8221;. Il ne s'agit pas de prendre l'Ath&#232;nes du V&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle comme mod&#232;le d&#233;mocratique absolu. Cela n'aurait aucun sens, d'autant plus qu'&#233;taient exclus de la communaut&#233; politique les femmes (comme en France jusqu'en 1945), les m&#233;t&#232;ques (comme c'est le cas encore chez nous) et les esclaves ; et que l'in&#233;galit&#233; sociale entre les citoyens &#233;tait profonde. Cependant, m&#234;me avec ces tares, la civilisation ath&#233;nienne a invent&#233; la d&#233;mocratie, l'a longuement pratiqu&#233;e et r&#233;fl&#233;chie. Il est donc logique de s'y r&#233;f&#233;rer quand c'est de d&#233;mocratie qu'on cause.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Article d'Anarchosyndicalisme ! n&#176;115&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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