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	<title>CNT-AIT - Toulouse | Anarchosyndicalisme !</title>
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	<description>Site web de la CNT-AIT de Toulouse, organisation anarchosyndicaliste. 7 rue Saint-R&#233;m&#233;sy - 31000 Toulouse - 05 61 52 86 48</description>
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		<title>CNT-AIT - Toulouse | Anarchosyndicalisme !</title>
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		<title>LA BELLE PROVINCE EN COLERE
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		<dc:subject>A la une
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&lt;p&gt;Le Qu&#233;bec, province canadienne francophone, vit une crise sociale sans pr&#233;c&#233;dent dans son histoire. La jeunesse semble s'&#234;tre r&#233;veill&#233;e, lass&#233;e d'une soci&#233;t&#233; amorphe et apeur&#233;e par ses propres ambitions. Je suis au c&#339;ur de ce vent qui souffle et qui nous apporte espoir et courage. &lt;br class='autobr' /&gt; Le Qu&#233;bec : profond&#233;ment divis&#233;e en deux, par la droite et la gauche, par l'individualisme et le collectivisme, par le statu quo et le changement. En 2009, le Parti Lib&#233;ral du Qu&#233;bec, au pouvoir, d&#233;cide (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?rubrique130" rel="directory"&gt;Dans l'Am&#233;rique du Nord
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&lt;a href="https://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?mot1" rel="tag"&gt;A la une
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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le Qu&#233;bec, province canadienne francophone, vit une crise sociale sans pr&#233;c&#233;dent dans son histoire. La jeunesse semble s'&#234;tre r&#233;veill&#233;e, lass&#233;e d'une soci&#233;t&#233; amorphe et apeur&#233;e par ses propres ambitions. Je suis au c&#339;ur de ce vent qui souffle et qui nous apporte espoir et courage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Le Qu&#233;bec : profond&#233;ment divis&#233;e en deux, par la droite et la gauche, par l'individualisme et le collectivisme, par le statu quo et le changement. En 2009, le Parti Lib&#233;ral du Qu&#233;bec, au pouvoir, d&#233;cide d'augmenter les frais de scolarit&#233; universitaire de 75 % sur cinq ans, les frais passant de 2 168 $ &#224; 3 793 $ par an (les universit&#233;s sont toutes publiques au Qu&#233;bec). La crise &#233;conomique aide &#224; justifier une telle mesure. Les &#233;tudiants s'y opposent car l'accessibilit&#233; aux &#233;tudes sup&#233;rieures sera grandement compromise, sachant de plus tous les scandales de corruption du gouvernement, tous les fiascos financiers des universit&#233;s qui investissent &#224; perte dans l'immobilier, &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	La gr&#232;ve se pr&#233;senta &#224; nous, &#233;tudiants, comme le moyen pour faire bouger le gouvernement de sa position changer la position du gouvernement. Les actions d&#233;but&#232;rent donc d&#232;s 2009, par des journ&#233;es de gr&#232;ve vot&#233;es dans presque tous les &#233;tablissements d'&#233;ducation post-secondaire du Qu&#233;bec. Un petit carr&#233; rouge, port&#233; le plus souvent qu'autrement &#224; la poitrine, devient le symbole du mouvement. Le gouvernement ne montrant aucune ouverture et la hausse &#233;tant pr&#233;vue pour septembre 2012, les grands moyens furent pris : la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale illimit&#233;e &#233;tait d&#233;clench&#233;e d&#232;s f&#233;vrier 2012 dans certains &#233;tablissements universitaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Au d&#233;but, nous &#233;tions quelques dizaines de milliers d'&#233;tudiants en gr&#232;ve, sur environ 475 000, ce qui &#233;tait relativement peu. Le premier ministre Jean Charest ridiculisa notre mouvement de par sa faible proportion. Mais bien vite il se rendit compte que ce qu'il croyait &#234;tre marginal allait devenir primordial. Le 22 mars 2012, une grande manifestation est organis&#233;e &#224; Montr&#233;al pour s'opposer &#224; la hausse des frais de scolarit&#233;, plus de 200 000 personnes descendent dans les rues pacifiquement. Du jamais vu dans l'histoire de Qu&#233;bec, qui ne compte que 8 millions d'habitants. Les gens, jeunes et vieux, interpell&#233;s par la cause, marchent dans les rues avec un air de f&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'intransigeance &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Apr&#232;s cette d&#233;monstration de force, le gouvernement ne bouge pas. L'opposition officielle au parlement (le parti ind&#233;pendantiste, le Parti Qu&#233;b&#233;cois) arbore certes le carr&#233; rouge en signe d'appui au mouvement &#233;tudiant&#8230; Mais le parti au pouvoir, PLQ, mise sur l'essoufflement du mouvement et se conforte dans sa position car, dans les sondages, pr&#232;s de 60&#8200;% de la population est d'accord avec sa hausse des frais de scolarit&#233; (c'est l'histoire d'une soci&#233;t&#233; profond&#233;ment divis&#233;e en deux). Le PLQ se fait donc du capital politique avec la situation, lui qui fut tr&#232;s impopulaire durant son mandat (taux d'insatisfaction &#224; pr&#232;s de 82&#8200;%, un record). On voit m&#234;me appara&#238;tre un mouvement d'&#233;tudiants arborant le carr&#233; vert, en signe d'appui &#224; la hausse&#8230; Apr&#232;s tout, nous dit-on, au Qu&#233;bec, l'&#233;ducation reste la moins ch&#232;re du Canada, m&#234;me avec la hausse et comme les frais ont longtemps &#233;t&#233;s gel&#233;s, plusieurs la consid&#232;rent normale. Mais quand on sait que les entreprises se sont vues baisser leurs imp&#244;ts de plus de 7 %, quand on sait que la hausse ne rapporterait au gouvernement que 150 millions (bien moins qu'un seul point d'imp&#244;t des entreprises), quand on sait que la seule solution qui s'offre aux &#233;tudiants est de s'endetter, quand on sait qu'il y aura plusieurs milliers d'&#233;tudiants qui renonceront &#224; leur &#233;tudes universitaires, quand on sait que les meilleurs syst&#232;mes d'&#233;ducation au monde sont ceux qui sont gratuits ou peu dispendieux, quand on sait la mauvaises gestion des fonds universitaires, quand on sait la corruption gouvernementale&#8230;, comment justifier une hausse de 75 % des frais ? &lt;br class='autobr' /&gt; Devant l'intransigeance du gouvernement, le mouvement &#233;tudiant, loin de s'essouffler (il restera toujours un noyau dur de gr&#233;vistes : plus 180&#8200;000 &#233;tudiants), prend de plus grands moyens pour se faire entendre. Tous les jours, plusieurs manifestations, partout dans la province, sont organis&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Commencent aussi les actions de d&#233;sob&#233;issance civile. Si 200&#8200;000 personnes pacifiques dans les rues ne font pas bouger le gouvernement, il faut prendre d'autres moyens. Alors, des &#233;difices &#224; caract&#232;re &#233;conomique (la bourse, les banques, les centres commerciaux) sont pris d'assaut tous les jours par des milliers de manifestants qui les occupent et les paralysent, sans toutefois qu'il y ait de grabuge ou de violences envers quiconque. Le but est de perturber. Parall&#232;lement, plusieurs manifestations qui r&#233;unissent plusieurs dizaines de milliers de manifestants se tiennent partout au Qu&#233;bec. Un autre sommet est atteint lorsque, pour le jour de la Terre, le 22 avril, plus de 250&#8200;000 personnes envahissent les rues pour faire valoir des causes environnementales. Le carr&#233; rouge est port&#233; par une grande majorit&#233; des manifestants et la lutte contre la hausse des frais de scolarit&#233; est &#224; l'ordre du jour de presque tous les discours encadrant l'&#233;v&#232;nement. Toutefois, toujours pas de r&#233;action de la part du gouvernement qui refuse de n&#233;gocier quoi que ce soit avec les &#233;tudiants. Jamais un tel mouvement social n'avait &#233;t&#233; ignor&#233; de la sorte par un gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La violence&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Apr&#232;s plus de 10 semaines de gr&#232;ve &#233;tudiante, la crise commence &#224; co&#251;ter cher au gouvernement. La pression &#233;conomique se fait de plus en plus grande. Certains &#233;tudiants, dans un &#233;lan d'individualisme, vont devant les tribunaux pour exiger la reprise de leurs cours. Une poign&#233;e d'&#233;tudiants obtient des injonctions pour retourner en classe sous pr&#233;texte que les &#233;tudiants n'ont pas un r&#233;el droit de gr&#232;ve, mais un droit de boycott. Les &#233;tudiants gr&#233;vistes contestent. Nous bloquons l'acc&#232;s aux &#233;tablissements d'&#233;ducation et emp&#234;chons la reprise des cours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Certains &#233;tudiants se barricadent dans une universit&#233;. Les professeurs, qu'on avait somm&#233;s de reprendre les cours, sont aussi sur les lignes de piquetage appuyant les &#233;tudiants en gr&#232;ve. Du jamais vu, la loi est d&#233;fi&#233;e par les &#233;tudiants et les professeurs. La police n'h&#233;site pas &#224; affronter les lignes de piquetage, mais en vain. Le gouvernement refuse toujours de n&#233;gocier, il propose des bonifications fantoches des pr&#234;ts &#233;tudiants, et une hausse plus importantes (!?) mais sur 7 ans au lieu de 5&#8230; Rien pour calmer la situation. Lors des manifestations, des vitrines de banques et de magasins dispendieux sont fracass&#233;es. Des &#233;meutes &#233;clatent apr&#232;s une mauvaise blague de la part du premier ministre Jean Charest. D'autres &#233;meutes &#233;clatent lors d'une manifestation en marge du congr&#232;s du PLQ. La police ne fait preuve d'aucune retenue et n'h&#233;site pas &#224; poivrer, &#224; gazer, &#224; frapper &#224; la matraque, &#224; assourdir avec des bombes assourdissantes et m&#234;me &#224; tirer &#224; bout portant avec des balles de plastique sur des manifestants, pacifiques ou non. Le bilan est lourd, une vingtaine de bless&#233;s, un &#233;tudiant qui a perdu un &#339;il, un autre dans le coma. Devant le non-respect des injonctions et la violence qui &#233;clate, des n&#233;gociations s'entament. Apr&#232;s plusieurs tentatives de discr&#233;diter le mouvement et de faire avorter les n&#233;gociations, une offre du gouvernement, &#233;labor&#233;e avec les repr&#233;sentants &#233;tudiants, est soumise au vote des &#233;tudiants. Mais avant m&#234;me la tenue des votes, Jean Charest parle d'une victoire sur les &#233;tudiants qu'ils auraient enfin dompt&#233;s et dup&#233;s ; il se tire une balle dans le pied. Devant la mauvaise foi du gouvernement, l'offre est rejet&#233;e massivement et la gr&#232;ve continue. Un ph&#233;nom&#232;ne nouveau prend de l'ampleur : des manifestations nocturnes r&#233;unissant souvent de 10&#8200;000 &#224; 20&#8200;000 personnes. Le mot d'ordre est lanc&#233; : &#171; Manif chaque soir, jusqu'&#224; la victoire &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Le gouvernement, apr&#232;s avoir n&#233;goci&#233; &#224; peine plus de 30 heures en 13 semaines de gr&#232;ve, prend des mesures disproportionn&#233;es pour &#233;touffer le conflit. Il pr&#233;sente un projet de loi visant &#224; limiter le droit de manifester (obligation de donner le trajet des manifestations aux policiers qui doivent l'approuver pr&#233;alablement, 8 heures &#224; l'avance ; pas le droit de manifester pr&#232;s des &#233;coles ; etc.), visant &#224; bl&#226;mer les associations &#233;tudiantes pour tous d&#233;bordement du conflit, visant l'interdiction de toute contestation de la loi et tout en imposant des amendes tr&#232;s sal&#233;es aux contrevenants (allant de 600 jusqu'&#224; 125&#8200;000 $ pour les associations &#233;tudiantes). C'est la paix au prix de la libert&#233;. Le projet est critiqu&#233; de partout. Il est tout de m&#234;me adopt&#233; en vitesse par ce gouvernement en perte de l&#233;gitimit&#233; &#224; cause de tous les scandales qui l'entachent. Le PQ promet d'abroger la nouvelle loi s'il est port&#233; au pouvoir. Le gouvernement croit faire peur &#224; la population et ainsi faire stopper les manifestations abondantes des derni&#232;res semaines. C'est rat&#233;, c'est la grogne qui prend de l'ampleur face &#224; nos droits qui sont bafou&#233;s. Le soir m&#234;me, les gens (pas seulement les &#233;tudiants) sortent dans la rue pour une autre manifestation nocturne monstre, d&#233;fiant la loi nouvellement adopt&#233;e. Les soirs suivants sont ponctu&#233;s de violences entre policiers et manifestants. On assiste &#224; des arrestations par centaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	De toute part, on appelle &#224; la d&#233;sob&#233;issance civile. Le 22 mai (le 22 est d&#233;finitivement une date importante dans le mouvement), pour le 100&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; jour de gr&#232;ve, une manifestation monstre se met en branle [&#224; laquelle participent toutes les couches sociales, pour d&#233;noncer la hausse des frais de scolarit&#233; mais aussi la loi sp&#233;ciale. Malgr&#233; le temps pluvieux, de 250&#8200;000 &#224; 350&#8200;000 personnes sortent dans les rues et empruntent un trajet diff&#233;rent de celui fourni aux policiers, d&#233;fiant ainsi la loi massivement. Les forces de l'ordre sont constern&#233;es, aucune arrestation n'est effectu&#233;e. Par ailleurs, pour contester la loi sp&#233;ciale, depuis maintenant pr&#232;s d'une semaine, dans toutes les villes du Qu&#233;bec, les gens sortent dans les rues, tous les soirs &#224; 20&#8200;h et frappent sur leurs casseroles pour faire le plus de bruit possible, pendant plus de 15 minutes. Cela reprend un moyen de contestation qui a vu le jour en Am&#233;rique du Sud dans les ann&#233;es 70. C'est un autre moyen pour se faire entendre. La population est plus mobilis&#233;e que jamais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Qu&#233;bec, Anthony&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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