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	<title>CNT-AIT - Toulouse | Anarchosyndicalisme !</title>
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	<description>Site web de la CNT-AIT de Toulouse, organisation anarchosyndicaliste. 7 rue Saint-R&#233;m&#233;sy - 31000 Toulouse - 05 61 52 86 48</description>
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		<title>CNT-AIT - Toulouse | Anarchosyndicalisme !</title>
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		<title>Pourquoi je suis ath&#233;e ?
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		<dc:subject>A la une
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&lt;p&gt;On peut dire de certains livres qu'ils sont des drapeaux. La traduction en fran&#231;ais par les &#201;ditions de l'Asym&#233;trie de &#171; Pourquoi je suis ath&#233;e ? &#187; du libertaire indien Baghat Singh, devrait &#234;tre le drapeau on ne peut plus actuel des libertaires du monde entier. On peut dire de certains livres qu'ils sont des combats. Cette &#233;dition qui regroupe des commentaires de militants ath&#233;es et libertaires du monde indien et du monde arabe r&#233;engage un combat universel : sur toute la plan&#232;te, au m&#234;me (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;/a&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;div class='spip_document_345 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cntaittoulouse.lautre.net/IMG/jpg/5c68f-asymc25cc25a7trie-pourquoi_je_suis_athee-couv2b-2bcopie.jpg' width=&#034;239&#034; height=&#034;403&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;On peut dire de certains livres qu'ils sont des drapeaux. La traduction en fran&#231;ais par les &#201;ditions de l'Asym&#233;trie de &#171; Pourquoi je suis ath&#233;e ? &#187; du libertaire indien Baghat Singh, devrait &#234;tre le drapeau on ne peut plus actuel des libertaires du monde entier. On peut dire de certains livres qu'ils sont des combats. Cette &#233;dition qui regroupe des commentaires de militants ath&#233;es et libertaires du monde indien et du monde arabe r&#233;engage un combat universel : sur toute la plan&#232;te, au m&#234;me titre que la lutte des classes, la lutte contre l'obscurantisme et le fascisme religieux est &#224; l'ordre du jour.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Quand j'ai lu ces textes, j'ai pens&#233; au sordide bruit de fond qu'on entend dans un certain milieu qui consiste &#224; nier, parfois avec violence, l'existence et le sort de ceux qui meurent dans les pays sous dictature religieuse pour avoir d&#233;fendu la Libert&#233; et la Raison. Elle nous serine que, parce qu'ils vivent dans un autre continent que le n&#244;tre, il faudrait taire le fait que ces militants ath&#233;es et libertaires sont &#233;guli&#232;rement massacr&#233;s par des islamistes, qu'il faudrait m&#234;me aller jusqu'&#224; taire leur existence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce bruit de fond sordide voudrait &#233;touffer les cris de r&#233;volte, par exemple ceux de Shammi Haqui et Ananya Azead qui nous expliquent qu'en Inde il n'a pas fallu 20 ans pour que se d&#233;veloppe un extr&#233;misme religieux bipolaire capable, tel un poison lent, de changer radicalement le tissu et le psychisme de la population. Elle voudrait les &#233;touffer parce que ces cris nous alertent : la religion n'est une drogue apaisante qu'au d&#233;but, &#224; terme c'est un poison lent. Et on en conna&#238;t le r&#233;sultat par avance, pour peu qu'on veuille bien ouvrir les yeux et les oreilles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'encontre de ceux qui fabriquent ce bruit de fond et qui se r&#233;duisent au r&#244;le de complice des fanatiques et des fascistes, ce livre nous rappelle que s'il n'existe pas de fronti&#232;res g&#233;ographiques &#8211; puisqu'ils habitent au m&#234;me endroit &#8211; il existe des fronti&#232;res id&#233;ologiques. Il est bon de souligner que nous ne sommes pas du m&#234;me c&#244;t&#233; de la barri&#232;re que ces nouveaux n&#233;gationnistes. Hier comme aujourd'hui et aujourd'hui comme demain, il existe bel et bien une fronti&#232;re entre un fanatique religieux et un libertaire, il existe bel et bien une fronti&#232;re entre un fasciste et un anarchiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du coup j'en suis venu &#224; une question, &#171; No border &#187; (Pas de fronti&#232;res) disons-nous&#8230; Mais qu'est ce que &#231;a veut dire de vouloir abolir les fronti&#232;res g&#233;ographiques sans combattre ce relativisme culturel qui nie &#224; toute force l'existence et le droit &#224; l'existence de nos compagnons du monde entier ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est ce que &#231;a veut dire de vouloir accueillir tout le monde sans combattre clairement ce bruit de fond sordide qui exclut de ce monde ceux qui ne pensent pas comme les puissants, les tyrans et leurs complices, veulent qu'on pense ? No border disons-nous, oui, mais encore ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Relire l'histoire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce qui a emp&#234;ch&#233; en f&#233;vrier 1939 les r&#233;fugi&#233;s espagnols de base d'&#234;tre massacr&#233;s par les franquistes lanc&#233;s &#224; leur poursuite, si ce n'est l'existence de la fronti&#232;re fran&#231;aise ? Qui aurait eu int&#233;r&#234;t, en 1939, &#224; br&#251;ler le poste fronti&#232;re du Perthus en criant &#171; No border &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Inversement, en 1945, &#224; l'instar du fils de Mussolini ou du chef des terribles oustachis, Ante Pavelic, un nombre prodigieux de fascistes se r&#233;fugi&#232;rent en Am&#233;rique du Sud. Les nazis y furent accueillis &#224; bras ouverts, tels le tristement c&#233;l&#232;bre docteur Mengele. Ce m&#233;decin du camp de concentration d'Auschwitz, qui avait pratiqu&#233; sur les d&#233;tenus d'horribles exp&#233;riences, avait gagn&#233; l'Argentine en 1949, comble d'ironie sinistre, avec un passeport de la Croix Rouge. Quel sens cela aurait-il eu &#224; cette p&#233;riode en Argentine de crier &#171; Bienvenue aux r&#233;fugi&#233;s &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Poser ces questions c'est y r&#233;pondre. Oui les libertaires sont pour l'abolition des fronti&#232;res g&#233;ographiques mais pas uniquement, surtout pas uniquement, car si l'on met sous le boisseau l'existence de fronti&#232;res id&#233;ologiques on ne fait rien d'autre que de rendre possible l'av&#232;nement d'un monde totalitaire dirig&#233; par un gouvernement mondial. Un pur cauchemar.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors comme l'&#233;crit la sociologue alg&#233;rienne Mari&#232;me Helie Lucas, il faut&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt; &#171; &#8230; rappeler &#224; tous ceux qui, ici m&#234;me, nient notre histoire libertaire au nom d'une identit&#233; qu'ils supposent n&#233;cessairement religieusement d&#233;finie et accordent un pouvoir politique croissant aux repr&#233;sentants des religions, que l'alliance morbide entre les pr&#233;dicateurs religieux et les d&#233;tenteurs du pouvoir constitue un supr&#234;me danger &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&#171; Pour rendre hommage aux blogueurs bengalis et saoudiens, aux militants pakistanais contre les lois sur le blasph&#232;me, aux dessinateurs fran&#231;ais qui se sont battus pour notre libert&#233; &#224; tous &#187; , il faut acheter &#171; Pourquoi je suis ath&#233;e ? &#187; d'autant plus que les b&#233;n&#233;fices des ventes seront revers&#233;s au site internet MUKTO-MONA (Libre Pens&#233;e) qui h&#233;berge les blogs de plusieurs ath&#233;es bengalis.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt; Ce texte &#233;crit en prison en 1 930 par Bhagat Singh, constitue un br&#251;lot malmenant &#224; la fois les religions, les castes et le colonialisme. Encore tr&#232;s diffus&#233; aujourd'hui en Inde, il exerce une influence toujours d&#233;terminante sur les luttes contre tous les fanatismes, notamment celles des blogueurs, &#233;diteurs et libres penseurs d'Asie et du monde arabe. L'&#233;dition de cette &#339;uvre, en septembre 201 6, par les Editions de l'Asym&#233;trie comprend des pr&#233;faces de Raihan Abir, &#233;diteur du site Mukto-Mona , de Shammi Haque, blogueuse et activiste f&#233;ministe de la Ganajagaran Mancha ( Mass awakening Platform / Plate-forme pour le r&#233;veil des masses ), et de Marieme Helie Lucas, sociologue, fondatrice et coordinatrice des r&#233;seaux Secularism is a Women's Issue et Women living under Muslim Laws ainsi que des Postfaces de Chaman Lal, historien, JNU-Delhi, et d'Ahmedur Rashid Chowdhury (Tutul), &#233;diteur, Shuddhashar. Le prix d'achat est de 10 euros&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>L'&#201;thique contre la morale avec Spinoza
</title>
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		<dc:subject>A la une
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		<description>
&lt;p&gt;Voici des id&#233;es qui para&#238;tront inhabituelles depuis que, dans ce journal, nous discutons des Lumi&#232;res. La th&#232;se selon laquelle la Raison serait impuissante devant une nature humaine int&#233;gralement d&#233;termin&#233;e va, a priori, &#224; l'encontre de tout ce qui s'est &#233;crit ici-m&#234;me &#224; propos des Lumi&#232;res, et trouve difficilement sa place dans la pens&#233;e anarchiste. Ces id&#233;es, qui sont celles de Spinoza (1632-1677), ont pourtant largement contribu&#233; au d&#233;veloppement des philosophies des Lumi&#232;res, en (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Voici des id&#233;es qui para&#238;tront inhabituelles depuis que, dans ce journal, nous discutons des Lumi&#232;res. La th&#232;se selon laquelle la Raison serait impuissante devant une nature humaine int&#233;gralement d&#233;termin&#233;e va, a priori, &#224; l'encontre de tout ce qui s'est &#233;crit ici-m&#234;me &#224; propos des Lumi&#232;res, et trouve difficilement sa place dans la pens&#233;e anarchiste. Ces id&#233;es, qui sont celles de Spinoza (1632-1677), ont pourtant largement contribu&#233; au d&#233;veloppement des philosophies des Lumi&#232;res, en reprenant les th&#232;ses de Thomas Hobbes (1588-1679), &#224; l'origine des th&#233;ories du Contrat avant Rousseau, et en faisant la critique de la religion, de la superstition et du caract&#232;re coercitif de la morale classique, au motif qu'elle emp&#234;che les individus de s'exprimer. Comment dire ce qu'il faut &#234;tre et ce qu'il faut faire, sans hi&#233;rarchie de valeurs a priori ? Puisque la Morale implique en effet une hi&#233;rarchie des valeurs : il n'y a pas de morale si tout se vaut ou si tout est &#233;gal. Admettre une hi&#233;rarchie des valeurs implique, &#224; son tour, un principe sup&#233;rieur qui impose des devoirs. Son esprit est le principe d'ob&#233;issance. Avec Spinoza, c'est au contraire un peu de l'esprit libertaire que l'on voit souffler dans l'histoire de la philosophie morale. Effectivement, il n'y a pas de morale si tout se vaut ou si tout est &#233;gal, pas de morale dans un monde qui refuse la hi&#233;rarchie, pas de morale dans un monde horizontal. En revanche, il y a une &#233;thique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; LE SYST&#200;ME DE LA NATURE DES CHOSES&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;L'&#201;thique &lt;/i&gt; de Spinoza est un livre-syst&#232;me. Il veut proposer une explication totale de l'ensemble du syst&#232;me du monde, en poursuivant ce qu'avait initi&#233; Descartes (1596-1650) juste avant lui, lui qui marque d&#233;finitivement la fin du Moyen-&#194;ge, en se d&#233;barrassant de la scolastique, c'est-&#224;-dire du commentaire toujours recommenc&#233; d'Aristote qui faisait &#171; &#233;cole &#187;. Descartes oublie toute la biblioth&#232;que scolastique, et recommence tout &#224; partir de lui-m&#234;me, seul avec lui-m&#234;me, m&#233;ditant sur soi, doutant de tout, ne conservant comme valable que ce qui est absolument certain, en &#233;vacuant tout ce qui peut relever de la projection de l'imagination humaine sur les choses. Spinoza se situe dans la continuit&#233; de cet esprit cart&#233;sien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son livre s'intitule &lt;i&gt;L'&#201;thique &lt;/i&gt; , c'est-&#224;-dire qu'il est une r&#233;flexion sur la vie et l'action bonnes (en grec, ethos : le comportement), sur ce qu'il faut &#234;tre et ce qu'il faut faire, sur la libert&#233; et le bonheur des hommes. La premi&#232;re partie porte sur la nature des choses, partie qu'il appelle De Dieu (mais qui en red&#233;finit totalement le concept par rapport &#224; l'esprit jud&#233;o-chr&#233;tien), et que Spinoza ach&#232;ve par un Appendice qui d&#233;fait totalement le m&#233;canisme de la croyance religieuse, en montrant qu'elle est une conscience invers&#233;e de l'homme, deux si&#232;cles avant Feuerbach et Marx, qui reprendront la m&#234;me id&#233;e. C'est ensuite qu'on passe &#224; la nature humaine , &#233;tant donn&#233;e cette nature des choses :&lt;strong&gt; la partie 2&lt;/strong&gt; porte sur l'esprit humain , &lt;strong&gt;la partie 3&lt;/strong&gt; porte sur les affects , elle est centr&#233;e sur la question du pouvoir propre du corps, l'inconnu du corps et l'inconscient de la pens&#233;e. Spinoza termine son livre-syst&#232;me en examinant quel est notre degr&#233; de puissance sur cet inconnu du corps et cet inconscient de la pens&#233;e : &lt;strong&gt;la partie 4&lt;/strong&gt; s'intitule &lt;i&gt;De la servitude humaine&lt;/i&gt; , et &lt;strong&gt;la partie 5&lt;/strong&gt;, De &lt;i&gt;la libert&#233; humaine&lt;/i&gt; .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'int&#233;rieur de cette vision totale de la nature des choses et du monde, de l'&#202;tre en tant que tel, la question est : quelle place avons-nous ? Quel pouvoir avons-nous sur la nature des choses et sur notre propre nature ? Quelle libert&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au terme de la partie 1, les choses sont tr&#232;s claires, et la vision de Spinoza en d&#233;finitive tr&#232;s simple. On peut l'&#233;noncer comme ceci, sans r&#233;duire la complexit&#233; du d&#233;tail du texte : &lt;strong&gt;Nous ne sommes que des parties insignifiantes de la Nature, et nous n'avons de pouvoir sur rien&lt;/strong&gt;. La Nature n'est rien d'autre qu'un r&#233;seau de rapports de causes &#224; effets, et l'homme n'est pas &#171; comme un empire dans un empire &#187; , c'est-&#224;-dire qu'il est lui aussi le produit de rapports de causes &#224; effets. C'est ce que ne voient pas les hommes de croyance et de superstition, qui pensent que les choses ont une raison d'&#234;tre ou, comme dit la scolastique depuis Aristote, que &#171; la nature ne fait rien en vain &#187; , dieu ayant fait les cr&#233;atures pour servir les hommes, et les hommes qui sont &#224; son image, pour servir dieu. Cette croyance est toujours le fait de la projection des habitudes humaines sur la nature des choses, que nous interpr&#233;tons &#224; partir de notre propre nature, plus exactement &#224; partir de ce dont nous avons conscience quant &#224; notre nature, ce qui est peu de choses. Etant ignorants de la nature des choses, Spinoza explique que nous avons seulement conscience du fait que nous recherchons ce qui nous est utile, et que nous agissons en vue de finalit&#233;s, raison pour laquelle nous voulons conna&#238;tre la finalit&#233; de toutes choses, ce qui nous conduit &#224; penser que les choses ont &#233;t&#233; dispos&#233;es par dieu, recteur de la nature dot&#233; de libert&#233; humaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Feuerbach et Marx, &#224; sa suite, diront bien plus tard que la conscience religieuse est une conscience invers&#233;e. Les hommes, en imaginant dieu, ne font rien d'autre que transf&#233;rer dans une figure imaginaire, &#233;trang&#232;re et sup&#233;rieure, leurs propres qualit&#233;s essentielles. On comprend du coup que lorsque les hommes pensent dieu, ils ne font rien d'autre que se penser eux-m&#234;mes, comme &#233;trangers &#224; eux-m&#234;mes. En ce sens la conscience religieuse est une conscience ali&#233;n&#233;e (ali&#233;nation : devenir &#233;tranger &#224; soi-m&#234;me), et il s'agit pour Feuerbach de faire la critique de la religion pour que les hommes r&#233;cup&#232;rent, sur le sol terrestre, la conscience d'eux-m&#234;mes. Marx ajoutera que s'il en est ainsi, c'est parce qu'il y a une situation sociale qui cr&#233;e ce besoin de conscience invers&#233;e de soi, que la mis&#232;re religieuse est l'expression d'une mis&#232;re r&#233;elle :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; exiger qu'il soit renonc&#233; aux illusions concernant notre propre situation, c'est exiger qu'il soit renonc&#233; &#224; une situation qui a besoin d'illusions &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Spinoza est peut-&#234;tre le premier &#224; faire de cette mani&#232;re l'analyse des causes de la croyance religieuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa r&#233;ponse, c'est que le syst&#232;me de la Nature n'&#233;tant rien d'autre qu'un r&#233;seau de rapports de causes &#224; effets, il faut par cons&#233;quent que la r&#233;alit&#233; humaine soit trait&#233;e de la m&#234;me fa&#231;on, comme &#233;tant caus&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LES JUGEMENTS MORAUX SONT FONDES SUR DES PR&#201;JUG&#201;S&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cons&#233;quence directe de cette pens&#233;e de la nature des choses comme n'&#233;tant faite de rien d'autre que de rapports de causes &#224; effets : &lt;strong&gt;il n'y a ni Bien ni Mal dans la Nature&lt;/strong&gt; . Et les comportements des hommes &#233;tant caus&#233;s, comme n'importe quelle autre partie de la Nature, il n'y a donc pas plus de bien ou de mal dans nos comportements que dans le mouvement d'une feuille qui se trouve d&#233;termin&#233;e &#224; tomber &#224; l'automne. Les m&#234;mes lois valent pour toutes les parties de la Nature, &lt;strong&gt;et la vision que Spinoza se fait du monde est une vision radicalement anti-hi&#233;rarchique, elle est horizontale&lt;/strong&gt; . Nous ne valons pas davantage qu'une feuille dont la nature la d&#233;termine &#224; &#234;tre affect&#233;e de telle sorte qu'elle tombe &#224; l'automne. C'est ainsi que le m&#233;canisme de projection qui fait la conscience religieuse est lui-m&#234;me l'expression d'une illusion sur notre propre nature. Nous imaginons un dieu d&#244;t&#233; de libert&#233; humaine, et nous projetons nos propres sch&#233;mas d'action, mais en amont de tout cela, nous sommes dans l'illusion qui consiste, dit Spinoza, &lt;strong&gt;&#224; croire que nous sommes libres parce que nous sommes ignorants des causes qui nous d&#233;terminent&lt;/strong&gt; , comme si la feuille qui tombe de l'arbre pouvait se mettre &#224; croire qu'elle est l'auteur de son mouvement et qu'elle est libre, parce qu'elle aurait seulement conscience de ce mouvement, oubliant qu'elle n'est qu'une partie de la Nature (Spinoza, dans sa correspondance, prend l'exemple d'une pierre d&#233;valant une pente).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; partir de ce fait, qu'il n'y a ni Bien ni Mal dans la nature, et pas davantage de Bien ou de Mal dans la fa&#231;on dont cette nature s'exprime dans nos propres comportements, que l'on peut saisir la diff&#233;rence entre la Morale et &lt;i&gt;l'&#201;thique&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;HOBBES : CRITIQUE DE LA MORALE ET R&#201;ORIENTATION DANS LA TH&#201;ORIE JURIDIQUE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur cette question, c'est Hobbes qui est l'auteur d&#233;cisif dans l'histoire de la philosophie morale et politique. Avant Hobbes, une certaine th&#233;orie juridique, que l'on appelle la th&#233;orie du Droit Naturel, correspondait &#224; la morale classique. Dans cette conception, une chose se d&#233;finit par son essence (par exemple, Aristote : l'homme est un animal rationnel), le droit naturel est ce qui correspond &#224; l'essence. Conform&#233;ment &#224; cela, l'&#233;tat de nature n'est pas un &#233;tat pr&#233;-social, mais un &#233;tat conforme &#224; l'essence dans une bonne soci&#233;t&#233;, et la bonne soci&#233;t&#233; est celle dans laquelle l'homme r&#233;alise sa nature, qu'il ne poss&#232;de d'abord qu'en puissance. Une bonne soci&#233;t&#233;, c'est donc quelque chose qui correspond &#224; une essence que l'on a fix&#233;e &#224; l'avance et &#224; laquelle il est de notre devoir de correspondre, le probl&#232;me &#233;tant &#233;videmment que cela vient figer le mod&#232;le auquel il faut correspondre. Ce cadre ainsi pos&#233;, on comprend que c'est le devoir qui est premier, qui prescrit &#224; chacun de r&#233;aliser sa nature. Il y a une d&#233;finition a priori, l'essence, notre nature, vers laquelle chacun doit tendre. Celui qui a le savoir de l'essence dispose de la comp&#233;tence de d&#233;terminer quels sont nos devoirs. C'est la comp&#233;tence du sage, d'o&#249; d&#233;coulent des pr&#233;tentions politiques. C'est ce qui se passe dans toute l'histoire de la philosophie morale et politique jusqu'&#224; Hobbes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans la Morale il y a donc comp&#233;tence de quelque chose de sup&#233;rieur. Toute Morale pr&#233;suppose cette id&#233;e qu'il y a un Bien et un Mal a priori, le Bien correspondant &#224; une essence fix&#233;e de toute &#233;ternit&#233;. Ce que fait la Morale, c'est prescrire des devoirs, et son principe, c'est le principe d'ob&#233;issance envers la comp&#233;tence de quelque chose de sup&#233;rieur.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec Hobbes, la th&#233;orie du droit naturel est boulevers&#233;e, et une nouvelle th&#233;orie juridique voit le jour, qui est &#224; l'origine de toutes les th&#233;ories du Contrat. A la base du droit naturel, il n'y a plus l'essence, mais &lt;strong&gt;la puissance&lt;/strong&gt; , id&#233;e centrale chez Spinoza. Juridiquement, cela veut dire : il est dans le droit naturel du gros poisson de manger le petit. C'est une provocation contre les anciennes th&#233;ories du droit naturel et contre la morale classique, puisque cela semble dire : est permis ce qu'on peut. Cela se comprend bien, si l'on voit que l'&#233;tat de nature d&#233;sormais se distingue de l'&#233;tat social, et le pr&#233;c&#232;de : effectivement, dans un &#233;tat pr&#233;-social, est permis ce qu'on peut. Peu importe que l'on croie &#224; l'existence historique de cet &#233;tat pr&#233;-social : si la d&#233;finition du naturel, c'est la puissance, alors il s'agit n&#233;cessairement de quelque chose qui ne concerne pas encore le social. L'&#233;tat social, ce sont les d&#233;fenses, les interdits, qui s'appliquent &#224; ce que je peux. Donc : &lt;strong&gt;&#234;tre social et raisonnable, c'est un devenir. Le probl&#232;me de la politique est : comment faire pour que les hommes deviennent sociaux (et non comment faire pour qu'ils r&#233;alisent une nature a priori) .&lt;/strong&gt; Ce qui est premier dans cette conception, c'est le droit. Les devoirs sont seconds, puisqu'ils ne sont que des obligations venant limiter le droit, pour que l'homme devienne social. L'important c'est qu'en mati&#232;re de morale, pour autant qu'il est question du droit naturel,&lt;strong&gt; le principe de la comp&#233;tence sup&#233;rieure dispara&#238;t&lt;/strong&gt; .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; Par cons&#233;quent : personne n'est comp&#233;tent pour moi ; et si la soci&#233;t&#233; civilis&#233;e se forme, cela ne peut &#234;tre, d'une mani&#232;re ou d'une autre, que par le consentement de ceux qui y participent. Le principe d'ob&#233;issance devient quelque chose de second.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;CE QUE VEUT L'&#201;THIQUE DE SPINOZA CONTRE LA MORALE.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Spinoza, lorsqu'il construit son &#201;thique, est dans la continuit&#233; de cette r&#233;volution de la th&#233;orie du droit naturel, initi&#233;e par Hobbes. Il le dit clairement : l&lt;strong&gt;'essence de l'homme, c'est sa puissance &lt;/strong&gt; , il dit aussi &#171; d&#233;sir &#187; , et &#171; pers&#233;v&#233;rance dans l'&#234;tre &#187; ou encore &#171; dans son &#234;tre &#187; . Cela veut dire aussit&#244;t qu'il n'y a plus d'essence de l'homme fix&#233;e &#224; l'avance, qui prescrirait leurs devoirs aux individus, il n'y a plus d'id&#233;e g&#233;n&#233;rale l&#224;-dessus, &lt;strong&gt;il n'y a que des singularit&#233;s &lt;/strong&gt; . Il n'y a que des normes individuelles, simplement fix&#233;es par le fait que je suis dans des situations o&#249; je peux davantage, et des situations o&#249; je peux moins, des situations qui font que ma puissance est augment&#233;e, et des situations qui font que ma puissance est diminu&#233;e. Joie ou Tristesse, qui sont les deux affects fondamentaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;l en va de m&#234;me pour l'arbre qui, au milieu des encha&#238;nements de causes et d'effets, fait effort pour pers&#233;v&#233;rer dans son &#234;tre, se d&#233;finissant par sa puissance, et se trouve affect&#233; par des &#233;l&#233;ments ext&#233;rieurs &#224; lui (soleil, pluie, quantit&#233; de ce dont il a besoin dans le sol, variations de temp&#233;ratures etc.). Parmi toutes ces choses qui l'affectent, il y en a qui augmentent sa puissance, et il y en a qui diminuent sa puissance, de sorte qu'on peut dire qu'il y a pour lui du bon et du mauvais , en fonction d'une norme qui lui est propre, et qui elle-m&#234;me varie selon le&lt;strong&gt; sens et le degr&#233; de remplissement de sa puissance.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; ce qui int&#233;resse Spinoza : explorer les fa&#231;ons d'&#234;tre des existants, en faisant la description des directions et des degr&#233;s de remplissement de la puissance des existants. Qu'est-ce qui nous augmente et qu'est-ce qui nous diminue ? Voil&#224; donc la diff&#233;rence entre la morale et l'&#233;thique :&lt;strong&gt; il n'y a ni Bien ni Mal, cela veut dire qu'il n'y a que du bon et du mauvais .&lt;/strong&gt; Et cela veut dire encore du point de vue social, puisqu'il y a aussi du bon et du mauvais dans la mesure o&#249; il y a coexistence et o&#249; les hommes se rencontrent : cherchons les meilleures conditions pour que les hommes effectuent leur puissance. Gilles Deleuze a cette formule, qui ressaisit la diff&#233;rence entre morale et &#233;thique : &lt;strong&gt;la morale, c'est la discipline du bien et du mal, l'&#233;thique, c'est l'art du bon et du mauvais. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; LA LIBERT&#201;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant : quelle libert&#233; pour les hommes ? La libert&#233; au sens du libre-arbitre a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; &#233;cart&#233;e par Spinoza et d&#233;nonc&#233;e comme illusion : le pouvoir de choisir qui ne subit aucune d&#233;termination ext&#233;rieure, la volont&#233; qui agit de sa propre initiative, cela n'existe pas. En toutes choses, et comme toutes choses, nous sommes caus&#233;s. La philosophie de Spinoza n'est pas, de ce point de vue, une philosophie de la libert&#233;, mais on peut dire, d'un autre point de vue, que c'est &lt;strong&gt;une philosophie de la lib&#233;ration &lt;/strong&gt; , et c'est dans ce mouvement de lib&#233;ration que consiste l' &#201;thique , lorsqu'on est capable de sortir des illusions de la morale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est que, dans le rapport qu'on a avec les causes qui nous d&#233;terminent, Spinoza dit qu'il peut y avoir plus ou moins de passivit&#233;, plus ou moins d'activit&#233;. Nous sommes d&#233;termin&#233;s, on ne peut rien y faire, mais alors, deux possibilit&#233;s : soit on subit ces causes sans les comprendre, en &#233;tant dans l'illusion quant &#224; notre condition, en &#233;tant dans le d&#233;ni : dans ce cas Spinoza dit qu'on est passif, que l'on n'est pas cause de soi, que l'on n'est pas libre. Soit on est capable de transformer le rapport que l'on a avec ce qui nous d&#233;termine, pour entretenir un rapport de lucidit&#233; avec la nature et avec notre histoire, pour comprendre et int&#233;grer en nous-m&#234;mes les causes de nos actions et en faire peut-&#234;tre de r&#233;els motifs, parce que nous savons d&#233;sormais que cela nous constitue positivement : dans ce cas Spinoza dit qu'on est agissant, qu'on est cause de soi, qu'on est libre, toujours d&#233;termin&#233; mais n&#233;anmoins aussi auteur de soi, dans une certaine mesure qui est fonction de notre degr&#233; de lucidit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce changement dans le rapport que l'on entretient avec ce qui nous d&#233;termine est donc aussi corr&#233;latif d'un changement dans le remplissement de notre puissance d'agir. De ce point de vue, la morale se r&#233;v&#232;le tout simplement inefficace. Spinoza d&#233;nonce cette autre illusion de la morale classique, qui consiste &#224; penser que la raison pourrait se rendre ma&#238;tresse de la partie affect&#233;e de notre &#234;tre. &lt;strong&gt;Mais la raison est impuissante, les forces passionnelles seront toujours plus fortes que les int&#233;r&#234;ts rationnels&lt;/strong&gt;. Il faut donc renoncer &#224; dominer les affects au moyen de la raison. Le moyen d'atteindre la libert&#233;, et une plus grande ad&#233;quation avec soi, consiste pour Spinoza&lt;strong&gt; &#224; se d&#233;tourner de nos rapports avec ce qui nous affecte dans le sens d'une diminution de notre puissance, nous d&#233;poss&#233;dant de nous-m&#234;mes, pour leur opposer des rapports avec tout ce qui peut nous affecter dans le sens d'une augmentation de notre puissance, et qui nous rend agissants. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est cela que cherche l'&#233;thique, en conformit&#233; avec le principe de Spinoza selon lequel &lt;strong&gt;la raison bien comprise ne demande rien contre la nature, et contre notre propre nature : la raison au contraire ne commande rien d'autre que la recherche de ce qui nous est utile.&lt;/strong&gt; Nous savons &#224; quel point la morale a toujours &#233;t&#233; et continue d'&#234;tre un instrument dont les pouvoirs politico-religieux ont besoin, pour que les individus renoncent &#224; eux-m&#234;mes et se mettent au service d'int&#233;r&#234;ts qui ne sont pas les leurs. Ce que dit Spinoza alimente cette critique, en montrant que la morale est contre-nature et que, pour cette raison, elle &#171; attriste &#187; les hommes, c'est-&#224;-dire qu'elle les diminue, au lieu d'aller dans le sens de la joie, et qu'elle a besoin d'attrister les rapports entre les hommes pour se maintenir, comme tout pouvoir de type coercitif.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>UNE LECTURE DE &#171; QU'EST CE QUE LES LUMI&#200;RES &#187;
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		<dc:subject>A la une
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&lt;p&gt;Je ne connaissais de Kant que le nom. Je ne suis pas &#171; philosophe &#187; et n'ai aucune formation particuli&#232;re dans ce domaine. C'est dans le cadre de la r&#233;flexion collective lanc&#233;e par Anarchosyndicalisme ! sur la pens&#233;e des Lumi&#232;res que je me suis aventur&#233; dans la lecture de quelques ouvrages sur ce sujet, dont &#171; Qu'est ce que les lumi&#232;res ? &#187;. J'avoue que, contrairement &#224; ce que j'avais initialement craint, ce texte est d'une grande actualit&#233;. En particulier il permet, &#224; mon avis, de mieux (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?rubrique143" rel="directory"&gt;Penser les Lumi&#232;res
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&lt;a href="https://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?mot1" rel="tag"&gt;A la une
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Je ne connaissais de Kant que le nom. Je ne suis pas &#171; philosophe &#187; et n'ai aucune formation particuli&#232;re dans ce domaine. C'est dans le cadre de la r&#233;flexion collective lanc&#233;e par Anarchosyndicalisme ! sur la pens&#233;e des Lumi&#232;res que je me suis aventur&#233; dans la lecture de quelques ouvrages sur ce sujet, dont &#171; Qu'est ce que les lumi&#232;res ? &#187;. J'avoue que, contrairement &#224; ce que j'avais initialement craint, ce texte est d'une grande actualit&#233;. En particulier il permet, &#224; mon avis, de mieux saisir les pi&#232;ges pos&#233;s par le postmodernisme ou d'autres courants d'opinion, et aide le lecteur &#224; renforcer sa r&#233;flexion pour se d&#233;fendre des attaques des nouvelles pens&#233;es r&#233;actionnaires. C'est sous cet angle que je propose, sans aucune pr&#233;tention, les notes de lecture suivantes et quelques commentaires.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;J'ai utilis&#233; essentiellement une &#233;dition r&#233;unissant deux autres textes de Kant (&#171; Vers la paix perp&#233;tuelle &#187; et &#171; Que signifie s'orienter dans la pens&#233;e &#187;, introduction de Fran&#231;oise Proust, Flammarion, 1991) et quelques lectures compl&#233;mentaires. L'introduction de Fr. Proust, tr&#232;s claire, m'a bien aid&#233; &#224; saisir la pens&#233;e de cet auteur dont elle nous dit : &#171; L'essence de la pens&#233;e n'est pas la v&#233;rit&#233;, mais la libert&#233; &#187; ce qui signifie que &#171; Penser ne consiste pas &#224; trouver, &#224; reconna&#238;tre par soi-m&#234;me des v&#233;rit&#233;s puis &#224; les fonder, c'est se risquer dans l'inconnu et dans l'inconnaissable, en ne s'autorisant que du &#034; besoin de penser &#034; &#187;. Cette vision des choses est en rupture avec la tradition ant&#233;rieure, celle d'avant les Lumi&#232;res, qui voulait qu'on accepte des v&#233;rit&#233;s toutes faites, issues des dogmes h&#233;rit&#233;s du pass&#233;, que l'on se contentait de tenter de prouver a posteriori avec toutes les contradictions inh&#233;rentes &#224; une mani&#232;re de penser aussi bancale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Cette invitation au &#171; penser par soi-m&#234;me &#187; est ce qui ancre Kant dans les Lumi&#232;res et qui fait de cette p&#233;riode une &#232;re nouvelle qui ouvre des portes &#224; l'Humanit&#233; : &#171; Les lumi&#232;res c'est la sortie de l'Homme hors de l'&#233;tat de tutelle dont il est lui-m&#234;me responsable. L'&#233;tat de tutelle est l'incapacit&#233; &#224; se servir de son entendement sans la conduite d'un autre [&#8230;] Sapere Aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement. Voil&#224; la devise des lumi&#232;res. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Kant, Qu'est-ce que les Lumi&#232;res, 1784.]. Pour Kant, cette grande maxime, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le nombre de pr&#233;jug&#233;s, de dogmes auxquels on se heurte aujourd'hui est colossal, dans tous les milieux. Le milieu qui se veut anarchiste n'y &#233;chappe pas. On y v&#233;hicule &#224; sati&#233;t&#233; toute une s&#233;rie de dogmes qu'on ne saurait remettre en question sous peine de subir une vol&#233;e d'injures et d'&#234;tre, en quelque sorte excommuni&#233; : qui fait une analyse critique des religions est imm&#233;diatement tax&#233; &#171; d'islamophobie &#187; s'il ose toucher &#224; l'islam ; des s&#233;minaires interdits aux &#171; blancs &#187; sont organis&#233;s soi-disant pour lutter contre &#171; le racisme &#187; ( !!!), le &#171; racialisme &#187; (le nouveau nom du racisme), la &#171; non-mixit&#233; &#187; sont pr&#233;sent&#233;s comme parfaitement &#171; naturels &#187;&#8230; Bref, beaucoup de militants actuels sont plus influenc&#233;s par le postmodernisme que par la pens&#233;e anarchiste. Comme si on appuyait sur un bouton, ils r&#233;pondent &#224; toute critique, &#224; toute remise en cause, &#224; toute r&#233;flexion par une ineptie injurieuse. La consultation de blogs et sites internet en fournit de multiples exemples. Ainsi, j'ai not&#233;, sans avoir cherch&#233; bien longtemps, dans des blogs suppos&#233;s &#234;tre &#171; de d&#233;bat &#187;, qu'aux arguments rationnels il &#233;tait souvent r&#233;pondu par&#8230; des &#233;motic&#244;nes plus ou moins ridicules. Difficile de tomber plus bas dans la niaiserie ! Cette tendance &#224; une r&#233;ponse unique &#224; tout probl&#232;me est en plus largement m&#234;l&#233;e aux diverses &#171; Pravda &#187; marxistes (l&#233;niniste, mao&#239;ste, trotskyste, stalinienne&#8230;). Au fond, c'est contre les Lumi&#232;res que se pose ce courant qui exclut le d&#233;bat et la r&#233;flexion pour lui substituer une pens&#233;e r&#233;actionnaire toute faite et diffus&#233;e verticalement. Ainsi, les id&#233;ologies postmodernes, soit soutiennent la religion, soit aboutissent &#224; la remplacer par des sortes de superstitions, bas&#233;es sur des pr&#233;jug&#233;s, des discours pr&#233;alables &#224; toute r&#233;flexion et qui emp&#234;chent cette r&#233;flexion. Kant le d&#233;non&#231;ait d&#233;j&#224; : &#171; Le dogmatisme, pr&#233;cis&#233;ment, confondant la pens&#233;e avec son r&#233;sultat : le savoir, l'impose despotiquement &#224; la communaut&#233; philosophante. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fr. Proust, introduction&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ce qui a chang&#233; par rapport &#224; son &#233;poque, c'est que maintenant, h&#233;las, ce n'est pas que la communaut&#233; philosophante qui souffre de cet autoritarisme, c'est la soci&#233;t&#233; dans son ensemble et que le &#171; savoir &#187; ainsi diffus&#233; est le plus souvent un faux savoir. L'accumulation de dogmes souvent contradictoires et incoh&#233;rents &#8211; en tout cas s&#251;rement pas rationnels &#8211; enferme les personnes dans des cat&#233;gories qui sont autant de prisons id&#233;ologiques. Tous ces dogmatiques devrait m&#233;diter cette synth&#232;se : &#171; Le libre savoir n'est pas la libre production du savoir, c'est un savoir qui produit de la libert&#233; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fr. Proust, introduction&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Dans une &#233;poque o&#249; l'information circule si vite, o&#249; les &#233;changes et les d&#233;bats qui devraient permettre des approfondissements sont devenus plus faciles que jamais gr&#226;ce aux nouvelles technologies, on peut se demander pourquoi on assiste &#224; une telle r&#233;gression intellectuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Kant nous fournit une des clefs : &#171; Paresse et l&#226;chet&#233; sont les causes qui font qu'un si grand nombre d'hommes, apr&#232;s que la nature les eut affranchis depuis longtemps d'une conduite &#233;trang&#232;re (naturaliter maioriennes), restent cependant volontiers toute leur vie dans un &#233;tat de tutelle &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Kant, Qu'est-ce que les Lumi&#232;res&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#171; anarcho-gauchistes de bistrot &#187; se reconna&#238;tront &#8211; du moins le devraient-ils &#8211; dans cette critique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Cela dit, Kant constate qu'&#171; Il est [&#8230;] difficile &#224; chaque homme pris individuellement de s'arracher &#224; l'&#233;tat de tutelle devenu pour ainsi dire une nature. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Kant, Qu'est-ce que les Lumi&#232;res&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Cette phrase me conduit &#224; penser que ce n'est pas pour rien que le capitalisme, depuis plusieurs d&#233;cennies, impose une id&#233;ologie r&#233;actionnaire individualiste qui condamne chaque personne a vivre une vie solitaire, &#224; ne voir que des ennemis autour d'elle et &#224; renoncer &#224; la solidarit&#233;. Et ce n'est pas pour rien non plus qu'a contrario les anarchosyndicalistes font de la solidarit&#233; un des piliers de leur action car, justement, sans &#234;tre un obstacle &#224; l'individuation, elle rappelle &#224; chacun qu'il ne peut &#171; s'en sortir &#187; que par un effort commun avec d'autres. C'est ce qu'&#233;crit Kant : &#171; Mais qu'un public s'&#233;claire lui-m&#234;me est plus probable ; cela est m&#234;me presque in&#233;vitable pourvu qu'on lui accorde la libert&#233;. Car il se trouvera toujours quelques &#234;tres pensant par eux-m&#234;mes, m&#234;me parmi les tuteurs en exercice du grand nombre, pour rejeter eux-m&#234;mes le joug de l'&#233;tat de tutelle et pour propager ensuite autour d'eux l'esprit d'une appr&#233;ciation raisonnable de la propre valeur et de la vocation de tout homme &#224; penser par soi-m&#234;me. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Kant, Qu'est-ce que les Lumi&#232;res&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre point de r&#233;flexion, qui int&#233;resse particuli&#232;rement le militant que je suis, est soulev&#233; par Kant dans &#171; Qu'est-ce que les Lumi&#232;res &#187;, celui de la R&#233;volution : &#171; [..] un public ne peut acc&#233;der que lentement aux Lumi&#232;res. Par une r&#233;volution on peut bien obtenir la chute d'un despotisme personnel ou la fin d'une oppression reposant sur la soif d'argent ou de domination, mais jamais une vraie r&#233;forme du mode de penser ; mais, au contraire, de nouveaux pr&#233;jug&#233;s serviront, au m&#234;me titre que les anciens, &#224; tenir en lisi&#232;re ce grand nombre d&#233;pourvu de pens&#233;e. &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Or, cinq ans apr&#232;s l'&#233;criture de ces lignes explosait la R&#233;volution fran&#231;aise, et Kant se pla&#231;a du c&#244;t&#233; de l'&#233;v&#233;nement et &#233;crivit, quelques ann&#233;es apr&#232;s&#8230; &#171; M&#234;me si le but vis&#233; par cet &#233;v&#233;nement n'&#233;tait pas encore aujourd'hui atteint, quand bien m&#234;me la r&#233;volution ou la r&#233;forme de la constitution d'un peuple aurait finalement &#233;chou&#233;, ou bien si, pass&#233; un certain laps de temps, tout retombait dans l'orni&#232;re pr&#233;c&#233;dente (comme le pr&#233;disent maintenant certains politiques), cette proph&#233;tie philosophique n'en perd pourtant rien de sa force. Car cet &#233;v&#233;nement est trop important, trop m&#234;l&#233; aux int&#233;r&#234;ts de l'humanit&#233;, et d'une influence trop vaste sur toutes les parties du monde pour ne pas devoir &#234;tre remis en m&#233;moire aux peuples &#224; l'occasion de certaines circonstances favorables et rappel&#233; lors de la reprise de nouvelles tentatives de ce genre. &#187;[[Kant, Conflit des facult&#233;s, 1798.].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Le rapport de Kant &#224; la R&#233;volution fran&#231;aise exigerait &#224; lui seul un article, d'autant que le terme &#171; r&#233;volution &#187; englobe des conceptions extr&#234;mement vari&#233;es (puisqu'on parle m&#234;me de &#171; r&#233;volution n&#233;oconservatrice &#187; !). Du point de vue qui est le mien, celui d'un d&#233;fenseur d'une r&#233;volution libertaire, la premi&#232;re citation garde tout son int&#233;r&#234;t. Une cinquantaine d'ann&#233;es avant les th&#233;ories de Blanqui, Kant en souligne l'inanit&#233;. Les courants blanquistes actuels qui pensent qu'une petite avant-garde, par une action violente, serait capable de changer radicalement les choses, devraient y r&#233;fl&#233;chir : un &#171; coup de main &#187;, tel celui de L&#233;nine, peut renverser un r&#233;gime et remplacer un despotisme par un autre ; au mieux, comme ce qui se produisit lors de la r&#233;volution des &#339;illets (avec une &#171; avant-garde &#187; num&#233;riquement fournie et bien &#233;quip&#233;e, puisqu'il s'agissait de la majorit&#233; de l'arm&#233;e), il peut faire tomber un despotisme pour ouvrir une p&#233;riode de d&#233;mocratie bourgeoise. Une vrai r&#233;volution, au sens libertaire, c'est-&#224;-dire une r&#233;volution qui ne &#171; tienne pas en lisi&#232;re &#187; la population, exige que les id&#233;es r&#233;volutionnaires soient largement partag&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, contrairement &#224; ce qu'&#233;crit Kant dans cette citation, on peut penser que, dans certaines p&#233;riodes &#8211; et c'est peut-&#234;tre la caract&#233;ristiques des p&#233;riodes r&#233;volutionnaires &#8211; les esprits s'ouvrent tr&#232;s vite et assimilent rapidement ce qu'ils m&#233;prisaient quelques temps avant. En quelque sorte, le &#171; public s'&#233;claire lui-m&#234;me &#187; et d'autant plus vite qu'il est plus nombreux &#224; participer &#224; cette r&#233;flexion. C'est peut-&#234;tre ce qui s'est produit au cours de la R&#233;volution fran&#231;aise et peut-&#234;tre aussi ce qui a modifi&#233; le jugement de Kant.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Kant, Qu'est-ce que les Lumi&#232;res, 1784.]. Pour Kant, cette grande maxime, que l'on pourrait vulgariser en &#171; pensez par vous-m&#234;me &#187;, &#171; &#8230; est celle d'une raison qui n'est jamais passive. Le penchant &#224; la passivit&#233;, et par cons&#233;quent &#224; l'h&#233;t&#233;ronomie de la raison, s'appelle pr&#233;jug&#233; ; le plus grand de tous consiste &#224; se repr&#233;senter la nature comme n'&#233;tant pas soumise aux r&#232;gles que l'entendement lui donne pour fondement gr&#226;ce &#224; sa propre loi essentielle, et c'est la superstition. La lib&#233;ration de la superstition s'appelle les Lumi&#232;res. &#187;[[Citation reproduite dans l'introduction, tir&#233;e de &#171; Critique de la facult&#233; de juger &#187;, 1790.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Fr. Proust, introduction&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Fr. Proust, introduction&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Kant, Qu'est-ce que les Lumi&#232;res&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Kant, Qu'est-ce que les Lumi&#232;res&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Kant, Qu'est-ce que les Lumi&#232;res&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>LUMI&#200;RES D'AUJOURD'HUI EN PAYS MUSULMANS
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		<dc:date>2016-10-09T22:27:54Z</dc:date>
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		<dc:subject>A la une
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		<description>
&lt;p&gt;&#171; Alors qu'un processus de conversions &#224; l'Islam et de radicalisation est enregistr&#233; dans les soci&#233;t&#233;s occidentales, une vague d'abandon de la religion de la &#8216;'soumission&#8216;' &#224; Dieu est de plus en plus perceptible, gr&#226;ce aux r&#233;seaux sociaux, dans les soci&#233;t&#233;s arabo-musulmanes. Un mouvement de r&#233;volte parall&#232;le aux mouvements politiques et sociaux qui ont r&#233;ussi &#224; faire chuter plusieurs dictateurs sans toucher pour autant au pouvoir des religieux. Bravant les risques de fatwa, de peines de mort (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?rubrique143" rel="directory"&gt;Penser les Lumi&#232;res
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?mot1" rel="tag"&gt;A la une
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;cs_sommaire cs_sommaire_avec_fond&#034; id=&#034;outil_sommaire&#034;&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_inner&#034;&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_titre_avec_fond&#034;&gt; Sommaire &lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_corps&#034;&gt; &lt;ul&gt; &lt;li&gt;&lt;a title=&#034;SOUTIEN A LA PALESTINE&#034; href='https://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?id_rubrique=143&amp;page=backend#outil_sommaire_0'&gt;SOUTIEN A LA PALESTINE&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;LES BOBOS DE LA CENSURE&#034; href='https://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?id_rubrique=143&amp;page=backend#outil_sommaire_1'&gt;LES BOBOS DE LA CENSURE&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;CENSURE &#201;DITORIALE&#034; href='https://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?id_rubrique=143&amp;page=backend#outil_sommaire_2'&gt;CENSURE &#201;DITORIALE&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;ASSASSIN&#201; PAR UN IMAM&#034; href='https://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?id_rubrique=143&amp;page=backend#outil_sommaire_3'&gt;ASSASSIN&#201; PAR UN IMAM&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;UN PO&#200;TE DE 17 ANS&#034; href='https://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?id_rubrique=143&amp;page=backend#outil_sommaire_4'&gt;UN PO&#200;TE DE 17 ANS&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;/ul&gt; &lt;/div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;&lt;p&gt;&#171; Alors qu'un processus de conversions &#224; l'Islam et de radicalisation est enregistr&#233; dans les soci&#233;t&#233;s occidentales, une vague d'abandon de la religion de la &#8216;'soumission&#8216;' &#224; Dieu est de plus en plus perceptible, gr&#226;ce aux r&#233;seaux sociaux, dans les soci&#233;t&#233;s arabo-musulmanes. Un mouvement de r&#233;volte parall&#232;le aux mouvements politiques et sociaux qui ont r&#233;ussi &#224; faire chuter plusieurs dictateurs sans toucher pour autant au pouvoir des religieux. Bravant les risques de fatwa, de peines de mort et autres ch&#226;timents pr&#233;vus par la charia selon les pays, ils et elles sont d&#233;sormais des milliers &#224; exprimer librement sur le Web leur rejet de tout pouvoir supr&#234;me et de toute id&#233;ologie religieuse. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Que de plus en plus de personnes, dans les pays musulmans, se mettent &#224; r&#233;fl&#233;chir par elles-m&#234;mes (et donc rejoignent la dynamique des Lumi&#232;res) et jettent leur religion aux orties, voici une v&#233;rit&#233; totalement occult&#233;e en Occident. Elle est pourtant de la plus grande port&#233;e politique. Certes, ce rejet est encore tr&#232;s minoritaire et souvent clandestin, et pour cause : manifester son ath&#233;isme, ou m&#234;me simplement se poser des questions sur la religion, c'est s'exposer &#224; la torture et &#224; la mort. Et il n'y pas d'&#226;ge pour cela. Mohamed Qataa, un syrien de 15 ans, a ainsi, voici trois ans, &#233;t&#233; assassin&#233; pour &#171; blasph&#232;me &#187;. Il avait os&#233; dire publiquement : &#171; M&#234;me si le proph&#232;te Mahomet descend du paradis, je ne deviendrai pas croyant &#187;. Des tortionnaires d'Al Nostra l'ont sauvagement fouett&#233; puis lui ont &#233;clat&#233; la t&#234;te de deux balles, sur la place publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Il y a actuellement, dans les pays musulmans, deux courants qui s'opposent. D'un c&#244;t&#233; se d&#233;veloppe, tr&#232;s librement, souvent avec la complicit&#233; des pouvoirs en place, un courant de radicalisation et, &#224; l'oppos&#233;, maintenu dans la clandestinit&#233; par la terreur islamiste, un courant de Lumi&#232;res, de la&#239;cisation. En Occident, il y a des kollabos pour soutenir les premiers, faisons qu'il y ait des humains libres pour soutenir les seconds.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_0&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?id_rubrique=143&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;SOUTIEN A LA PALESTINE&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;	Ou du moins, soutien &#224; un Palestinien particuli&#232;rement courageux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Walleed Al-Husseini est un jeune palestinien. On sait combien sont nombreux ceux qui soutiennent en France la lutte des Palestiniens. Un soutien ind&#233;fectible, mordicus, quoi qu'il arrive, pour tous les Palestiniens, y compris ceux d'extr&#234;me droite mais pas&#8230; pour Walleed (et les personnes qui pensent comme lui).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Il est vrai que ce jeune homme a un grand tort : il a voulu, par lui-m&#234;me, par des lectures, des r&#233;flexions, des &#233;changes, se faire une opinion sur sa religion, et il l'a exprim&#233; tr&#232;s tranquillement. Cons&#233;quence imm&#233;diate : arrestation et tortures. Il n'avait que 21 ans. &#171; Je pensais vivre dans un &#201;tat la&#239;que, o&#249; j'avais la libert&#233; de m'exprimer &#187; &#233;crit-il &#171; Il n'en est rien, c'est une dictature : la justice n'existe pas, pas plus que la libert&#233; d'expression ou de pens&#233;e. Il est impossible d'&#234;tre ath&#233;e dans les pays arabes, on nous prend pour des gens malades, stupides et immoraux &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Actuellement exil&#233;, vivant sous la menace permanente d'un assassinat, Walleed Al-Husseini qui a publi&#233; un ouvrage au titre &#233;loquent (&#171; Blasph&#233;mateur, les prison d'Allah &#187;) anime maintenant un blog o&#249; il critique les religions et d&#233;fend l'ath&#233;isme, la la&#239;cit&#233; et donc la libert&#233; de penser et de critiquer. On y trouve des informations qu'on chercherait en vain dans les m&#233;dias fran&#231;ais et des t&#233;moignages tr&#232;s int&#233;ressants d'anciens musulmans. Par exemple le &#171; T&#233;moignage d'un ex-musulman Malien &#187; ou le &#171; T&#233;moignage libre d'une jeune ex-musulmane fran&#231;aise &#187; qui montre comment, en France, les musulmans &#171; de base &#187; subissent la pression quotidienne des religieux et sont pouss&#233;s progressivement &#224; se radicaliser). La citation qui ouvre cet article (&#171; Le spectre de l'ath&#233;isme hante l'islam sur les r&#233;seaux sociaux &#187;) est tir&#233;e de son site et la suite peut se lire sur son blog, &#171; La voie de la raison &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_1&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?id_rubrique=143&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;LES BOBOS DE LA CENSURE&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;	Kamel Daoud est un &#233;crivain et journaliste alg&#233;rien. Dans un article publi&#233; dans Le Monde, il rappelait qu'&#224; Cologne la nouvelle ann&#233;e avait mal commenc&#233;, puisque le soir de la Saint-Sylvestre plusieurs centaines d'agressions sexuelles s'&#233;taient d&#233;roul&#233;es en pleine rue. Bien s&#251;r, l'extr&#234;me-droite s'&#233;tait empress&#233;e de tirer profit de cet &#233;v&#233;nement ; la gauche et les f&#233;ministes restant dans un silence coupable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Dans son article, Kamel Daoud critiquait la religion et l'image de la femme que le Coran v&#233;hicule : &#171; Le rapport &#224; la femme, &#233;crit-il, est le n&#339;ud gordien, le second dans le monde d'Allah. La femme est ni&#233;e, refus&#233;e, tu&#233;e, voil&#233;e, enferm&#233;e ou poss&#233;d&#233;e. Cela d&#233;note un rapport trouble &#224; l'imaginaire, au d&#233;sir de vivre, &#224; la cr&#233;ation et &#224; la libert&#233;. La femme est le re&#64258;et de la vie que l'on ne veut pas admettre. Elle est l'incarnation du d&#233;sir n&#233;cessaire et est donc coupable d'un crime affreux : la vie. C'est une conviction partag&#233;e qui devient tr&#232;s visible chez l'islamiste par exemple. L'islamiste n'aime pas la vie. Pour lui, il s'agit d'une perte de temps avant l'&#233;ternit&#233;, d'une tentation, d'une f&#233;condation inutile, d'un &#233;loignement de Dieu et du ciel et d'un retard sur le rendez-vous de l'&#233;ternit&#233;. La vie est le produit d'une d&#233;sob&#233;issance et cette d&#233;sob&#233;issance est le produit d'une femme &#187;. Kamel Daoud a du &#171; v&#233;cu &#187; : &#233;lev&#233; dans une soci&#233;t&#233; musulmane, il la vit au quotidien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Mais, si Kamel Daoud esp&#233;rait pouvoir s'exprimer plus librement en France qu'en Alg&#233;rie, il se trompait lourdement. Un collectif &#171; d'universitaires &#187;, d'anthropologues, de philosophes et de psychologues et autres bobos (qui, eux vivent dans un univers feutr&#233; et en profitent &#8211; pour la massacrer &#8211; de la libert&#233; que leur accorde) s'est constitu&#233; pour contester vertement son article qui, selon ce collectif, jouerait le jeu de l'extr&#234;me-droite. Pour ces plumitifs, dire la v&#233;rit&#233; ne serait pas bon, surtout pour le &#171; petit peuple &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Apr&#232;s avoir re&#231;u des menaces de mort de la part d'un imam salafiste en 2014, Kamel Daoud est maintenant censur&#233; par des bobos. On a certes tout &#224; fait le droit d'&#234;tre en d&#233;saccord avec son analyse, mais le v&#233;ritable lynchage moral (ajout&#233; au lynchage physique qui plane toujours sur sa t&#234;te) auquel nos joyeux postmodernes se sont livr&#233;s constitue une honte pour la pens&#233;e libre. Les gagnants du &#171; combat &#187; men&#233; par ce collectif de plumitifs, ce sont les islamistes radicaux, puisque suite &#224; ce d&#233;ferlement d'injures, Kamel Daoud a d&#233;cid&#233; d'arr&#234;ter le journalisme. Nous esp&#233;rons bien qu'il reviendra sur cette d&#233;cision.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_2&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?id_rubrique=143&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;CENSURE &#201;DITORIALE&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Hamed Abdel-Samad est un auteur allemand d'origine &#201;gyptienne. Fils d'un imam, Hamed Abdel-Samad a fait partie des fr&#232;res musulmans. Il a &#233;crit un ouvrage qui a connu une importante diffusion aux USA et constitue un v&#233;ritable best-seller en Allemagne (depuis 2014) mais&#8230; pas en France, et pour cause : il n'est toujours pas publi&#233;. Nous n'avons donc pas pu lire &#171; Le fascisme islamique &#187; mais nous aimerions bien nous faire notre opinion. Oui mais voil&#224;, les &#233;diteurs contact&#233;s trouvent que &#171; &#231;a ferait le jeu de l'extr&#234;me-droite &#187; (encore !). L'un d'eux &#233;crit sans complexes : &#171; Dans le contexte actuel, le livre de Hamed Abdel-Samad risque plus d'&#234;tre r&#233;cup&#233;r&#233; que d'apporter mati&#232;re &#224; r&#233;flexion &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Les m&#234;mes &#233;diteurs ne se g&#234;nent pourtant pas pour publier des bouquins carr&#233;ment d'extr&#234;me-droite (les &#171; ouvrages &#187; de la famille Le Pen, ceux de Zemmour,&#8230; ). C'est &#224; croire que ceux-l&#224; &#171; apportent mati&#232;re &#224; r&#233;flexion &#187; ! La presse nous apprend de plus qu'un grand &#233;diteur fran&#231;ais s'appr&#234;te &#224; republier d'ici quelques mois &#171; Mein Kampf &#187; d'un certain Adolph Hitler. M&#234;me avec un appareil de notes critiques, cette publication est attendue avec impatience par tous les nazillons qui s'en pourl&#232;chent d'avance les babines. Vu le niveau de stupidit&#233; de la nomenklatura universitaire fran&#231;aise, attendons-nous &#224; ce qu'elle nous explique gravement que &#171; Mein Kampf &#187; n'a rien &#224; voir, mais vraiment rien, avec le nazisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	C'est &#224; croire qu'on ne fait le jeu de l'extr&#234;me-droite que si on a abandonn&#233; la religion musulmane. Curieux, tout de m&#234;me, non ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant que les &#233;diteurs fran&#231;ais refusent de publier son livre, une fatwa bien moyen&#226;geuse p&#232;se sur ta t&#234;te d'Hamed Abdel-Samad pour &#171; h&#233;r&#233;sie &#187; Il est menac&#233; de mort par ses anciens amis djiadhistes.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_3&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?id_rubrique=143&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;ASSASSIN&#201; PAR UN IMAM&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;	L'&#233;crivain jordanien Nahed Hattara a &#233;t&#233; assassin&#233; ce dimanche 25 septembre 2016 &#224; Amman. Ath&#233;e revendiqu&#233;, emprisonn&#233; par le roi Hussein pour ses critiques contre la monarchie, il avait reproduit le 12 ao&#251;t une caricature ridiculisant les &#171; daechites &#187;. D&#232;s le lendemain, il avait &#233;t&#233; arr&#234;t&#233; et incarc&#233;r&#233; pendant deux semaines. Lib&#233;r&#233; sous caution, il &#233;tait poursuivi pour &#171; incitation &#224; la discorde confessionnelle &#187; et &#171; insulte &#187; &#224; l'islam.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Ce meurtre commis par un iman (Le monde &#233;crit &#171; ancien imam &#187;, pourtant, &#171; iman un jour, iman toujours &#187;), a &#233;t&#233; condamn&#233; par de nombreux intellectuels&#8230; en Jordanie, car, pour ce qui est de la France, on attend toujours les r&#233;actions. A moins que nos joyeux signataires anti-Daoud trouvent &#231;a normal ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_4&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?id_rubrique=143&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;UN PO&#200;TE DE 17 ANS&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;	Omar Mohamed Batawil, une jeune po&#232;te y&#233;m&#233;nite de 17 ans &#233;crivait : &#171; Vous m'accusez d'&#234;tre ath&#233;e. Moi, je vois Allah dans les fleurs et vous dans les cimeti&#232;res et les tombes. Telle est la diff&#233;rence entre vous et moi &#187;. De tels propos sont insupportables pour les islamistes. Pour eux, non seulement il faut &#234;tre musulman, mais il faut l'&#234;tre de la fa&#231;on dont ils veulent. Sinon, c'est la mort. Omar Mohamed Batawil a &#233;t&#233; enlev&#233; par des islamistes puis assassin&#233; de deux balles dans la t&#234;te, &#224; Aden, en avril 2016. Son combat pour un peu de tol&#233;rance lui a co&#251;t&#233; la vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&lt;strong&gt;Ainsi sont trait&#233;s les Lumi&#232;res qui s'allument dans les pays musulmans. Ne les laissons pas se faire &#233;teindre.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>LES LUMI&#200;RES ET L'ESCLAVAGE
</title>
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		<dc:subject>A la une
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&lt;p&gt;L'article &#171; Sapere aude ! &#187; publi&#233; dans votre pr&#233;c&#233;dent num&#233;ro aborde rapidement, vers la fin, un point essentiel de la doxa anti-Lumi&#232;res : leur rapport &#224; l'esclavage. Face &#224; l'avalanche d'&#226;neries que l'on peut lire ou entendre sur ce sujet, je vous propose de faire un point. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'AIR DE LA CALOMNIE &lt;br class='autobr' /&gt; Si l'on tape sur &#171; Google &#187; les termes &#171; histoire de l'esclavage &#187;, on tombe tr&#232;s facilement &#8211; ce n'est qu'un exemple &#8211; sur la revue H&#233;rodote qui affirme, p&#233;remptoirement, &#171; L'esclavage, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?rubrique143" rel="directory"&gt;Penser les Lumi&#232;res
&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?mot1" rel="tag"&gt;A la une
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;cs_sommaire cs_sommaire_avec_fond&#034; id=&#034;outil_sommaire&#034;&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_inner&#034;&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_titre_avec_fond&#034;&gt; Sommaire &lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_corps&#034;&gt; &lt;ul&gt; &lt;li&gt;&lt;a title=&#034;L'AIR DE LA CALOMNIE&#034; href='https://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?id_rubrique=143&amp;page=backend#outil_sommaire_0'&gt;L'AIR DE LA CALOMNIE&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;DE LA PR&#201;HISTOIRE AU XVIIIe SI&#200;CLE : DES SI&#200;CLES D'ESCLAVAGE&#034; href='https://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?id_rubrique=143&amp;page=backend#outil_sommaire_1'&gt;DE LA PR&#201;HISTOIRE AU XVIII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;&#171; QUE LES COLONIES EUROP&#201;ENNES SOIENT DONC PLUT&#212;T D&#201;TRUITES, QUE DE FAIRE TANT DE MALHEUREUX ! &#187;&#034; href='https://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?id_rubrique=143&amp;page=backend#outil_sommaire_2'&gt;&#171; QUE LES COLONIES EUROP&#201;ENNES&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;RETOUR SUR L'AIR DE LA CALOMNIE&#034; href='https://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?id_rubrique=143&amp;page=backend#outil_sommaire_3'&gt;RETOUR SUR L'AIR DE LA CALOMNI&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;/ul&gt; &lt;/div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;&lt;p&gt;L'article &#171; &lt;a href='https://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?article823' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Sapere aude !&lt;/a&gt; &#187; publi&#233; dans votre pr&#233;c&#233;dent num&#233;ro aborde rapidement, vers la fin, un point essentiel de la doxa anti-Lumi&#232;res : leur rapport &#224; l'esclavage. Face &#224; l'avalanche d'&#226;neries que l'on peut lire ou entendre sur ce sujet, je vous propose de faire un point.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_0&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?id_rubrique=143&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;L'AIR DE LA CALOMNIE&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;	Si l'on tape sur &#171; Google &#187; les termes &#171; histoire de l'esclavage &#187;, on tombe tr&#232;s facilement &#8211; ce n'est qu'un exemple &#8211; sur la revue H&#233;rodote qui affirme, p&#233;remptoirement, &#171; L'esclavage, pudiquement qualifi&#233; d'institution particuli&#232;re par les &#233;lites des Lumi&#232;res, a &#233;t&#233; progressivement aboli &#224; la fin du XVIII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle et au XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle dans les &#201;tats am&#233;ricains et les colonies europ&#233;ennes gr&#226;ce &#224; l'action des soci&#233;t&#233;s philanthropiques d'inspiration chr&#233;tienne. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;cf : https://www.herodote.net/De_l_Anti quite_a_nos _jours-synthese-16.php .&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Deux remarques s'imposent : peut-&#234;tre quelque auteur fran&#231;ais des Lumi&#232;res a-t-il employ&#233; cette expression, mais malgr&#233; une lecture assidue, je ne l'ai encore jamais rencontr&#233;e. En fait, l'expression est de Thomas Jefferson, le 3&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; pr&#233;sident des USA, qui poss&#233;dait lui-m&#234;me des esclaves. Attribuer son expression &#171; pudique &#187; &#224; l'ensemble des Lumi&#232;res constitue une g&#233;n&#233;ralisation totalement abusive. Et ajouter que la lutte contre l'esclavage fut &#171; d'inspiration chr&#233;tienne &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Aux USA, les Quakers ont effectivement jou&#233; ce r&#244;le.&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, un parfait contre-sens au moins en ce qui concerne la France, comme nous l'allons voir. Mais on peut lire encore pire : de la calomnie pure et dure. Ainsi le Guide vert de Bretagne a os&#233; imprimer que Voltaire aurait eu &#171; une part de 5000 livres dans un n&#233;grier nantais &#187; sans apporter, bien s&#251;r, le moindre d&#233;but de preuve ; affirmation reprise, quoique sous une forme non chiffr&#233;e, mais toujours sans l'ombre d'une preuve par des politiciens comme&#8230; Christiane Taubira, mais que l'on retrouve aussi &#8211; c'est un comble &#8211; dans une brochure du mouvement p&#233;dagogique Freinet et, bien entendu, distill&#233;e par des journaleux en mal de &#171; r&#233;v&#233;lations &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jean Ehrard, Lumi&#232;res et esclavage. L'esclavage colonial et l'opinion (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	C'est la fameuse technique de la calomnie, d&#233;crite par Beaumarchais, un des esprits les plus p&#233;tillants des Lumi&#232;res : &#171; &#8230; il n'y a pas, &#233;crivait-il, de plate m&#233;chancet&#233;, pas d'horreurs, pas de conte absurde qu'on ne fasse adopter aux oisifs d'une grande ville, en s'y prenant bien.... D'abord un bruit l&#233;ger, rasant le sol [...] telle bouche le recueille, et, piano, piano, vous le glisse en l'oreille adroitement ; le mal est fait : il germe, il rampe, il chemine, [&#8230;] &#233;clate et tonne, et devient un cri g&#233;n&#233;ral [&#8230;] &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Beaumarchais, Barbier de S&#233;ville, 1775.&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Et nous en sommes l&#224; : d'insinuations fielleuses en affirmations parfaitement fausses, la campagne r&#233;actionnaire contre les Lumi&#232;res bat son plein depuis plusieurs ann&#233;es, tant et si bien que beaucoup de lyc&#233;ens, qui en ont lu au maximum une demi-page, sont persuad&#233;s que Montesquieu (quand ils le connaissent) est un esclavagiste et que les autres Lumi&#232;res ne valaient pas mieux. &lt;br class='autobr' /&gt;
Voyons donc ce qu'il en est en r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_1&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?id_rubrique=143&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;DE LA PR&#201;HISTOIRE AU XVIII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; SI&#200;CLE : DES SI&#200;CLES D'ESCLAVAGE&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;	Pour comprendre des textes anciens, il est n&#233;cessaire de les resituer dans leur contexte et donc de rappeler, au moins &#224; grands traits, ce qu'&#233;tait l'&#233;poque &#224; laquelle ils ont &#233;t&#233; r&#233;dig&#233;s. Cette &#233;poque, ce XVIII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle dans lequel apparaissent les Lumi&#232;res est, comme toute la p&#233;riode qui la pr&#233;c&#232;de, un si&#232;cle esclavagiste, en France et dans le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Sur le plan mondial, personne ne s'insurge alors (ni m&#234;me longtemps apr&#232;s) contre la &#171; traite orientale &#187; des esclaves, pourtant &#171; la plus longue en dur&#233;e et la plus importante en nombre d'esclaves puisqu'on estime que 17 millions de noirs seront mis en esclavage &#187; et cela pour alimenter &#171; le monde musulman en esclaves noirs, d'abord dans l'empire arabe puis dans l'empire Ottoman. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; pas plus d'ailleurs que contre la &#171; traite intra-africaine &#187; qui, d'une part a fourni les esclaves de la &#171; traite atlantique &#187; mais aussi aliment&#233; la &#171; client&#232;le &#187; africaine (&#171; 14 millions de noirs furent ainsi r&#233;duit en esclavage sur place &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	La Gr&#232;ce, Rome ont pratiqu&#233; l'esclavage. La France l'a aussi connu.&#8200;M&#234;me en plein XVIII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, le servage (une forme locale d'esclavage) y persiste encore. L'esclavage est consid&#233;r&#233; comme tellement normal qu'&#224; la fin du XVII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; il est r&#233;glement&#233; par un texte juridique, le Code noir (1685)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On oublie souvent de le pr&#233;ciser : cette ignominie qu'est le &#171; Code Noir &#187; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les dispositions de ce code seront progressivement aggrav&#233;es par Louis XV. A cette &#233;poque, La France est un pays domin&#233;, &#233;cras&#233; m&#234;me par l'&#233;glise catholique. Et celle-ci, qui n'a jamais h&#233;sit&#233; &#224; avoir des esclaves&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les fils naturels de pr&#234;tre &#233;taient syst&#233;matiquement esclaves de l'&#233;glise (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, justifiait sa position par le droit canonique, l'Ancien et le Nouveau Testament ainsi que par les P&#232;res de l'&#201;glise. Si bien que les grands savants th&#233;ologiens catholiques de l'&#233;poque, &#224; commencer par Bossuet et en suivant par Jean Pontas, Germain Fromageau, Bellon de Saint-Quentin &#171; n'ont jamais mis en discussion la l&#233;gitimit&#233; de l'esclavage, notamment de l'esclavage des noirs &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Alessandro Tuccillo, &#171; Jean Ehrard, Lumi&#232;res et esclavage. L'esclavage et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Pire, pour le c&#233;l&#232;bre Bossuet ; condamner l'esclavage ce serait &#171; condamner le St Esprit qui ordonne aux esclaves, par la bouche de St Paul, de demeurer dans leur &#233;tat et n'oblige point les ma&#238;tres &#224; les affranchir'' &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Citation de Bossuet, Dictionnaire rationaliste, article esclavage.&#034; id=&#034;nh2-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. D'ailleurs, et c'est une donn&#233;e essentielle pour comprendre l'acceptation de ce crime par une soci&#233;t&#233; p&#233;trie de christianisme, &#171; La justification officielle de la traite est l'&#233;vang&#233;lisation des Noirs &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jean Ehrard, Lumi&#232;res et esclavage. L'esclavage colonial et l'opinion (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Comme les choses, surtout sur une p&#233;riode de plusieurs si&#232;cles, sont rarement d'un bloc uniforme, il faut dire &#233;galement qu'avant le mouvement des Lumi&#232;res il y eut, &#231;a et l&#224;, quelques tentatives courageuses d'interdire ou d'abolir l'esclavage mais sans effet pratique sur l'esclavage dans les colonies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	En r&#233;sum&#233;, quand le mouvement des Lumi&#232;res appara&#238;t, il baigne, comme toute la soci&#233;t&#233;, dans cet esclavagisme. Et c'est par un effort soutenu de r&#233;flexion et de critique qu'il va r&#233;ussir &#224; s'en d&#233;gager.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_2&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?id_rubrique=143&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt; &#171; QUE LES COLONIES EUROP&#201;ENNES SOIENT DONC PLUT&#212;T D&#201;TRUITES, QUE DE FAIRE TANT DE MALHEUREUX ! &#187; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;	Les Lumi&#232;res, il faut le rappeler, ne constituent ni une &#171; &#233;cole &#187; ni un courant homog&#232;ne. Ces auteurs (dont un petit nombre viendra du clerg&#233;) pol&#233;miquent souvent entre eux avec la plus grande virulence. Leur point commun est de vouloir penser par eux-m&#234;mes, d'accepter la discussion, d'&#233;valuer les raisonnements des uns et des autres et&#8230; d'&#233;voluer en fonction de la pertinence des arguments.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Partant d'une soci&#233;t&#233; dans laquelle l'esclavage est une sorte &#171; d'&#233;vidence &#187; g&#233;n&#233;rale, que personne ou presque ne questionne, il n'est pas &#233;tonnant que &#171; L'&#233;laboration de la culture critique anti-esclavagiste au XVIII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle [&#8230; n'ait pas &#233;t&#233;] sans h&#233;sitations puisque cette critique devait briser une longue tradition de l&#233;gitimation th&#233;orique de l'esclavage qui, auparavant, n'avait jamais &#233;t&#233; mise en question en ces termes. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Alessandro Tuccillo, &#171; Jean Ehrard, Lumi&#232;res et esclavage. L'esclavage et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; . C'est par une sorte de t&#226;tonnement que cette critique s'&#233;labore. Pour sch&#233;matiser, on peut observer trois phases : celle o&#249; l'esclavage n'est pas reconnu comme un probl&#232;me ou m&#234;me est admis (quelques rares auteurs en resteront &#224; ce stade), celle du d&#233;but de la r&#233;flexion &#233;thique avec des contradictions et des ambigu&#239;t&#233;s, et enfin celle de la r&#233;volte et de l'affirmation de l'anti-esclavagisme (&#224; partir des ann&#233;es 1770). Les textes des principaux auteurs vont nous montrer les conclusions auxquelles ils parviennent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;VOLTAIRE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	C'est sous forme d'un conte, un genre qu'il affectionnait pour faire passer ses id&#233;es chez le plus grand nombre possible, que Voltaire s'attaque &#224; l'esclavage : &#171; En approchant de la ville, ils rencontr&#232;rent un n&#232;gre &#233;tendu par terre, n'ayant plus que la moiti&#233; de son habit, c'est-&#224;-dire d'un cale&#231;on de toile bleue ; il manquait &#224; ce pauvre homme la jambe gauche et la main droite.&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Eh, mon Dieu ! lui dit Candide en hollandais, que fais-tu l&#224;, mon ami, dans l'&#233;tat horrible o&#249; je te vois ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; J'attends mon ma&#238;tre, monsieur Vanderdendur, le fameux n&#233;gociant, r&#233;pondit le n&#232;gre.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Est-ce M. Vanderdendur, dit Candide, qui t'a trait&#233; ainsi ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Oui, monsieur, dit le n&#232;gre, c'est l'usage. [&#8230;]&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &#212; Pangloss ! s'&#233;cria Candide, tu n'avais pas devin&#233; cette abomination ; c'en est fait, il faudra qu'&#224; la fin je renonce &#224; ton optimisme. [&#8230;] Et il versait des larmes en regardant son n&#232;gre, et, en pleurant, il entra dans le Surinam. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voltaire, Candide ou l'optimiste, 1759.&#034; id=&#034;nh2-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;	Et Candide, qui n'avait pas perdu son optimisme devant les plus grands d&#233;sastres (tel le tremblement de terre de Lisbonne) le perd irr&#233;m&#233;diablement quand il est confront&#233; &#224; cette abomination qu'est l'esclavage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;ROUSSEAU &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Dans ce qui est son ouvrage fondamental de philosophie politique, &#171; Du contrat social &#187;, Jean-Jacques Rousseau consacre un chapitre, &#171; De l'esclavage &#187;, &#224; cette question. Il d&#233;bute par ces mots : &#171; Puisque aucun homme n'a une autorit&#233; naturelle sur son semblable, [&#8230;]. &#187; et se conclut, &#224; la suite de tout un raisonnement par : &#171; Ainsi, de quelque sens qu'on envisage les choses, le droit d'esclave est nul, non seulement parce qu'il est ill&#233;gitime, mais parce qu'il est absurde et ne signifie rien. Ces mots, esclavage et droit, sont contradictoires ; ils s'excluent mutuellement. Soit d'un homme &#224; un homme, soit d'un homme &#224; un peuple, ce discours sera toujours &#233;galement insens&#233; : je fais avec toi une convention toute &#224; ta charge et toute &#224; mon profit, que j'observerai tant qu'il me plaira, et que tu observeras tant qu'il me plaira. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rousseau, Du contrat social, 1750.&#034; id=&#034;nh2-14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Par &#171; le droit d'esclave &#187; il faut bien entendu entendre &#171; le droit d'avoir des esclaves &#187;. Ce droit est nul, nous dit Rousseau, qui illustre son propos en soulignant le caract&#232;re tout &#224; fait l&#233;onin de toute &#171; convention &#187; qui r&#233;girait l'esclavage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;DIDEROT&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Denis Diderot est encore plus clair quand il &#233;crit : &#171; &#192; qui, barbares, ferez-vous croire qu'un homme peut &#234;tre la propri&#233;t&#233; d'un souverain ; un fils, la propri&#233;t&#233; d'un p&#232;re ; une femme, la propri&#233;t&#233; d'un mari ; un domestique, la propri&#233;t&#233; d'un ma&#238;tre ; un esclave, la propri&#233;t&#233; d'un colon ? &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Histoire philosophique et politique des &#233;tablissements et du commerce des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	En quelques lignes, Diderot s'attaque non seulement &#224; l'esclavage mais aussi au servage, au patriarcat et au machisme ! Et c'&#233;tait il y a plus de 200 ans ! C'est peu de dire que l'ouvrage dont sont extraites ses lignes ne plut pas aux autorit&#233;s. Le Parlement et l'&#201;glise le censur&#232;rent et Louis XVI le fit br&#251;ler publiquement. Le directeur de publication partit prudemment en exil&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;CONDORCET &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Condorcet de son c&#244;t&#233; d&#233;nonce vigoureusement une &#233;poque &#171; &#8230; souill&#233;e par de grandes atrocit&#233;s. Elle fut celle des massacres religieux, des guerres sacr&#233;es, de la d&#233;population du nouveau monde. Elle y vit r&#233;tablir l'ancien esclavage, mais plus barbare, plus f&#233;cond en crimes contre la nature ; elle vit l'avidit&#233; mercantile commercer du sang des hommes, les vendre comme des marchandises [&#8230;] et les enlever &#224; un h&#233;misph&#232;re pour les d&#233;vouer dans un autre, au milieu de l'humiliation et des outrages, au supplice prolong&#233; d'une lente et cruelle destruction &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Condorcet, Esquisse d'un tableau historique des progr&#232;s de l'esprit humain, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Il s'adresse directement aux esclaves : &#171; Quoique je ne sois pas de la m&#234;me couleur que vous, je vous ai toujours regard&#233; comme mes fr&#232;res. La nature vous a form&#233;s pour avoir le m&#234;me esprit, la m&#234;me raison, les m&#234;mes vertus que les Blancs. Je ne parle ici que de ceux d'Europe, car pour les Blancs des Colonies, je ne vous fais pas l'injure de les comparer avec vous (&#8230;). Si on allait chercher un homme dans les Isles de l'Am&#233;rique, ce ne serait point parmi les gens de chair blanche qu'on le trouverait. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Condorcet, R&#233;flexions sur l'esclavage des N&#232;gres, 1781.&#034; id=&#034;nh2-17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	La condamnation de l'esclavage et de ceux qui la pratiquent est claire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;DE JAUCOURT&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Louis de Jaucourt est moins connu du grand public. C'est pourtant, peut-&#234;tre, un des auteurs qui illustre le mieux l'universalisme des Lumi&#232;res. Apr&#232;s des &#233;tudes de th&#233;ologie (protestante) &#224; Gen&#232;ve, il se rend &#224; Cambridge pour &#233;tudier math&#233;matiques et physique, puis il poursuit sa peregrinatio academica &#224; Leyde o&#249; il devient docteur en m&#233;decine. Louis de Jeaucourt parlait cinq langues vivantes (fran&#231;ais, allemand, anglais, italien, espagnol) et ma&#238;trisait deux langues mortes (grec et latin). Fin connaisseur des litt&#233;ratures anciennes et modernes et bien instruit en histoire et politique, philosophie et th&#233;ologie, physique et math&#233;matiques, chimie et botanique, belles-lettres et beaux-arts, Louis de Jaucourt est le principal contributeur &#224; ce qui fut l'&#339;uvre majeure des Lumi&#232;res, l'Encyclop&#233;die&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Encyclop&#233;die ou Dictionnaire raisonn&#233; des sciences, des arts et des m&#233;tiers, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, puisqu'il en r&#233;dige &#224; lui seul un bon quart (soit quelques 18 000 articles sur les 72 000 qu'elle comprend, cela sans compter les articles qu'il cosigne). Fuyant les mondanit&#233;s, travaillant sans rel&#226;che &#224; ses articles, de Jaucourt avait fait don de ses biens aux pauvres qu'il soignait, en tant que praticien, &#224; titre gratuit&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mus&#233;e virtuel du protestantisme, article de Jaucourt,&#034; id=&#034;nh2-19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Voici ce qu'il &#233;crit dans deux articles de l'Encyclop&#233;die &#171; Esclavage &#187; et &#171; Traite des N&#232;gres &#187; :&lt;br class='autobr' /&gt; &#171; Apr&#232;s avoir parcouru l'histoire de l'esclavage, nous allons prouver qu'il blesse la libert&#233; de l'homme, qu'il est contraire au droit naturel et civil, qu'il choque les formes des meilleurs gouvernements, et qu'enfin il est inutile par lui-m&#234;me. [&#8230;] rien au monde ne peut rendre l'esclavage l&#233;gitime. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Dans le second article, de Jaucourt n'h&#233;site pas &#224; aborder les aspects &#233;conomiques (qui constituent, in fine, un des arguments majeurs des esclavagistes) : &#171; On dira peut-&#234;tre qu'elles seraient bient&#244;t ruin&#233;es, ces colonies, si l'on y abolissait l'esclavage des n&#232;gres. Mais quand cela serait, faut-il conclure de l&#224; que le genre humain doit &#234;tre horriblement l&#233;s&#233;, pour nous enrichir ou fournir &#224; notre luxe ? Il est vrai que les bourses des voleurs des grands chemins seraient vides, si le vol &#233;tait absolument supprim&#233; : mais les hommes ont-ils le droit de s'enrichir par des voies cruelles et criminelles ? Quel droit a un brigand de d&#233;valiser les passants ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Et de conclure, conclusion que nous faisons n&#244;tre :&lt;br class='autobr' /&gt; &#171; Que les colonies europ&#233;ennes soient donc plut&#244;t d&#233;truites, que de faire tant de malheureux ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	C'est de ce mouvement des Lumi&#232;res que na&#238;tra la premi&#232;re organisation abolitionniste de France, la &#171; Soci&#233;t&#233; des amis des noirs &#187; (1788) qui ouvre la voie &#224; l'abolition officielle de l'esclavage par la R&#233;volution fran&#231;aise, le 16 pluvi&#244;se de l'an II. Napol&#233;on I&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt;, qui n'avait rien d'une Lumi&#232;re, r&#233;tablit l'esclavage par la loi du 20 mai 1802, et c'est un d&#233;cret du 27 avril 1848, port&#233; par Victor Sch&#339;lcher qui abolira d&#233;finitivement l'esclavage en France.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_3&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?id_rubrique=143&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;RETOUR SUR L'AIR DE LA CALOMNIE&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;	Comme les textes apportent, pour peu qu'on prenne la peine de les lire, un d&#233;menti cinglant &#224; ceux qui veulent assimiler esclavage et Lumi&#232;res, une deuxi&#232;me ligne d'attaque &#8211; nous en avons dit un mot en introduction &#8211; s'est insidieusement d&#233;velopp&#233;e ; celle qui pr&#233;tend que les philosophes des Lumi&#232;res auraient eu un double langage et qu'ils auraient tir&#233; des b&#233;n&#233;fices direct de l'esclavage.&lt;br class='autobr' /&gt; De Jaucourt (qui donne tous ses biens), Rousseau (qui vit dans la mis&#232;re) et bien d'autres &#233;tant totalement inattaquables, la calomnie se concentre sur un des auteurs les plus connus Voltaire, et vient accessoirement tenter de salir Diderot. &lt;br class='autobr' /&gt; D&#232;s son &#233;poque, Voltaire &#233;tait surveill&#233;, scrut&#233; par ses nombreux ennemis, en particulier les J&#233;suites qui lui vouaient une haine farouche. S'il y avait eu la moindre contradiction entre ses &#233;crits et sa vie, ils se seraient fait un plaisir de le publier. Or, il n'en est rien. 238 ans apr&#232;s sa mort, alors que des travaux sans nombre lui ont &#233;t&#233; consacr&#233;s dans le monde entier ses ennemis, toujours aussi nombreux, n'ont pas trouv&#233; le moindre d&#233;but de preuve de ce qu'ils avancent. Il semble que l'origine de cette rumeur naus&#233;abonde se trouverait dans l'article d'une historienne, Nelly Schmidt. Mais elle n'en publie aucune preuve et ne r&#233;pond pas quand on l'interroge : &#171; Sollicit&#233;e &#224; plusieurs reprises d'indiquer sa source, M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;me&lt;/sup&gt; Schmidt ne m'a pas r&#233;pondu &#187; note Jean Ehrard&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jean Ehrard, Lumi&#232;res et esclavage. L'esclavage colonial et l'opinion (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Ceci dit, si je me permets un commentaire personnel, je m'&#233;tonne que les quelques universitaires et autres individus qui attaquent les Lumi&#232;res pour de pr&#233;tendues complicit&#233;s avec l'esclavage au XVIII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle ne se fassent pas conna&#238;tre dans la lutte contre l'esclavage aujourd'hui ni en France&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Vous aviez publi&#233; il y a quelques ann&#233;es le cas d'un&#171; esclave moderne &#187; que (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, ni dans le monde. Pourtant, au bas mot, il y a actuellement, au moins 45,8 millions de personnes r&#233;duites en esclavage, un tiers d'entre elles &#233;tant des enfants&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;d'apr&#232;s, en particulier, des chiffres de l'UNICEF.&#034; id=&#034;nh2-22&#034;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Mais, probablement, travailler &#224; tirer de l'esclavage quelques millions d'enfants et d'adultes est moins &#171; vendeur &#187; (ou moins subventionn&#233;) que de cracher sur ceux qui, les premiers, ont lutt&#233; pour cette lib&#233;ration. De m&#234;me, je ne me souviens pas d'avoir vu les d&#233;tracteurs des Lumi&#232;res s'&#233;lever conte le g&#233;nocide rwandais, le g&#233;nocide cambodgien et tant d'autres horreurs. Sans doute &#233;taient-ils trop occup&#233;s &#224; leurs mis&#233;rables recherches pour protester contre les abominations de notre temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Parvenu &#224; ce stade, je me permettrai une derni&#232;re remarque. Quand on veut &#171; peser &#187; le &#171; pour &#187; et le &#171; contre &#187; il faut aussi &#171; peser &#187; le rapport de forces. Les auteurs qu'on appelle les Lumi&#232;res n'&#233;taient qu'une poign&#233;e, quelques dizaines. Les opposants aux Lumi&#232;res, au moins ceux qui &#233;taient organis&#233;s, formaient de v&#233;ritables arm&#233;es (&#224; la veille de la R&#233;volution, le clerg&#233; compte 120 000 hommes, essentiellement hostiles aux Lumi&#232;res) et ils avaient le pouvoir. Critiquer l'organisation sociale exposait &#224; des interdictions (l'Encyclop&#233;die fut interdite), &#224; des bannissements, des exils, &#224; de la prison et m&#234;me &#224; la mort&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En 1766, apr&#232;s avoir subi la torture, le chevalier de la Barre, &#224; peine &#226;g&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-23&#034;&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Dans ce contexte, avoir d&#233;nonc&#233; l'esclavage, un des piliers du syst&#232;me, c'&#233;tait faire preuve d'un grand courage. Un courage qui manque tant de nos jours aux &#171; &#233;lites &#187; intellectuelles pour d&#233;noncer les abominations du monde actuel.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Outre les r&#233;f&#233;rences cit&#233;es en notes, on lira avec grand int&#233;r&#234;t !&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Christian Albertan, &lt;a href=&#034;http://ahrf.revues.org/11508&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Jean Ehrard, Lumi&#232;res et esclavage. L'Esclavage colonial et l'opinion publique en France au XVIII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle &#187;&lt;/a&gt;, Annales historiques de la R&#233;volution fran&#231;aise.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Marie Leca-Tsiomis, &lt;a href=&#034;http://rde.revues.org/3812&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Jean ERHARD, Lumi&#232;res et esclavage. L'esclavage colonial et l'opinion publique en France au XVIII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle &#187;&lt;/a&gt;, Recherches sur Diderot et sur l'Encyclop&#233;die, num&#233;ro 43 Varia, [En ligne], mis en ligne le 26 novembre 2008. . Consult&#233; le 19 septembre 2016.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Ann Thomson, &lt;a href=&#034;http://rde.revues.org/179&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Diderot, Roubaud et l'esclavage &#187;&lt;/a&gt;, Recherches sur Diderot et sur l'Encyclop&#233;die, num&#233;ro 35 Varia.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;cf : &lt;a href=&#034;https://www.herodote.net/De_l_Anti quite_a_nos _jours-synthese-16.php&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.herodote.net/De_l_Anti quite_a_nos _jours-synthese-16.php&lt;/a&gt; .&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Aux USA, les Quakers ont effectivement jou&#233; ce r&#244;le.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Jean Ehrard, Lumi&#232;res et esclavage. L'esclavage colonial et l'opinion publique en France au XVIII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, Andr&#233; Versaille &#233;diteur, 2008, 239 pages. C'est l'ouvrage de r&#233;f&#233;rence dans ce domaine.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Beaumarchais, Barbier de S&#233;ville, 1775.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://dp.mariottini.free.fr/esclavage/histoire-chronologie/les-3-traites.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;http://dp.mariottini.free.fr/esclavage/histoire-chronologie/les-3-traites.htm&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://dp.mariottini.free.fr/esclavage/histoire-chronologie/les-3-traites.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;http://dp.mariottini.free.fr/esclavage/histoire-chronologie/les-3-traites.htm&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;On oublie souvent de le pr&#233;ciser : cette ignominie qu'est le &#171; Code Noir &#187; est &#233;galement antis&#233;mite : il s'attaque, d&#232;s son premier article, aux juifs.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Les fils naturels de pr&#234;tre &#233;taient syst&#233;matiquement esclaves de l'&#233;glise catholique.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Alessandro Tuccillo, &#171; &lt;a href=&#034;http://montesquieu.ens-lyon.fr/ spip.php?article943&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Jean Ehrard, Lumi&#232;res et esclavage. L'esclavage et l'opinion publique en France au XVIII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle&lt;/a&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Citation de Bossuet, Dictionnaire rationaliste, article esclavage.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Jean Ehrard, Lumi&#232;res et esclavage. L'esclavage colonial et l'opinion publique en France au XVIII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, Andr&#233; Versaille &#233;diteur, 2008, 239 pages. C'est l'ouvrage de r&#233;f&#233;rence dans ce domaine.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Alessandro Tuccillo, &#171; &lt;a href=&#034;http://montesquieu.ens-lyon.fr/ spip.php?article943&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Jean Ehrard, Lumi&#232;res et esclavage. L'esclavage et l'opinion publique en France au XVIII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle&lt;/a&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voltaire, Candide ou l'optimiste, 1759.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Rousseau, Du contrat social, 1750.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#171; &lt;i&gt;Histoire philosophique et politique des &#233;tablissements et du commerce des Europ&#233;ens dans les deux Indes&lt;/i&gt; &#187;. Cet ouvrage collectif, consid&#233;r&#233; comme la &#171; bible &#187; de l'anticolonialisme, a &#233;t&#233;, dirait-on aujourd'hui, publi&#233; sous la direction de l'abb&#233; Raynal. Le passage cit&#233; ici est de Diderot. 1780. On peut consulter &#224; ce sujet la notice BnF no FRBNF31182796.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Condorcet, &lt;i&gt;Esquisse d'un tableau historique des progr&#232;s de l'esprit humain&lt;/i&gt;, 1793/1794&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Condorcet, &lt;i&gt;R&#233;flexions sur l'esclavage des N&#232;gres&lt;/i&gt;, 1781.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Encyclop&#233;die ou Dictionnaire raisonn&#233; des sciences, des arts et des m&#233;tiers, sous la direction de Diderot et D'Alembert. Il faudra plus de vingt ans (1751-1772) pour que la publication soit compl&#232;te et parvienne &#224; surmonter les immenses difficult&#233;s qu'on lui opposa.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Mus&#233;e virtuel du protestantisme, &lt;a href=&#034;http://www.museeprotestant.org/notice/louis-de-jaucourt-1704-1779/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;article de Jaucourt&lt;/a&gt;,&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Jean Ehrard, Lumi&#232;res et esclavage. L'esclavage colonial et l'opinion publique en France au XVIII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, Andr&#233; Versaille &#233;diteur, 2008, 239 pages. C'est l'ouvrage de r&#233;f&#233;rence dans ce domaine.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Vous aviez publi&#233; il y a quelques ann&#233;es le cas d'un&lt;a href='https://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?article156' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#171; esclave moderne &#187; que vous aviez tir&#233; de cette situation, &#224; Lauzerte&lt;/a&gt; (82) je crois. Autant qu'il me souvienne, et bien que l'affaire ait fait du bruit, aucun des universitaires anti-Lumi&#232;res n'a apport&#233; la moindre aide ni n'a manifest&#233; de soutien.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-22&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-22&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://www.walkfree.org/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;https://www.walkfree.org/&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; d'apr&#232;s, en particulier, des chiffres de l'UNICEF.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-23&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-23&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;En 1766, apr&#232;s avoir subi la torture, le chevalier de la Barre, &#224; peine &#226;g&#233; de 21 ans, est condamn&#233; pour &#171; impi&#233;t&#233; &#187;. Il est d&#233;capit&#233; et son corps jet&#233; aux flammes avec l'exemplaire saisi chez lui du &#171; Dictionnaire Philosophique &#187; de Voltaire.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>CHIMPANZ&#201; DU FUTUR OU HUMAIN G&#201;N&#201;TIQUEMENT MODIFI&#201; ?
</title>
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		<dc:date>2016-07-11T11:32:34Z</dc:date>
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&lt;p&gt;Le transhumanisme (courant de pens&#233;e apparu dans les ann&#233;es 1970/80 aux USA) se propose tout simplement &#171; d'am&#233;liorer &#187; l'humanit&#233; actuelle sur tous les plans (physiques, intellectuels, &#233;motionnels et moraux) gr&#226;ce aux progr&#232;s des sciences et en particulier des biotechnologies. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ses adeptes ambitionnent de cr&#233;er une &#171; trans &#187; ou &#171; post &#187; humanit&#233; dont les performances d&#233;passeraient de beaucoup celles de notre actuelle humanit&#233;_ : long&#233;vit&#233; consid&#233;rablement accrue, r&#233;sistance aux maladies, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?rubrique143" rel="directory"&gt;Penser les Lumi&#232;res
&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le transhumanisme (courant de pens&#233;e apparu dans les ann&#233;es 1970/80 aux USA) se propose tout simplement &#171; d'am&#233;liorer &#187; l'humanit&#233; actuelle sur tous les plans (physiques, intellectuels, &#233;motionnels et moraux) gr&#226;ce aux progr&#232;s des sciences et en particulier des biotechnologies. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ses adeptes ambitionnent de cr&#233;er une &#171; trans &#187; ou &#171; post &#187; humanit&#233; dont les performances d&#233;passeraient de beaucoup celles de notre actuelle humanit&#233;_ : long&#233;vit&#233; consid&#233;rablement accrue, r&#233;sistance aux maladies, intelligence infiniment sup&#233;rieure, &#233;ternelle jeunesse, etc. L'Homo Sapiens fragile, vuln&#233;rable, inadapt&#233; &#224; la modernit&#233; ayant fait son temps, il devrait c&#233;der la place &#224; la transhumanit&#233;, &#224; &#171; l'humain augment&#233; &#187;. L'heure de la reconstruction de l'identit&#233; humaine aurait sonn&#233;. Fort prudemment, les transhumanistes &#233;vitent d'employer le mot de &#171; surhomme &#187; qui a laiss&#233; de mauvais souvenirs dans l'histoire r&#233;cente, mais c'est pourtant bien &#224; un eug&#233;nisme nouveau (apr&#232;s la fin de l'eug&#233;nisme nazi) que s'apparente le transhumanisme. Cette id&#233;ologie scientiste&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rappelons les mots de Roland Gori, professeur de psychopathologie clinique : (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; n'h&#233;site pourtant pas &#224; se pr&#233;senter comme l'humanisme du XXI&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, &#224; se pr&#233;tendre h&#233;riti&#232;re des id&#233;aux de perfectibilit&#233; et de progr&#232;s des Lumi&#232;res. &#171; Comme les humanistes, les transhumanistes privil&#233;gient la raison, le progr&#232;s et les valeurs centr&#233;s sur notre bien &#234;tre, plut&#244;t que sous une autorit&#233; religieuse. Les transhumanistes &#233;tendent l'humanisme en mettant en question les limites humaines par les moyens de la technologie et de la science combin&#233;s avec la pens&#233;e critique et cr&#233;ative. Nous mettons en question le caract&#232;re in&#233;vitable de la vieillesse et de la mort. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Principes Extropiens 3.0., Max More.&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette soi-disant filiation est &#233;videmment fallacieuse, puisque les projets chim&#233;riques, cauchemardesques des transhumanistes sont absolument contraires aux pr&#233;occupations des philosophes des Lumi&#232;res qui souhaitaient avant tout am&#233;liorer, changer la soci&#233;t&#233; et non adapter l'homme &#224; cette derni&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On aurait tort de consid&#233;rer les transhumanistes comme une secte d'illumin&#233;s, comme une &#233;quipe de savants s&#233;rieusement d&#233;jant&#233;s. L'acc&#233;l&#233;ration des innovations dans le domaine des NBIC (Nanotechnologies, Biotechnologies, Intelligence artificielle et Cognisciences ou neurosciences) est telle que ce qui pouvait appara&#238;tre hier comme un d&#233;lire est aujourd'hui bien proche de sa r&#233;alisation effective. La fusion homme/machine, but ultime du transhumanisme, n'a-t-elle pas en partie d&#233;j&#224; commenc&#233; puisque d'ores et d&#233;j&#224; smartphones et ordinateurs portables (que l'on peut consid&#233;rer comme des proth&#232;ses num&#233;riques) font partie de notre identit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est sur l'irr&#233;versibilit&#233; de ce processus d&#233;j&#224; initi&#233; que le transhumanisme fonde sa conception du &#171; progr&#232;s &#187; et son argumentation. Dans la mesure o&#249; le rapprochement homme/machine est d&#233;j&#224; en cours, pourquoi ne pas aller plus loin sur ce chemin puisque de toute fa&#231;on cette voie sera explor&#233;e et que ceux qui refuseront de s'y engager (ou ceux qui n'y auront pas acc&#232;s) seront les perdants, les &#171; chimpanz&#233;s du futur &#187; comme le r&#233;sume cyniquement le cybern&#233;ticien Ken Warwick : &#171; Ceux qui d&#233;cideront de rester humains et refuseront de s'am&#233;liorer auront un s&#233;rieux handicap. Ils constitueront une sous-esp&#232;ce et formeront les chimpanz&#233;s du futur &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hier comme aujourd'hui, l&#224; o&#249; il y a de la &#171; surhumanit&#233; &#187;, la &#171; sous-humanit&#233; &#187; n'est pas loin.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour rallier &#224; sa croisade de l'av&#232;nement d'une surhumanit&#233; un maximum de croyants, pour gagner les faveurs de l'opinion publique, de la communaut&#233; scientifique et des autorit&#233;s, le transhumanisme table sur la recherche m&#233;dicale r&#233;paratrice (qui apporte une am&#233;lioration effective &#224; des malades souffrant de pathologies diverses ou &#224; des victimes d'accident graves). Les transhumanistes proposent qu'une application &#171; am&#233;liorative &#187; de ces innovations m&#233;dicales, th&#233;rapeutiques, soit accessible &#224; des sujets sains, bien portants, &#224; seule fin d'augmenter leurs performances. La recherche m&#233;dicale avanc&#233;e et son d&#233;tournement constituent donc le fer de lance de la propagande transhumaniste. Abondant dans le sens des transhumanismes, l'ex-ministre de la recherche Genevi&#232;ve Fioraso avait notamment d&#233;clar&#233;, en 2006 : &#171; Lorsque vous avez des oppositions &#224; certaines recherches et que vous faites t&#233;moigner des associations de malades, tout le monde adh&#232;re &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Personne, il faut l'esp&#233;rer, ne souhaite s'opposer &#224; ce qu'un aveugle puisse recouvrer la vue gr&#226;ce &#224; la greffe d'une r&#233;tine artificielle coupl&#233;e &#224; un implant dans le cerveau. Que cette vue retrouv&#233;e s'av&#232;re en fait meilleure que celle des &#171; _voyants_ &#187; va permettre aux transhumanistes de proposer ces greffes &#224; des sujets en bonne sant&#233; mais d&#233;sireux d'acqu&#233;rir une &#171; supra-vision &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La recherche sur les proth&#232;ses a fait des progr&#232;s consid&#233;rables et a d&#233;bouch&#233; sur la mise au point de proth&#232;se &#171; _bioniques_ &#187;, ultra-performantes, directement coupl&#233;es au cerveau du sujet appareill&#233;. Les premiers b&#233;n&#233;ficiaires ont &#233;t&#233; les soldats am&#233;ricains, de retour d'Irak ou d'Afghanistan, qui avaient perdu l&#224;-bas jambes ou bras au combat. Des proth&#232;ses bioniques, les chercheurs sont pass&#233;s &#224; la cr&#233;ation d'un exosquelette ou squelette ext&#233;rieur qui peut permettre &#224; une personne paralys&#233;e de marcher mais qui, adapt&#233; &#224; un sujet bien portant, peut accro&#238;tre sa force et sa r&#233;sistance de fa&#231;on prodigieuse. Toutes les arm&#233;es du monde sont &#233;videmment extr&#234;mement int&#233;ress&#233;es par ce genre d'innovations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces quelques exemples illustrent la fa&#231;on dont les transhumanistes cherchent &#224; passer de la r&#233;paration th&#233;rapeutique &#224; l'am&#233;lioration, &#224; l'augmentation de l'humain : dans la mesure o&#249; ces techniques existent et sont en progr&#232;s constant, pourquoi ne pas les utiliser &#224; d'autres fins et notamment &#224; accro&#238;tre les potentialit&#233;s humaines ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'am&#233;lioration &#171; m&#233;canique &#187; de l'humain n'est pas la seule voie qu'explorent les transhumanistes ; l'ing&#233;nierie g&#233;n&#233;tique, elle aussi, doit concourir &#224; l'av&#232;nement de l'homme nouveau, g&#233;n&#233;tiquement transform&#233;, augment&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#233;videmment au nom de la libert&#233; que les transhumanistes avancent leur id&#233;e d'am&#233;lioration physique. Et effet, selon eux, l'homme doit &#233;chapper &#224; son d&#233;terminisme g&#233;n&#233;tique, s'affranchir du joug de la loterie naturelle de l'&#233;volution, conception qu'ils r&#233;sument dans leur slogan &#171; From Chance to Choice &#187; (&#171; Passer du hasard au choix &#187;). Il s'agit donc pour eux de cr&#233;er un humain g&#233;n&#233;tiquement modifi&#233;, physiquement plus fort, r&#233;sistant aux maladies et, bien &#233;videmment, dot&#233; d'une intelligence sup&#233;rieure. &#171; L'humanit&#233; ne doit pas en rester l&#224;, elle n'est qu'une &#233;tape sur le sentier de l'&#233;volution, pas le sommet du d&#233;veloppement de la nature_ &#187; d&#233;clare Max More (&#171; Le post-humain en devenir &#187;) tandis que Moravec, autre ponte du transhumanisme am&#233;ricain, n'h&#233;site pas &#224; affirmer : &#171; Notre ADN se trouvera au ch&#244;mage, il aura perdu la course &#224; l'&#233;volution &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour parvenir &#224; ses fins, la reconstruction, la programmation de l'identit&#233; humaine, le transhumanisme compte sur la convergence des NBIC, sur leur &#233;troite interdisciplinarit&#233;, pour acc&#233;l&#233;rer de fa&#231;on significative les innovations. Malheureusement, cette collaboration entre ces diff&#233;rents domaines donne des r&#233;sultats certes &#233;tonnants mais tr&#232;s inqui&#233;tants. Les transhumanistes sont des gens press&#233;s et ils se sont lanc&#233;s dans une v&#233;ritable course (&#224; l'ab&#238;me) pour r&#233;aliser leurs chim&#232;res. Le syst&#232;me n&#233;o-lib&#233;ral, enti&#232;rement fond&#233; sur la comp&#233;titivit&#233;, la concurrence, la performance, en a rapidement compris tout l'int&#233;r&#234;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La ma&#238;trise de ces technologies de pointe assurera &#224; la puissance qui les d&#233;tiendra une domination sans partage sur le reste du monde et confortera &#224; terme toutes les oligarchies en accroissant leur pouvoir sur les populations, car on peut raisonnablement penser que si &#171; augmentation &#187; il y a, elle sera &#224; g&#233;om&#233;trie variable (deviendrait-elle &#233;galitaire, elle n'en serait pas moins une tentative monstrueuse de destruction de l'humain). Les recherches transhumanistes suscitent donc l'int&#233;r&#234;t des strat&#232;ges, militaires et politiciens, mais bien entendu aussi des grands groupes industriels et marchands.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le futur march&#233; de &#171; l'augmentation humaine &#187; est &#233;norme et les b&#233;n&#233;fices qui en d&#233;couleront seront mirifiques. Le seul march&#233; des neurodispositifs (implants pour ceci ou cela) avoisinerait les 11,61 milliards en 2021. La boutique transhumaniste, en vendant de la long&#233;vit&#233; accrue, de la sant&#233; garantie et de la super-intelligence est s&#251;re de son succ&#232;s commercial. Les g&#233;ants du Web, comme Google, et tous les industriels high tech, les labos pharmaceutiques, financent donc sans compter tous ces programmes qui, par le pass&#233;, aurait pu para&#238;tre sulfureux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'augmentation des profits (&#224; d&#233;faut d'augmentation de l'humain) est en marche. La prochaine mise en vente du &#171; _surhomme en kit_ &#187; sera v&#233;ritablement un business en or. Les &#233;conomies en crise ne pouvaient r&#234;ver de l'ouverture d'un march&#233; aussi vaste&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La volont&#233; de soumettre la nature, la plan&#232;te, aux seuls imp&#233;ratifs du profit a conduit &#224; la catastrophe &#233;cologique que nous connaissons. Cette m&#234;me volont&#233; de puissance appliqu&#233;e &#224; transformer l'identit&#233; humaine ne peut, elle aussi, qu'aboutir &#224; un d&#233;sastre, &#224; un renforcement par rapport &#224; la machine : sa pr&#233;tendue &#171; augmentation &#187; ressemblera bien plus &#224; un asservissement, &#224; une diminution de sa libert&#233; qu'&#224; tout autre chose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Cet homme futur, que les savants produiront, nous disent-ils en un si&#232;cle et pas davantage, para&#238;t en proie &#224; la r&#233;volte contre l'existence humaine telle qu'elle est donn&#233;e, cadeau venu de nulle part (la&#239;quement parlant) et qu'il veut pour ainsi dire &#233;changer contre un ouvrage de ses propres mains. Il n'y a pas de raison de douter que nous soyons capables de faire cet &#233;change, de m&#234;me qu'il n'y ait de raison de douter que nous soyons capables &#224; pr&#233;sent de d&#233;truire toute vie organique sur terre. La seule question est de savoir si nous souhaitons employer dans ce sens nos nouvelles connaissances scientifiques et techniques, et l'on ne saurait en d&#233;cider par des m&#233;thodes scientifiques. C'est une question politique primordiale que l'on ne peut gu&#232;re par cons&#233;quent abandonner aux professionnels de la science ni &#224; ceux de la politique &#187; &#233;crivait d&#233;j&#224;, en 1958, Hannah Arendt dans Condition de l'homme moderne.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Sources :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Films DVD : &#171; Le silence des nanos &#187;, Julien Colin et &#171; _Un monde sous-humain &#187;, Philippe Borel.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Ouvrage : &#171; La r&#233;volution transhumaniste &#187;, Luc Ferry. Articles : &#171; Transhumanisme, du progr&#232;s de l'inhumanit&#233; &#187; et &#171; Trois jours chez les transhumanistes &#187; du groupe PMO (Pi&#232;ces et Main d'&#339;uvre) de Grenoble.
&lt;/blockquote&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Rappelons les mots de Roland Gori, professeur de psychopathologie clinique : &#171; La science est &#233;mancipatrice, c'est le scientisme qui est asservissant. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Principes Extropiens 3.0., Max More.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>SAPERE AUDE !
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		<dc:subject>A la une
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		<description>
&lt;p&gt;Au cours du XVIII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle se d&#233;veloppe un mouvement philosophique nouveau qui va bouleverser l'histoire de l'Europe. En effet, des penseurs europ&#233;ens, sous le nom de &#171; _Lumi&#232;res_ &#187; (en France, Voltaire, Diderot, Montesquieu, ou encore venu de Gen&#232;ve_ : Rousseau), en Angleterre (Locke, Hume), en Allemagne (Kant), en Hollande (Spinoza) vont remettre en question les id&#233;es re&#231;ues, les traditions et les institutions de l'Ancien R&#233;gime au point de faire &#233;clore des r&#233;volutions comme celle de 1789. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?rubrique143" rel="directory"&gt;Penser les Lumi&#232;res
&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?mot1" rel="tag"&gt;A la une
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Au cours du XVIII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle se d&#233;veloppe un mouvement philosophique nouveau qui va bouleverser l'histoire de l'Europe. En effet, des penseurs europ&#233;ens, sous le nom de &#171; _Lumi&#232;res_ &#187; (en France, Voltaire, Diderot, Montesquieu, ou encore venu de Gen&#232;ve_ : Rousseau), en Angleterre (Locke, Hume), en Allemagne (Kant), en Hollande (Spinoza) vont remettre en question les id&#233;es re&#231;ues, les traditions et les institutions de l'Ancien R&#233;gime au point de faire &#233;clore des r&#233;volutions comme celle de 1789. Ces penseurs ont permis le passage de l'ordre ancien &#224; notre monde moderne et la liquidation de l'Ancien R&#233;gime reposant sur des valeurs devenues archa&#239;ques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui pourtant, de nombreuses critiques s'&#233;l&#232;vent contre les philosophes des Lumi&#232;res. Quels sont les principes de leur philosophie_ ? Pourquoi remettre en question, aujourd'hui, leur apport &#224; notre monde moderne ?&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement ! Voil&#224; la devise des Lumi&#232;res_ &#187; telle que Kant la d&#233;finit dans le trait&#233; &#171; Qu'est ce que les Lumi&#232;res ? &#187; paru en 1784. Ce qui nous frappe, c'est bien que le mouvement des Lumi&#232;res trouve son unit&#233;, non pas dans un contenu philosophique, mais dans une d&#233;marche intellectuelle_ : l'&#233;mancipation de l'esprit, la d&#233;cision courageuse de tout soumettre au libre examen de la raison, &#171; (&#8230;)_la sortie de l'homme de sa minorit&#233;, (&#8230;) c'est-&#224;-dire de se servir de son entendement sans la direction d'autrui &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lettres persanes, Montesquieu. Premi&#232;re &#233;dition, sous couvert d'anonymat et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1680, le passage d'une com&#232;te suscite de nombreuses alarmes. Bayle se saisit de l'occasion et r&#233;dige ses Pens&#233;es sur la Com&#232;te&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pens&#233;es diverses &#233;crites &#224; un docteur de Sorbonne &#224; l'occasion de la Com&#232;te (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; o&#249; il d&#233;montre par une argumentation rigoureuse que les com&#232;tes sont des ph&#233;nom&#232;nes naturels et n'ont rien de miraculeux. Critique de la tradition, de la superstition, l&#233;gitimit&#233; du libre examen critique, primaut&#233; de l'exp&#233;rience et de l'esprit scientifique, ind&#233;pendance de la morale par rapport &#224; la religion, tout l'esprit des Lumi&#232;res est d&#233;j&#224; l&#224;... Les religions, les croyances, les dogmes sont ainsi les cibles de l'esprit critique des philosophes. Tout est pass&#233; au crible de la raison : les incoh&#233;rences, les absurdit&#233;s, les contradictions, les abus. La folie des guerres, de l'intol&#233;rance religieuse, du pouvoir absolu est d&#233;nonc&#233;. Ils vont lutter contre la croyance au surnaturel, fonder la tol&#233;rance sur le scepticisme religieux, dissocier la morale de la religion et affirmer l'id&#233;e du progr&#232;s mat&#233;riel et moral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le domaine scientifique, les exp&#233;rimentations et l'observation deviennent les bases d'une nouvelle m&#233;thode rigoureuse. C'est ainsi que Newton, couch&#233; sous un arbre, apr&#232;s avoir re&#231;u, dit l'anecdote, une pomme sur la t&#234;te, comprend les lois de l'attraction universelle et renverse les anciennes conceptions du monde. D'une vision cr&#233;ationniste (la nature ob&#233;it &#224; un plan divin pr&#233;con&#231;u), m&#233;canique et statique de l'univers, l'on passe &#224; une vision dynamique. Le monde est en constante &#233;volution_ : les reliefs, les esp&#232;ces animales et v&#233;g&#233;tales, les soci&#233;t&#233;s humaines, tout est en perp&#233;tuel mouvement. Les Lumi&#232;res croient au progr&#232;s, progr&#232;s scientifique comme au progr&#232;s social, et pour eux l'humanit&#233; est en marche vers un futur toujours meilleur qui place, non plus le salut de l'&#226;me dans l'au-del&#224; mais bien le bonheur individuel ici-bas au centre des pr&#233;occupations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Encyclop&#233;die&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Encyclop&#233;die ou dictionnaire raisonn&#233; des sciences, des arts et des m&#233;tiers, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; est la grande &#339;uvre des Lumi&#232;res : pr&#232;s de 60 200 articles, 25 000 grandes pages, 2 900 planches &#233;crites par tous les penseurs et sp&#233;cialistes de l'&#233;poque, sous la direction de Diderot et d'Alembert, un philosophe et un math&#233;maticien, pour recenser les connaissances scientifiques, techniques, philosophiques, historiques et pour d&#233;battre aussi de l'origine des soci&#233;t&#233;s, des institutions, de l'&#233;conomie&#8230; Bref, cette &#339;uvre immense est une v&#233;ritable tour de Babel, compos&#233;e d'opinions diverses et vari&#233;es entre lesquelles le lecteur peut choisir &#224; sa guise, &#224; condition d'exercer sa raison critique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, la pens&#233;e des Lumi&#232;res a permis d'entrer dans l'&#232;re moderne : c'est un mouvement intellectuel engag&#233; qui se bat contre l'oppression religieuse et politique et pour la lib&#233;ration de l'homme. L'homme a cette extraordinaire facult&#233; de se perfectionner, par l'instruction et l'&#233;ducation, de s'&#233;manciper par la raison. A l'inverse du racisme ou du sexisme qui attribue &#224; chaque race et &#224; chaque sexe une nature dont on ne pourrait sortir, l'homme est, pour les philosophes des Lumi&#232;res, libre. D&#232;s lors, il a une dignit&#233; et des droits inali&#233;nables et universels, qu'il tient de son humanit&#233; m&#234;me. Il ne peut &#234;tre utilis&#233; comme esclave par exemple, ou colonis&#233;. De cette libert&#233; naturelle, d&#233;coulent l'&#233;galit&#233; et la fraternit&#233; naturelles.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces id&#233;es nouvelles, les Lumi&#232;res ne les ont pas souvent exprim&#233;es dans des &#339;uvres de dissertation philosophique comme cela se fait traditionnellement mais, pour toucher davantage de lecteurs et &#234;tre plus accessibles, ont pr&#233;f&#233;r&#233; &#233;crire en utilisant des formes plus litt&#233;raires comme le roman, le r&#233;cit, ou des dialogues. Ils &#233;crivent aussi, il faut le rappeler, dans des soci&#233;t&#233;s o&#249; r&#232;gnent la censure et la r&#233;pression politique. Les &#339;uvres sont imprim&#233;es en Hollande clandestinement, les &#233;crivains souvent incarc&#233;r&#233;s, &#224; la Bastille notamment. Diderot et Voltaire y seront jet&#233;s pour leurs &#233;crits. Voltaire et Rousseau vivent pr&#232;s de la fronti&#232;re suisse o&#249; ils peuvent fuir d&#232;s que les forces arm&#233;es interviennent pour les saisir. Nombreux sont les philosophes qui utilisent, afin de d&#233;tourner la censure, des proc&#233;d&#233;s litt&#233;raires comme l'ironie ou l'humour. Ces proc&#233;d&#233;s n&#233;cessitent pour &#234;tre compris une lecture &#224; deux niveaux. Pour toutes ces raisons, les philosophes des Lumi&#232;res, plut&#244;t que d'&#233;noncer directement leurs th&#232;ses ouvertement, pr&#233;f&#232;rent d&#233;montrer l'absurdit&#233; des th&#232;ses de leurs adversaires. Ainsi, quand Montesquieu dans les &#171; Lettres persanes &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lettres persanes, Montesquieu. Premi&#232;re &#233;dition, sous couvert d'anonymat et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; fait dire &#224; l'un de ses personnages : &#171; Comment peut-on &#234;tre persan ? &#187;, il d&#233;nonce l'ethnocentrisme des aristocrates de la cour qui s'&#233;tonnent que d'autres civilisations existent en dehors de la leur. De m&#234;me, dans &#171; De l'esprit des lois &#187;, il pr&#233;sente les arguments des esclavagistes mais leur argumentation est si absurde qu'elle se d&#233;truit par elle-m&#234;me. On trouve sur de nombreux sites internet des citations hors contexte, comme par exemple &#171; Il est impossible que nous supposions que ces gens-l&#224; [les esclaves] soient des hommes, parce que si nous les supposions des hommes, on commencerait &#224; croire que nous ne sommes pas nous-m&#234;mes chr&#233;tiens &#187; (tir&#233; de l'esprit des lois) qui prouveraient, selon les auteurs de ce type de site, que Montesquieu est raciste et esclavagiste, alors qu'il pointe au contraire la mauvaise foi chr&#233;tienne et ses arguments fallacieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; De m&#234;me, au XVIII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, le mot &#171; _n&#232;gre_ &#187; signifie simplement &#171; esclave noir &#187; sans connotation p&#233;jorative (&#171; niger &#187; en latin signifie noir). C'est pourquoi il faut lire avec une grande prudence les Lumi&#232;res : nous ne devons pas les lire au premier degr&#233;. Les proc&#233;d&#233;s litt&#233;raires et l'ironie, employ&#233;s pour d&#233;jouer la censure, doivent nous conduire &#224; chercher quelle est la vraie intention de l'auteur, &#224; travers des indices textuels. Des phrases prises au pied de la lettre ou sorties de leur contexte_peuvent conduire au contre-sens total : n'oublions pas en lisant les Lumi&#232;res qu'ils en appellent au sens critique, &#224; la raison comme &#224; l'intelligence de son lecteur.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Lettres persanes, Montesquieu. Premi&#232;re &#233;dition, sous couvert d'anonymat et d'un faux lieu de publication en 1721.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Pens&#233;es diverses &#233;crites &#224; un docteur de Sorbonne &#224; l'occasion de la Com&#232;te qui parut au mois de d&#233;cembre 1680, Pierre Bayle, 1683.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Encyclop&#233;die ou dictionnaire raisonn&#233; des sciences, des arts et des m&#233;tiers, par une soci&#233;t&#233; de gens de lettres. &#171; _Mis en ordre et publi&#233; par_ &#187; Diderot et d'Alembert, 1751 &#8211; 1777. Premi&#232;re interdiction_ ; 1752.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Lettres persanes, Montesquieu. Premi&#232;re &#233;dition, sous couvert d'anonymat et d'un faux lieu de publication en 1721.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>ROUSSEAU ET LA CRITIQUE DE LA SOCIETE
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		<dc:subject>A la une
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&lt;p&gt;Le malheur social est une des principales questions de Jean-Jacques Rousseau. Ce qu'il observe, ce dont il souffre, c'est que l'homme pr&#233;cipite constamment son existence dans la catastrophe. L'homme fait le malheur de l'homme. N&#233; libre, il se rend esclave, non pas tant de ses passions (Rousseau, contrairement &#224; Pascal, a une certaine confiance dans les passions, en particulier amoureuses), mais de leur perversion. &lt;br class='autobr' /&gt; En fait, d&#232;s que l'humanit&#233; na&#238;t &#224; elle-m&#234;me, c'est-&#224;-dire d&#232;s qu'elle sort (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le malheur social est une des principales questions de Jean-Jacques Rousseau. Ce qu'il observe, ce dont il souffre, c'est que l'homme pr&#233;cipite constamment son existence dans la catastrophe. L'homme fait le malheur de l'homme. N&#233; libre, il se rend esclave, non pas tant de ses passions (Rousseau, contrairement &#224; Pascal, a une certaine confiance dans les passions, en particulier amoureuses), mais de leur perversion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	En fait, d&#232;s que l'humanit&#233; na&#238;t &#224; elle-m&#234;me, c'est-&#224;-dire d&#232;s qu'elle sort de l'&#233;tat de nature, d&#232;s qu'elle se porte &#224; la pens&#233;e et la parole, &#224; la r&#233;ciprocit&#233; du langage, &#224; la relation je-tu, d&#232;s ce moment-l&#224;, elle entre d&#233;j&#224; dans la rivalit&#233;, l'usurpation et la domination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&#171; Le premier qui ayant enclos un terrain, s'avisa de dire, &#034;ceci est &#224; moi&#034;, et trouva des gens assez simples pour le croire, fut le vrai fondateur de la soci&#233;t&#233; civile. Que de crimes, de guerres, de meurtres, que de mis&#232;res et d'horreurs, n'e&#251;t point &#233;pargn&#233;s au Genre-humain celui qui arrachant les pieux ou comblant un foss&#233;, e&#251;t cri&#233; &#224; ses semblables ; Gardez-vous d'&#233;couter cet imposteur ; Vous &#234;tes perdus, si vous oubliez que les fruits sont &#224; tous, et que la Terre n'est &#224; personne. &#187; La d&#233;gradation sociale commence par l'appropriation de ce qui n'appartient, en fait, &#224; personne et &#224; tous ; par une usurpation qui fait rapidement force de loi. Mais avant m&#234;me cela, l'in&#233;galit&#233; appara&#238;t dans les premi&#232;res soci&#233;t&#233;s par l'affirmation de la diff&#233;rence, la pr&#233;f&#233;rence et la concurrence : &#171; le plus beau, le plus fort, le plus adroit ou le plus &#233;loquent devint le plus consid&#233;r&#233;, et ce fut l&#224; le premier pas vers l'in&#233;galit&#233;, et vers le vice en m&#234;me temps : de ces premi&#232;res pr&#233;f&#233;rences naquirent d'un c&#244;t&#233; la vanit&#233; et le m&#233;pris, de l'autre la honte et l'envie&#8230; &#187;. C'est sur ce fond d'in&#233;galit&#233; qu'avec le progr&#232;s des connaissances, l'invention surtout de l'agriculture et de la m&#233;tallurgie, s'installent la propri&#233;t&#233;, le travail, le pouvoir&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Discours sur l'origine et les fondements de l'in&#233;galit&#233; parmi les hommes, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Les soci&#233;t&#233;s humaines, pour Jean-Jacques Rousseau ne sont pas &#171; naturelles &#187;, mais sont bien un ph&#233;nom&#232;ne culturel. &#171; L'homme naturel &#187; (avant m&#234;me, pourrait-on dire aujourd'hui, les ethnies de chasseurs-cueilleurs, avant m&#234;me toute culture), n'est pas encore un &#234;tre social. Il vit en petits groupes relativement isol&#233;s. Il a peu de besoins, peu de d&#233;sirs, et il y a donc peu de conflits, comme peu d'associations&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Son imagination ne lui peint rien_ ; son c&#339;ur ne lui demande rien. Ses (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il a fallu l'impulsion d'un bouleversement quelconque, fortuit, contingent (un changement de climat et d'environnement, sugg&#232;re Rousseau), pour qu'il soit conduit &#224; se tourner vers l'autre, &#224; s'associer aux autres. C'est &#171; l'inclinaison de l'axe du globe sur l'axe de l'univers &#187; qui l'oblige &#224; s'adresser et &#224; s'allier aux autres, et ainsi le porte &#224; la conscience, la pens&#233;e, la parole. Mais c'est aussi cette r&#233;volution qui le perd&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Celui qui voulut que l'homme fut sociable, toucha l'axe du globe et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La contingence de sa condition le porte &#224; la fois &#224; la conscience, c'est-&#224;-dire au sentiment de l'existence, en m&#234;me temps qu'au d&#233;voiement de ce m&#234;me sentiment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Le premier langage, la premi&#232;re soci&#233;t&#233;, c'est l'homme qui s'adresse &#224; l'homme. C'est l'&#233;v&#233;nement d'une rencontre. Or cette libert&#233; originelle, celle qui porte l'existence &#224; elle-m&#234;me, se d&#233;tourne de sa vocation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&#171; C'est du syst&#232;me moral form&#233; par le double rapport &#224; soi-m&#234;me et &#224; ses semblables que na&#238;t l'impulsion naturelle de la conscience &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lettres morales, 5, O.C. IV, p. 1109.&#034; id=&#034;nh5-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le rapport &#224; soi ne va pas sans le rapport &#224; l'autre. La naissance de la conscience &#224; elle-m&#234;me proc&#232;de d'une r&#233;ciprocit&#233;. Le sentiment de l'existence, qui est indissociablement sentiment de soi, est d'embl&#233;e social. On peut penser que chez l'homme naturel le sentiment de l'existence (et la pens&#233;e et la parole, la conscience et la libert&#233;, l'inventivit&#233; et la cr&#233;ativit&#233;), ne se porte &#224; lui-m&#234;me encore que de mani&#232;re &#233;bauch&#233;e. Il faut, pour qu'il s'affirme, l'&#233;v&#233;nement sensible de la rencontre de l'autre ; la sensibilit&#233; s'ouvre &#224; elle-m&#234;me par l'ouverture de l'un &#224; l'autre. L'occasionnel, l'accidentel, le fortuit permet cet &#233;v&#233;nement qui sans cela resterait pris dans le quotidien des besoins &#233;l&#233;mentaires. La rencontre porte le sentiment &#224; lui-m&#234;me. C'est du double rapport &#224; soi et &#224; l'autre que na&#238;t l'impulsion naturelle de la conscience. La conscience est d'abord ce rapport de l'existence &#224; elle-m&#234;me, indissociablement subjectif et intersubjectif. En tant que telle, elle ne proc&#232;de que de son &#233;v&#233;nement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Le projet de Rousseau, qu'il articule dans ses diff&#233;rentes &#339;uvres litt&#233;raires et philosophiques (du premier discours jusqu'aux r&#234;veries), est donc de retrouver ce sentiment qui est au c&#339;ur de toute sensibilit&#233; humaine (dans la relation m&#232;re-enfant ou parents-enfants, la relation amoureuse, la simple civilit&#233; et convivialit&#233;, le dialogue&#8230;). Ce sentiment, qui a permis de sortir de l'&#233;tat de nature, permet aussi de r&#233;pondre &#224; l'&#233;tat d'ali&#233;nation, et de retrouver donc ce qui fait l'essence purement ouverte de l'existence et de la soci&#233;t&#233;. R&#233;sister &#224; l'ali&#233;nation et retrouver un minimum de v&#233;rit&#233; existentielle ne se peuvent qu'&#224; partir de cette sensibilit&#233;, vraie en elle-m&#234;me, parce que sensibilit&#233;. Le bonheur ne se trouve pas &#171; dans l'apparence mais dans le sentiment intime &#187;. Les choses se portent d'elles-m&#234;mes vers elles-m&#234;mes, dans la v&#233;rit&#233; de leur propre surgissement et de leur propre empreinte&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Discours sur l'origine et les fondements de l'in&#233;galit&#233; parmi les hommes, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La philosophie de Rousseau est une philosophie de la sensibilit&#233;. Elle r&#233;pond aux angoisses de l'existence moins par la raison que par le sentiment. Ce fil du sentiment, d'autant plus pr&#233;cieux qu'il se perd d&#232;s l'enfance dans les &#233;garements d'une histoire subjective et intersubjective, est pour Rousseau ce qu'il importe de retrouver pour r&#233;sister &#224; l'ali&#233;nation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Le projet politique de Rousseau est donc de d&#233;gager la sensibilit&#233; pure, c'est-&#224;-dire la libert&#233; vive, de ce qui rel&#232;ve de l'amour-propre, de l'int&#233;r&#234;t priv&#233;. Le texte majeur qui aborde cette question est bien-s&#251;r le Contrat social, qui vise donc &#224; retrouver cette soci&#233;t&#233; de la r&#233;ciprocit&#233; et du dialogue, o&#249; chacun accepte de renoncer &#224; ses int&#233;r&#234;ts propres pour l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral (uniquement donc pour ce qui concerne les affaires communes). Id&#233;e d'une soci&#233;t&#233; anarchique, c'est-&#224;-dire qui se fonde sur la libert&#233; de chacun par et pour la libert&#233; de chacun, &#224; laquelle il faut revenir de mani&#232;re consciente, volontaire, pos&#233;e, parce qu'on en a perdu le sens originel&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Son imagination ne lui peint rien ; son c&#339;ur ne lui demande rien. Ses (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La volont&#233; g&#233;n&#233;rale vise l'int&#233;r&#234;t commun. Elle est diff&#233;rente de la volont&#233; de tous, qui est la somme des int&#233;r&#234;ts priv&#233;s. M&#234;me si cette somme parvient &#224; s'&#233;quilibrer, il y a toujours le risque qu'une personne ou un groupe fasse basculer le &#171; corps politique &#187; des citoyens de son c&#244;t&#233;. Les int&#233;r&#234;ts particuliers sont toujours susceptibles de d&#233;voyer la libert&#233; et l'&#233;galit&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Celui qui voulut que l'homme fut sociable, toucha l'axe du globe et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Or Rousseau doute de la vertu suffisante des citoyens pour &#234;tre &#224; m&#234;me de s'auto-d&#233;terminer. Il a foi en la libert&#233; humaine (c'est-&#224;-dire en sa raison : l'ouverture de l'existence &#224; elle-m&#234;me), mais il sait aussi que cette libert&#233; m&#234;me tend &#224; se d&#233;voyer. C'est la pente de toute soci&#233;t&#233;. C'est la pente pourrait-on presque dire, de la libert&#233; humaine m&#234;me : &#171; S'il y avait un peuple de Dieux, il se gouvernerait D&#233;mocratiquement. Un gouvernement si parfait ne convient pas &#224; des hommes &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lettres morales, 5, O.C. IV, p. 1109.&#034; id=&#034;nh5-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Or la libert&#233; n'est pr&#233;cis&#233;ment pas divine, mais humaine. Elle suppose peut-&#234;tre m&#234;me cet &#233;garement qui la perd. Ce que voit Rousseau, ce qui le d&#233;sesp&#232;re, est que fatalement elle se perd.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exercice de la libert&#233;, qui n'est pas sans l'autre, s'&#233;gare sur la pente de l'appropriation et de l'esclavage. Elle s'ali&#232;ne (paradoxalement donc_ : par libert&#233;). Le pire vice &#233;tant la cupidit&#233; : &#171; On c&#232;de une partie de son profit pour l'augmenter &#224; son aise. Donnez de l'argent, et bient&#244;t vous aurez des fers. Ce mot de &#034;finance&#034; est un mot d'esclave&#8230; &#187;. On se d&#233;tourne du bien public pour le bien priv&#233;, et c'est la ruine de la soci&#233;t&#233; : &#171; Sit&#244;t que quelqu'un dit des affaires de l'&#201;tat : que m'importe ? on doit compter que l'&#201;tat est perdu &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dialogues, O.C. I, p. 668-672.&#034; id=&#034;nh5-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. On privil&#233;gie ses propres affaires. On d&#233;l&#232;gue &#224; d'autres celles de la cit&#233;. On les d&#233;tourne pour son propre profit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Chaque citoyen, parce qu'il est un &#234;tre social, c'est-&#224;-dire un &#234;tre libre, ne peut se d&#233;faire de sa responsabilit&#233; sans d&#233;j&#224; s'ali&#233;ner, et les autres avec lui. C'est pourquoi Rousseau est radicalement contre toute forme de d&#233;l&#233;gation dans l'acte l&#233;gislatif. &#171; L'atti&#233;dissement de l'amour de la patrie, l'activit&#233; de l'int&#233;r&#234;t priv&#233;, l'immensit&#233; des &#201;tats, les conqu&#234;tes, l'abus du Gouvernement ont fait imaginer la voie des D&#233;put&#233;s ou des Repr&#233;sentants du peuple dans les assembl&#233;es&#8230; &#187; Or &#171; _la Souverainet&#233; ne peut &#234;tre repr&#233;sent&#233;e, par la m&#234;me raison qu'elle ne peut &#234;tre ali&#233;n&#233;e_ ; elle consiste essentiellement dans la volont&#233; g&#233;n&#233;rale, et la volont&#233; ne se repr&#233;sente point (&#8230;). Toute loi que le Peuple en personne n'a pas ratifi&#233;e est nulle ; ce n'est point une loi. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ce que Rousseau &#233;nonce ainsi : &#171; Trouver une forme d'association qui d&#233;fende (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Rousseau redoute donc la perversion de l'autod&#233;termination sociale dans l'in&#233;galit&#233;. Pour pallier ce d&#233;tournement, pour guider la r&#233;flexion et les d&#233;cisions, il imagine un l&#233;gislateur suffisamment sage, c'est-&#224;-dire avant tout d&#233;tach&#233; de toute ambition, pour orienter les choses de mani&#232;re juste, c'est-&#224;-dire la volont&#233; de chacun vers la volont&#233; g&#233;n&#233;rale. Ce l&#233;gislateur &#233;clair&#233;, d&#233;nu&#233; de tout pouvoir, a pour r&#244;le en quelque sorte d'&#233;duquer les citoyens&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Du contrat social, L.I, Ch. III.&#034; id=&#034;nh5-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&#171; Tout homme &#233;tant n&#233; libre et ma&#238;tre de lui-m&#234;me, nul ne peut, sous quelque pr&#233;texte que ce puisse &#234;tre, l'assujettir sans son aveu &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Du contrat social, L.III, Ch. IV.&#034; id=&#034;nh5-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Or voil&#224; que pointe son nez un &#234;tre providentiel capable de prot&#233;ger le peuple de toute d&#233;rive, c'est-&#224;-dire de la perversion de l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral par l'int&#233;r&#234;t particulier. Or cet homme exceptionnel n'existe jamais que de mani&#232;re fantasmatique. La solution amen&#233;e par Rousseau, et qui traduit son souci, semble passablement contradictoire. Elle mine peut-&#234;tre tout son projet, parce que r&#233;appara&#238;t ici le risque du chef, du ma&#238;tre, du dictateur&#8230; M&#234;me et pr&#233;cis&#233;ment d&#233;vou&#233; au &#171; peuple &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait Rousseau s'adresse &#224; ses contemporains, c'est-&#224;-dire &#224; une soci&#233;t&#233; fortement in&#233;galitaire, prise dans des jeux de pouvoir, de pr&#233;s&#233;ance et de mis&#232;re. Le changement des valeurs, le renversement des vices en vertus (c'est-&#224;-dire en la libert&#233; m&#234;me), ne peut s'op&#233;rer que par une &#233;ducation, non pas dogmatique, mais qui ressuscite et pr&#233;serve la libert&#233; de chacun pour et par chacun. D'o&#249; la figure du sage (tel le pr&#233;cepteur d'&#201;mile, dont l'&#233;ducation, &#224; l'abri des perversions sociales, se veut confiante et ouverte), qui ne vise pas &#224; se substituer &#224; la volont&#233; g&#233;n&#233;rale, mais simplement &#224; la susciter&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Or la libert&#233; (comme pour &#201;mile), ne s'&#233;duque que par elle-m&#234;me. Elle ne proc&#232;de que d'elle-m&#234;me, au c&#339;ur des relations humaines m&#234;mes. Elle s'exerce dans le dialogue interindividuel. Elle est la pens&#233;e et la parole de chacun, tourn&#233;es vers la pens&#233;e et la parole de chacun. Elle est dans le jeu de la question et de la r&#233;ponse qui circule sans cesse entre les hommes, et d'o&#249; seulement peuvent se dessiner des orientations et des d&#233;cisions communes. Cela Rousseau le sait. C'est ce &#224; quoi fondamentalement, de par sa sensibilit&#233; vive &#224; toute forme d'injustice, il aspire, de mani&#232;re de plus en plus d&#233;sesp&#233;r&#233;e et solitaire. Mais la question demeure : comment ressusciter ce qui est au fondement de toute soci&#233;t&#233;, &#224; savoir la r&#233;ciprocit&#233; ouverte de parole et de d&#233;cision, en la pr&#233;servant de sa perversion dans l'in&#233;galit&#233;, en laquelle elle appara&#238;t cependant irr&#233;m&#233;diablement prise ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Rousseau pr&#233;vient le jugement d'autrui qui d&#233;j&#224; d&#233;tourne la parole de sa signification. Toute parole est par principe adress&#233;e, mais doit &#234;tre absolument respect&#233;e pour &#234;tre la parole qu'elle est ; sans quoi elle est d&#233;rob&#233;e &#224; elle-m&#234;me, &#224; sa valeur de communication d'une part, &#224; sa v&#233;rit&#233; d'autre part ; ces deux aspects du discours sont indissociables. Le respect a priori de la parole d'autrui, dans le mouvement m&#234;me de l'&#233;change, est seul ce qui lui donne et lui redonne sa valeur et son sens. Ainsi tout discours adress&#233; &#224; quelqu'un qui ne respecte pas sa r&#233;ponse, qui n'est pas tourn&#233; par avance vers elle, est d&#233;j&#224; ali&#233;nant et faux. A fortiori tout jugement sur autrui constitue une violence, parce qu'il l'enferme. Toute appr&#233;ciation est d&#233;j&#224; une cat&#233;gorisation et une r&#233;ification. Personne, &#233;nonce Rousseau, n'a &#224; s'arroger le droit de parler &#224; notre place, sinon d&#233;j&#224; par injustice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l&#224;-dessus que se fonde toute soci&#233;t&#233; humaine, que devrait se fonder toute soci&#233;t&#233; humaine, parce que c'est sa source et sa ressource.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Ce qui importe &#224; Rousseau est le sens m&#234;me de l'existence, c'est-&#224;-dire la sensibilit&#233;. C'est la v&#233;rit&#233; de l'homme de la nature et non pas celle de l'homme de l'homme, de l'homme factice, de l'homme civil (l'homme fabriqu&#233;, l'homme de la culture, de la civilisation)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Discours sur l'origine et les fondements de l'in&#233;galit&#233; parmi les hommes, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. (Il faut distinguer ici l'homme naturel, qui reste pour Rousseau un mythe, de l'homme de la nature c'est-&#224;-dire du sentiment de la nature, du sentiment de soi, qui est la sensibilit&#233; et l'existence m&#234;mes, sous le masque de l'artifice et des conventions.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	L'ali&#233;nation est sociale. Plus se d&#233;veloppe la civilisation, plus la vie ali&#232;ne son sentiment. Avec l'intelligence, l'homme s'affirme et se compare, il devient pr&#233;somptueux et violent. L'amour-propre (la rivalit&#233;, l'artifice, le pouvoir, la domination&#8230;), d&#233;grade la libert&#233;. La soci&#233;t&#233; s'&#233;loigne de ce qui la fonde. Elle se coupe de ce qui fait son essence_ : la libert&#233; individuelle, la r&#233;ciprocit&#233; des relations, l'&#233;galit&#233; entre les citoyens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Utopie ? Oui sans doute. Mais sans elle notre soci&#233;t&#233; serait rest&#233;e monarchique. Elle t&#233;moigne de l'aspiration profonde des Lumi&#232;res &#224; une justice sociale. Elle permet de d&#233;noncer tous les dogmatismes et les totalitarismes. Elle permet de repenser les travers de notre d&#233;mocratie et ses d&#233;rives, ainsi que celles de la concurrence mondialis&#233;e. Elle permet de comprendre aussi notre individualisme moderne non pas comme un d&#233;faut, mais comme une lib&#233;ration et une libert&#233;, &#224; condition qu'il se fonde sur l'inter-individualit&#233; qui en est la source. Cette utopie politique appara&#238;t ainsi &#233;minemment r&#233;aliste, parce qu'elle retrouve l'essence de toute existence humaine possible_ : l'homme qui s'adresse &#224; l'homme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; JMC&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Discours sur l'origine et les fondements de l'in&#233;galit&#233; parmi les hommes, seconde partie, O.C. III, p. 164, 170-173.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#171; Son imagination ne lui peint rien_ ; son c&#339;ur ne lui demande rien. Ses modiques besoins se trouvent si ais&#233;ment sous sa main, et il est si loin du degr&#233; de connaissances n&#233;cessaire pour d&#233;sirer d'en acqu&#233;rir de plus grandes, qu'il ne peut avoir ni pr&#233;voyance, ni curiosit&#233; (&#8230;). Son &#226;me que rien n'agite se livre au seul sentiment de son existence actuelle. &#187; &#171; &#8230; les hommes dans cet &#233;tat n'ayant entre eux aucune sorte de relation morale, ni de devoirs connus, ne pouvaient &#234;tre ni bons ni m&#233;chants, et n'avaient ni vices ni vertus&#8230; &#187; Discours sur l'origine et les fondements de l'in&#233;galit&#233; parmi les hommes, premi&#232;re partie, O.C. III, p. 144, 152.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#171; Celui qui voulut que l'homme fut sociable, toucha l'axe du globe et l'inclina sur l'axe de l'univers. &#187; Essai sur l'origine des langues, ch. IX, O.C. V, p. 401.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Lettres morales, 5, O.C. IV, p. 1109.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Discours sur l'origine et les fondements de l'in&#233;galit&#233; parmi les hommes, seconde partie, O.C. III, p. 164, 170-173.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#171; Son imagination ne lui peint rien ; son c&#339;ur ne lui demande rien. Ses modiques besoins se trouvent si ais&#233;ment sous sa main, et il est si loin du degr&#233; de connaissances n&#233;cessaire pour d&#233;sirer d'en acqu&#233;rir de plus grandes, qu'il ne peut avoir ni pr&#233;voyance, ni curiosit&#233; (&#8230;). Son &#226;me que rien n'agite se livre au seul sentiment de son existence actuelle. &#187; &#171; &#8230; les hommes dans cet &#233;tat n'ayant entre eux aucune sorte de relation morale, ni de devoirs connus, ne pouvaient &#234;tre ni bons ni m&#233;chants, et n'avaient ni vices ni vertus&#8230; &#187; Discours sur l'origine et les fondements de l'in&#233;galit&#233; parmi les hommes, premi&#232;re partie, O.C. III, p. 144, 152.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#171; Celui qui voulut que l'homme fut sociable, toucha l'axe du globe et l'inclina sur l'axe de l'univers. &#187; Essai sur l'origine des langues, ch. IX, O.C. V, p. 401.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Lettres morales, 5, O.C. IV, p. 1109.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Dialogues, O.C. I, p. 668-672.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ce que Rousseau &#233;nonce ainsi : &#171; Trouver une forme d'association qui d&#233;fende et prot&#232;ge de toute la force commune la personne et les biens de chaque associ&#233;, et par laquelle chacun s'unissant &#224; tous n'ob&#233;isse pourtant qu'&#224; lui-m&#234;me et reste aussi libre qu'auparavant &#187;. Du contrat social, L.I, Ch. VI. Ce qui prime absolument, dans cette forme de soci&#233;t&#233;, est la &#171; volont&#233; g&#233;n&#233;rale &#187;, qui se fonde donc sur la libert&#233; de chacun (sur la voix de chacun, qui ne peut donc en aucun cas &#234;tre d&#233;l&#233;gu&#233;e &#224; un autre), et qui pr&#233;serve la libert&#233; de chacun (emp&#234;chant toute prise de pouvoir). Autrement dit : la libert&#233; de chacun n'est telle que par la libert&#233; de chacun, sans quoi on retombe dans des rapports de domination, o&#249; tout le monde, le ma&#238;tre comme l'esclave, est ali&#233;n&#233;. &#171; L'homme est n&#233; libre, et partout il est dans les fers. Tel se croit le ma&#238;tre des autres, qui ne laisse pas d'&#234;tre plus esclave qu'eux &#187;. Id., L.I, Ch. I. L'&#233;galit&#233; repose sur la libert&#233;. A noter que la propri&#233;t&#233; ici n'est pas abolie, sauf qu'elle ne s'obtient pas par la force, mais par contrat soumis &#224; la volont&#233; g&#233;n&#233;rale. En derni&#232;re analyse,elle reste bien commun. La propri&#233;t&#233; n'a pas de valeur en elle-m&#234;me, mais pour la subsistance de chacun. Id., L.I, Ch. IX.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Du contrat social, L.I, Ch. III.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Du contrat social, L.III, Ch. IV.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Discours sur l'origine et les fondements de l'in&#233;galit&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
parmi les hommes, seconde partie, O.C. III, p. 164, 170-173.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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