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Qu’en est il des droits de l’homme ? Puisque...

Publié le 18 décembre 2020

Qu’en est il des droits de l’homme ? Puisque tous les scientifiques (généticiens, biologistes, anthropologues etc ) sont d’accord pour dire que l’espèce humaine est une, qu’il n’existe aucune sous-espèce, que le concept de race ne repose sur rien de sérieux, les droits de l’homme, les droits des êtres humains, devraient être les même pour tous, reconnus et appliqués partout et par tous. Puisque nous appartenons tous,
enfants, femmes ou hommes, africains, asiatiques européens, américains ou australiens à la même humanité, la possibilité de pouvoir tous jouir des mêmes droits devrait aller de soi.

Aujourd’hui, pourtant des minorités sexuelles, raciales, religieuses, ethniques ou culturelles revendiquent pour leur communauté des droits spécifiques.

C’est que nous disent les membres de ces communautés, si il n’existe qu’une seule humanité, il existe une multitude de cultures, et les droits fondés sur la tradition ou l’histoire des communautés qui se revendiquent de ces cultures peuvent être antagoniques avec les droits de l’homme. Par exemple, les droits de l’homme interdisent les mutilations sexuelles faites sans le consentement éclairé de la personne, tout comme ils interdisent l’esclavage, la torture, la peine de mort, l’assassinat des apostats etc Pourtant certaines cultures pratiquent l’excision du clitoris sur des fillettes , considèrent l’esclavage comme allant de soi, ordonnent la mise à mort des apostats, torturent les déviants, mettent à mort les criminels etc etc .

Au nom du respect et de l’égalité des cultures, l’idéologie post-moderne affirme que les coutumes et les droits issus des cultures traditionnelles sont supérieurs aux droits de l’homme et que donc on ne doit pas s’opposer à des pratiques que les humanistes qualifient d’injustes et barbares. Et c’est également par ce qu’ils affirment que les droits revendiqués par ces communautés qu’elles soient sexuelles, ethniques, religieuses ou coutumières sont aussi voire plus respectables que les droits de l’homme, qu’ils refusent toute remise en cause de leurs traditions, de leurs préceptes religieux, de leurs droit coutumier . Les membres de ces communautés culturelles veulent affirmer haut et fort leurs racines, leur histoire et mettre en avant tout ce qui distingue leur culture, voire l’oppose aux autres, et ils ne manqueront jamais de revendiquer les discriminations subies venant d’autres communautés.Ainsi les communautés homosexuelles vont déclarer qu’elles ont toujours été opprimées par les hétérosexuels, les noirs opprimés par les blancs, les musulmans par les chrétiens ou inversement etc

Mais comme les choses ne sont jamais simples, chacun va découvrir qu’il appartient à plusieurs communautés et l’on va voir par exemple des femmes noires homosexuelles chrétiennes se déclarer opprimées par des bourgeoises blanches hétérosexuelles et musulmanes etc etc C’est ce qu’on appelle l’intersectionnalité,
n’importe qui peut se revendiquer de plusieurs cultures, traditions etc. Et comme il n’est pas besoin d’être un grand historien pour découvrir que la minorité à laquelle on appartient a été à un moment ou un autre opprimée, chacun va se déclarer victime et revendiquer des droits spécifiques. Le post-modernisme amène donc
nécessairement à la guerre de tous contre tous. Par exemple, depuis quelques temps des intellectuels post-modernes appellent les blancs à la repentance et à se sentir responsables voire coupables du crime contre l’humanité qu’à constitué la traite des noirs. Du seizième au dix-neuvième siècle, des marchands européens ont effectivement vendus comme esclaves plusieurs millions (les estimations des
historiens varient de 20 à 40 millions) de noirs. Le crime est effectivement atroce, mais peut-on sérieusement accuser les ouvriers, artisans, paysans européens de l’époque ou ,d’aujourd’hui d’en être responsables ? La traite a été organisée et a profité uniquement à certaines couches de la bourgeoisie européenne et aux planteurs américains .

Avant de porter un jugement (si tant est que ça ait un sens) on doit remettre ce trafic dans son contexte : l’esclavage a toujours existé ; même dans les sociétés les plus primitives, on note certaines formes d’esclavage mais c’est surtout dés la formations des premières cités états que le phénomène prend de l’ampleur. Pour construire les temples, les pyramides les villes antiques, il faut beaucoup d’esclaves et l’on voit se développer ce trafic horrible :pour se procurer des esclaves tous les moyens sont bons. Les états antiques développent un commerce ( biens manufacturés contre esclaves) très actif avec les tribus primitives situées à leurs frontières en entretenant ainsi la guerre entre les tribus (des tribus deviennent chasseurs d’esclaves) et lors de la conquête de nouveaux territoires, ils réduisent
en esclavage les peuples soumis .Ainsi, les historiens considèrent que lors de la conquête de la Gaule, plus d’un million de gaulois ont été réduits en esclavage, mais auparavant les tribus gauloises alliées aux romains n’éprouvaient aucun scrupule à leur vendre par milliers des gaulois d’ethnies ennemis. Pour construire les monuments antiques routes, aqueducs, amphithéâtres etc que nous admirons encore aujourd’hui, il a fallu des millions d’esclaves, germains, ibères, gaulois, etc et on peut dire la même chose de tous les peuples conquérants, aztèques, incas, chinois ou autres. Ces pratiques ont durées jusqu’au début du dix-neuvième siècle, tant et si bien que nous devons tous avoir des esclaves parmi nos ascendants lointains. Platon, un des plus grands philosophes de la Grèce antique fut quelques temps réduits en esclavage, nombre d’empereurs antiques vaincus terminèrent leur vie esclaves. L’Afrique ne s’est pas distinguée du reste du monde. Ainsi ce
sont des tribus africaines noires qui allaient razzier à l’intérieur du continent les noirs pour approvisionner les marchands européens qui restaient prudemment sur les cotes. Si la traite des noirs a de par son importance et sa durée freinée fortement le développement du continent africain, on peut probablement faire la même remarque concernant des traites dont on parle moins.

Ainsi, dans un ouvrage très érudit Alexandre Skirda , met en évidence l’importance de la traite des blancs qui du huitième au dix huitième siècle a sévi dans tout le bassin méditerranéen. Pendant plus de mille ans, les états musulmans, alors puissance dominante ont acheté en Europe des centaines de milliers d’esclaves et ce commerce a constitué le flux d’exportation le plus important de l’occident vers l’orient. Pour payer les marchandises venues d’Orient , les marchands européens
recouraient au trafic d’esclaves. Du huitième au douzième siècle, ce sont des trafiquants francs ou scandinaves qui ont vendu aux marchands musulmans des slaves, chrétiens orthodoxes donc considérés comme païens. Puis du treizième au quinzième siècle la conquête mongole a poursuivi la traite soit directement ,soit par
l’intermédiaire de marchands génois.

Enfin, prés de deux millions et demi d’habitants d’Ukraine, de Biélorussie et de Moscovie furent razziés par les Tatars de Crimée de 1482 à 1760 pour le compte de
l’empire Ottoman. Par ailleurs mais dans de moindres proportions la piraterie barbaresque a sur toutes les cotes de la Méditerranée maintenue un climat d’insécurité pour alimenter les marchés d’esclaves jusqu’au dix septième siècle. A l’évidence, jusqu’au dix neuvième siècle, l’usage qui consistait à réduire en esclavage les populations dominées était une règle communément admise, et
pratiquée par tous les peuples. Cette pratique a été fort heureusement abolie (quoique, au dix neuvième siècle la condition misérable de la classe ouvrière européenne rappelait par bien des traits la misère des esclaves) et c’est absurde de vouloir en faire un motif pour opposer les blancs aux noirs.

Les sociétés antiques comme aussi les sociétés modernes sont des société hiérarchisées, très violentes. C’est une évidence et cette violence s’exerce d’abord à l’encontre des plus faibles, des peuples vaincus ou dominés nous l’avons dit mais également de certaines minorités. Ainsi tout au long de l’histoire, dans la plupart des sociétés les femmes ont été victimes de discriminations et de violences liées à leur statut. Défini par un ensemble de normes sociales et religieuses, son statut social a fait de la femme un être dominé, soumis aux hommes, non maître de sa propre vie. Ce déplorable état de fait (certains anthropologues affirment que c’est la plus ancienne forme de domination) n’a été contesté pendant des
siècles que par des individualités. Au dix neuvième siècle des mouvements remettant en cause le statut inférieur de la femme sont apparus : des mouvements féministes défendant uniquement les droits des femmes et revendiquant pour ces dernières un statut identique à celui des hommes et des mouvements globalistes, luttant pour l’émancipation de tous les êtres humains. Pour ces derniers l’émancipation des femmes ne peut se concevoir que dans le cadre d’un changement global de société. Dans une société parfaitement libre et égalitaire, débarrassée de tous les préjugés liés à la division de la société en classes, hommes et femmes sont également libre et égaux, en droit et en pratique. Le combat des femmes et celui des hommes pour se libérer de toutes les oppressions liées à des causes économiques, sociales ou culturelles se rejoignent donc.

Emma Goldman, qui pour avoir consacré toute sa vie à la défense des travailleurs et à la propagation des idées anarchistes était, dans les années 1900 considérée par le gouvernement américain comme la femme la plus dangereuse des États-Unis s’est également beaucoup impliquée dans les luttes pour l’émancipation des femmes. Luttes pour l’égalité hommes-femmes au travail, dans les couples, luttes pour l’avortement, pour une sexualité libre etc etc. Mais pour elle ces luttes étaient partie intégrante de son combat pour la transformation de la société et elle se distinguait donc des mouvements féministes.
Ses conceptions l’amenèrent même à s’opposer vigoureusement aux mouvements féministes quand ces derniers revendiquaient le droit de vote pour les femmes, ou quand elle dénonçait le fait que le machisme et le virilisme des hommes, leur comportement dominateur envers les femmes étaient souvent la conséquence de
l’éducation professée par les mères.

Dans la société actuelle hommes et femmes partagent la même condition et sont également esclaves de traditions entretenues par les religions, les états, les dominants et cela pour assurer la résilience du système capitaliste ; leur émancipation passe donc nécessairement par un travail préalable d’éducation pour passer outre et briser ces carcans. Pour durer le système organise depuis des siècles la lutte des uns contre les autres, nations, races, religions , cultures, genres, sexes, langues... chacun est le concurrent voire l’ennemi de l’autre et cela pour le plus grand bonheur d’une minuscule minorité qui tire les marrons du feu général . Lorsqu’une minorité veut faire de sa lutte pour des droits légitimes son domaine exclusif , réservée aux seuls membres de cette minorité, lorsqu’elle considère comme ses ennemis les membres d’autres minorités, elle s’inscrit dans la logique
d’un système de domination, elle reproduit ses modes de fonctionnement . En réalité, quel que soit notre sexe, notre genre, notre couleur de peau, notre culture, notre origine nous sommes tous confrontés aux même défis, nous avons tous les mêmes ennemis. A nous donc de savoir dépasser les erreurs/horreurs du passé pour faire de nos différences les richesses d’un monde nouveau.

Alexandre Skirda La traite des slaves du VIIIe au XVIIIe siècle l’esclavage des blancs éditions Vétché
Emma Goldman Vivre ma vie Une anarchiste au temps des révolutions L’échappée

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