Edvige, Ardoise et les autres

Dimanche 5 octobre 2008, par cnt // Justice/Injustice

En cette fin d’année 2008 certains semblent découvrir l’existence des
fichiers de police... Incroyable non, au pays de la liberté et des droits
de l’homme réunis ? Des fichiers de police ? Ça existe encore ? Noooonnnnn
 ? ... et voilà nos bon petits républicains, qui partent en croisade contre
EDVIGE.

De fait, ces fichiers méritent pleinement qu’on s’y intéresse et qu’on
fasse tout pour les éliminer. La volonté de contrôle de la vie privée et
de la vie publique qu’ils recèlent est réellement immonde. Le sentiment
d’écoeurement, la nausée qui saisit toute personne censée qui prend
connaissance de tout ce qui va y être fiché est salutaire.

Edvige, ... le joli prénom ! Mais comment donc s’appelait-il donc ce fameux
fichier ; vous savez bien, l’autre, celui qui répertoriait tous les Juifs
de France ? Elaboré sous Pétain avec l’aide de la Gestapo, ce fichier n’a
pas été détruit après la guerre. Des fonctionnaires de police français,
certainement soucieux de bonne gestion l’ont soigneusement conservé dans
leur préfecture, "au cas où" probablement. Comme quoi, l’habitude des
fichiers ignobles ne date pas d’hier... Il fut
"malencontreusement" mis à jour par un fonctionnaire naïf dans les années
80, qui s’en indigna et le fit savoir... On nous dit qu’il a été détruit... à
moins qu’on ne découvre qu’il est en voie de fusion avec Edvige ? Car
Edvige aime savoir si vous êtes juif ou d’une autre religion, si vous avez
la moindre activité économique, sociale, politique, syndicale. Tout
l’intéresse. Même les "institutionnels", les "élus" sont visés. C’est dire
le niveau de confiance que les politiques s’accordent
entre eux ! Et il n’y a pas d’âge, ou presque pas, pour pénétrer dans
Edvige : dès 13 ans, chacun peut y être fiché.

Et ce n’est pas le seul fichier, un autre, ARDOISE répertorie toutes les
infractions. Les auteurs supposés seront dedans. Et même les victimes,
s’il y a un lien avec leur religion ou leur homosexualité. Comme par
hasard. Edvige, Cristina... au moins on voit où ils veulent en venir. Les
dénoncer est nécessaire. Mais insuffisant.

S’il ne s’agit que de rétablir "l’ordre républicain" précédent, si on
oublie le reste, tout le reste, la police ne sera pas très perturbée dans
ses mauvaises habitudes et le processus se poursuivra. Car, au nom de
cette fameuse démocratie, avec l’appui des médias et de tous les partis
politiques qui, depuis 15 ans ont martelé sur "l’insécurité", faisant
monter la trouille, s’est installé, sans complexe, et continue de
s’installer le contrôle total du monde : micros et caméras de surveillance
dans les rues, les gares, les autoroutes, les parkings,... technologies
pistables (téléphones et ordinateurs portables, cartes bancaires, GPS,
etc.), sans parler de la biométrie à l’école ou ailleurs. Et côté
"échanges d’informations", légalement ou pas, les fichiers informatiques
des uns sont connectés à ceux des autres, la police d’ici collabore avec
celle de partout, la nôtre entraîne la police russe, comme l’armée
française "formait" en son temps les militaires de Pinochet. Elle est
sur-équipée, fiche tout le monde tandis que, "nos soldats" s’entraînent
contre l’ennemi intérieur, c’est-à-dire contre les populations. Seraient
ce de simples coïncidences ?

Bref, Edvige n’est pas la seule atteinte à la liberté. Elle ne doit pas
être l’arbre qui cache la forêt bien touffue des systèmes de surveillance
et d’oppression mais le signal du début de la nécessaire
"déforestation".