CNT-AIT, qui sommes nous ?

Lundi 24 janvier 2011, par cnt // Réflexion sur l’Anarchosyndicalisme

La Confédération Nationale du Travail (créée à Paris en 1946) est la
section française de l’Association Internationale des Travailleurs
fondée en 1922-23
, en opposition aux Internationales dites d’Amsterdam
(réformiste) et de Moscou (bolchevique). La CNT-AIT est une organisation
se référant à l’anarchosyndicalisme qui trouve son origine dans le mouvement
ouvrier révolutionnaire et son affirmation de la lutte des classes (l’antagonisme
irréconciliable entre le Travail et le Capital).
Dans sa théorie et sa pratique, l’anarchosyndicalisme se veut globaliste ; il pose
comme principe directeur l’interaction et l’interpénétration entre eux des phénomènes
économiques, politiques et sociaux. Ces phénomènes sont liés et ne
résultent que de la seule praxis des Hommes qui font l’Histoire.

L’anarchosyndicalisme est antiétatique car la fonction de l’État est de
maintenir la domination d’une classe sociale sur une autre classe, actuellement
celle des nantis (bourgeois, capitalistes, rentiers, patrons, bureaucrates
et technocrates...) sur la classe des exploités ; a contrario les zélateurs de l’État
pensent qu’il est la garantie suprême de l’intérêt général, il serait même indépassable.
L’État est par nature coercitif et dispose d’appareils répressifs (justice,
police, armée) et idéologiques (partis politiques, syndicats-réformistes,
médias, école, organismes culturels et sportifs...), tous ces appareils nous encadrent
du berceau à la tombe : « la vie est un enjeux politique » (biopolitique).
L’État est devenu hypertrophié et il n’a guère besoin pour le moment de
recourir à une violence physique massive, vu la soumission à son ordre.

L’anarchosyndicalisme est antiparlementariste (Sénat, Assemblée
Nationale, collectivités territoriales, comités d’entreprises et autres organismes)

et prétend que le fondement d’une véritable démocratie ne saurait
être ni la délégation de pouvoir, ni l’artifice du vote majoritaire. D’autre part,
le parlementarisme et sa machinerie institutionnelle sont également le lieu de
la collaboration de classe : être soi-disant un partenaire du dialogue social
auprès des nantis. Cette machinerie institutionnelle possède la capacité de se
détacher et de s’autonomiser du reste de la société, en se pérennisant par un
recrutement dans les hautes écoles, contribuant par là même au népotisme -
cette machinerie institutionnelle glorifie la domination avec l’alibi de sa légitimité.

L’anarchosyndicalisme est anticapitaliste. Dans le mode de production
capitaliste, nous sommes réduit à l’état de marchandise et subissons
l’exploitation : nous sommes obligés de vendre notre force de travail pour
assurer la satisfaction de nos besoins fondamentaux. En effet, les capitalistes,
détenant les moyens de production, tirent de notre travail (non rémunéré ou
« surtravail ») la plus-valu, dont la finalité est de valoriser le capital et d’accroître
le profit, le capital s’accumulant toujours au détriment de la classe des
exploités : la contrepartie est chômage, précarité, maladies, misère, famine,
guerre, désastres économiques... Certes, les capitalistes octroient des miettes
pour que nous nous abrutissions dans le divertissement (le spectacle, si l’on
préfère) et l’opium de la consommation à crédit (soupape ayant permis de
maintenir le système jusqu’à ce jour). L’anarchosyndicalisme vise l’abolition
de l’État, du parlementarisme et du capitalisme pour leur substituer une société
des égaux où le triomphe du « communisme libre » (rien à voir avec le fascisme
rouge de l’URSS et son capitalisme d’État). Au nom de la justice sociale,
le communisme libre repose sur cette théorie de la répartition égalitaire de
toutes les richesses produites pour les besoins de la communauté, dans le
cadre d’une démocratie directe.

L’anarchosyndicalisme défend
la mise en place des « 
conseils »
, dont l’idée émane de la
Première Internationale notamment
de son aile bakouniniste (et fut mise
en pratique pendant le soulèvement
parisien de 1871) : ils seraient les
organes d’une fédération des communes
libres et autonomes à une
échelle mondiale. Par conséquent, l’anarchosyndicalisme
rejette toutes les
frontières politiques et nationales
arbitrairement fixées des États-nations
 : il affirme l’universalisme
libertaire. L’anarchosyndicalisme se
défie des luttes de libération nationale
et régionale, n’y voyant que le
champ clos des rivalités entre les nantis
qui s’affrontent pour assurer l’expansion
de leurs privilèges respectifs.
Les nationalismes ne font qu’illustrer
les contradictions dans lesquelles sont
confrontés les nantis. En même
temps, nationalisme et régionalisme
servent d’arme pour annihiler la
conscience des intérêts de classe des
exploités et des opprimés. Pour ce
faire, l’anarchosyndicalisme promeut
au quotidien l’action directe : c’est-à dire
agir par et pour soi-même, « sans
Dieu, ni Maître ». L’action directe est
donc l’acquisition d’une éducation
pour acquérir son autonomie.
L’action directe forge une trempe
d’hommes et de femmes sachant
défendre leurs intérêts de classe. Ces
hommes et ces femmes structurent « 
la résistance populaire autonome »,
comme phase dynamique d’une grève
générale pouvant établir le communisme
libre.

Paul-Anton, Caen

« nous allons recevoir le
monde en héritage. la
bourgeoisie peut bien
faire sauter et démolir
son monde à elle avant
de quitter la scène de
l’histoire. nous por tons
un monde nouveau dans
nos coeurs. »
Buenaventura Durruti