La lutte ou le mojito ?

Dimanche 25 novembre 2018, par cnt // Divers

Le syndicat ouvrier fut un outil de lutte construit par la base à la suite de grandes grèves et de luttes acharnées. Face à l’arrogance d’une bourgeoisie prête à réprimer ceux qui ne courberaient pas l’échine, la nécessité pour les travailleurs de s’organiser, de se fédérer, autour de ces syndicats devint une force et un outil de lutte pour eux. La suite est une autre histoire...

Les grandes luttes du XXe siècle en sont un exemple, pour celle d’aujourd’hui, nous verrons certainement dans les 10, 20 ou 30 années à venir et peut-être bien avant les effets dévastateurs de la négociation et du gagnage de miette...les 30 foireuses.

Au fil du temps le syndicat s’est peu à peu transformé, avec l’évolution de la société, en syndicat réformiste ne remettant plus en cause ce système capitaliste créant toujours des inégalités et des injustices. Serrer des paluches pendant les réunions avec les patrons, signer des accords à tout-va (plus de 36000 en 2015), manger des petits fours au parlement pour négocier avec le gouvernement, voilà leur objectif principal, être reçu sur les plateaux de télé est un réel plaisir pour eux, tout comme leur grand discours pompeux en grand orateur.
Ils sont devenus ce qu’ils ont combattus, des petits-bourgeois...

Certains permanents comme Thierry Lepaon (ancien directeur CGT) ont ainsi gagné quelques privilèges d’être dirigeants syndicalistes, comme un appartement rénové et une prime d’indemnité de cégétiste de plus de 100.000 € avant l’obtention du poste de secrétaire général, suite à sa démission de son ancien poste. Il faut savoir qu’il eut droit à des travaux importants pour lui faire un joli bureau. Il eut par la suite un bon poste par le gouvernement Valls & Co, président de l’agence nationale de lutte contre l’illettrisme. Ça c’est du syndicalisme.

Ou encore ces caisses noires des comités d’entreprise gérés par les syndicats, des millions d’euros gagnés à EDF, Air France, et bien d’autres.
Ou encore, nous pourrons rappeler que lors des débrayages spontanés à Airbus, ce ne sont pas les patrons qui sont descendus de leur bureaux, mais bien les syndicats pour faire reprendre le boulot aux salariés, en faisant semblant de ne pas comprendre leurs revendications, mais « on va en discuter et on va faire autrement »...

Le syndicat est devenu une structure bureaucratique, financée par les cartes des adhérents travailleurs (4 milliards d’euros), où les luttes sociales ont été peu à peu abandonnées. Le syndicat est devenu un outil déserté par la masse laborieuse, envié par des carriéristes, avec la gestion des caisses des comités d’entreprise remplies à ras bord.

Si la base des syndicats est très proche de leurs collègues de boulot (mais il faut faire attention, car beaucoup de syndicalistes suivent désespérément la ligne imposée par le sommet), nous ne pouvons en dire autant de la direction et de ceux qui tiennent les gros portefeuilles, eux ne font ni d’heures supplémentaires, ni d’heures de nuit et ne travaillent pas le week-end.

Avec ces syndicats, plus besoin de tracts massifs et d’affichage important dans les grandes boîtes pour les appels à manifestation, plus besoin d’assemblées générales et de réfléchir ensemble pour s’organiser, ils s’occupent de tout : suivez et votez, voilà leur devise. Mais lors des arrêts ou des fermetures ce sont eux qui feront les gros titres. Souvenez-vous des larmes aux yeux d’Edourd Martin sur le site d’ArcelorMittal à Florange, aujourd’hui député européen pour le PS.

Et enfin, si t’as un problème avec ton chef, tu peux aller les voir (mais n’oublie pas de payer ton adhésion !) et souvent la réponse sera : « Nous ne pouvons rien pour toi, c’est la convention collective » ou alors de voir peut-être les Prud’hommes si le patron est « hors la loi ».

Voilà en résumé ce que représentent les syndicats aujourd’hui et en aucun cas ils n’ont la légitimité de représenter la majorité des travailleurs que l’on n’attend jamais.

Comme disait un comique, le capitalisme, c’est l’exploitation de l’homme par l’homme et le syndicalisme le contraire. C’était drôle avant...

Le syndicat, c’est le « partenaire social », l’ idéal pour les patrons et les gouvernements qui se succèdent, les uns après les autres, le 1er mai, c’est la fête du travail et la fête syndicale, en avant les tamm-tamm, les ballons, et les « manifs » jour de fête. Après les ferias de Bayonne, place aux ferias syndicales.
Dernier petit coup en date, le mojito à un euro, allez, sortez les cotillons, si on ne peut pas gagner des luttes, au moins on peut se saouler...le mojito à « 1 euro », ça évite de s’ennuyer …« Hasta la victoria siempre », avec des glaçons, merci...


Promo à la CGT , une carte achetée , un mojito offert....

Alors pendant que ces partenaires du patronat se noient de plus en plus et oublient l’essence même du « syndicat », à la CNT-AIT de Toulouse nous refusons : les permanents, la verticalité, les privilèges, les injustices sociales. Nous sommes pour : l’action directe, l’abstention massive, la prise en main des outils de lutte par les travailleurs eux-mêmes, la fin du capital, l’abolition de l’État, la solidarité. Pour un réseau anarchosyndicaliste qui, espérons, sera utile à la prochaine révolution sociale, qui semble de plus en plus nécessaire, voire inévitable pour un réel changement.

Avec 1 euro on peut avoir un bon journal, voire même avec moins...