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Un Autre Futur septembre 2012

Publié le 17 septembre 2012

Anarchosyndicalisme ?

Anarchosyndicalisme ? Pour beaucoup ça fait peur, ou ça paraît impossible, contradictoire. Mais finalement c’est simple ! L’anarchosyndicalisme, c’est la solidarité. La solidarité, elle n’est pas compatible avec le système dans lequel on vit. Elle n’y est pas spontanée, et il faut toujours la monnayer. Tout simplement parce que la solidarité, c’est le contraire de l’égoïsme, de la compétition, du mépris, du rejet de la différence. En un mot c’est l’exact opposé du système actuel.
Si je suis solidaire, c’est parce que je sais que mes compagnes et mes compagnons le sont aussi. C’est parce que pour moi c’est un sentiment naturel humain, que l’on a toujours cherché à étouffer. La solidarité, elle se vit au quotidien, au boulot, avec les copains, dans la rue, à la maison. La solidarité entre toutes celles et ceux qui souffrent est la solution à nos problèmes. C’est ce que propose l’anarchosyndicalisme. On ne monnaie pas la solidarité, on ne dispose pas de professionnels de la lutte payés pour être « solidaires ». Parce que solidaire, je suis anarchosyndicaliste !

un peu de Mathématiques

Les 38 Euros d’amende à Nogent/Oise, pour avoir fouillé dans les poubelles, pour y récupérer des objets ou… de la nourriture ont été levés.

Sachant que deux entrées d’un menu, dans un restaurant de luxe de la côte d’Azur valent 1 440 Euros, soit le salaire d’un individus lambda. Combien de salaires il faut pour arriver à 107 524 Euros qui est le coût total du ticket reproduit ici (repas pour 16 personnes) ???

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ASSASSINATS DE MASSE DE MINEURS

C’est un véritable massacre de masse ! La police sud-africaine a tiré contre des mineurs en grève : 34 morts, des centaines de blessés graves. La police n’a pas hésité à tirer « dans le tas » sur des grévistes qui ne revendiquaient que leur droit : une augmentation de salaire. Il faut savoir que ces mineurs gagnent en moyenne autour de 400 euros par mois, une somme ridicule en Afrique du Sud comme ici. Il faut savoir également que leur travail dégage des bénéfices énormes qui sont répartis entre les dirigeants de la multinationale qui les exploite et les actionnaires. Pour tout « travail », ces derniers n’ont qu’à attendre que leur chèque tombe dans leur compte, pendant que les mineurs, eux, se crèvent au travail ! Comme partout et comme tout le temps, la police a sorti son « prétexte qui tue » : la légitime défense ! Légitime défense aussi crédible que la morsure de Kasparov à un policier russe !

Devant la vague de protestation que ce crime massif a produit dans le pays, le gouvernement a décrété quelques jours de deuil national. Belle hypocrisie : d’abord il fait tirer sa police sur les grévistes, après il pleure... des larmes de crocodile.

Tout ceci nous ramène à l’histoire de l’Afrique du Sud. D’abord condominium de sa « gracieuse » majesté britannique, la population avait cru à l’époque qu’il suffisait de se libérer des anglais. Ce fut pour tomber dans l’apartheid, un régime raciste totalement ignoble. La lutte contre l’apartheid devint alors l’objectif, en particulier pour les travailleurs noirs. Depuis 1994 l’apartheid a fait place à la « démocratie »... et les travailleurs continuent à se faire tirer dessus.

Pourquoi ? Parce que les politiciens ont fait semblant d’ignorer (et ils ont intoxiqué tout le monde avec ça), que la cause du colonialisme, la cause de l’apartheid s’est tout simplement le capitalisme (et l’État, qui défend en permanence les intérêts des plus riches)… tout comme il est la cause des meurtres de masse que nous dénonçons aujourd’hui ici.

Rues et lieux de Toulouse

Lucilio Vanini est né en Italie en 1585. Il a été assassiné – il n’y a pas d’autre mot – à Toulouse en 1619. D’abord prêtre, ce philosophe pénétrant était progressivement devenu, de part sa réflexion, totalement athée. Pourchassé dans toute l’Europe, il crut trouver refuge à Toulouse sous un pseudonyme (Pompeio Usiglio). Dénoncé par un jeune seigneur, Vanini fut arrêté et condamné à mort. Conduit au bûcher, on lui arracha la langue avec une pince avant de le brûler vif. Son courage face à la torture et à la mort fut immense et impressionna ses adversaires. Jusqu’au bout, il repoussa les crucifix et déclara que dieu n’existe pas.

Lucilio Vanini, honoré depuis peu par cette plaque à son nom, est l’une des innombrables victimes du sectarisme religieux. Il est aussi un de ceux qui, par son combat, a permis que nous puissions avoir aujourd’hui un minimum de liberté de conscience. Que sa plaque rappelle à chacun les dangers du fanatisme !

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Sanofi

Sanofi, groupe pharmaceutique ultra-prospère, a réalisé 8,8 milliards d’euros de bénéfice en 2011. Pourtant, malgré ces résultats, la direction du groupe envisage d’arrêter sa recherche en France, en particulier à Toulouse. 800 postes de travail seront supprimés sur le site toulousain et 200 à Montpellier. Pourtant, Sanofi a reçu 130 millions d’euros de financements publics et envisage sans complexe de récupérer les résultats de la recherche publique. Et, en une année, les dividendes versés aux actionnaires représentent l’équivalent du fonctionnement du site de Toulouse pendant… 40 ans.

L’individu libre

Une société faite d’individus similaires ou pensant la même chose serait immobile et stérile.

Les progrès ne pourraient plus se réaliser. Notons ici que si les individus sont différents, rien ne justifie une différence économique, des inégalités de salaires. Nous possédons tous des savoirs différents et complémentaires. Les individus sont uniques, tous différents les uns des autres, du fait de leur patrimoine génétique d’une part et du fait des expériences qu’ils réalisent au cours de leur vie d’autre part.

Ainsi même des vrais jumeaux se construiront individuellement, en fonction des rencontres qu’ils effectueront, des choix qu’ils feront, ils se trouveront être au final différents de leur frère ou leur sœur. C’est de nos différences que nous nous enrichissons. C’est par la confrontation et l’échange que nous pouvons progresser, nous développer nous-mêmes et faire progresser l’ensemble de la société. L’anarchiste se refuse à toute sorte de conformisme, de soumission à une autorité sociale quelle qu’elle soit. Il ne se connaît aucune patrie, aucune religion et ne cherche pas à se fondre dans un groupe donné en adoptant telle ou telle mode vestimentaire ou en écoutant tel ou tel style de musique. Il se détermine en fonction de ses choix propres, de sa réflexion. Il choisit librement ce qui lui semble bon et sa façon de le faire.

Le droit à la liberté, le respect des différences, contre l’uniformisation des pensées, voilà notre richesse, voilà notre force.

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