Accueil > Journaux > Un autre Futur > Un Autre Futur mai 2013

Un Autre Futur mai 2013

Publié le 8 mai 2013

LES LIAISONS DANGEREUSES : UN AMI DE MARINE ET DE CAHUZAC

Non seulement M. Cahuzac a (au moins) un compte caché, mais il a aussi (au moins) un bon copain… au Front National. Et un copain bien utile pour les affaires ! En effet, l’individu qui a aidé Cahuzac à ouvrir tranquillement et discrètement un compte en Suisse, est un certain Philippe Péninque. Qui est ce Philippe Péninque ? C’est un haut responsable du Front National. C’est un conseiller officieux de Marine Le Pen. Il avait déjà conseillé son père lors de sa campagne présidentielle de 2007. Il était alors responsable des finances du Front National. Car cet ancien responsable du GUD [1] s’intéresse beaucoup à la finance. Il est au centre d’un réseau d’entreprises tenues par des militants d’extrême-droite qui se font travailler les uns les autres. Après ça, le Front National pourra toujours chanter qu’il à horreur des magouilles. Surtout que ce n’est pas sa première grosse contradiction. Il y a à peine quelques mois, la mère Marine s’était lancée dans une violente attaque contre la consommation de viande halal. Et qu’est-ce qu’on a appris ? Que le principal fournisseur des boucheries halal de toute la région Nord/Pas-de-Calais (une des plus importantes consommatrices de France) n’était autre qu’un dénommé Paul Lamoitier, conseiller régional du Front National dans le Nord/Pas-de-Calais !

Les chiffres du mois

9,43 Euros, est le taux horaire du SMIC brut, soit 7,39 euros en net. Ça fait 1 121,93 Euros par mois. C’est avec cette somme ridicule que 2 580 000 millions de travailleurs (soit environ 11% des salariés), un peu partout en France, doivent vivre. Ou plutôt survivre.

Plus de 10 autres millions de travailleurs ne sont pas beaucoup mieux lotis, puisque, eux aussi, ils sont en dessous du salaire médian (1 675 euros net par mois). Pas de quoi faire des folies ! Pas de quoi ouvrir un compte bancaire en Suisse, se payer des vacances au Cap Nègre, acheter une résidence secondaire en Corse ou un petit pied-à-terre de 500 m2 au cœur de Paris… tout ça s’est pour les privilégiés : les patrons. Eux, quand ils touchent le Smic, c’est le Smic annuel et pas qu’une fois : les 14 plus gros patrons français se sont mis dans la poche l’an dernier en moyenne 240 fois le Smic chacun soit 4,6 millions d’euros ! Qu’est-ce qui peut justifier une telle différence entre nos salaires misérables et ses sommes fabuleuses ? Rien.

++++
 

Un gouvernement normal

Pendant la campagne présidentielle, M. Hollande a clamé haut et fort qu’il serait un président « normal ». C’est le cas. En effet, depuis quelques années, en fait aussi loin que je me rappelle, il y a toujours eu des affaires qui ont secoué les gouvernements de droite et de gauche. De l’affaire du « suicide » de Boulin (ministre du travail), au scandale du sang contaminé (sous la gauche), à l’affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris avec, dans le premier rôle, Jacques Chirac (ex-président de la république), à celle du logement d’Hervé Gaymard (ex-ministre de l’économie), en passant par les démêlés judiciaires (et la condamnation) de Charles Pasqua (ex « premier flic de France »), sans oublier l’affaire Juppé (ex-premier ministre) ou celle du fils du président Mitterrand et de ses réseaux de la Françafrique (simples exemples pris parmi beaucoup d’autres [2]) oui, les « affaires », c’est normal. Et M. Hollande est un président « normal », tous ce qu’il y a de plus normal, et il ne se trompe pas en nommant quelqu’un de pas très net à un ministère de première importance. Seuls les naïfs seront étonnés.

Car, « nos » politiciens sont, décidément, pleins de ressources quand il s’agit d’augmenter leurs privilèges et leurs revenus. Certes, cette fois-ci, après nous avoir fait la leçon de morale sur la fraude fiscale (comme si nous étions concernés !), Cahuzac, qui glorifie l’argent, a finalement trouvé un rôle à sa juste mesure, celui de l’arroseur arrosé. Après avoir nié et nié, il a fini par reconnaître avoir ouvert un compte en Suisse depuis 1992, (600 000 euros avoués) pour blanchir sa fraude fiscale. D’autres informations, notamment sur les mines du Pérou, éclairent un peu plus le personnage. Il faut rappeler que, pour un ministre se disant socialiste, c’est une « prouesse » que de s’enrichir sur le dos des mineurs péruviens dont il connaît parfaitement les conditions inhumaines de travail.

C’est, donc, non seulement un habitué de l’évasion fiscale et de la spoliation de la plèbe (cette même plèbe à laquelle il demandait de faire des efforts pour lutter contre la crise), mais aussi un complice de l’exploitation des travailleurs. La presse, toujours bien inspirée, laisse entendre qu’il serait seul coupable, nous présentant des politiciens étonnés, ne sachant rien des bonnes affaires de M. Cahuzac. Il y aurait eu, paraît-il, simple faute morale !... Les politiciens font blocs pour atténuer l’affaire : l’un « ne frappe pas un homme à terre », l’autre « ne fait pas de commentaire », un troisième ne veut pas « trahir le secret bancaire », etc. Mais M. Cahuzac n’est pas un cas isolé comme l’échantillon de liste du début le prouve. Les politiciens se présentent toujours comme des hommes de conviction et se révèlent, au final, n’être tous que des accapareurs avides. C’est le sentiment d’impunité, que seul le pouvoir procure, qui leur permet de manigancer avec des
financiers et d’autres bandits plus classiques. Certains, sans rire, posent la question de savoir ce que faisait J. Cahuzac chez les « socialistes ». La réponse est simple ; le pouvoir ne connaît ni gauche, ni droite, et il corrompt bien avant d’arriver tout en haut de l’édifice.

++++

LE ROI DU POP-CORN

Vous ne le saviez peut-être pas, mais le leader européen du pop-corn est une entreprise de Midi-Pyrénées, plus exactement gersoise. Nataïs, c’est comme ça qu’elle s’appelle. Occupant une niche économique pratiquement sans concurrence, cette entreprise engrange tranquillement un chiffre d’affaire qui devrait atteindre 30 millions d’euros cette année et laisser de gros bénéfices. Tout comme Véolia ou Alstom, elle affiche une politique humaniste… Voici quelques mois, n’arrivant pas à faire appliquer leur convention collective, les salariés se sont mis spontanément en grève. Et, comme ils avaient pris soin de tenir à distance dans les négociations le seul syndicat (à l’époque) de l’entreprise (la CGT), ils ont très rapidement emporté ce qu’ils voulaient (et que la convention collective prévoyait), le 13ème mois. Depuis, plusieurs grévistes non-encartés à la CGT ont été licenciés, les uns après les autres, sous des prétextes divers. Mais le combat se poursuit. Un site d’information a été ouvert par les salariés. Cela a fortement déplu à la direction qui en a traîné trois devant le tribunal correction d’Auch en les accusant de diffamation alors qu’ils ne disaient que la vérité.

Pour une fois – et c’est suffisamment rare pour être souligné -, c’est Nataïs, son PDG en personne et son DRH qui ont été condamnés pénalement pour abus de procédure. Ce n’est qu’un premier round. Il y a tout un combat autour de l’utilisation du diacétyle (un produit très dangereux pour les ouvriers), autour des conditions de travail et autour des licenciements que nous jugeons parfaitement abusifs. Les travailleurs de Nataïs ne se laissent pas faire. Ils ont raison. Ils ont besoin de votre solidarité. Ils vous fourniront toutes les informations et explications utiles lors des deux premières réunions de solidarité que la CNT-AIT organise à Montauban et à Toulouse (voir l’Agenda)

++++

ALSTOM LICENCIE – APPEL A LA SOLIDARITÉ SANS FRONTIÈRES

Société française, Alstom est un des leaders mondiaux de la production d’infrastructures de transmission électrique et de transport ferroviaire. Alstom est présent dans environ 100 pays. « Alstom Eolienne », en Espagne, se compose du « Centre technologique recherche et développement » à Barcelone, de l’usine de turbines à Buñuel (Navarre), des tours de construction d’installations de chaudière à Coreses (Zamora) et de deux usines de composants électriques à As Somozas (A Corunha).
Dans le monde, la société dispose de nombreux contrats (Brésil, Canada, Turquie, Finlande, Argentine, etc.) ce qui rapporte des milliards de bénéfices, même en ces temps de crise économique. Alors que se construisent de nouvelles centrales éoliennes, d’autres se ferment. La solidarité entre les travailleurs est la meilleure arme dont nous disposons contre ces abus et ses prédations, contres ce mépris des travailleurs, contre cette recherche effrénée de profit.

Alstom prétend être une multinationale impliquée dans les questions sociales, économiques et environnementales dans les collectivités locales où elle exerce ses activités. Mais elle va licencier 373 salariés à Coreses et laisser au bord de l’abîme l’une des provinces les plus pauvres d’Europe et la plus désindustrialisé d’Espagne, Zamora. Les entreprises transnationales comme Alstom sévissent comme il leur plaît avec la bénédiction des États et des marchés. Nous devons donc agir et intervenir partout dans le monde où elle fait des affaires, et montrer que les travailleurs d’Alstom et la société en général n’acceptent pas cette nouvelle humiliation. Il est temps de s’organiser et de construire la société pour les personnes et non pour les marchés. Nous vous demandons votre soutien et solidarité.

CNT-AIT- Zamora

Aujourd’hui Alstom Zamora (Espagne), demain à qui le tour ?

++++

VEOLIA : LE LICENCIEMENT DE LA HONTE

Il y a des licenciements particulièrement honteux. Pour ceux qui les décident. C’est le cas de celui que vient de subir Marc, 41 ans, salarié de Véolia depuis plus de 20 ans. Son crime ? Avoir refusé de couper l’eau à des familles qui n’arrivaient plus à payer leur facture. Comme l’air, l’eau est indispensable à la vie. Tout le monde doit avoir le droit d’en boire, de se laver, de faire la vaisselle ou son linge. Couper l’eau à quelqu’un, c’est l’exclure violemment de la société. Comme l’explique Marc : « Je suis arrivé chez des gens qui n’avaient rien chez eux, avec des enfants. Ils me demandaient de leur laisser le temps de se retourner ». Marc a eu le courage de résister à son employeur et de ne pas leur couper l’eau. D’où son licenciement.

Le marché de l’eau est devenu un des marchés les plus juteux. Des fortunes sont accumulées par quelques profiteurs qui nous facturent l’eau hors de prix. Ce scandale doit cesser : partout l’eau doit redevenir un bien public.
Ajoutons qu’à défaut de donner de l’eau, Véolia ne manque pas d’air. L’entreprise multimillionnaire affiche sans complexe sur son site (veolia.fr) une rubrique « Citoyenneté ». Elle y affirme, textuellement, que ces « domaines d’intervention sont l’urgence humanitaire ». Belle conception de l’humanitaire que celle qui consiste à couper l’eau aux plus démunis !
Soutenons Marc et tous ceux qui refusent de se plier aux diktats du patronat.

++++

AMNISTIE SOCIALE : C’EST UN MINIMUM

Quand des emplois sont détruits par centaines de milliers et que vous êtes licenciés, quand les loyers n’arrêtent pas d’augmenter et que vous êtes expulsé, quand vous êtes agressé en permanence par les profiteurs du système, vous êtes bien obligé de réagir, de vous défendre. Et là, vous êtes vite condamné ! Des centaines de personnes qui n’ont fait que se défendre contre ces agressions (licenciés, grévistes, faucheurs volontaires, squatters…) ou défendre leurs droits humains fondamentaux (refus du prélèvement ADN) ont subi les foudres de la justice : lourdes amendes et peines de prison se sont multipliées ces dernières années.

A l’inverse, tout le monde peut constater que les patrons mentent, volent et pillent et qu’il ne leur arrive rien du tout ou pas grand-chose. Ne parlons même pas des détenteurs d’un compte en Suisse : eux, contrairement aux ouvriers, ne sont pas prêts de dormir un soir en prison… Pourtant, c’est de fortunes qu’il s’agit !

Aujourd’hui, nous apprenons que le gouvernement, s’inscrivant dans la logique du non-regretté Sarkozy, veut refuser la timide loi d’amnistie sociale que le Sénat (qui n’est quand même pas une assemblée de révolutionnaires, ça se saurait) a proposé. Ce refus est un véritable scandale. Une amnistie sociale, maintenant, c’est un minimum !

++++

LA DROITE LA PLUS FOLLE DU MONDE

Depuis longtemps, la droite française est reconnue comme la plus bête du monde. Il est vrai qu’elle en tient une couche. Elle est en train de gagner un second titre mondial : celui de la droite la plus folle. Certes, à droite et à l’extrême droite, les cinglés (généralement dangereux) n’ont jamais manqué. Mais c’est bien la première fois que, dans un pays, toute la droite s’enflamme contre… rien. Car, loin d’être une révolution, le mariage homosexuel n’est qu’un simple ajustement législatif. Une mesure destinée à accompagner une évolution sociétale. C’est pourquoi treize pays l’ont déjà adopté sans que cela soulève quelque problème que ce soit. En France, la folie de la droite est telle qu’elle en fait une question de vie ou de mort.

C’est pourquoi de grands garçons de bonne famille effeuillent publiquement leur haut (manifestement, ils y prennent du plaisir). Leurs mamans, des Madame Le Quenoy échappées de « La vie est un long fleuve tranquille », promettent du « sang ». De vieux fachos envoient des balles ou de la poudre à leurs ennemis. Et leurs émules passent aux actes en agressant des personnes simplement parce qu’elles sont homosexuelles. De dérapage verbal en violence physique, la droite s’enflamme toute seule et le délire est tel qu’elle se prend pour le peuple !

Certains s’identifient même aux militants du printemps arabe. D’autres évoquent la Révolution et ressortent le bonnet phrygien. Un hebdomadaire de droite en vient même à se demander si nous ne vivrions pas un nouveau… 1789. Marie-Antoinette doit se retourner dans sa tombe ! Mais pourquoi vont-il chercher des références aussi loin, alors que le pseudonyme de la leader du mouvement (pseudonyme qu’elle a choisi en toute liberté) donne tout leur programme, et en un seul mot : barjot.

++++

RUES ET LIEUX DE TOULOUSE

La rue Cahuzac

Non, ce n’est pas notre ex-ministre du budget qui a légué son nom à cette rue de Toulouse située du côté de Croix de Pierre. Du moins, pas encore. Ce ne serait d’ailleurs pas si étonnant que ça, car des rues qui portent le nom d’un flibustier de la finance, d’un escroc voire d’une assassin, il y en a, et pas qu’un peu. Il suffit pour cela qu’il s’agisse d’un roi, d’un président, d’un ministre, d’un banquier, d’un général ou d’un autre « people ». A tous ces personnages, tout est si vite pardonné…

Il n’est donc pas dit que notre Cahuzac, n’ait pas un jour « sa » rue. D’une certaine manière, d’un point de vue « scientifique », ce serait justifié : il est en effet un spécimen quasi parfait de l’homme (ou de la femme) politique dans la plénitude de son « métier ». C’est le prototype du politicien qui peut vous lâcher un énorme mensonge (à 600 000 euros l’exemplaire) en vous regardant droit dans les yeux, droit dans ses bottes (comme disait un autre), avec le frisson indigné de l’innocent outragé. Cahuzac, c’est le modèle du politicien cynique, celui qui peut vous jurer la main sur le cœur l’inverse de ce qu’il fait. Celui qui s’engage à anéantir toute fraude fiscale… après avoir mis ses économies bien au chaud, dans ces paradis fiscaux qu’il vous promet d’abattre. Les Cahuzac n’ont pas de couleur politique. Il a eu des prédécesseurs de tout poil et, dans l’ombre, ses successeurs se préparent. Pour eux, Cahuzac, c’est en quelque sorte le mètre-étalon du politicien, un genre de modèle d’exposition. Il ne tient qu’à nous de le transformer en pièce de musée (à placer entre les dinosaures et les mammouths) en nous débarrassant définitivement de ce qui produit tous les Cahuzac du monde : le capitalisme (et sa recherche effrénée de l’argent) et l’État (et sa pratique constante de l’oppression).

++++

AGENDA

Pour rencontrer la CNT-AIT

Mercredi 1er Mai : Manifestations à Auch et à Clermont-Ferrand.

Vendredi 17 mai, à Montauban, à 20 H 30 : Débat public sur la situation dans l’entreprise Nataïs, Salle du Fort, 5 rue du Fort.

Samedi 25 mai 2013 à Perpignan : repas à 12 heures suivi d’une projection et d’un débat public sur la gestion directe, Local CNT, 9 rue Duchalmeau

Jeudi 30 mai 2013 à Toulouse à 20 h 30 : Débat public avec une travailleuse du sexe sur ses conditions de vie et de travail, Salle St-Michel (près du cinéma le Cratère), 95 Grande rue St Michel.

Samedi 1ER juin, à Toulouse, de 11 h 30 à 18 heures : journée de soutien aux salariés de Nataïs, à « La Chapelle », rue Danielle Casanova.

Pour en savoir plus consultez notre site cnt-ait-toulouse.fr
L’entrée aux débats et journée de soutien est libre et gratuite.

Contact


Envoyer un message

Téléphone

05 61 52 86 48

Adresse

CNT-AIT - Toulouse
7 Rue Saint-Rémésy
31000 Toulouse