JOUE-LES-TOURS/COCAÏNE

Lundi 2 mars 2015, par cnt // Justice/Injustice

  Sommaire  

 JOUE-LES-TOURS

Le 20 décembre dernier Bertrand Bilal Nzohabonayo est tué par un policier dans le commissariat de Joué-lès-Tours. Cette personne a été abattue après, dit-on, avoir blessé trois policiers avec un couteau. Selon la police et le procureur ce serait un acte terroriste spontané. M. Nzohabonayo se serait introduit dans le commissariat afin d’agresser des policiers pour des motifs religieux.

Mais, depuis le début, la version officielle est contestée et des incohérences violentes sont apparues entre les éléments qui filtrent et les déclarations des autorités. Le débat porte autour du fait de savoir si l’agresseur présumé est entré de sa propre initiative dans le «  poulailler  » ou si, comme certains le pense, il y a été mené de force par les policiers.

Et ce n’est pas un «  détail  », loin s’en faut. La polémique se concentre actuellement autour d’une photo prise au moment des faits et qui montre un homme à terre en train d’être secouru par un passant qui à ôté son pull-over afin de lui faire un garrot.

Dans un article du 27 décembre Médiapart affirme que l’homme à terre sur la photo est M. Nzohabonayo. Ce à quoi le procureur répond qu’il s’agit en fait d’un policier blessé dans l’altercation. Pourtant l’homme sur la photo à la peau noire et des témoins sur place affirment qu’aucun des policiers présents ce jour là n’était noir. Le hasard du calendrier à fait que le 07 janvier, jour de la tuerie de Charlie Hebdo, le procureur à fait une déclaration importante : le prétendu policier étendu à terre sur la fameuse photo serait... noir. La version officielle évolue donc. Depuis le drame de Charlie Hebdo l’affaire a été un peu oublié, priorités des médias oblige. Pourtant cette nouvelle déclaration du Procureur sème encore plus le trouble . A y regarder de plus prés on ne peux s’empêcher de trouver des similitudes de traitement avec les circonstances ayant entouré la mort de Rémi Fraisse le 26 octobre 2014 sur le site du barrage de Sivens. Le détail de la photo peux sembler anodin, pourtant il est crucial car la version officielle affirme que toute l’altercation à eu lieu à l’intérieur du sas d’entrée du commissariat. Or, sur la photo, c’est dehors que ça se passe. La photo n’est pas le seul détail incohérent de l’affaire. Concernant les caméras de vidéosurveillance le procureur de Tours affirme : « Il n’y a pas de caméra de vidéosurveillance braquée sur l’entrée du commissariat ni à l’intérieur du commissariat. Il n’y a pas davantage de caméras de vidéosurveillance sur la placette qui est devant le commissariat. ». Pourtant en réalité une caméra est placée pour surveiller une porte latérale et l’autre un portail. De plus il y a un grand nombre de caméras sur le site qui entoure le commissariat qui pourraient donner des indications sur l’affaire. Mais l’avocat ne la victime n’a jamais pu obtenir de les visionner.

Face à cette situation compromettante le procureur à choisi de se réfugier par le silence. Depuis plusieurs semaine rien ne filtre, et les journalistes se voient opposer une fin de non recevoir. Au nom de la liberté de l’information sans doute.