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Pédale, pédale pour gagner ta vie

Publié le 27 novembre 2021

Depuis la période du confinement, pour contrecarrer l’épidémie du COVID, nous avons pu constater une explosion de livraison repas à domicile, UBER et DF.I.TVF.ROO notamment. Dopés par la crise sanitaire, ces commerçants d’un genre nouveau se livrent une guerre impitoyable. De cette course à la saucisse, toutes ces enseignes veulent forcément tirer leurs épingles du jeu, en faisant immanquablement pédaler plus encore leurs livreurs de repas. D’après des journaux économiques comme « Challenge » ou les « échos », c’est un business super rentable. Si eux le disent, nous ne pouvons que les croire sur parole. La clientèle a été habituée par ce système à des livraisons peu chères qui les pousses devant un dilemme, soit s’aligner sur les plus bas prix du marché, genre AMAZON, et massacrer leurs marges, soit faire payer plus cher les clients. Dans ce contexte commercial, il est aisé de s’imaginer que ceux qui pédalent comme des fous pour livrer la bouffe doivent immanquablement pédaler plus encore.

Depuis des années, le système dans le lequel nous vivons vante à longueur de temps le monde de l’entreprise et des chefs d’entreprise, en te promettant que toi aussi, tu peux devenir riche en étant patron ou plutôt ton autopatron.

L’autoentrepreneuriat, qui pousse les gens à vivre pour travailler, pour finalement gagner chichement sa vie, n’est rien d’autre qu’une escroquerie. Ces entreprises, comme UBER ou DELIVEROO, sont associés avec des restaurants petits et grands, et aussi avec des magasins comme CASINO ou CARREFOUR, n’ont pas de stock à gérer, et n’ont pas vraiment d’employés, puisque les livreurs à vélo sont en quelque sorte des « associés ». Chez certain concurrent d’UBER ou DELIVEROO, c’est le livreur qui choisit l’horaire de livraison, et quels foyers peuvent être livrés en priorité en fonction de leurs parcours, d’après les PDG de ces boîtes (PICNIC par exemple), c’est pour optimiser leurs profits, et proposer des tarifs de services compétitifs. Ben voyons...

Alors comment se passe le boulot d’un livreur chez UBER ? Ce dernier doit attendre la sonnerie de son I phone pour la livraison, pour le lieu de rendez-vous + les frais de livraison (qu’ils doivent payer bien entendu), selon l’envie des gens. Ils gagnent par livraison, environ 3E50 à 5E + pourboire (imposable), et peuvent gagner jusqu’à 600E/semaines s’ils bossent dur. Un livreur de chez UBER, pour pouvoir se déclarer comme autoentrepreneur, doit télécharger une application sur son I phone, faire des démarches à l’Urssaf, s’inscrire à la chambre des commerces, prendre un K.LB.S qu’il devra payer 50E s’il veut bosser tout de suite, payer des taxes comme si, il était un vrai patron pour finalement ne pas gagner grand-chose, avec en prime, une augmentation de ses impôts, puisqu’il gagne « plus ». L’UBERBATION du monde du travail est une sacrée aubaine pour les capitalistes. Us n’auront plus à gérer les employés, plus de taxes à payer, plus de salaires à verser puisque les travailleurs à vélo, devenus des quasi-esclaves, sont devenus des patrons, donc des non-salariés, si bien qu’ils n’ont qu’à cravacher comme on dit.

La liberté du possesseur de force de travail équivaut à la liberté de commerce et d’entrepreneuriat. Ainsi, faire gober aux gens qu’ils sont libres, et libres entrepreneurs, donc libres commerçants aussi (celui de vendre ses services, et sa force musculaire surtout), n’est rien d’autre qu’une mise en concurrence directe des livreurs de bouffe entre eux, livreurs qui tous survivent en s’imaginant être libres. La liberté donnée aux exploités dans la société capitaliste est avant tout celle de vendre sa force de travail. Cette soi-disant liberté a été un long et douloureux processus instauré dès les débuts de la révolution industrielle, et même avant. Puisque jadis, pour convaincre les paysans de travailler pour les bourgeois et de se plier pas à leurs exigences, ceux-ci finissaient dans les prisons, les galères où étaient fouettés en place publique, voire condamnés à mort. Les paysans sont devenus des ouvriers après avoir été dépouillés de tous leurs moyens de subsistance, garantis par l’ancien régime [1].

« Je travaille et je suis un homme libre... » est le genre d’idée particulièrement répandu à notre époque. Quand un individu répète ce genre d’âneries convenu dans toute la société, souvent il ne réalise pas qu’il se fait exploiter, voler, qu’on augmente les cadences pour augmenter forcément les profits de quelques-uns. La « liberté », qui est vendue comme un produit aux prolétaires, n’est en réalité qu’un moyen comme un autre d’asseoir la domination économique de la bourgeoisie. Et les enseignes comme UBER ou DELIVEROO représentent particulièrement bien cette escroquerie.

Quand DELIVEROO change ses tarifs, les coursiers « associés » sont invités à accepter sous peine de prendre la porte. Où tout est mis en place pour que les livreurs puissent travailler toujours plus et encore plus vite. Car pour ces commerçants « Les livreurs payés à l’heure ont tendance à prendre plus de créneaux aux heures creuses. Un nouveau tarif les incite à travailler sur les heures pleines (celles où l y a le plus de commandes) », ce qui pousse tout de même ces livreurs à vélo à prendre plus de risque pour leur vie. De plus, cela sous-entend une précarisation et une flexibilisation encore plus forte, comment trouver un logement avec des revenus non garantis ? Mais que vaut la vie de ces gens lace aux profits engendrés par ce commerce ? Probablement pas grand-chose.

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