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Bas les masques !

Publié le 10 avril

Encore une fois, nous aurons des élections présidentielles, avec probablement un type d’extrême droite au second tour. Et nous aurons à nouveau droit aux discours culpabilisants envers des abstentionnistes, encore et toujours cette espèce de chantage au vote utile, utile, en quoi, nous n’en savons rien. Si ce n’est de légitimer à contre cœur un type que personne ne peut blairer et ne veux voir. On nous expliquera une énième fois, que c’est pour la démocratie, et que, si tu es critique envers tout ça, c’est que tu dois être un factieux de Gilet jaune (forcément...), ou alors un adepte des théories du complot, voire les deux à la fois (forcément toujours...). D’élections en élections, le pourcentage d’abstentionnistes ne cesse d’augmenter et les gens qui ne vont pas voter, ne sont pas forcément des imbéciles, contrairement à ce qu’en disait « Charlie Hebdo » à une certaine époque. C’est peut-être que les gens en ont marre qu’on se moque d’eux, et que tout le monde constate que cette société n’est pas réformable, si ce n’est seulement pour les intérêts des diverses fractions de la bourgeoisie Française.

Tout augmente ! Je constate régulièrement que les diverses factures d’électricité, de gaz, d’eau, du carburant... ont considérablement augmenté. Quand je vais faire mes courses, je ne sais pas pour vous, mais j’ai l’impression que les denrées alimentaires ont aussi beaucoup augmenté, tout augmente, sauf nos misérables salaires, parce que la propagande médiatique ressasse depuis des années que nous, prolétaires, nous coûtons trop cher aux employeurs...

Je me souviens qu’un peu avant la présidentielle 2002 nous avions fait comme d’habitude notre campagne abstentionniste, puis arrive le premier tour, le fameux Chirac-LePen, et nous avons totalement assumé nos positions, nous nous sommes retrouvés à nous faire insulter de tous les noms, d’irresponsable à facho par la « gôche et la drouate » super-démocrates, il est de bon ton dans les milieux politisés de traiter n’importe qui de facho, à tort et à travers. Nous avons eu droit à tous les raisonnements de politicard, nous expliquant qu’il faut voter, au point que même Douste-Blazy en personne, est venu à notre table de presse dominicale pour nous convaincre d’aller voter. Ce pseudo antifascisme, que nous avons décelé comme moralisateur et malhonnête, qui se veut super de gauche, qui promeut la démocratie bourgeoise et qui nous sommes, non pas de lutter, pour détruire le capitalisme, mais plus modérément, de le forcer à ce qu’il ne devienne pas totalitaire.

Il est nécessaire et important de tordre le coup à certains mythes que nous entendons ici et là, et qui arrangent bien nos démocrates-antifascistes de salon et donneur de leçons de tout poil.
L’arrivée au pouvoir du nazisme et du fascisme ne vient certainement pas des abstentionnistes, ni des bagarres de rue, mais plutôt des coalitions et financements des bourgeoisies industrielles et terriennes allemandes et italiennes, dans le but de démolir les mouvements ouvriers des deux pays. En effet, en 1933, Hitler est nommé chancelier par le président Hindenburg lui-même, dans la légalité toute républicaine, de ce qu’elle a de plus légal. À la mort de Hindenburg, Hitler s’octroya tous les pouvoirs, avec la mansuétude de la bourgeoisie allemande et européenne. De même qu’en Italie l’état a accordé toutes les facilités et l’indulgence du monde aux nervis fascistes, dans les poursuites judiciaires, a même parfois accordé des appuis armés aux fascistes contre les ouvriers en grève. La circulaire « Bonomi » du 20-10-1921 a permis d’envoyer des milliers d’officiers, dans les groupes d’assaut, pour les commander. Et devant cette offensive fasciste, l’état Italien a appelé : « Aux urnes ! »

 L’ultimatum que Mussolini a lancé au gouvernement le 24-10-1922 n’est pas une menace de guerre civile, mais plutôt un signe lancé aux capitalistes Italiens ; désormais le parti fasciste, est la seule force capable de maintenir l’unité du pays. L’état a cédé très vite. Le 29-10-1922, le roi d’Italie Victor-Emmanuel III nomme Mussolini président du conseil (c-à-d 1er ministre) et lui demande de former un gouvernement, qui inclut tout le monde (même les libéraux) sauf le PS et le PC. Tous les partis politiques se rapprochent du PNF et votent pour Mussolini au parlement. Le pouvoir du dictateur a été ratifié par la démocratie italienne de l’époque.

Cela montre deux choses ;

-# Qu’une démocratie bourgeoisie peut, quand elle se sent menacée, supprimer toutes les libertés, collective et individuelle, comme elle le souhaite, et quand elle le souhaite. Et devenir tout simplement une dictature. Puisqu’elle considère, après tout, que les prolétaires n’ont aucun droit, parce que n’importe lequel de ces droits peut être remis en cause, démocratie ou pas.

  1. Que la bourgeoisie se moque de savoir si nous sommes en « démocratie » ou non, parce que pour cette classe, l’essentiel est que le business fonctionne, et que les empêcheurs « de gagner du fric en rond », ne leur cassent pas les pieds avec des revendications salariales, et ne remettent pas en cause le système social et économique.
    Le fascisme n’est ni plus, ni moins qu’une variante du système capitaliste, ou plutôt une option éventuelle pour sa survie. Le fascisme, c’est le système.

Les élections sont une occasion, pour la classe dominante, de présenter, aux prolétaires, l’intérêt commun que nous avons avec elle, qui serait forcément identique, pour le fameux « vivre ensembles », à l’ensemble des libertés « démocratiques », même si elles sont, en général à géométrie variable selon que l’on soit puissant ou misérable. Churchill qui était un boucher cynique et qui n’a jamais hésité à sacrifier des vies humaines, civiles et militaires, lors des deux guerres mondiales, à qui l’on prête « la démocratie est le pire des régimes à l’exception de tous les autres » ne m’empêche pas de penser et douter que ce soit le meilleur système. Dans les faits il existe une opposition irréconciliable entre les classes sociales, l’ensemble des libertés démocratiques bourgeoises et les besoins du prolétariat.
Mais les classes dominantes de « droite » et de « gauche », aspirent t’elles oui ou non à la démocratie ? Est-ce que la déclaration des droits de l’homme est un conte de fée ?

La corrélation entre le monde des affaires, les capitaines d’industries et généralement le patronat, l’état, les politicards de droite comme de gauche bien lisses et bien démocrates (qui aiment dans l’ordre républicain, surtout l’ordre !), et l’extrême droite, n’est plus à faire, même si cette réalité, n’est pas régulièrement dénoncée.
Depuis un certain nombre d’années nous avons vu fleurir, dans le paysage médiatique, et la télé en particulier, des tribunes offertes à des chroniqueurs, des journalistes authentiquement réactionnaires, avec régulièrement des propos racistes, un certain mépris de classe assumé (et pas que « Cnews » loin de là), qui ne semble pas le moins du monde choquer l’assistance démocrate et tolérante de ce milieu. Zemmour peut ainsi dire tout ce qui lui passe par la tête, avec éventuellement le risque d’un procès, mais tout le monde à l’air de s’en foutre, contrairement à un Dieudonné. Bolloré grand capitaliste et homme d’affaire reconnu, achète des radios, des journaux, des chaînes de télé où il fait passer, des idées conservatrices et réactionnaires, pour probablement combattre le bolchévisme de la société française...

L’aboutissement de ce qui était impensable en 2002, est que nous avons, aujourd’hui, au moins trois candidats à l’élection présidentielle qui sont d’extrême droite. D’authentiques bourgeois bon teint, si loin des préoccupations des « petites gens », si ce n’est de dire qu’il y a trop d’étrangers et d’assistés dans ce pays, et qu’il faut sortir de L’UE, mais qui n’évoquent jamais ceux qui subissent le chômage, le démantèlement de la sécu, de l’hôpital... Ces fachos là sont économiquement à droite, et socialement à droite et intégralement des exploiteurs, patrons, actionnaires, propriétaires de quelque chose, qui quand ils se laissent aller à prendre en compte les ouvriers, c’est à la seule condition qu’ils restent à leur place, c’est à dire au boulot et qu’ils la ferment.

La campagne électorale a commencé, et déjà certains pronostiqueurs professionnels prédisent Zemmour au second tour. Donc nous avons un poulain d’extrême droite de Bolloré qui se présente aux élections présidentielle, qui à toutes les portes ouvertes dans les chaînés de télé, radio et journaux, dont un certain nombre appartiennent à Bolloré, un débat grotesque entre Zemmour et Mélenchon, est organisé par un animateur salarié de Bolloré. Sarkosy rendait visite en toute amitié à Bolloré sur son yacht, et d’ailleurs un certain nombre de personnalités politiques sont amis avec ce Bolloré, Bolloré par ci, Bolloré par là... Il est étonnant que la sphère complotiste d’internet qui voit la main-mise de Soros partout ne dénonce quasiment jamais ce Bolloré. Dénoncer un milliardaire de gauche même là où il ne s’y trouve pas, et jamais dénoncer un milliardaire de droite, qui dans les faits, est un quasi frère jumeau de Soros.

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